Jean-Baptiste Rivoire

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Jean-Baptiste Rivoire
Jean Baptiste Rivoire.jpg
Jean-Baptiste Rivoire en 2004
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activité

Jean-Baptiste Rivoire, né en à Cambrai et ayant grandi à Alger, est un journaliste d'investigation français.

Ancien enquêteur de 90 minutes (1999-2006) puis rédacteur en chef adjoint de l'émission Spécial Investigation, sur Canal+, il est le coauteur de nombreuses investigations télévisées, notamment sur la guerre civile algérienne des années 1990 et l'auteur de trois livres d'investigation, dont deux sur l'Algérie et un sur les liens supposés entre Emmanuel Macron et les oligarques[1],[2].

En 2021, après avoir quitté Canal+ à la suite de la prise de contrôle de Vincent Bolloré, il a créé Off-investigation.fr, un site de presse en ligne spécialisé dans l'enquête vidéo, qui propose ses enquêtes aux chaînes de télévision françaises et a été diffusé par la Web-TV Blast, fondée plus tôt dans l'année par un autre journaliste d'investigation, Denis Robert.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et formation[modifier | modifier le code]

Né en 1966, il est le fils de Bruno Rivoire et de Bernardine Thiery, née à Constantine (Algérie) et y ayant vécu de 1941 à 1959. En 1971, ses parents repartent en Algérie. La famille vit dans le quartier de Ben Aknoun, sur les hauteurs d'Alger, dans une cité de coopérants issus des pays de l'Est.

En 1976, la famille s'installe à Beni-Abbes où Bruno Rivoire est muté au CNRZA (Centre national de recherches en zones arides).

En 1977, la famille revient en France et s'installe à Créteil, dans le Val-de-Marne. Après ses études secondaires au lycée Saint-Exupéry de la ville et une licence de droit international à Paris 1 (Panthéon), Jean-Baptiste Rivoire entre à Sciences Po qu'il quitte en 1989 pour le CFJ de Paris, dont il sort en 1991.

Premiers reportages[modifier | modifier le code]

En 1991, diplômé de la section Journalistes reporters d'images du CFJ, il commence à travailler pour France 3 Nancy, Marseille, Metz, Lille, Bordeaux, Lyon, puis pour France 2.

En 1992, il entame une collaboration avec l'agence CAPA. Devenu grand reporter, il parcourt le monde pour des émissions comme 24h (Canal plus), Envoyé Spécial (France 2), Zone interdite (M6), La marche du Siècle et États d'urgence (France 3).

En 1995, il se rend au Rwanda pour un reportage de 52 minutes sur les conséquences du génocide.

Enquêtes sur la situation en Algérie[modifier | modifier le code]

De 1997 à 2000, il travaille au sein de l'Agence CAPA, pour le Vrai Journal de Karl Zéro, sur Canal+, où il effectue plusieurs enquêtes sur la « sale guerre » qui ravage l'Algérie.

En , Jean-Baptiste Rivoire est embauché par Canal+ plus pour rejoindre Paul Moreira et l'émission d'investigation 90 minutes.

Son parcours est marqué par la réalisation de documentaires comme « Benthala, autopsie d'un massacre » en 1999, « Algérie : la grande manipulation » en 2000, et « Attentats de Paris, enquête sur les commanditaires » en 2002[3].

En , il est envoyé à Bagdad pour couvrir le début de la seconde guerre d'Irak.

En 2006, Rivoire propose à Canal+ Faites passer l'info, une nouvelle émission d'enquête sur la société de consommation diffusée en première partie de soirée. En 2008, après sept numéros, Canal+ supprime l'émission. Jean-Baptiste Rivoire prend alors un congé sans solde pour rejoindre le site Bakchich.info. Il y avait animé une petite équipe de journalistes chargée de créer un portail vidéo d'information.

En 2009, il réintègre Canal+ et rejoint l'équipe de Stéphane Haumant comme rédacteur en chef adjoint de Spécial Investigation[4].

Affaire Didier Contant et enquêtes sur l'assassinat des moines de Tibhirine[modifier | modifier le code]

En 2004, le journaliste Didier Contant, qui avait combattu à plusieurs reprises la thèse de la responsabilité du régime militaire algérien dans l'assassinat des moines de Tibhirine, fait une chute mortelle d'un immeuble parisien. Les autorités françaises concluent à un suicide.

