Site archéologique de Volubilis

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Site archéologique de Volubilis *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Volubilis Longshot II.jpg
Coordonnées 34° 04′ 26″ N 5° 33′ 25″ O / 34.073889, -5.55694434° 04′ 26″ Nord 5° 33′ 25″ Ouest / 34.073889, -5.556944  
Pays Drapeau du Maroc Maroc
Subdivision Moulay Idriss Zerhoun, préfecture de Meknès-El Menzeh
Type Culturel
Critères (ii) (iii) (iv) (vi)
Superficie 42 ha
Numéro
d’identification
836
Zone géographique États arabes **
Année d’inscription 1997 (21e session)
Plan des principales zones fouillées du site archéologique
Plan des principales zones fouillées du site archéologique
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO
(Voir la carte topographique)
Volubilis
Volubilis
Localisation du Maroc en Afrique
(Voir la carte administrative)
Volubilis
Volubilis
Localisation du Maroc en Afrique
Voir l’image vierge
Localisation de Volubilis.

Volubilis est une ville antique amazighe (berbère) romanisée située au Maroc, sur les bords de l'oued Khoumane, rivière de la banlieue de Meknès, non loin de la ville sainte de Moulay Idriss Zerhoun où repose Idriss Ier.

Le site archéologique de Volubilis est situé sur la commune rurale[1] de Oualili, qui dépend de la préfecture de Meknès et de la région de Meknès-Tafilalet.

Partiellement découverte de nos jours, la cité antique éclot à partir du IIIe siècle av. J.-C.. en tant qu'établissement punique et se développe rapidement à partir du moment où elle entre dans le giron romain, pour dépasser une superficie de 40 hectares.

La parure monumentale de la ville se développe particulièrement au IIe siècle, à la suite de l'enrichissement économique de la région. Située dans une région aux riches potentialités agricoles, cette ville vivait du commerce de l'huile d'olive. On retrouve dans ses ruines de nombreux pressoirs à huile. Cet enrichissement se traduit également dans l'architecture privée par la construction de vastes villas pourvues de belles mosaïques.

La région, jugée indéfendable, est abandonnée par les autorités impériales romaines en 285. La ville, communauté urbaine christianisée puis cité musulmane, continue d'être habitée pendant sept siècles. La dynastie idrisside, considérée comme fondatrice du Maroc, y est fondée au VIIIe siècle. Au XIe siècle le site est abandonné et la population est transférée à 5 km de là, vers la cité de Moulay Idriss Zerhoun.

La ville ne subit pas de déprédations conséquentes semble-t-il jusqu'à un tremblement de terre au milieu du XVIIIe siècle. Par la suite les ruines sont utilisées en particulier pour les constructions de Meknès.

Identifié tardivement au XIXe siècle, le site fait partie du patrimoine protégé du Maroc depuis 1921. Le site fait l'objet de fouilles archéologiques depuis le début du XXe siècle et la moitié en est dégagée à ce jour. La qualité des trouvailles et du site a abouti à son classement sur la liste du patrimoine mondial par l'UNESCO. « Exemple éminent d'un ensemble architectural illustrant l'organisation de l'administration punique, pré-romaine et romaine en Afrique, [Volubilis] est aussi le lieu de permanence des sociétés qui ont habité le Maghreb extrême »[2].

Géographie, géologie et toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la ville, « très controversée »[3] vient du latin volubilis signifiant « qui a un mouvement giratoire, qui tourne » selon Félix Gaffiot[4]. Son nom berbère est Walili, Oualili, ou Walila[5] qui désigne la fleur de liseron ou le laurier-rose, particulièrement abondant aux abords de l'oued Khoumane[6]. La ville est relativement peu mentionnée dans les sources antiques et médiévales[7].

