Monthureux-sur-Saône

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Monthureux-sur-Saône
Au cœur commerçant du village.
Au cœur commerçant du village.
Blason de Monthureux-sur-Saône
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Vosges
Arrondissement Neufchâteau (depuis le )[1]
Canton Darney
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de la Saône Vosgienne
Maire
Mandat
Raynald Magnien
2014-2020
Code postal 88410
Code commune 88310
Démographie
Gentilé Monthurolais(es)
Population
municipale
854 hab. (2014)
Densité 45 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 01′ 50″ nord, 5° 58′ 23″ est
Altitude 253 m (min. : 238 m) (max. : 339 m)
Superficie 19,02 km2
Localisation

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Liens
Site web www.monthureux.fr

Monthureux-sur-Saône est une commune française située dans le département des Vosges en région Grand Est.

Ses habitants sont appelés les Monthurolais.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village de Monthureux s'allonge en une rue sur l'échine gréseuse d'un très étroit lobe de méandre de la Saône. De nombreux ponts s'en échappent : pont du Faubourg et pont des Prussiens au sud, pont Colas puis pont de la Perche au nord. La commune se complète des quelques hameaux : Mont de Savillon sur la D 480 en direction de Saint-Julien à l'ouest, le Ricageot, le quartier de la Gare et la zone industrielle à l'est. Vittel est à 28 km, Épinal à 50 km.

La forêt s'étend sur 762 ha : bois de la Mause, de Chat Clairey, Bois ban, devant le Château, de la Poste tétiote. Quelques ruisseaux rejoignent la Saône : celui de la Mause (nom que prend le "Gras" sur le territoire de Monthureux) en rive droite et le Préfonrupt en rive gauche.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Monasteriolum (petit monastère, église) n'est pas attesté avant la fin du IXe et début du Xe siècle. Ensuite, on trouve les formes Monstreuil au XIVe siècle, puis Montreuil, Montreux, Montureux. La graphie avec H est due à l'erreur d'un copiste sur un document qui, en 1628, écrivit Montheureux.[réf. nécessaire]

Histoire[modifier | modifier le code]

Inscription funéraire gallo-romaine dédiée à Sextius Juventus.
Musée départemental d'art ancien et contemporain d'Épinal.

L'origine de Monthureux-sur-Saône n'est pas connue avec certitude. Il est probable qu'à l'époque gauloise, l'emplacement qu'il occupe aujourd'hui était recouvert par la forêt[réf. nécessaire].

Lorsque l'on évoque Monthureux, on se réfère souvent au cimetière gallo-romain et au château féodal. En fait, le site était habité depuis longtemps lorsque les Romains firent la conquête de la Gaule[réf. nécessaire]. Le territoire de Monthureux est bordé au nord par celui de Bleurville sur lequel fut découvert au XIXe siècle, au centre du village actuel, une importante villa gallo-romaine dotée de bains de grandes dimensions.

Le territoire des Lingons, capitale Langres, auquel appartenait Monthureux, s'étendait jusqu'à la Saône supérieure et l'immense forêt de Darney.

L'armée romaine fit construire de nombreuses voies militaires (une voie romaine venant de Langres passait par Monthureux et se dirigeait vers Baccarat). Peu à peu, les indigènes celtes se romanisèrent pour devenir des Gallo-romains.

Au Bas Empire commence l'installation de lètes et de colons germaniques, puis la conquête proprement-dite par les Francs et les Burgondes qui se disputent la région. Les noms en -court, puis en -ville, -velle de la région par exemple, montre l'emprise croissante de ces Francs qui se romanisent.

Il est probable qu'à l'époque, le seul endroit habité devait être les plateaux et les pentes de la Vignotte.

Il faut s'arrêter et flâner le long des rues ou des ruelles pour découvrir un autre aspect du bourg. : les vestiges de son passé lointain qui racontent une histoire vieille de près de 2000 ans.

C'est dans le hall de la mairie que l'on peut voir les témoins de cette époque : des stèles gallo-romaines datant du Ier siècle de notre ère. Des fouilles faites à la Vignotte au début du siècle, ont mis au jour des sarcophages recelant des objets précieux (collection privée et musée d'Epinal). On trouve encore des traces de voies romaines et le Pont du diable au pied de la côte Sainte-Anne.

Après un grand saut dans le temps, nous trouvons le souvenir du monastère qui a donné son nom à la bourgade : Monasteriolum (devenu Monstreuil) puis Montreux et enfin Monthureux, il pourrait remonter à l'époque carolingienne.

