Région des Mille étangs

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Paysage de la région des Mille étangs.
Un étang en aval du village d'Ecromagny.

La Région des Mille Étangs, aussi appelée Plateau des Mille Étangs, est une zone géographique de plus de 220 km2 située essentiellement dans le département français de la Haute-Saône.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La région des Mille Étangs recouvre une zone de plus de 220 km2[1] dans le nord de la Haute-Saône. Son altitude varie entre 310 m et 781 m[2].

Rose des vents Saint-Bresson Faucogney-et-la-Mer Beulotte-Saint-Laurent Rose des vents
Luxeuil-les-Bains N Servance
O    Région des Mille Étangs    E
S
Ailloncourt Lure Melisey

Géologie[modifier | modifier le code]

Bloc erratique à Mélisey.

La zone – située entre le massif des Vosges à l'est et la dépression sous-vosgienne à l'ouest – est parsemée d'environ 850 étangs de taille variable, mais n'excédant guère une dizaine d'hectares de surface. Ceux-ci se sont formés à la fin de la dernière ère glaciaire, il y a 12 000 ans, par le retrait du glacier de la Moselle débordant vers les Vosges saônoises au-delà de la ligne des crêtes. Le surcreusement du plateau et l'accumulation de matériel morainique, en gênant les écoulements, ont favorisé l'apparition d'étangs, de marécages et de tourbières.

On rencontre fréquemment de gros blocs erratiques, reliques des glaciers disparus.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

L’hydrosystème est organisé autour de deux rivières, le Breuchin à l'Ouest et l'Ognon à l'Est. Les étangs occupent 7 % du site et 25 ruisseaux d'une longueur totale de 174 km sillonnent le plateau[3].

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est du type océanique dégradé à forte influence continentale. Les précipitations sont abondantes et se situent aux environs de 1700 mm, la température moyenne est voisine de 9°C[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Dès le Moyen Âge, les moines ont incité à l'aménagement des étangs en vue de leur exploitation piscicole. On y élevait carpes, tanches, brochets et truites[4]. Cependant il semble que la raison première de la présence de ces étangs ait été l'augmentation de la population du plateau. Le passage d’un élevage transhumant et d’une occupation temporaire à un élevage et une occupation permanente ont supposé la nécessité de ressources plus abondantes, contraignant à la bonification des terres. Pour cela, il a été nécessaire de réorganiser les « zones humides », de favoriser les écoulements afin d’augmenter les pâturages et les prairies de fauche[5].

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Zone humide au bord du ruisseau de Mansevillers à Mélisey.

Le plateau des Mille Étangs repose sur un socle primaire érodé par les glaciers du Quaternaire, il est situé entre les hautes vallées de l'Ognon et du Breuchin. Cette région est une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF), elle possède des paysages variés et des biotopes remarquables et adaptés à un milieu froid et humide. La création de ces étangs est liée à l'extraction de la tourbe qui commence au Moyen Âge. Il existe trois types d'étangs : oligotrophe à utriculaires (eau acide et faiblement minéralisée), méso-oligotrophe à nitelles (eau légèrement acide et faiblement minéralisée) et à callitriche (eau faiblement minéralisée). À cela s'ajoutent des prairies humides et des tourbières, celle de la Grande Pile à Saint-Germain est la plus remarquable. Pour protéger cet espace, un plan agriculture environnement est mis en place, les pâturages sont rétablis sur d'anciennes friches pour conserver un paysage ouvert et un contrat de rivière également signé pour la vallée de l'Ognon. Un arrêté de protection du biotope des chauves-souris s'applique à la majorité des anciennes mines polymétalliques de la commune de Saint-Barthélemy[6]. Cet ensemble est en grande partie inclus dans une zone Natura 2000[7].

Les forêts comportent notamment des chênes, hêtres, sapins et bouleaux. On rencontre également des prairies, fougères, bruyères et genêts.

Les tourbières abritent une flore remarquable dont la canneberge, la linaigrette, l'andromède à feuille de polium, la scheuzeria des marais le carex ou la drosera. Parmi les papillons on notera la présence d'espèces protégées comme le nacré de la canneberge, le petit collier argenté, le fadet des tourbières ou le damier noir.

Parmi les oiseaux que l'on peut observer, on peut citer le grèbe huppé, le martin-pêcheur, le héron cendré, le canard colvert, le balbuzard, l'hirondelle, la bergeronnette des ruisseaux, le bruant des roseaux, le chevalier guignette, la foulque macroule, la poule d'eau, la sarcelle.

Loisirs[modifier | modifier le code]

Le paysage post-glaciaire de ce plateau évoque les milieux scandinaves, d’où son surnom de « Petite Finlande » par analogie avec les « Mille Lacs » finlandais. Cette région fait le plaisir des randonneurs, VTTistes, pêcheurs et amateurs de nature.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « le Plateau des Mille Étangs », sur les-mille-etangs.com (consulté le 26 janvier 2010)
  2. Ministère de l’écologie et du développement durable, « PLATEAUX DES MILLE ÉTANGS » (consulté le 26 janvier 2010)
  3. a et b Plateau des mille étangs - FR4301346 - document d'objectif
  4. La Haute-Saône... à pied, F.F. Randonnée, (ISBN 2-7514-0145-7), 2006
  5. Denis Mathis, « Les enjeux des paysages d’eau dans la construction du Pays des Mille Étangs », Revue Géographique de l'Est,‎ vol.56 / n°1-2 | 2016, p. 1-18 (lire en ligne)
  6. INPN, « Plateau des Mille Étangs » [PDF], sur inpn.mnhn.fr (consulté le 19 avril 2016).
  7. INPN, « Le plateau des Mille Étangs, Natura 2000 », sur inpn.mnhn.fr (consulté le 19 avril 2016).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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