Le site, dénommé Ksar Faraoun[6], se trouve à 60 km environ de Fès[8], 30 km environ de Meknès et à 3 km de Moulay Idriss, et est proche d'un massif rocheux, le Zerhoun, haut de 500 à 800 m dont le grès et le calcaire ont fourni des matériaux de construction[9]. Le sol est en outre riche en marnes utilisées pour la poterie et les constructions en briques crues[10]. La ville elle-même se trouve à environ 390 m d'altitude, sur un plateau situé en surplomb de 60 m du plateau d'El Gaada[10]. Les versants du Zerhoun sont encore utilisés pour la pâture du bétail mais également pour la culture des céréales, l'implantation de vignes et d'oliveraies[10].

Plusieurs éléments favorisaient l'installation de communautés humaines à cet emplacement. Tout d'abord, la région a un climat méditerranéen et bénéficie de pluies abondantes qui s'ajoutent aux sources pour assurer une disponibilité suffisante à une communauté urbaine de « plusieurs milliers d'habitants »[10]. Puis, le site est également facile à défendre, à proximité du Zerhoun. Dernier élément, le territoire de la future cité et ses abords immédiats sont particulièrement favorables à l'agriculture[8].

Histoire[modifier | modifier le code]

Vue d'ensemble
Bassins lobés à mosaïques de la maison d'Orphée à Volubilis

Des origines à l'annexion par Rome[modifier | modifier le code]

Le site de Volubilis, avec « toutes les caractéristiques d'un refuge naturel, du type de l'éperon barré »[11] est occupé dès le Néolithique, mais il nait en tant qu'entité urbaine à l'époque maurétanienne aux IVe siècle av. J.-C.-IIIe siècle av. J.-C.[5] et se développe surtout au IIe siècle av. J.-C.. Les vestiges les plus anciens, essentiellement haches polies, meules et également polissoirs, sont rares et trouvés hors contexte[12].

Les Phéniciens puis les Puniques fréquentent très précocement les côtes africaines[13] à partir du Ier millénaire et leur civilisation pénètre l'intérieur des terres à partir de comptoirs, dont Lixus et Tanger[14]. Appartenant aux royaumes de Maurétanie, la cité est gérée dès le IIIe siècle av. J.-C. par des suffètes, des magistrats suprêmes, comme à Carthage et dans les villes punicisées[15]. Les techniques de constructions et les artefacts retrouvés soulignent cette même influence. Cependant la cité, comme la Maurétanie, combat Carthage aux côtés de Massinissa, allié des Romains[16]. Le roi Bocchus, à la charnière du 2e et du 1e siècle, fut également un allié de Rome contre Jugurtha. À la mort de Bocchus II le royaume est administré par Rome qui installe des vétérans[17].

La langue punique, attestée au IIe siècle av. J.-C., se maintient dans sa composante néo-punique[18] jusque sous Juba II[19], roi vassal de Rome et époux de Cléopâtre Séléné placé sur le trône en 25 av. J.-C. par Auguste[13]. Pendant son règne, Jérôme Carcopino (suivi par Prévot et alii) pense que Volubilis fut une résidence royale[6]. Ptolémée, son fils, lui succéda en 23 ap. J.-C[20].

La ville, qualifiée d'oppidum par Pline l'Ancien, se développera sur plus de 10 hectares. Elle fut protégée, sous le règne de Juba II, par une enceinte en brique crue, avec des maisons de même matière à l'intérieur. La cité royale maurétanienne avait peut-être une superficie de 12 hectares[21].

Après l'annexion de la Maurétanie à l'Empire romain, un tumulus fut élevé sur l'angle Nord-Est de l'enceinte. C'est certainement un monument commémoratif érigé à la mémoire des soldats morts au cours de la guerre contre Aedemon. Dès avant la provincialisation de la Maurétanie Tingitane, Volubilis est une cité montrant des traits de romanisation : certains des magistrats comme le fameux Marcus Valerius Severus, portent des noms romains et sont inscrits dans la tribu romaine Galeria, ce qui indique l'obtention de la citoyenneté romaine[22].

