Norique

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Le Norique (Noricum en latin) est un royaume celtique qui s'est constitué au IIe siècle av. J.-C. Les Noriques formaient une confédération avec leurs voisins les Boïens et les Taurisques[1].

Par la suite le Norique est devenu une province de l'Empire romain. Elle était limitée au nord par le Danube, à l'ouest par la Rhétie, à l'est par la Pannonie et au sud par la Dalmatie. Elle correspond approximativement à la Styrie, la Carinthie, la région de Salzbourg, une grande partie de la Basse-Autriche et de la Haute-Autriche, l’extrême est de la Bavière et une partie de la Slovénie.

Protohistoire celtique[modifier | modifier le code]

La population semble avoir été constituée d'Illyriens et de Ligures, fédérés par le peuple celte des Taurisques (Taurisci), parfois dénommés Noriques (Norici) par les Romains d'après leur première capitale Noreia (Neumarkt actuelle). Les habitants, réputés braves et belliqueux, s'occupaient plus d'élevage que d'agriculture. Le Norique était un avant-poste de leurs attaques sur l'Italie. C'est à propos du Norique que sont évoqués pour la première fois les envahisseurs celtiques. Des recherches archéologiques, particulièrement dans les cimetières de Hallstatt, à moins de 70 km de Noreia, ont montré qu'il y avait là une civilisation protohistorique florissante. Les cimetières contenaient des armes et des ornements datant depuis l'âge du bronze jusqu'à l'âge du fer. Des oppidums existaient à Burg (Schwarzenbach), Hainburg, Leopoldsberg (Vienne), Idunum (Villach), Kulm (Styrie orientale).

Le pays est montagneux et la terre est pauvre, mais le sous-sol était riche en fer et pourvoyait en matières premières les manufactures d'armes de Pannonie, de Mésie et du nord de l'Italie. Le fameux acier norique fut largement utilisé pour l'armement des Romains[2],[3]. Il est probable que les Romains, en asséchant les marais et en défrichant, accrurent la fertilité du sol. Il y avait également d'importantes mines d'or et de sel ; la plante appelée saliunca poussait en abondance et était utilisée comme parfum[4]. En -113 durant la Guerre des Cimbres, Rome fut vaincue par une coalition de « barbares » germano-celtes.

Conquête romaine[modifier | modifier le code]

Le Norique dans l'Empire romain, vers 120

Pendant longtemps les habitants du Norique jouirent de l'indépendance et d'une large autonomie dans leur commerce avec les Romains. En 48 av. J.-C. ils prirent le parti de Jules César dans la guerre contre Pompée. En 16 av. J.-C., s'étant joints aux habitants de la Pannonie dans l'invasion de l'Istrie, ils furent défaits par Publius Silius Nerva, proconsul d'Illyrie. La province du Norique fut alors annexée, sans avoir l'organisation d'une province romaine, mais en restant un royaume autonome (regnum Noricum), contrôlé par un procurateur impérial. Ce n'est que sous le règne de Marc Antoine que la légion II Pia (appelée par la suite Italica) fut stationnée en Norique, et le commandant de la légion devint le gouverneur de la province. Aux alentours de 40, le royaume fut entièrement intégré dans l'Empire romain par Claude, comme province impériale avec pour capitale Virunum, près de Klagenfurt. Sous Claude, commença la construction de la voie romaine traversant le col du Brenner, passage entre le Norique et l'Italie.

Sous Dioclétien, le Norique fut divisé en Norique ripense (le long du Danube) et Norique méridional (la partie sud, plus montagneuse).

Les colonies romaines et villes principales sont Virunum (près de Maria Saal, au nord Klagenfurt), Teurnia (près de Spittal an der Drau), Flavia Solva (près de Leibnitz), Celeia (Celje), Juvavum (Salzbourg), Ovilava (Wels), Lauriacum (Lorch près de Enns).

Une garnison était stationnée à Favianis (Mautern), peut-être pour tenir un pont franchissant le Danube à cet endroit.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Venceslas Kruta, Les Celtes, histoire et dictionnaire, page 755.
  2. « Noricus ensis », Horace, Odes, i. 16. o
  3. Ovide, « [[Métamorphoses (Ovide)|Métamorphoses]] 14.712 », sur Itinera Electronica
  4. Pline l'Ancien, Histoire naturelle XXI. 20.43)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Venceslas Kruta, Les Celtes, Histoire et dictionnaire, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2000. (ISBN 2-7028-6261-6)
  • F. Ertl, Topographia Norici, Kremsmünster, 1965.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Antiquité romaine

Liens externes[modifier | modifier le code]