Vasgovie

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Vasgovie
Wasgau
image illustrative de l’article Vasgovie
Paysage typique de Vasgovie: vue de Rehberg à Annweiler (Palatinat) direction sud-ouest

Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Drapeau de la France France
Land (Allemagne) Rhénanie-Palatinat
Région française Alsace, Lorraine
Coordonnées 49° 02′ 54″ nord, 7° 39′ 44″ est
Superficie approximative 1 300 km2
Géologie Roches sédimentaires; Grès bigarré
Relief Vosges du Nord (partie française)
Pfälzerwald (partie allemande)
Flore remarquable Forêts de feuillus et forêts mixtes tempérées: hêtres, pins sylvestre, chênes, sapins blanc
Régions naturelles
voisines
Outre-Forêt, Pays de Hanau
Régions et espaces connexes Pays de Bitche, Alsace bossue, Palatinat rhénan

image illustrative de l’article Vasgovie
Carte de localisation de la Vasgovie.

Géolocalisation sur la carte : Allemagne

(Voir situation sur carte : Allemagne)
Vasgovie Wasgau

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Vasgovie Wasgau

La Vasgovie (Wasgau en allemand) est le nom d'une petite région à cheval sur la frontière franco-allemande dans les Vosges du Nord — départements de la Moselle et du Bas-Rhin — et dans le sud du Palatinat en Allemagne.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le mot Wasgau, francisé en Wasgovie, pourrait désigner au singulier un « petit pays couvert ou forestier» ou une contrée occidentale, que le légendaire germanique du soleil couchant assimile à une étendue pastorale à rivage boisé, pourrait s'opposer à l'Imgau, petit pays à vocation agricole, constitué de plaine appelée aussi le « pays découvert » et située dans la partie orientale du Plateau lorrain.

Mais la grande majorité des auteurs modernes dérive, non sans raison, cette appellation de la lointaine titulature local du dieu celte ou gaulois Vosegus, un dieu de la guerre et de la forêt, un dieu qui préside à la coupe des végétaux avec sa vouge tranchante ou serpette, par ailleurs une divinité protectrice et topique adaptée d'une manière syncrétique par les Romains dans les expressions latines Vosegus mons (montagne de Vosegus) et silva Vosegus (forêt de Vosegus), d'où les formes du nom latin Wasacus, Vosagum, Vosegus ou Vosagus, parfois tardivement inversé en Vogesus pendant une période pidginisante romano-celto-germanique des termes géographiques ou de la langue véhiculaire technique avant le IXe siècle, sans oublier le moyen haut allemand Wasigen qui donnait lieu aux expressions allemandes contemporaines Wasgau et Wasgenwald ainsi que le nom de région français « les Vosges » par un passage tardif au pluriel à partir de l'ancien français[1].

Ils se placent à la suite de l'historien érudit Schoepflin, qui n'accorde aucun intérêt à cette petite contrée, n'existant ni dans l'histoire antique ni même à l'époque médiévale, mais engendrée par une croyance moderne bien tardive. Le terme Wasgenwald désignait en allemand du XIIe au XVIIIe siècle l'ensemble des anciennes foresta régaliennes ou impériales des Vosges, ce qui pourrait expliquer le maintien du pluriel pour la racine géographique incluse comme pour celui plus globale des Vosges. Wasgengau altéré en Wasgau n'en serait qu'une dérivation moderne, le suffixe gau désignant un bon pays mis en valeur et administrée avec soin. Il est même possible que la désignation médiévale du massif par un pluriel, en français ou en allemand, phénomène essentiellement d'ordre linguistique, ait amené les habitants à croire à des entités particulières et originales qui le constituaient primitivement. Ainsi si la contrée de la Vôge préserve en quelque sorte le nom d'origine par la tradition née de la "grande foresta royale" qu'elle a constituée dès le VIe siècle dans le nord du royaume burgonde, la Wagovie n'est qu'une petite entité imaginaire germanique et tardive, qui n'a pas manquée d'être justifiée a posteriori par sa proximité graphique avec la première. La marque du pluriel des quelques termes rencontrés, plus précoce en vieux allemand qu'en ancien français, est d'abord le fruit d'une restructuration linguistique, avant d'être entérinée par la diversité des vallées et des espaces forestiers, des populations du grand massif. Il n'y a pas eu d'effet retour unitaire au latin savant.