Volubilis sous le contrôle direct de Rome[modifier | modifier le code]

En 42 ap. J.-C., l'Empire romain annexe le royaume de Maurétanie qui est divisé en Maurétanie Tingitane (de Tanger) à l'ouest et Maurétanie Césarienne à l'est[21], après l'assassinat sous l'ordre de l'empereur Caligula du roi maurétanien Ptolémée[13]. Volubilis se range alors résolument dans le camp des Romains en créant une milice d'auxiliaires[21] qui contribue à l'anéantissement de la révolte contre l'Empire menée par Aedemon, affranchi de Ptolémée[23]. Volubilis est récompensée de cette loyauté par l'empereur Claude qui lui attribue en 44[24] le statut de municipe romain[25] : tous les habitants libres de Volubilis sont désormais des citoyens romains[22],[6].

Volubilis devient dans l'Afrique romaine « l'élément le plus avancé du dispositif [faisant] face aux tribus semi-nomades », avec 3 camps associés et des tours[13], et reliée à la capitale de la Tingitane, Tingi[6].

La ville s'enrichit du fait de l'exploitation de son arrière-pays[6]. Le mode de vie romain se diffuse du fait de l'adhésion des élites, qui intègrent les institutions municipales mises en place sur modèle romain[6] et connues par des inscriptions[21] : des décurions, deux duumvirs annuels et deux édiles chargés de missions spécifiques (marchés, jeux, voirie)[26]. Ces élites accompagnent le développement de la parure monumentale : un forum, quatre édifices thermaux publics et des maisons sont construits. Un aqueduc apporte l'eau des sources du Djebel voisin jusqu'à deux fontaines publiques, les thermes et les maisons. Deux puits et une citerne complètent ce réseau. Les maisons se couvrent de toits à double pente en tuiles romaines. Un temple avec ses lieux d'offrandes et de sacrifices se construit sur les pentes du tumulus.

Volubilis dans la Maurétanie Tingitane en 125

En 168-169, la construction est limitée par l'édification d'un rempart avec huit portes, dont la porte de Tanger, et une quarantaine de tours[21]. Des édifices publics sont agrandis, d'autres sont bâtis. Des maisons richement décorées de mosaïques sont dotées de thermes privés. On trouve de nombreuses installations commerciales et artisanales. Un portique borde le decumanus maximus (voie principale) depuis la porte de Tanger jusqu'au-delà de l'Arc de Triomphe, dédié à Caracalla pour le remercier d'avoir accordé une remise des arriérés d'impôts à la province, remise connue par l'édit de Banasa[27].

Ces faveurs garantissent une grande prospérité pour les grandes familles, c'est une période de grands projets architecturaux qui marque l'apogée de la ville au début du IIIe siècle[28]. La population de la ville aurait atteint à son apogée un nombre de 15 000 à 20 000 habitants[29].


Après l'époque romaine[modifier | modifier le code]

Les ruines de Volubilis avec au fond à flanc de colline (la tache blanche) le village de Moulay Idris où se trouve le tombeau d'Idriss Ier

La dernière trace d'une activité municipale est constituée par deux autels et une base de statue dédiés à Probus[30], empereur dont le règne prend fin en 282[31]. Vers 285, après la grave crise du troisième siècle, les autorités impériales romaines -armée et administration- décident d'évacuer la ville et toute la région au sud du Loukkos et de se replier sur Tanger. L'évacuation touche aussi les cités de Banasa et Thamusida[31]. Les circonstances précises restent méconnues[32]. La Tingitane est rattachée administrativement à l'Espagne sous Dioclétien[31]. La province romaine est alors réduite de plus de moitié[28].

Les habitants, « romanisé[s] mais berbère[s] d'origine »[33], « sont livrés à eux-mêmes »[34]. Le retrait des Romains se traduisit aussi par des changements de mode de vie. L'aqueduc n'était plus correctement entretenu et la ville se déplaça : les habitants abandonnèrent les parties hautes pour se rapprocher de la rivière[35]. Les maisons, d'abord entretenues dans le style romain par des matériaux de remploi, sont peu à peu modifiées. Les institutions municipales tombent peu à peu en désuétude. Des témoins de liens ténus avec l'Empire romain ont été découvertes en fouilles, des monnaies des empereurs Constantin II, Constance II, Gratien et Théodose[35].