L'église actuelle, qui fut celle du prieuré, a été agrandie et entièrement refaite au XVIe siècle. Cependant on distingue encore le tracé de grandes arcades romanes (XIe) sur le mur extérieur nord qui domine la rue.

Du prieuré lui-même, il ne subsiste plus que deux piliers ronds et massifs qu'encadrent la porte-cochère située au pied du vieil escalier de pierre conduisant à l'ancien cimetière.

Dépendant de l'abbaye de Luxeuil, le prieuré bénédictin possédait la partie est de Monthureux, la plus ancienne, où l'on peut encore voir le puits qui a donné son nom à la "rue du Puits-Châné" (puits à chaîne), la maison du guetteur avec sa fenêtre d'angle et de très belles portes à frontons.

La rue du Gros-Tilleul a un ensemble de fermes bien lorraines avec portes de granges et œils de bœuf, sans oublier la goulotte de la pierre à eau et le traditionnel usoir entre maison et rue.

Du pont près de la place (ancien pont-levis), on voit encore très bien la base des trois tours qui furent démantelées par les Suédois en 1635. Au pied du château se pressaient des petites maisons en partie troglodytes dont plusieurs cavités sont encore visibles dans la roche. La place toute fleurie, forme un ensemble autour de sa fontaine ronde à étages. Elle se prolonge par une allée bordée de tilleuls qui fut le promenoir des Moines au XVIIe. Tout au bout de cette allée, le couvent des Tiercelins a gardé de beaux vestiges.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1876 1911 Edouard Bresson    
1911 1919 Théophile Cœurdacier (1869-1934)    
1919 1923 Bernard Bliquez    
1923 1925 Henri Gérard    
1925 1929 Théophile Cœurdacier (1869-1934)   Conseiller général du canton de Monthureux-sur-Saône (1928-1934)
1929 1937 Léon Poupé    
1937 1947 Robert Bellin (1894-1980) Radical Conseiller général du canton de Monthureux-sur-Saône (1945-1949)
1947 1959 Léon Lambert    
1959 mars 1977 Jean Cayotte (1902-2001) DVD Médecin
Conseiller général du canton de Monthureux-sur-Saône (1961-1979)
Conseiller régional (1974-1979)
mars 1977 mars 1983 Rolande Lambert (1915-2012) DVG Retraitée de l'Éducation nationale (proviseur dans l'Orne)
mars 1983 mars 2008 Henri Didier (1940-) UDF-PR Chef d'entreprise
Conseiller général du canton de Monthureux-sur-Saône (1979-1992)
Conseiller régional (1985-1991)
mars 2008 en cours
(au 18 février 2015)
Raynald Magnien Modem Conseiller en gestion et management

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[2]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[3],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 854 habitants, en diminution de -8,96 % par rapport à 2009 (Vosges : -1,78 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1856
1 340 1 351 1 414 1 424 1 618 1 795 1 781 1 693 1 594
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 601 1 656 1 516 1 534 1 508 1 588 1 514 1 511 1 364
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
1 353 1 284 1 156 1 217 1 103 1 110 1 093 1 086 1 085
1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014 -
1 166 1 156 1 111 1 065 1 004 959 938 854 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[5].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Michel[6] et son orgue[7].

De nos jours le couvent de Monthureux subsiste encore, vendu avec les biens nationaux à la Révolution, il abrita pendant près de quatre siècles une communauté de moines tiercelins. Il est aujourd'hui visible au bout de l'allée des Moines (le long de la départementale 460).

