Alexandre III (pape)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Alexandre III.
Alexandre III
Image illustrative de l'article Alexandre III (pape)
Biographie
Nom de naissance Rolando Bandinelli
Naissance vers 1105
Sienne
Décès
Civita Castellana
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat
Intronisation
Fin du pontificat
Précédent Adrien IV Lucius III Suivant
Autre(s) antipape(s) Victor IV (1159-1164), Pascal III (1164-1168), Calixte III (1168-1178) et Innocent III (1179-1180)

Élu pape sous le nom d'Alexandre III en 1159, Rolando Bandinelli est né vers 1105 à Sienne et mort le à Civita Castellana.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et premières années[modifier | modifier le code]

Après des études de droit canonique à l'université de Bologne, il enseigne cette matière d'abord à Bologne, puis à Pise. Il compose la Stroma ou Summa Magistri Rolandi, l'un des premiers commentaires du Décret de Gratien.

En , le pape Eugène III le nomme cardinal, au titre de saints Côme et Damien ; ensuite il devient cardinal-prêtre de Saint Marc. C'est probablement à cette période qu'il compose ses Sentences, basées sur l'Introductio ad theologiam de Pierre Abélard. En 1153, il devient chancelier de l'Église et est le meneur des cardinaux opposés à l'empereur Frédéric Barberousse, élu Roi des Romains en 1152, qui veut étendre son pouvoir sur l'Italie.

Le pape[modifier | modifier le code]

L’empereur Frédéric Barberousse se soumet à Alexandre III, Spinello Aretino, Palazzo Pubblico (Sienne)

Le , il est élu comme successeur du pape Adrien IV ; cependant, une minorité de cardinaux pro-germaniques, élit le cardinal prêtre Octavien, qui prend le nom de Victor IV. Ce dernier, comme ses successeurs Pascal III (1164-1168) et Calixte III (1168-1178), reçoit le soutien de l'empereur. Celui-ci réunit alors un concile à Pavie, qui reconnait Victor IV comme seul pape légitime, mais les grands États catholiques (France, Angleterre, Sicile, et royaumes ibériques), après avoir réuni un autre concile dans la collégiale Saint-Pierre de Neuf-Marché reconnaissent, eux, Alexandre III. En 1160, il excommunie Barberousse.

C'est la guerre et Alexandre III doit se réfugier en France à partir de 1162. Il arrive tout d'abord, le 11 avril, à Maguelone puis Montpellier. Au mois de juin, il se dirige vers le nord à travers le Massif central. Il est ainsi reçu à Alis, Mende et Le Puy avant d'arriver à Clermont le 14 août. Il reçoit dans cette ville le roi d'Angleterre. Puis il se dirige vers Tours où il passe les fêtes de Noël. Durant l'année 1163 il réside tantôt à Tours, tantôt à Paris. Il convoque le concile de Tours le 19 mai. Au mois d'octobre, il se retire à Sens, où il reste jusqu'au 23 novembre 1165.

À cette date, il retourne à Rome, mais il doit à nouveau fuir sous la pression de l'empereur venu en 1166 à Rome se faire couronner par l'antipape Pascal III. Il se réfugie à partir de 1167, à Gaète, Bénévent, Anagni et Venise et trouve des appuis dans le nord de l'Italie. Les cités lombardes s’unissent et forment la Ligue lombarde, qui inflige à Barberousse une sévère défaite à Legnano. L'empereur cède et reconnait Alexandre III comme pape au traité de Venise en 1177. Le Alexandre III rentre à nouveau à Rome, chassant l'antipape Calixte III, qui abdique quelques mois plus tard.

En mars 1179, il réunit le IIIe concile du Latran, reconnu par l'Église romaine comme le onzième concile œcuménique ; il réussit à faire adopter plusieurs de ses propositions pour améliorer l'état de l'Église, dont la règle, encore en vigueur, de la majorité des deux tiers pour l'élection d'un nouveau pape (constitution licet de vitandia discordia).

Ce synode marque l'apogée du pouvoir d'Alexandre III. En plus d'avoir fait céder Barberousse, il a humilié Henri II d'Angleterre dans sa confrontation avec Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry, il a confirmé le droit d'Alphonse Ier du Portugal à la couronne, et, fugitif, il a joui de la faveur et de la protection de Louis VII de France. Néanmoins, peu de temps après la fin du synode, la république romaine (en) le force à quitter la ville où il ne reviendra jamais. Le , quelques nobles mettent en place l'antipape Innocent III. Utilisant judicieusement le pouvoir de la finance, Alexandre III revient au pouvoir. En 1181, il excommunie Guillaume Ier d'Écosse et jette l'interdit sur le royaume d'Écosse.

Sceaux de Bulle pontificale d'Alexandre III

La devise qui lui est associée dans la prophétie de saint Malachie est « Ex ansere custode ».

Sur l'esclavage[modifier | modifier le code]

« La nature n'ayant point fait d'esclaves tous les hommes ont un droit égal à la liberté[1]. »

« En 1167, le pape Alexandre III déclare, au nom du concile, "que tous les chrétiens devaient être exempts de la servitude"[2]. »

Bulles[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

  • avril 1164, Bulle confirmant les donations faites jadis à l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun[3].
  • 1164 - Donnant les noms des seigneurs ayant fait des donations pour la fondation de l'Abbaye de Sept-Fons
  • 1171 - Bulle d'Alexandre III du 15 février 1171 par laquelle il prend l'abbaye de Tamié (Savoie) sous sa protection et celle de Saint Pierre. Veut que l'ordre monastique qui y est institué selon la règle de Saint Benoit et l'institution des frères de Cîteaux y soit à perpétuité observé. Veut que toutes sortes de biens qu'il possède et possédera lui demeurent inviolablement et en particulier le lieu où l'abbaye est fondée.
  • 1179, Bulle accordant protection à une grange cistercienne fondée par les moines de l'abbaye de Villers-Bettnach et connue sous le nom de "Merle" à L'Hôpital (Moselle), devenue plus tard siège de l'église Saint-Nicolas de L'Hôpital.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcel Pacaut, Alexandre III : étude sur la conception du pouvoir pontifical dans sa pensée et dans son œuvre, Paris, J. Vrin, 1956, 416 p.
  • Georges SUFFERT, Le pape et l'empereur, Paris, éditions de Fallois,‎ , 461e éd., 223 p. (ISBN 2-87706-461-1)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lettre d'Alexandre III à Lupus, roi de Valence, cité par Henri Grégoire dans De la traite des noirs.
  2. Voltaire, Essai sur les mœurs.
  3. Cartulaire de l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun: Charte No XVIII.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :