Iskandar Safa

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Iskandar Safa, né à Beyrouth en 1955, est un homme d’affaires français d'origine libanaise, qui s'est fait connaître dans les années 1980 lors de l'affaire des otages du Liban, et en redressant les chantiers navals CMN (Constructions mécaniques de Normandie) dont il a fait l'acquisition en 1992.

Avec son frère Akram Safa, il est propriétaire de Privinvest Holding, un grand groupe international de construction navale[1]. Il contrôle par ailleurs FIMAS SA, une entreprise française détenant un grand portefeuille immobilier et hôtelier dans le sud de la France[2], notamment à Mandelieu La Napoule.

Il est propriétaire des titres du groupe Valmonde, comprenant notamment le magazine hebdomadaire Valeurs actuelles, et du mensuel Mieux vivre votre argent[3], à travers sa filiale Privinvest Médias — elle-même filiale de Privinvest Holding.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Iskandar Safa est né dans une famille de chrétiens maronites. Pendant sa jeunesse, il rejoint brièvement la faction militaire nationaliste chrétienne des Gardiens des Cèdres, époque à laquelle il est alors surnommé « Sandy », une dénomination qu’il gardera plus tard dans sa vie en référence à sa combativité[4].

À la fin des années 1970 il intègre l'université américaine de Beyrouth, où il obtint un diplôme en génie civil. Il quitte alors le Liban pour aller travailler comme ingénieur de travaux publics aux États-Unis avant d’aller s’installer en France où, en 1982, il obtient une maîtrise en administration des affaires (MBA) de l'Institut européen d'administration des affaires (INSEAD) de Fontainebleau[5].

Carrière[modifier | modifier le code]

De 1978 à 1981, il dirige la construction d'un aéroport militaire à Riyad (Arabie saoudite).

En 1985, Safa est chargé par un groupe d’investisseurs arabes, notamment le prince saoudien Metaab bin Abdullah bin Abdulaziz Al Saoud, de redresser la chaîne hôtelière suisse Novapark. Il entre en relations avec Jean-Charles Marchiani, alors cadre commercial de la chaîne hôtelière Le Méridien[6].

En 1986, il devient le président de Triacorp International basée à Paris au 19 avenue Franklin-Roosevelt[7]. Le 19 janvier 2005, il laisse sa place de président du conseil d'administration à Eric Giardini[7].

En 1992, il est retenu par le CIRI (Comité interministériel de restructuration industrielle) pour le rachat des Constructions mécaniques de Normandie (CMN) à Cherbourg, dont il relance le chantier naval. Actionnaire principal des CMN[2], Iskandar Safa a contribué au sauvetage et à la pérennité de l’activité de construction navale de la région de Cherbourg. Il élargit l’activité de CMN, notamment dans le domaine de la fabrication d’hydroliennes[8].

Il est président du conseil du groupe FIMAS, qui est propriétaire des carrières de marbres de Saint-Pons-de-Thomières dans l’Hérault (Marbres de France). FIMAS est engagé par ailleurs dans le développement d’un domaine de 1 350 ha, Barbossi Estate, situé à Mandelieu-la-Napoule.

Il est initialement cité dans l'affaire dite de l'« Angolagate »[9], affaire se concluant par un non-lieu général en octobre 2009[10].

En 2007, il participe à la création du chantier naval Abu Dhabi Mar avec Al Aïn International et en devient le directeur exécutif. En avril 2007, le journaliste Marc Francelet, mis en examen pour corruption, et le directeur du Point, Franz-Olivier Giesbert, sont entendus par la police pour l'achat présumé par l'homme d'affaires d'un article de complaisance paru en 2005 dans le magazine sous le titre « Un PDG interdit de séjour »[11].

En 2010, via Abu Dhabi Mar, il devient l'actionnaire majoritaire du chantier naval grec Hellenic Shipyards (HSY)[12].

Depuis 2011 Iskandar Safa est vice-président non-exécutif du conseil d’administration de Marfin Investment Group, une holding cotée à la Bourse d’Athènes[13].

En avril 2012, il intervient en Algérie lors de la vente de deux corvettes allemandes TKMS. De plus avant le changement de régime libyen, il était très actif dans le pays et on rapporte que, grâce à Saïf al-Islam Kadhafi, l’un des fils du guide libyen, il avait un accès direct à Mouammar Kadhafi[14].

En avril 2015, il rachète au groupe Pierre Fabre les titres du Groupe Valmonde, parmi lesquels l’hebdomadaire Valeurs actuelles, via Privinvest Médias, filiale de Privinvest[6].

Privinvest annonce en 2016 une joint-venture avec Simportex pour la création d'un chantier naval en Angola[15].

En août 2017, il rachète pour 2,5 millions d'euros les activités « oil and gas » du logisticien français Necotrans, placé en redressement judiciaire partiel le 29 juin 2017[16].

Le 1er mars 2018, un consortium allemand composé de Thyssen Krupp et Luerssen est exclu par le gouvernement allemand de l'appel d'offre pour la construction du navire de guerre polyvalent MKS 180 au profit de GNY (German Naval Yards), appartenant au groupe Prinvinvest, et du constructeur néerlandais Damen[17].

Divers[modifier | modifier le code]

Mentionné dans l'affaire dite des Panama Papers[18], il conteste les informations du quotidien Le Monde en défendant la licéité de ses activités[19]

Il est « considéré comme le Libanais le plus riche après la famille Hariri »[20].

Chrétien maronite, il a contribué au financement de la construction de l'église Notre-Dame-du-Liban à Mandelieu-la-Napoule[21].

Il possède le plus grand domaine privé de la Côte d'Azur, qui couvre le tiers de la surface de la commune de Mandelieu-la-Napoule[22], domaine de plus de 1 300 ha chevauchant le Var et les Alpes-Maritimes. Il répond à un article de Mediapart[23] évoquant ses intentions pour ce domaine, en précisant que « ses projets sont encore à l'état de... projets[24]. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Ematum/CMN : la France et le Mozambique sont dans un bateau… », sur lemozambicain.info (consulté le 6 avril 2016).
  2. a et b « Iskandar Safa : “Nous ne sommes pas des promoteurs” », sur nicematin.com (consulté le 6 avril 2016)
  3. « Ces magnats des médias que vous ne verrez jamais à la télévision », .
  4. « source »
  5. « Iskandar Safa, des réseaux en eaux profondes - Intelligence Online », sur intelligenceonline.fr (consulté le 6 avril 2016).
  6. a et b Maroun Zainoun, « Valeurs actuelles : une vente en trompe-l’œil », lyoncapitale.fr, 7 mai 2015.
  7. a et b « TRIACORP INTERNATIONAL SA (PARIS 8) Chiffre d'affaires, résultat, bilans sur SOCIETE.COM - 337518849 », sur societe.com (consulté le 26 août 2016).
  8. « Hydroquest et CMN construisent leur prototype d'hydrolienne », sur LeMarin.fr,
  9. « Angolagate: Pasqua en vedette américaine », lejdd.fr, 6 octobre 2008.
  10. « Non-lieu général dans l'affaire des otages du Liban », sur LePoint.fr,
  11. « Un PDG interdit de séjour », Le Point, 5 novembre 2005.
  12. Véronique Guillemard et Alexia Kefalas, « Les tribulations d'Iskandar Safa en Grèce », Le Figaro, encart « Économie », samedi 7 / dimanche 8 octobre 2017, page 25.
  13. « Marfin Investment Group Holdings SA (MRFr.AT) People | Reuters.com », sur reuters.com (consulté le 6 avril 2016).
  14. « source ».
  15. « Privinvest va lancer un chantier naval civil et militaire en Angola en association avec un partenaire local », sur AgenceEcofin.com, .
  16. « Reprise de Necotrans ».
  17. (de) « Deutsche Werften gehen bei Großauftrag der Marine leer aus », sur handelsblatt.com, .
  18. Jérémie Baruch, « “Panama papers” : les affaires offshore d’Iskandar Safa, le propriétaire de Valeurs actuelles », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  19. « Droit de réponse d’Iskandar Safa », sur Le Monde.fr (consulté le 22 février 2018).
  20. « De Cherbourg à Maputo, les millions disparus de la Compagnie mozambicaine de thon », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  21. « Notre Dame du Liban, nouvelle église de la commune », sur Nice Matin, .
  22. « Le milliardaire Iskandar Safa s'offre le plus grand domaine privé de la Côte », sur archives.nicematin.com (consulté le 8 mars 2018).
  23. Hélène Constanty, « A Mandelieu, un promoteur, vendeur d’armes, en affaire avec la famille du maire », Mediapart,‎ (lire en ligne)
  24. « Un droit de réponse d'Iskandar Safa », sur Mediapart.fr,