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Charles Lévy (1805-1872), né à Monthureux-sur-Saône et mort à Bains-les-Bains, dépose un brevet pour une machine à clou dont l'usage améliora la production. Une rue de Bains-les-Bains porte son nom.
  • Christian Kiener (1807-1896) a dirigé une importante filature à Monthureux-sur-Saône. Il a été conseiller général des Vosges pour le canton de Monthureux-sur-Saône de 1871 à 1886, et sénateur des Vosges de 1882 à 1896, date de sa mort. Élu en mai 1867, membre de la chambre de commerce des Vosges créée par décret du 13 décembre 1866 il a assuré sa présidence de 1867 à 1877.
  • Édouard Bresson (1826-1911), député des Vosges, ancien maire
  • Charles Godard (1827-1899) est né à Monthureux-sur-Saône le 26 décembre 1827. Ancien élève de l'école des Beaux-Arts, il travaille à l'agence des travaux diocésains de Langres et est connu de Viollet-le-Duc. Il est nommé inspecteur des édifices diocésains de Langres le 24 janvier 1857. Il est nommé membre du conseil des bâtiments civils de la Haute-Marne et officier d'académie le 22 janvier 1898. Il a construit neuf églises en Haute-Marne, deux églises dans la Haute-Saône, la chapelle des Dominicains et la maison des Dames de Saint-Maur de Langres, des écoles, des fontaines et a dirigé divers chantiers de restauration.
  • Maurice Jacob, né le 2 décembre 1860 à Paris et décédé à Monthureux-sur-Saône en 1932. Il vécut à Villenauxe-la-Grande, fut notaire jusqu'en 1913 puis se maria et, tout en poursuivant une activité de journaliste à Paris, il devint rédacteur en chef de la revue du Monde Illustré. Il habita rue du Château et s'éteignit auprès de son épouse née Brouland, modiste, qui lui survécut jusqu'en 1935.
  • Jules Boiteux né à Saint-Ouen-lès-Parey le 4 août 1877 et mort à Nancy le 18 octobre 1957. Issu d'une famille de sculpteurs, fils de Pierre Jules Boiteux et de Marie Lorange, Jules Boiteux arrive à Nancy pour travailler dans les ateliers de Majorelle où il se spécialise dans la sculpture sur bois. Il passe ensuite chez Émile Gallé. Dans le style art nouveau dit de "l'École de Nancy", il exécute un grand nombre de travaux dont les façades des magasins aujourd'hui disparues. Deux témoins de son art sont encore conservés à Nancy : la vitrine de la boulangerie Wursthom rue des Dominicains et le plafond, classé, de la brasserie de l'Excelsior. Puis il est engagé comme chef de l'atelier créé par Jules Cayette et se spécialise dans le mobilier religieux. Il est le restaurateur de la piéta de l'église de Senonges. Il a longtemps habité à Monthureux-sur-Saône avec sa fille Simone où sa maison existe toujours, rue du Gros-Tilleul. Il est enterré à Monthureux.
  • Colonel Marie, fils adoptif de Maurice Jacob. Né dans le Calvados le 11 novembre 1895, il devint en 1918, à 23 ans, pilote d'aviation. Ses actes de bravoure pendant la grande guerre lui valut la Médaille militaire et la Croix de guerre, de capitaine il devint colonel et le titre de commandeur de la Légion d'honneur lui fut accordé. On retrouve une photographie de lui avec le capitaine Jean Baradez convoyant un avion Farman 192 destiné à être offert au négus éthiopien pour son couronnement en 1930. Décédé le 19 avril 1962, il repose aux côtés de ses parents "adoptifs" le couple Jacob.
  • Henri Poincelot (1902-1980), né à Monthureux-sur-Saône et mort à Vittel. Homme politique et sénateur sous la IVe République, il est l'une des figures phare de la résistance vosgienne.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D'azur, à trois losanges d'or, ordonnés 2 - 1 et chargés d'un M antique de gueules.
Commentaires : Ce sont les armes de Guillaume, sire de Monstreuil, que l'on peut déjà voir sur un sceau de 1321.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Noël Castorio, « Les stèles funéraires gallo-romaines de Monthureux-sur-Saône (Vosges) », in Hélène Walter (dir.), La sculpture d'époque romaine dans le Nord, dans l'Est des Gaules et dans les régions avoisinantes : acquis et problématiques actuelles (actes du colloque international..., Besançon, 12, 13 et 14 mars 1998), Presses universitaires franc-comtoises, Besançon, 2000, p. 109-122
  • Marie-Françoise Michel et Jean-François Michel, Monthureux-sur-Saône : histoire d'un bourg lorrain des bords de Saône (1605-1789). Seigneurs et habitants, vie spirituelle, Saint-Nicolas-de-Port, 1980, 203 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Changement de département ou d'arrondissement pour les communes du département des Vosges de 1930 à 2013, sur le site de l'Insee. Consulté le 14 janvier 2014.
  2. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  3. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  6. Les curiosités
  7. Association d’Étude pour la Coordination des Activités Musicales (ASSECARM), Orgues Lorraine Vosges, Metz, Éditions Serpenoise, , 677 p. (ISBN 2-87692-093-X), p. 395 à 397
    Présentation de l'orgue de l’église Saint-Michel sur la commune de Monthureux-sur-Saône