Quelques jours avant le drame, Rivoire avait été informé qu'un certain « Didier Contant » avait exercé, sur le territoire algérien et en compagnie d'un journaliste d'Algérie Presse Service, des pressions psychologiques sur l'épouse de l'adjudant du DRS Abdelkader Tigha, un témoin clé de l'affaire de Tibhirine en fuite à l'étranger qu'il venait d'interviewer. Il avait alors contacté quelques confrères parisiens susceptibles de connaître Contant pour savoir s'il travaillait « en liaison avec les services algériens ».

À la suite de ces appels téléphoniques et du décès de Didier Contant, Jean-Baptiste Rivoire est accusé par le journal Marianne et par la presse algérienne d'avoir volontairement contribué à sa mort. En 2006, Jean-François Kahn est condamné pour avoir diffamé Jean-Baptiste Rivoire[5]. Puis, il est relaxé en appel.

Visé en outre par une plainte de l'une des compagnes de Didier Contant, Rina Sherman, pour « violences volontaires » en raison de ses appels téléphoniques, Rivoire est mis en examen. En , il est condamné à une amende contraventionnelle de 750 euros pour « violence volontaire »[6]. Mais en , la Cour d'appel de Paris relaxe finalement Jean-Baptiste Rivoire, estimant notamment que comme il ne « connaissait pas Didier Contant au moment des faits », il ne pouvait y avoir eu « infraction intentionnelle de violence volontaire »[7].

Entretemps, à la suite de la publication du Huitième mort de Tibhirine, un livre sur l'affaire Contant, Rina Sherman avait été condamnée en pour « injures publiques » envers Jean-Baptiste Rivoire et pour « diffamation » envers Paul Moreira. Jean Robin, son éditeur, avait également été condamné pour diffamation[8].

En 2011, il publie aux éditions La Découverte Le crime de Tibhirine, révélations sur les responsables, décliné sous forme documentaire sur Canal+ en sous le titre « Le crime de Tibhirine ». L'enquête présente de nouveaux témoignages d'anciens agents algériens du DRS, notamment Karim Moulai et « Rachid », membres du commando ayant enlevé les moines, qui confirment que les sept trappistes furent victimes d'un « vrai-faux » enlèvement islamiste secrètement organisé par le général Smaïn Lamari, numéro 2 du DRS[9]. L'opération, effectuée par de « faux » islamistes travaillant pour le DRS[10], n'aurait pas dû déboucher sur la mort des moines, mais aurait dérapé, contraignant la sécurité militaire algérienne à les assassiner et à faire disparaître leurs corps, tout en mettant le crime sur le dos de Djamel Zitouni, présenté officiellement comme le « chef du Groupe islamique armé »[9]. Karim Moulaï, alors résidant à Glasgow, en Écosse, a été repéré par l'auteur via « plusieurs sites Web » qui évoquaient un homme, exilé depuis 2001, « prêt à faire des révélations »[10]. Ces accusations s'ajoutent à d'autres, d'anciens officiers algériens, dont Abdelkader Tigha, réfugié aux Pays-Bas[10].

Conflits avec la direction de Canal+[modifier | modifier le code]

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Fin 2014, Vincent Bolloré prend le contrôle de la société Vivendi, maison-mère de Canal+ et de la chaîne d'information en continu I-Télé, qu'il rebaptisera CNews. L'année suivante émergent des conflits entre journalistes avec la direction de Canal+ et I-Télé. En , après la censure par Vincent Bolloré d'une enquête sur le Crédit mutuel dans Spécial Investigation, Rivoire interpelle Maxime Saada, directeur général adjoint de Canal+. À l'été 2015, la direction nommée par Vincent Bolloré élimine tous les auteurs des Guignols de l'info, décide de les diffuser en crypté, assume la censure de Spécial Investigation en indiquant en comité d'entreprise qu'il faut désormais « éviter les attaques frontales ou polémiques contre les partenaires actuels ou futurs du groupe » et déprogramme, à la fin septembre[11], un documentaire, Hollande Sarkozy, guerres secrètes[11],[12] puis décide plusieurs semaines après de le reprogrammer le [11].

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En octobre, Jean-Baptiste Rivoire est nommé représentant du Syndicat national des journalistes (SNJ) et de la CGT à Canal+, ce qui lui permet d'assister aux comités d'entreprise et d'y interroger la direction sur la façon dont elle « traite » l'investigation[11].

Après avoir annoncé ce mandat syndical à sa hiérarchie, il reçoit une lettre recommandée le convoquant à un « entretien préalable à un éventuel licenciement »[11]. Selon Le Monde, la direction n'a aucune faute à reprocher à Rivoire, le fait qu'il se soit lancé dans des activités syndicales, n'étant sans doute pas étranger à cette décision . La direction de Canal+ a finalement décidé de ne pas poursuivre la procédure à l’encontre de Jean-Baptiste Rivoire[11].

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En , après un refus de 7 enquêtes sur 11 par Maxime Saada (le nouveau directeur de Canal+ nommé sous Vincent Bolloré), Rivoire révèle ces censures dans Arrêt sur images[13]. Puis, Le Canard enchaîné indique que Rivoire fait partie, avec Patrick Menais (patron du Zapping), Bruno Gaccio (ex-auteur des Guignols), Olivier Ravanello (président de la SDJ d'I-Télé) et Françoise Feuillye (syndicaliste +Libres) d'une « liste noire de salariés que Vincent Bolloré souhaiterait évincer »[14].

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En , la direction nommée par Vincent Bolloré supprime l'émission Spécial Investigation, puis, Le Zapping de Patrick Menais[15].

Le Système B, documentaire RSF sur Bolloré et la liberté d'informer[modifier | modifier le code]

Les équipes de Reporters sans frontières, sous la direction de Christophe Deloire, se sont intéressées à l'action de de Jean-Baptiste Rivoire, menée en interne contre les censures subies par ses collègues. Pour faire connaitre ce problème et trouver une solution, elles ont produit Le Système B, un documentaire français, diffusé en et largement médiatisé car il a appelé « l'État, le CSA, l'Autorité de la concurrence et le législateur à intervenir » et dénoncé des « pratiques représentent un véritable danger pour la liberté de la presse, mais aussi pour la démocratie »[16] et alerté contre la censure répétée d'enquêtes dans différents médias de Vincent Bolloré[17],[18],[19],[20],[16],[21],[22],[23], mais visant aussi d'autres médias, par un usage massif des poursuites judiciaires, afin de décourager au maximum les enquêtes sur « ses activités africaines », qui représentent une part importante du groupe Bolloré.

Alors que Jean-Baptiste Rivoire témoignait précisément sur ces procédures abusives de Vincent Bolloré, dans ce documentaire, il fait l'objet d'une procédure diligentée par une filiale du groupe du même Vincent Bolloré[24], a souligné Christophe Deloire, directeur général de Reporters sans frontières[24], qui a qualifié cette procédure de « tout à fait ironique », auprès de l'Agence France-Presse[24]. « Un immeuble nous est tombé sur la tête » a de son côté déclaré Jean-Baptiste Rivoire, rappelant les conséquences financières de telles procédures. Ses avocats[25] ont dénoncé une « procédure abusive » et « une clause bâillon »[26]

Vincent Bolloré reproche à Jean-Baptiste Rivoire dans cette procédure ses propos tenus dans ce documentaire Le Système B[27], dans lequel il était appelé comme témoin au même titre que dix autres journalistes français[28],[29],[24]. Il y avait dénoncé la « brutalité » de la gestion de Vincent Bolloré[30] en mentionnant que dans les sociétés de média de Bolloré : « il n'est pas question que qui que ce soit résiste aux oukases de l'actionnaire, surtout pas en matière d'information parce que l'information est stratégique pour lui et il veut en faire exactement ce qu'il veut. Les journalistes sont de petits soldats »[31].

L'information est révélée au site Arrêt sur images[27] après que Jean-Baptiste Rivoire en ait informé les autres journalistes réunis au « Forum des images », à Paris, pour un débat suivant la projection du court-métrage Le Système B[27], consacré à l'emprise économique et politique de Vincent Bolloré sur plusieurs médias[27], au cours duquel Tristan Waleckx, responsable de Complément d'enquête, diffusé sur France 2, racontait les procédures bâillons contre les journalistes[27]. Bolloré exige à Rivoire le remboursement d'« une indemnité transactionnelle qui lui a été versée en 2021 » et 30 000 euros de dommages et intérêts[32],[31].

Fondation de Off-Investigation[modifier | modifier le code]

Lancement[modifier | modifier le code]

En 2021, après avoir été laissé 5 ans sans affectation, Jean-Baptiste Rivoire décide de quitter Canal+ et son poste de rédacteur en chef adjoint de Spécial Investigation. Plusieurs mois après[33], il présente le média Off-investigation[34], un site d'information indépendant spécialisé dans l'enquête vidéo[33],[35].

Hébergée dans l'immeuble des anciens locaux de Charlie Hebdo[36], Off-investigation emploie trois journalistes et un chef monteur[36].

Financement[modifier | modifier le code]

Le est diffusé le premier épisode d'une série consacrée à Emmanuel Macron, refusé par des chaines de télévision, mais accessible sur la webtélé Blast, de Denis Robert[33], où elle est vue par près de 1,4 million de personnes. Afin de financer les autres épisodes de cette série, il est décidé de lancer une souscription le [33] sur la plateforme de financement participatif KissKissBankBank[33]. Début janvier, plus de 3 500 télespectateurs avaient choisi d'y participer avec un montant moyen d'une cinquantaine d'euros soit près de deux cent mille euros[37].

Série d'enquête sur Macron avec la chaîne Youtube Blast[modifier | modifier le code]

Fin 2021, Off-investigation produit et diffuse sur Blast « Emmanuel, un homme d'affaires à l'Elysée »[33], première série d'investigation indépendante en 9 épisodes de 26 minutes sur la présidence de la République et « les parts d’ombre d'Emmanuel Macron et de son action »[33], en particulier dans le domaine des « conflits d’intérêts »[33] et « financement par des lobbies privés »[33],[35].

Refusée par toutes les grandes chaines de télévision (TF1, France Télévisions, Canal+, M6), la série a annoncé qu'elle serait financée à partir par une campagne de crowdfunding sur la plate-forme KissKissBankBank[33],[35]. Off-Investigation choisit alors de la faire connaitre au grand public, via Youtube. Parmi les médias indépendants qui la diffusent, la chaîne Youtube Blast, fondée par un autre journaliste d'investigation, Denis Robert[33],[35].

Le premier épisode de la série est consacré aux liens entre le secrétaire général de l'Élysée Alexis Kohler et la société Mediterranean Shipping Company (MSC), numéro 2 mondial du fret maritime[38]. Sans être dans les plus visionnés sur YouTube, elle réalise un bon démarrage pour un format investigation avec 0,6 million de vues en trois jours, puis devient la vidéo la plus regardée sur ce média avec près de 1,5 million de vues[39] puis dépasse le million de vues[40].

Livre sur Macron, les oligarques et l'information[modifier | modifier le code]

Le , Jean-Baptiste Rivoire a publié son premier livre consacré à la France[2], "L'Élysée (et les oligarques) contre l'info", une enquête « riche en révélations »[41], fruit de trois années d'enquête, racontant « comment le pouvoir politique et économique tente régulièrement de bâillonner l’info »[42], via « l'intimidation, la menace et l'espionnage des journalistes »[41], notamment les intrigues de Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron, en évoquant en particulier les oligarques qui les soutiennent, grâce à la propriété de grands médias d'information[43]. Le livre, qui se caractérise par la « masse précise des informations qu’il rapporte, souvent vécues de l’intérieur »[44], décrit Bouygues, Arnault, Niel, et autre Drahi, et les mécanismes leur permettant d'« intriguer avec le pouvoir politique pour obtenir des avantages »[44], sur fond de concentration des médias aux mains de milliardaires déjà très présents dans les présidentielles 2007, 2012 et 2017[45] et « qui va crescendo à l’approche de la présidentielle » 2022[46],[47]. Il raconte notamment les pressions de Nicolas Sarkozy sur TF1 lors des émeutes urbaines de 2005[36], ou les tentatives ratées d'influencer et privatiser l'AFP après son élection en 2007[48], puis sur la direction du quotidien Le Monde peu après[48], mais aussi les nombreuses affaires "People", notamment la chute Michèle Marchand, conseillère d'Emmanuel Macron dans ce domaine[36]. L'enquête conclut à un « système de confiscation de l'information par cinq milliardaires »[49] cherchant à « maximiser leur influence, avoir accès aux politiques » avec pour résultat le risque de « décupler la violence dans la société »[49] voire contre des journalistes comme cela s'est produit à la mi-[49].

