Ligne de Haguenau à Hargarten - Falck

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Ligne de
Haguenau à Hargarten - Falck
Pays Drapeau de la France France
Villes desservies Haguenau, Bitche, Sarreguemines
Historique
Mise en service 1864 – 1882
Concessionnaires Est (1864 – 1871)
EL (1871 – 1918)
AL (1918 – 1937)
SNCF (1938 – 1997)
RFF (1997 – 2014)
SNCF (depuis 2015)
Caractéristiques techniques
Numéro officiel 159 000
Longueur 125,750 km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification oui (partiellement)
Pente maximale 15 
Nombre de voies une ou deux
Signalisation BAPR (entre Haguenau et Niederbronn-les-Bains)
Trafic
Propriétaire SNCF
Exploitant(s) SNCF
Trafic TER, Fret
Schéma de la ligne

La ligne de Haguenau à Hargarten - Falck est une ligne de chemin de fer française à écartement standard du nord de l'Alsace et de la Lorraine. Elle est parallèle à la frontière de la France avec l'Allemagne. Une partie de la ligne est actuellement inexploitée.

Elle constitue la ligne 159 000[1] du réseau ferré national.

Le tronçon de Schweighouse à Haguenau faisait partie de la transversale reliant Saverne à Rastatt.

Histoire[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

Ligne de Niederbronn à Haguenau (d'intérêt local)[modifier | modifier le code]

Titre du tracé « Chemins vicinaux de grande communication destinés à être transformés en chemin de fer. Chemin no 2 bis de Haguenau à Niederbronn, d’une longueur totale de 19 km 623 m et 50 cm »

Cette ligne, longue de 20 kilomètres, embranchement de la ligne de Strasbourg à Wissembourg, est étudiée en 1857 à la demande du préfet Migneret[4] dans le cadre de la création d'un réseau de chemins de fer d'intérêt local qui lui semble à même de répondre aux besoins pressants des industriels locaux. En 1858, le directeur des chemins vicinaux du département, M. Coumès[4] chiffre à 8 191,59 francs le revenu au kilomètre de la ligne. La compagnie de l'Est, approchée pour une éventuelle concession, met ses enquêteurs sur ce projet et comme il en ressort une estimation inférieure (4 364,60 fr) elle refuse la proposition. La famille de Dietrich intéressé au plus haut point par ce projet, du fait qu'elle est propriétaire de plusieurs établissements métallurgiques établis à proximité, relance l'affaire par l'intermédiaire de la société de Dietrich et Cie qui adresse, en mars 1860, une demande de concession au ministre des travaux publics. Elle argumente sur les besoins de ses usines en charbon, celle de Mutterhouse en consomme quotidiennement 40 tonnes, et sa volonté de rendre ainsi la houille de Sarrebruck compétitive par rapport au minerai anglais, ce qui n'est pas le cas lorsque le transport se fait par la route. Néanmoins sa demande est conditionnée à l'apport par l'État d'une subvention conséquente et d'une garantie d'intérêt[5].

La ligne, qui conserve son statut d'intérêt local et inclut un embranchement sur l'usine de Reischoffen, est déclarée d'utilité publique le 1er août 1860, la subvention proposée par l'État est de 240 000 francs[5],[6].

La société de Dietrich se retire et finalement l'État concède la ligne le 11 juin 1863 à la compagnie de l'Est qui évalue sont coût pour elle à (2,120 millions de francs. L'État prend à sa charge la réalisation de la ligne jusqu'à la livraison de la plateforme, la compagnie pose les voies, construit les stations, avec une subvention du département, et finance également tout ce qui est nécessaire à l'exploitation y compris l'entretien de l'infrastructure, elle a pour obligation de mettre la ligne en service au plus tard un an après la livraison de la plateforme[5].

La section Haguenau - Niederbronn les Bains a été mise en service le 19 décembre 1864[7].

En avril 2017, la section est fermée à la circulation ferroviaire pour travaux. La circulation reprend le 1er septembre 2017.