L'invasion des Vandales, venus d'Espagne en 429, et débarqués près de Tanger avec leur chef Genséric[36], marqua la fin de la période romaine.

Le latin reste en usage dans la ville au VIIe siècle[28], jusqu'en 681[36]. Vers 600, l'habitat se replie progressivement sur la pente ouest, à l'intérieur d'une enceinte[34] construite vers la fin du VIe siècle. Les fortifications sont prolongées du côté de l'oued Khoumane. On construit les nouvelles maisons et le nouveau rempart, dit aussi enceinte tardive[32], avec des blocs prélevés sur les édifices des autres quartiers. Dans la première moitié du VIIe siècle la zone autour de l'arc devient une nécropole chrétienne[32].

En 681, la conquête islamique se répandit dans tout le Maghreb, mais Volubilis va cependant obtenir une certaine indépendance au VIIIe siècle à en juger d'après les monnaies préidrissides. Un quartier est occupé par les nouveaux maîtres du Maghreb au bord de l'oued[28].

Les habitants de la cité se convertissent peu à peu à la religion musulmane, et une monnaie locale est frappée ici de 722 à 789[36]. L'époque islamique a livré des thermes et également des cimetières[37].

En 789, Idrîs Ier, un descendant de Hasan surnommé Az-Zakî (vertueux) fils aîné d'`Alî et de Fâtima fille de Mahomet, s'enfuit pour échapper aux persécutions abbassides. Il s'installa à Volubilis, peut-être alors dominée par les Awraba, et la ville lui sert de base pour ses expéditions militaires dans le processus de création du royaume idrisside[28]. Des monnaies d'argent et de bronze sont frappées là de 789 à 825[37].

Idris Ier est assassiné en 791[32], « peut-être empoisonné par un émissaire du Khalife Haroun er Rachid, inquiété par cette fulgurante ascension »[36].

Avec la fondation de Fès par Idrîs Ier[32] (789), ou par Idris II en 808[36], Volubilis perd encore de son importance en abandonnant son rôle de capitale. En 818, Volubilis accueille des Andalous chassés de Cordoue[32] et rescapés d'un massacre[36]. Ceux-ci s'installent en bordure de l'oued Khoumane. Le site continue d'être occupé de façon permanente jusqu'au XIe ou XIIe siècle[34], jusqu'à l'époque almoravide[8] voire jusqu'au XIVe siècle[37].

La ville romaine sert de carrière pour les matériaux de construction. Le site est appelé Ksar Pharaoun (château du pharaon) à partir du XIVe siècle[8]. Les guides locaux racontent que le site n'a été complètement abandonné qu'après le séisme de 1755 à Lisbonne.[réf. nécessaire]

Redécouverte, fouilles et mise en valeur du site[modifier | modifier le code]

Les ruines de la basilique en 1887, photographie de Henri Poisson de La Martinière (1859-1922)

Les ruines font l'objet des premières descriptions vers 1720 par le biais de gravures effectuées par des anglais dont l'un prisonnier de Ismaël du Maroc. Ces gravures laissent entendre une dégradation des vestiges du fait du tremblement de terre de 1755[38].

En 1871, le diplomate et archéologue français Charles Tissot visite le site et y travaille à des relevés. Son collègue Henri de la Martinière y procède à des fouilles et à des relevés en 1888 et en septembre-octobre 1889[39] dans des conditions de sécurité difficiles (présence de groupes d'insoumis armés rebelles au Sultan, troupes du « sultan de Fès » absentes du territoire). Il en rapporte 34 estampages d'inscriptions dont deux grecques et un plan de la ville romaine; ainsi que les premières photos en absolu du site et des monuments de Volubilis (voir l'Album La Martinière sur Gallica.bnf)[38]. Le terme Volubilitani de l'inscription de l'arc permet alors d'identifier le site archéologique[2].