Le livre rappelle le « bras de fer » de 2016 entre les journalistes d'iTélé et Bolloré, qui leur a refusé la charte de déontologie qu'ils réclamaient et a rebaptisé la chaîne CNews[49]. Qualifiée par Le Monde de « plaidoyer pour la liberté d’informer », l'enquête repose « sur de nombreux exemples d’entraves faites à des journalistes »[50]. « Pour avoir encouragé une poignée de riches industriels à prendre le contrôle de la quasi-totalité des médias privés, les responsables politiques français se retrouvent piégés, contraints de leur montrer patte blanche pour accéder au pouvoir (...) au risque de faire de l’Elysée un adversaire de la liberté de l’information. », observe l'auteur en introduction[50].

Selon l’auteur, le problème a émergé dès 2006, « quand ont été supprimés les numéros » de "pièces à conviction" ayant enquêté sur les lobbies pharmaceutiques, «vendeurs de maladies», l’évasion fiscale et la malbouffe[51]. En dépit d'une série d'articles dans "Le Monde", "Libération" ou "Télérama", relayant les accusations du livre, France-Télévisions n'évoque pas le sujet : Léa Salamé, qui travaille pour la chaîne mais aussi pour France Inter, ne pose aucune question sur le sujet à la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte quand elle la reçoit pour une interview[52].

Proposition sur la redevance audiovisuelle[modifier | modifier le code]

En présentant son livre à l'Agence France-Presse, l'auteur a proposé que « l'Etat libére une partie de la taxe redevance audiovisuelle pour permettre aux citoyens qui le souhaitent d'en affecter 10% au média indépendant de leur choix »[1]. Au même moment, le Sénat auditionne de puissants industriels des médias comme Vincent Bolloré et Bernard Arnault sur la concentration des médias en France[1]. Jean-Baptiste Rivoire rappelle que Vincent Bolloré et Maxime Saada avaient déjà été auditionnés par la commission culture et communication du Sénat en 2016[1] car les auteurs des Guignols venaient d'être limogés, l'émission "Spécial investigation" arrêtée, et le "Zapping" de Canal+ placé « sous pression »[1] par Vincent Bolloré.

Audition au Sénat[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Rivoire et la réalisatrice Elizabeth Drévillon, présidente de la Guilde des auteurs réalisateurs de documentaires[53] ont été auditionnés de concert, en février 2022, par la commission d'enquête sur la concentration dans les médias créée au Sénat[53]. Ils ont expliqué que la pression des chaînes sur les auteurs-réalisateurs de documentaires aboutissait à une « autocensure »[53], avec pour conséquence un « préjudice au débat démocratique »[53]. Selon un sondage réalisé auprès des membres de la Guilde des auteurs réalisateurs de documentaires, au sujet de leurs investissements personnels dans des projets de la période 2016-2021, 60% ont reconnu "s’autocensurer"[53] avant même de proposer un documentaire, afin d'éviter qu’il ne soit refusé[53], et 63% ont estimé "ne plus être à l'initiative de leurs films mais réaliser une commande initiée par la chaîne de télévisions ou le producteur"[53].

Reportages[modifier | modifier le code]