Niederbronn à Hargarten - Falck[modifier | modifier le code]

La section entre Hargarten - Falck et Niederbronn, partie d'un itinéraire de Thionville à Niderbronn, est déclarée d'utilité publique le 14 juin 1861[8].

Par une convention signée avec le ministre des Travaux publics le 1er mai 1863, la Compagnie des chemins de fer de l'Est reçoit la concession des sections entre Haguenau à Niderbronn et de Niderbronn à Hargarten - Falck (et à Thionville). Cette convention est approuvée par décret impérial le 11 juin 1863[9].

Électrification[modifier | modifier le code]

La ligne a été électrifiée en 25 kV - 50 Hz en 2 étapes :

  • En juin 1956[10] de Carling à Hargarten - Falck.
  • En juillet 1956[10] de Béning à Carling (projet Cocheren - Carling).

Fermeture partielle[modifier | modifier le code]

Heurtoir marquant la fin de la ligne en Alsace en gare de Niederbronn-les-Bains.

La section de Niederbronn-les-Bains à Bitche a été fermée au service marchandises le 29 septembre 1996 et au service voyageurs le de la même année[11]. Cette section est susceptible d'être l'objet d'un projet de réouverture, car Bitche pourrait être reliée à Strasbourg en une heure par train TER[12] (dans les années 2010, ce voyage nécessite une correspondance entre autocar et train à Niederbronn-les-Bains). Des études ont été effectuées pour cette éventuelle future réouverture, chiffrant ainsi le montant des travaux de remise en état de l'infrastructure à 35 millions d'euros, soit bien plus qu'au moment de la fermeture[13].

La section de Bitche à Sarreguemines a été fermée au service voyageurs en décembre 2011, à la suite d'un glissement de terrain. La circulation des trains était alors toujours possible, mais limitée à 10 km/h, sur le tronçon de 300 mètres concerné. La région Lorraine a préféré remplacer les trains par des autocars TER. Quelques trains de fret à destination du camp militaire de Bitche ont circulé sur la ligne jusqu'en 2013[14]. La section est depuis inexploitée.

Renouvellement de la section Haguenau - Niederbronn-les-Bains[modifier | modifier le code]

Vue des voies renouvelées depuis le PN5 (Schweighouse-sur-Moder)

Entre mars et , la section entre Haguenau et Niederbronn-les-Bains est fermée à la circulation, pour travaux de rénovation. Une rénovation totale est alors réalisée : la signalisation est refaite à neuf (installation du BAPR, en remplacement du BM), tout comme les 22 km de voies et les 8 aiguillages. Les derniers passages à niveau non automatiques (PN 8, 32, 37, 41 et 42) sont automatisés pour plus de sécurité et de fiabilité. Les quais de toutes les gares ont été rallongés, pour permettre l'arrêt en gare de deux rames Régiolis couplées en heure de pointe. La fréquence des trains est également augmentée.

De nombreux projets sont également apparus au niveau des gares. En effet, à part les quais, rien n'a été modifié durant les travaux. Ainsi, en gare de Mertzwiller, un parking de 80 places sera créé, ainsi qu'un dépose-minute et d'un abri à vélos (pouvant en contenir 18). Des modifications similaires sont aussi prévues en gares de Niederbronn-les-Bains, Reichshoffen, Gundershoffen et Schweighouse-sur-Moder. Concernant la gare de Haguenau, sa transformation en pôle multimodal est à l'œuvre, avec l'ouverture d'une nouvelle passerelle permettant un accès aux quais par les personnes handicapées ; un nouveau bâtiment voyageurs est également en projet, ainsi qu'une refonte de la gare routière.

Infrastructure[modifier | modifier le code]

Le profil de la ligne est très médiocre, les déclivités atteignent 15  entre Haguenau et Sarreguemines et 10  au-delà[1]. Il existe de très nombreuses courbes de 300 m de rayon[1].

Cette ligne est actuellement à voie unique entre Schweighouse-sur-Moder et Sarreguemines et à double voie au-delà[15].

La ligne à Niederbronn-les-Bains dans les années 1920.

Exploitation[modifier | modifier le code]

  • Le tronçon entre Haguenau et Niederbronn est desservi par les trains du TER Alsace en provenance de Strasbourg ou de Haguenau.
  • Le tronçon entre Niederbronn et Bitche est inexploité. Les deux communes sont reliées par des autocars TER. Ce tronçon pourrait être reconverti en vélorail[12].
  • Le tronçon entre Bitche et Sarreguemines n'est plus desservi par les trains TER Lorraine depuis le 18 décembre 2011, du fait initialement d'un affaissement de terrain de l'infrastructure et de performances jugées insuffisantes par le Conseil régional de Lorraine, Autorité Organisatrice du Transport. Une substitution routière, à l'origine provisoire, est mise en place depuis sur cette section. En octobre 2014 la SNCF et la région Lorraine décident de fermer définitivement le tronçon en raison du coût, jugé trop élevé, pour sa remise en état.
  • Le tronçon entre Sarreguemines et Béning est desservi par les trains TER Lorraine.
  • Entre Béning et Hargarten, la ligne est empruntée seulement par des trains de marchandises.

Gares[modifier | modifier le code]

Dans le tableau suivant (liste partielle), les gares mentionnées en gras sont celles de bifurcation, présentes comme passées.

Gare Service(s) Coordonnées Commune
    Haguenau TER
Fret
48° 48′ 49″ N, 7° 46′ 55″ E Haguenau
    Schweighouse-sur-Moder TER (halte) 48° 49′ 44″ N, 7° 44′ 33″ E Schweighouse-sur-Moder
    Mertzwiller TER (halte) 48° 52′ 20″ N, 7° 40′ 41″ E Mertzwiller
    Gundershoffen TER (halte) 48° 54′ 19″ N, 7° 39′ 12″ E Gundershoffen
    Reichshoffen-Ville TER (halte)
Fret (desserte de l'usine Alstom)
48° 55′ 52″ N, 7° 39′ 30″ E Reichshoffen
    Niederbronn-les-Bains TER (halte) 48° 57′ 09″ N, 7° 38′ 02″ E Niederbronn-les-Bains
  x   Philippsbourg Fermée 48° 59′ 02″ N, 7° 33′ 53″ E Philippsbourg
  x   Bannstein Fermée 49° 00′ 15″ N, 7° 30′ 10″ E Éguelshardt
  x   Éguelshardt Fermée 49° 01′ 07″ N, 7° 29′ 26″ E Éguelshardt
  x   Bitche-Camp Fermée 49° 02′ 58″ N, 7° 28′ 31″ E Bitche
  x   Bitche Fermée 49° 02′ 55″ N, 7° 25′ 56″ E Bitche
  x   Lemberg Fermée 49° 00′ 02″ N, 7° 22′ 46″ E Lemberg
  x   Enchenberg Fermée 49° 00′ 58″ N, 7° 20′ 00″ E Enchenberg
  x   Petit-Réderching Fermée 49° 02′ 57″ N, 7° 18′ 01″ E Petit-Réderching
  x   Rohrbach-lès-Bitche Fermée 49° 03′ 20″ N, 7° 15′ 52″ E Rohrbach-lès-Bitche
  x   Wœlfling-lès-Sarreguemines Fermée 49° 05′ 41″ N, 7° 11′ 26″ E Wœlfling-lès-Sarreguemines
  x   Sarreguemines-Est Fermée 49° 06′ 09″ N, 7° 05′ 29″ E Sarreguemines
    Sarreguemines TER, Saarbahn
Fret
49° 06′ 26″ N, 7° 04′ 05″ E Sarreguemines
    Hundling TER (halte) 49° 06′ 24″ N, 6° 58′ 38″ E Hundling
    Farschviller TER (halte) 49° 05′ 17″ N, 6° 54′ 27″ E Farschviller
    Farébersviller TER (halte) 49° 07′ 06″ N, 6° 51′ 41″ E Farébersviller
    Béning TER
Fret
49° 08′ 18″ N, 6° 49′ 41″ E Béning-lès-Saint-Avold
  x   Merlebach-Freyming Fermée 49° 08′ 43″ N, 6° 48′ 32″ E Freyming-Merlebach
  x   Creutzwald-La Croix Fret 49° 11′ 40″ N, 6° 40′ 27″ E Creutzwald
  x   Hargarten - Falck Fret 49° 13′ 09″ N, 6° 38′ 06″ E Falck

(La disposition des gares de la ligne et de ses autres infrastructures sont visibles sur le schéma de la ligne.)