La cité a été ensuite partiellement fouillée et aménagée à partir de 1915[21], sous le protectorat français, année qui voit l'installation du Service des Antiquités sur le site de Volubilis[2] : le site de l'arc et de la basilique est dégagé en particulier par l'apport de la main-d'œuvre constituée par des prisonniers allemands[38]. En octobre 1915 la direction des fouilles est confiée à Louis Châtelain, directeur du Service des antiquités du Maroc auquel succède Raymond Thouvenot dans les années 1930. Alors que les premières fouilles s'intéressaient au centre monumental, le second s'intéressa aux fouilles des demeures. Les premières fouilles négligent les structures tardives, les archéologues étant pressés de parvenir aux « ensembles monumentaux et [aux] oeuvres d'art »[31].

Avec l'Indépendance, les fouilles sont réalisées par des archéologues marocains et des collaborations étrangères, et s'intéressent au quartier tardif[38].

Aujourd'hui, ce sont 40 hectares de vestiges qui s'étendent au milieu des oliveraies et des champs, les zones fouillées représentent moins de la moitié du site. Quelques monuments prestigieux ont été restaurés pendant le XXe siècle. Le site est classé le 14 novembre 1921[2]. La qualité de conservation remarquable des mosaïques et l'exceptionnelle préservation du site ont incité le Maroc à proposer le site au classement international en juillet 1995 et l'UNESCO à le classer au patrimoine mondial de l'humanité lors de la session réunie à Naples le 06 décembre 1997[2],[32].

Plan général et infrastructure de la ville[modifier | modifier le code]

La cité occupe un « plateau triangulaire, facile à défendre »[30].

La cité royale maurétanienne était peut-être bâtie sur un plan punico-hellénistique, cependant les traces en sont ténues[21]. L'urbanisme de la cité romaine prend en compte les constructions préexistantes de l'agglomération maurétanienne ainsi que les contraintes topographiques[30].

La cité primitive, selon certains auteurs derrière André Jodin, était située sur un éperon au-dessus de l'oued dans le quartier est[19], cependant les vestiges qualifiés alors d'enceinte hellénistique sont d'époque romaine selon les études stratigraphiques les plus récentes[40]. La zone la plus anciennement occupée est sans doute dans le quartier central et sud du site archéologique[41]. Les archéologues ont dégagé un vestige de rempart de briques crues sous le tumulus et le temple C, cependant son tracé général reste inconnu[40]. Un quartier neuf destiné aux vastes demeures patriciennes est bâti au nord-est du site au Ier siècle[28],[30]. Le quartier sud, moins régulièrement organisé, était destiné aux activités artisanales[30]. En outre, les abords de la cité étaient pourvus de fermes le long des oueds et des voies[30].

La cité a compté jusqu'à 12 000 habitants[24].

La parure monumentale est au maximum au IIIe siècle avec la basilique, le forum, le capitole et l'arc[30]. Le decumanus maximus est long de 400 m et large de 12 m, il était bordé de boutiques et un collecteur d'égoûts se situait au milieu[42].

Une enceinte protège la cité au IIe siècle. La ville tardive n'a qu'une superficie modeste de 15 ha et est protégée par une enceinte de 660 m de long sur 2 m de large, l'enceinte précédente étant réparée[35].

Édifices politiques[modifier | modifier le code]

Forum[modifier | modifier le code]

Le forum avait lors de son expansion maximale 1 300 mètres carrés consacrés aux fonctions politiques et religieuses. En outre, il y avait nombre de statues d'empereurs et des dignitaires locaux, dont subsistent uniquement les piédestaux. Les constructions publiques de Volubilis antérieures au IIIe siècle sont peu connues, car les monuments visibles actuellement furent bâtis sur leurs fondations sous la dynastie des Sévères[21].

Deux constructions publiques importantes du site possèdent des vestiges importants et sont emblématiques du site, la basilique et le Capitole qui sera évoqué dans les constructions à finalité religieuse mais dont il ne faut pas omettre l'aspect politique.