  • Grandir sous camisole (Envoyé Spécial, 1996) de Manon Loizeau et Jean-Baptiste Rivoire (Meilleur grand reportage d'actualité au FIGRA 1996 - Grand prix Jean-Louis Calderon au Festival du scoop d'Angers en )
  • Une vie de toxico (Canal plus, ) de Maria Roche et Jean-Baptiste Rivoire
  • Sectes à Moscou (Envoyé spécial) de Thomas Johnson et Jean-Baptiste Rivoire
  • Peur sur la ligne (Envoyé spécial)
  • Algérie, la vie continue (Zone interdite, ) de Faouzia Fekiri et Jean-Baptiste Rivoire
  • Police palestinienne (Zone interdite)
  • La secte Moon (Zone interdite)
  • Boudha, enfant perdu de Bosnie (État d'urgence, France 3) de Olivier d'Angely et Jean-Baptiste Rivoire
  • Bentalha, autopsie d'un massacre (Envoyé spécial, ) de Jean-Baptiste Rivoire, Jean-Paul Billault, Thierry Thuillier et Bruno Girodon (Prix du meilleur document d'actualité au FIGRA 1999)
  • Algérie, la grande manip, enquête sur l'assassinat de Lounès Matoub (90 minutes, Canal plus, 2000) de Jean-Baptiste Rivoire et Michel Despratx
  • Qui a tué Lounes Matoub ? 90 minutes, Canal plus, de Michel Despratx, Jean-Baptiste Rivoire, Lounis Aggoun et Françoise Testeront ; Canal plus,
  • Attentats de Paris, enquête sur les commanditaires (90 minutes, Canal plus, 2002) de Jean-Baptiste Rivoire et Romain Icard sur la vague d'attentats commis en France en 1995
  • Sarkozy, enquête sur un présidentiable (90 minutes, Canal plus, 2005) de Jean-Baptiste Rivoire et Véronique Robert
  • Khalifa, l'étrange milliardaire algérien (90 minutes, Canal plus)
  • Le crime de Tibhirine (Spécial Investigation, Canal plus, )