Rocher de Asselstein à Annweiler

Comme toutes les régions « naturelles », la Vasgovie a des limites quelque peu floues; un grand nombre d'auteurs ancien la réduisait à un modeste canton relique, mais, dans l'hypothèse d'étendue maximale retenue ici, fruit d'un imaginaire historique ou naturaliste récent, elle s'étend du nord de la dépression de Saverne jusqu'au-delà de la frontière dans le Palatinat.

Autres controverses légendaires ou imaginaires[modifier | modifier le code]

Le terme Vasgovie peut être mis en rapport avec l'ethnie des Basques, les Vascos (le B et le V sont interchangeables). Peuple montagnard d'origine mystérieuse, pour certains venus d'Europe centrale, Caucase, Carpates, trouvant dans les Vosges un séjour passager avant de migrer vers les Pyrénées.

Pour d'autres, ils descendraient des Berbères d'Afrique du Nord. De typologie raciale cromagnoïdes et alpine, on trouve dans les caractères sanguins des analogies frappantes dans le Caucase, les Pyrénées et en Alsace et Moselle pour ce qui est des marqueurs génétiques : systèmes ABO, facteur Rhésus, HLA, etc.[2],[3].

Géographie physique[modifier | modifier le code]

La Vasgovie, réputée par la rigueur de son climat, a été surnommée « la Sibérie des Vosges ». Ses vallons, profondément encaissés et parfois étranglés, se prêtent à l'accumulation de l'air froid ; les trous de gel (Frostlöcher), y sont fréquents. Les forestiers y craignent les bris de glace en hiver et les cultivateurs les gelées nocturnes jusqu'au début de l'été[4].

On y trouve de nombreuses ruines de châteaux-forts érigés au Moyen Âge : château du Wasenbourg, château de Blumenstein, château de Waldeck, château de Schœneck, ...

Principaux sommets[modifier | modifier le code]

Vasgovie de l'ouest Pays des roches
de la Vasgovie
Vasgovie de l'est Vasgovie du sud
Gr. Eyberg (513 m) Grand Wintersberg (581 m) Hohe Derst (561 m) Wasenkoepfel (526 m)
Gr. Mückenkopf (485 m) Rehberg (577 m) Mohnenberg (547 m) Immenkopf (494 m)
Hohe List (476 m) Wegelnburg (572 m) Bobenthaler Knopf (534 m) Arnsberg (479 m)
Erlenkopf (472 m) Schlossberg (Hohenbourg) (551 m) der brissetische Kopf (529 m) Mont Saint-Michel (437 m)
Hoher Kopf (467 m) Schwobberg (524 m) Schletterberg (521 m) Ebersberg (423 m)
Braunsberg (463 m) Maimont (515 m) Duerrenberg (521 m) Dürrbergkopf (421 m)
Gr. Stephansberg (456 m) Wasserstein (512 m) Krummer Ellenbogen (515 m) Hochfirst (420 m)
Hoher Warsberg (451 m) Engenteich (496 m) Mittelkopf (515 m) Käsberg (418 m)
Kl. Biesenberg (451 m) Jüngstberg (491 m) Treutelsberg (505 m) Dietrichkopf (415 m)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • A. Rapp, Der romantische Wasgau, 1966.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Chanson de Walther (Waltharii poesis). Traduit par Sophie Albert, Silvère Menelgaldo, Francine Mora; Notice par Francine Mora p. 40, ELLUG, Université Stendhal, Grenoble, 2008, (ISBN 978-2-84310-128-1).
  2. Source : Génétique des populations humaines, Colloque INSERM, volume 142, 1985.
  3. Préface du Dr Henri Ulrich dans l'ouvrage Vosges-du-Nord Grandeur nature, Jean-Claude Génot, Éditions Coprur, 1995.
  4. Émile Walter et al., Histoire de la Tourbière d'Erlemoos, dans le Bulletin de la Société d'histoire naturelle de la Moselle no 35, 1938.