La basilique a été pour sa part utilisée pour l'administration de justice et le gouvernement de la ville. Achevée pendant le règne de Macrin au début du IIIe siècle ou sous les Sévères[21], c'est une des basiliques romaines les plus remarquables de l'Afrique romaine. Elle a probablement pris modèle sur celle de Leptis Magna dans l'actuelle Libye.

La construction, qui possédait à l'origine deux étages, avait 42,2 mètres de long et une largeur de 22,3 mètres. L'intérieur du bâtiment est dominé par deux rangées de colonnes encadrant les absides à chaque extrémité où les magistrats prenaient place. Le mur extérieur de la basilique domine la place du forum où se tenaient les marchés.

Arc de Caracalla[modifier | modifier le code]

Les ruines de l'arc de triomphe en 1887, photographie de Henri Poisson de La Martinière (1859-1922)

L'Arc de Caracalla est un des éléments emblématiques du site de Volubilis, localisé à l'extrémité de l'axe principal de la ville, le Decumanus maximus. Il a été construit en 217 par le gouverneur de la ville, Marcus Aurelius Sebastenus, pour honorer l'empereur Caracalla et sa mère Julia Domna. Caracalla était issu de la dynastie africaine des Sévères et avait récemment étendu la citoyenneté romaine à l'ensemble des hommes libres de l'Empire. L'arc ne fut pas achevé avant la mort de l'Empereur, assassiné par Martialis et Macrin lui succéda.

L'arc était en bon état au XVIIIe siècle et fut dessiné par le voyageur anglais J. Windus et s'est effondré lors du tremblement de terre de Lisbonne de 1755[21].

L'arc est construit en pierre locale et était à l'origine couronné par un groupe statuaire de bronze figurant un char tiré par six chevaux. Au pied de l'arc on trouvait des statues de nymphes versant de l'eau dans des bassins de marbre. Caracalla et Julia Domna étaient représentés dans des médaillons qui ont été martelés lorsque ces derniers ont été victimes de la Damnatio memoriæ. Le monument a été fortement restauré par les archéologues français entre 1930 et 1934, même si cette restauration est incomplète et son exactitude discutée[21].

L'inscription figurée sur l'arc a été reconstruite à partir des fragments signalés par Windus en 1722, et qui avaient été dispersés. L'inscription se développe ainsi :

«  IMPERATORI CAESARI MARCO AVRELLIO ANTONINO PIO FELICI AVGVSTO PARTHICO MAXIMO BRITTANICO MAXIMO GERMANICO MAXIMO PONTIFICI MAXIMO TRIBVNITIA POTESTATE XX IMPERATORI IIII CONSVLI IIII PATRI PATRIAE PROCONSVLI ET IVLIAE AVGVSTAE PIAE FELICI MATRI AVGVSTI ET CASTRORVM ET SENATVS ET PATRIAE RESPVBLICA VOLVBILITANORVM OB SINGVLAREM EIVS ERGA VNIVERSOS ET NOVAM SVPRA OMNES RETRO PRINCIPES INDVLGENTIAM ARCVM CVM SEIVGIBVS ET ORNAMENTIS OMNIBVS INCOHANTE ET DEDICANTE MARCO AVRELLIO SEBASTENO PROCVRATORE AVGVSTI DEVOTISSIMO NVMINI EIVS A SOLO FACIENDVM CVRAVIT »

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

Les habitants de la cité étaient imprégnés de la religiosité de l'époque, tant publique que privée, en témoignent les vestiges de statues monumentales en marbre mais aussi des statuettes de bronze retouvées dans les demeures. Outre le culte à l'empereur et à Rome, les cultes officiels étaient répandus, dont ceux de la triade capitoline. De plus, les cultes orientaux y étaient répandus. Dans les maisons le culte aux Lares était répandu[30].

Les vestiges du Capitole se tiennent toujours derrière la basilique, et un autel est présent dans la cour qui lui fait face. Le temple possédait une simple cella. Le bâtiment était essentiel à la vie civique locale, car il était consacré aux trois divinités principale du panthéon romain, Jupiter, Junon et Minerve. Des assemblées civiques se tenaient devant le temple pour implorer l'aide des dieux ou les remercier pour des succès dans des entreprises civiques comme lors des guerres. La disposition du temple, faisant face au mur arrière de la basilique, est quelque peu inhabituelle et il a été suggéré qu'il peut avoir été construit au-dessus d'un lieu saint existant. Une inscription trouvée en 1924 rapporte qu'il a été reconstruit en 218, sous le règne de Macrin[21].