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e "Médias: le système des "oligarques de l'info" dénoncé par un journaliste d'investigation", dépêche de l'Agence France-Presse, le [1]
  2. a b et c Jean-Baptiste Rivoire, L'élysée (et les oligarques) contre l'info, Les Liens qui libèrent, , 399 p. (ISBN 979-10-209-1081-3)
  3. Biographie sur "Média et Communication" du "Figaroscope" dans Le Figaro [2]
  4. Spécial Investigation, Canal plus
  5. Condamnation de J-F Kahn, directeur de Marianne pour diffamation, communiqué de Jean-Baptiste Rivoire
  6. Rivoire condamné en première instance pour « violences volontaires », lesoirdalgerie.com
  7. La Cour d'appel de Paris donne raison à Jean-Baptiste Rivoire, Communiqué de Me William Bourdon,
  8. double Condamnation de , algeria-watch.org,
  9. a et b Jean-Marie Durand, Tibhirine : la piste des services secrets algériens, lesinrocks.com,
  10. a b et c "Le Crime de Tibhirine. Révélations sur les responsables", de Jean-Baptiste Rivoire : l'enquête impossible" par Isabelle Mandraud, dans Le Monde le [3]
  11. a b c d e et f "Canal+: Le rédacteur en chef adjoint de «Spécial Investigation» serait sur la sellette", article dans 20 Minutes (France) le citant des informations du Monde [4]
  12. BLAST ; le souffle de l'info, « La liberté d'informer est en danger de mort (interview par Denis Robert) », (consulté le )
  13. « Canal +, 2016 : Comment Bolloré a tué l'investigation [AVENT2020] », sur arretsurimages.net (consulté le )
  14. Information du Canard enchaîné reprise dans L'Express le [5]
  15. Article dans Les Échos, le [6]
  16. a et b "Liberté de la presse : que montre le documentaire de Reporters sans frontières sur le groupe Bolloré ?" le sur France Télévisions [7]
  17. "RSF dénonce les «méthodes brutales» de Vincent Bolloré dans les médias" dans Le Figaro le [8]
  18. "Reporters sans frontières dénonce les méthodes de Vincent Bolloré contre l’information" par Aude Dassonville, dans Le Monde le [9]
  19. "Vidéo. Vincent Bolloré : un documentaire de Reporters sans frontières dénonce ses « méthodes brutales »", par l'Agence France-Presse reprise le par le quotidien régional Sud Ouest [10]
  20. "Europe 1 ne digère pas la patte Bollo" le dans Libération [11]
  21. "Le Système B." : un documentaire de Reporters sans frontières dénonce les méthodes de Vincent Bolloré" par Maxime Tellier, le sur France Culture [12]
  22. “Le Système B”, un docu choc sur la méthode Bolloré contre la liberté d’informer" par Richard Sénéjoux le dans Télérama [13]
  23. "Concentration des médias : une commission et des propositions sur la table" par Aude Carasco, le dans La Croix
  24. a b c et d "Vincent Bolloré attaque en justice Jean-Baptiste Rivoire, ex-journaliste de Canal +", dans Ouest-France le [14]
  25. William Bourdon et Vincent Brengarth
  26. "Un ex-journaliste de Canal+ assigné aux Prud'hommes pour des propos sur Vincent Bolloré", dans La Provence [15]
  27. a b c d et e "Canal+ veut à nouveau faire taire Jean-baptiste Rivoire", article par Emmanuelle Walter dans Arrêt sur images [16]
  28. Article de l'AFP repris le dans 20 Minutes (France) [17]
  29. "Un ex-journaliste de Canal+ assigné aux prud’hommes pour des propos critiques sur Vincent Bolloré" dans Le Parisien [18]
  30. "Bolloré attaque le journaliste Jean-Baptiste Rivoire de Off-investigation" article dans le Huffington Post du [19]
  31. a et b "Vincent Bolloré attaque en justice Jean-Baptiste Rivoire, ex-journaliste de Canal+", article par Benjamin Meffre dans Pure Médias le
  32. "L’homme du jour. Jean-Baptiste Rivoire" le dans L'Humanité par Caroline Constant [20]
  33. a b c d e f g h i j et k "Jean-Baptiste Rivoire lance le site Off Investigation : “Sur Internet, il manque de vraies enquêtes filmées" par Richard Sénéjoux, le dans Télérama [21]
  34. Site de la chaine TV indépendante d'investigation "Off-Investigation" Off-investigation.fr
  35. a b c et d Anne Sogno, « Jean-Baptiste Rivoire : « Bolloré a supprimé les enquêtes à Canal+ et Delphine Ernotte a créé un guichet unique pour les documentaires » », L'Obs, [22].
  36. a b c et d Portrait de Jean-Baptiste Rivoire par Adrien Franque, dans Libération le [23]
  37. OFF Investigation - Emmanuel, un homme d’affaires à l’Élysée Une série d'investigation en 9 épisodes [24]
  38. « En poste à Genève, il est pressenti pour rejoindre Macron à l’Elysée », Tribune de Genève,‎ (lire en ligne)
  39. « Affaire Kohler : le scandale qui menace Macron », diffusé le sur Blast [25].
  40. Off-investigation: l'enquête vidéo pour conviction, Macron en ligne de mire", par Steven Jambot et Simon Decreuze sur Radio France internationale le [26]
  41. a et b Rubrique critiques littéraires sur "TV News"[27]
  42. Article le dans Télérama [28]
  43. "Jean-Baptiste Rivoire - "L’Élysée et les oligarques contre l’info", entretien avec le journaliste André Bercoff sur Sud Radio [29]
  44. a et b "Crocodiles, cosmos, criminels climatiques, médias asservis... À lire en janvier" dans la rubrique critiques littéraire du quotidien d'information écologiste Reporterre [30]
  45. "Comment les milliardaires "fabriquent" nos présidents", le dans Le Média [31]
  46. "Concentration des médias : la France au cœur d’un grand Monopoly" par Pierre Manière, le dans La Tribune [32]
  47. "La « concentration-droitisation » des médias fausse le jeu démocratique" le dans L'Obs [33]
  48. a et b « La concentration des médias est un risque pour la démocratie » dans le quotidien L'Union, le , par Samuel Ribot [34]
  49. a b c et d "Qui détient les médias en France ? Et pourquoi cela pose problème", par Simon Marty, sur le site du réseau de Radio chrétienne francophone le [35]
  50. a et b "« L’Élysée (et les oligarques) contre l’info » : un plaidoyer pour la liberté d’informer" par Aude Dassonville dans Le Monde le 10 janvier 2022 [36]
  51. "Politiques versus journalistes – Enquête sur un scandale démocratique" par Abdellatif El Azizi, dans Le Courrier de l'Atlas, le [37]
  52. "Ce que Léa Salamé n'a pas demandé à la patronne de France Télé. Ou comment ignorer un livre-enquête contenant des informations sur Delphine Ernotte" par Loris Guémart le dans Arrêts sur images [38]
  53. a b c d e f et g "Les auteurs-réalisateurs de documentaires "s’autocensurent", affirment leur syndicat face au Sénat" le 3 février 2022, sur France 24 [39]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]