Matériel roulant de voyageurs[modifier | modifier le code]

TER Lorraine[modifier | modifier le code]

TER Alsace[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Livre : Reinhard Douté, Les 400 profils de lignes voyageurs du réseau ferré français, édité par La Vie du Rail en août 2011, (ISBN 978-2-918758-34-1), volume 1, pages 73-74.
  2. a, b, c et d Schontz, 1999, p. 70
  3. Jean-Marc Dupuy, Gares et tortillards de Lorraine, Éditions Cheminements, , 333 p. (ISBN 9782360370016, lire en ligne), p. 221
  4. a et b Palau, 2004, p. 11
  5. a, b et c Palau, 7.25 Niederbronn - Haguenau, 2004, p. 39
  6. J. B. Duvergier, France, Collection complète des lois, décrets, ordonnances, réglements, et avis du Conseil d'État, t. 60, Paris, A. Guyot et Scribe, (ISSN 1762-4096, lire en ligne), « 1er=4août 1860 - Loi relative à l'exécution d'un chemin de fer de Strasbourg à Barr, à Mutzig et Wasselonne, par Molsheim, et d'un chemin de fer de Haguenau à Niederbronn, avec embranchement sur l'usine Reischoffen. (XI, Bull. DCCCXXII, no 8003) », p. 368.
  7. Rapports et délibérations - Conseil général du Bas-Rhin, année 1865, page 77.
  8. « N° 9323 - Décret impérial qui déclare d'utilité publique l'établissement d'un chemin de fer de Niderbronn à la ligne de Metz à Thionville : 14 juin 1861 », Bulletin des lois de l'Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 18, no 953,‎ , p. 235.
  9. « N° 11549 - Décret impérial qui approuve la convention passée, le 1er mai 1863, entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics, et la Compagnie des chemins de fer de l'Est : 11 juin 1863 », Bulletin des lois de l'Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 22, no 1141,‎ , p. 138 - 146 (lire en ligne).
  10. a et b Revue Chemins de fer de l'AFAC, no 393 de 1988, page 263.
  11. « Niederbronn-les Bains - Sarreguemines », sur le site d’Étienne Biellmann (consulté le ).
  12. a et b J. Br., « La ligne SNCF rouvre à Philippsbourg », sur republicain-lorrain.fr, (consulté le 24 août 2016).
  13. J. Br., « Ligne SNCF de Bitche vers Niederbronn-les-Bains : le collectif remonte au front », sur republicain-lorrain.fr, (consulté le 24 août 2016).
  14. « Fermeture définitive de la gare de Bitche et de la ligne SNCF entre Sarreguemines et Bitche », sur le site du groupe BLE Lorraine, (consulté le ).
  15. Livre : Géographie des chemins de fer français par H. Lartilleux, tome 1, Éditions Chaix, 1955.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Schontz, Arsène Felten et Marcel Gourlot (préf. François Roth), Le chemin de fer en Lorraine, Éditions Serpenoise, , 316 p. (ISBN 9782876924147, présentation en ligne), chap. Thionville - Hargarten-Falk - Bitche -Niederbronn, p. 69-73.
  • François et Maguy Palau, Le rail en France : Le Second Empire, t. 3 (1864-1870), Palau, , 239 p. (ISBN 2-950-9421-3-X), p. 39, 55, 64 et 188.
  • Gilbert Wolljung, À toute Vapeur au pied de la Wasenbourg : Haguenau – Niederbronn – Bitche 1860 – 1967, .

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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