Il a été en parti reconstitué en 1955 et une restauration plus substantielle a eu lieu en 1962, avec une reconstruction de 10 des 13 marches de l'escalier, des murs de la cella et les colonnes. Il y avait quatre lieux saints plus petits dans l'enceinte du temple, dont l'un était consacré à Vénus.

Il y avait cinq autres temples dans la ville, dont le plus important est temple B supposé temple de Saturne qui se trouve sur le côté oriental de Volubilis et a été utilisé du Ier au IIIe siècle ap. J.-C[19]. Il semble avoir été construit au-dessus d'un temple[40] punique consacré probablement à Ba'al Hammon, selon un modèle connu selon les travaux de Marcel Le Glay. Le sanctuaire possède un mur qui l'entoure et délimite le téménos, ainsi qu'un portique à trois côtés. À l'intérieur de cette enceinte sacrée on trouve un petit temple avec une cella construite sur un podium peu élevé. Des stèles et des ossuaires ont été retrouvés dans une grande favissa[19]. L'identification de ce sanctuaire ne fait pas l'unanimité. Michel Ponsich évoque une divinité locale[19].

Le temple dit anonyme, situé à proximité du capitole, est pour sa part daté du IIIe siècle av. J.-C. et a été détruit au Ie siècle av. J.-C. Il faisait environ 40 m de côté et il « devait être à ciel ouvert ». Deux temples jumelés en tuf au nord-ouest du forum et deux temples G et H dont l'un possède un podium de 75 m2[40].

Nécropoles et édifices funéraires[modifier | modifier le code]

Les archéologues ont retrouvé des vestiges d'un mausolée pré-romain dans la maison de l'éphèbe, composé d'une antichambre et d'une chambre de 9 m2. Il y avait sans doute une nécropole dans cette partie de la ville, comme en témoignent des stèles puniques découvertes à proximité [40].

Des sépultures chrétiennes ont été découvertes dans le quartier centre et est, en particulier dans la maison à la citerne et la maison au compas des sarcophages ou tombes formées de dalles, avec la tête située à l'ouest[35].

Des nécropoles d'époque musulmane ont été découvertes dans l'ancien centre de la ville, au nord-est et au sud : le rituel d'inhumation est conforme aux préconisations de la religion musulmane avec une inhumation en pleine terre et la tête vers l'est[37].

Édifices de loisirs[modifier | modifier le code]

On a retrouvé plusieurs établissements de bain : quatre d'époque romaine avec un hypocauste, et un hammam de la période arabe.

Volubilis a aussi possédé plusieurs ensembles de bains publics. On peut toujours voir quelques mosaïques dans les bains dits de Gallien car refaits à l'initiative de cet empereur dans les années 260. Les thermes du Nord étaient les plus grands de la ville, couvrant une zone d'environ 1 500 m3. Ils ont été sans doute construits pendant le règne d'Hadrien.

Édifices à vocation industrielle et commerciale[modifier | modifier le code]

L'activité antique de « culture et (...) transformation des produits agricoles »[30] de la cité est visible par le nombre élevé d'huileries et de boulangeries identifiées.

Les huileries sont un indicateur de l'importance de l'agriculture dans l'économie de la cité et le blé était également produit en quantité sur le site[30]. Dans le quartier nord-ouest, « une dizaine de maisons sur les vingt-trois (...) comprenaient des pressoirs »[43]. Au moins 100 pressoirs à huile étaient présents dans la cité, ce qui semble qualifier l'oléiculture comme la richesse principale du lieu[29].

Les maisons comprenaient également des boutiques[29].

Maisons privées[modifier | modifier le code]

Les maisons privées dégagées à Volubilis vont des hôtels particuliers richement décorés aux simples bâtisses comportant deux pièces et construites de brique et de boue séchée, et destinées aux habitants les plus pauvres de la ville.

La richesse de la ville est assurée par les vestiges des maisons des habitants les plus riches, dont certaines conservent de belles et grandes mosaïques in situ. Elles ont été nommées par les archéologues d'après les motifs de leurs mosaïques principales, ou d'autres découvertes.

Quelques maisons permettent de bien percevoir le plan de ces grandes demeures romaines avec leur atrium et impluvium.

La Maison d'Orphée dans la partie du sud de la ville prend ainsi son nom de la grande mosaïque de 3,80 m de diamètre [44] dépeignant Orphée jouant sa harpe face à un public d'arbres, d'animaux et d'oiseaux. Découverte entre 1926 et 1928 dans le tablinum, c'est « la plus grande mosaïque circulaire du site de Volubilis »[45]. Au centre on trouve Orphée jouant de la lyre, autour de lui dans huit panneaux on trouve des animaux, oiseaux et quadrupèdes[45]. Selon Paul Mac Kendrick, la mosaïque est plutôt ingénument exécutée, car les animaux sont tous de tailles différentes et avec le visage dans des directions différentes sans relation avec la figure d'Orphée. Il semble que le mosaïste ait simplement copié des modèles sans essayer d'intégrer les divers éléments[46]. La mosaïque est située au centre du triclinium, la salle à manger, où les convives se tenaient allongés dans des banquettes le long des murs et pouvaient l'admirer. On peut voir d'autres mosaïques dans l'atrium, dont une comportant Amphitrite dans un char tiré par un hippocampe et accompagnée par d'autres créatures marines. Limane considère que le personnage est un triton ou un amour marin[47]. Entre le tablinum et l'atrium, une mosaïque en noir et blanc de 2,60 m sur 1,80 m figure, au-dessus d'animaux divers (poissons, crustacés, etc...), « un char tiré par un cheval marin et conduit par Neptune »[48]. Une pièce de la cour principale possède une mosaïque comportant des dauphins, considérés par les Romains comme un animal chanceux. La mosaïque, de 5,30 m sur 1,80 m, comporte neuf dauphins jouant dans les vagues et sur 3 côtés un décor géométrique[49].

Mosaïque du Desultor, détail
Mosaïque du Desultor, détail

La Maison de l'Athlète ou du Desultor, située près du forum, contient une mosaïque (de 2,10 m sur 1,75 m[50]) pleine d'humour d'un athlète ou d'un acrobate conduisant à l'envers un âne et en tenant une coupe ou un canthare, « symbole de victoire ». Une écharpe située derrière lui a le même sens symbolique. C'est « une parodie de course de cheval »[50]. Il représente sans doute un Silène. La même demeure comporte une mosaïque de 2,60 m sur 2,10 m de scènes de pêche, à la ligne et à l'épervier[51].

Le nom de la maison de l'Éphèbe provient d'une statue de bronze trouvée là en 1932 à 1,50 m de profondeur et conservée au musée de Rabat. Elle comporte une cour intérieure et certaines pièces sont pourvues de mosaïques, dont une description de Bacchus couronné de feuilles de vigne et portant une branche de vigne dans un char tiré par des léopards ou des tigres dont seules subsistent les pattes[52]. Cette oeuvre mesure 1,50 m sur 1,45 m[52]. Dans le triclinium a été dégagée une scène de Néréides (2,60 m sur 3,75m) : au centre une Néréide est sur un cheval marin, sur les côtés il y a des médaillons ovales et circulaires ornés de poissons[53].

Bacchus découvrant Ariane
Bacchus découvrant Ariane

La Maison du Chevalier ou Maison du Cavalier possède également une mosaïque de Bacchus, de 3,30 m sur 3,30 m[54], montrant cette fois la divinité munie d'un thyrse et couronné de feuilles de vigne accompagnée d'Ariane[55]. La maison tire son nom d'une statue de bronze d'un cavalier trouvée ici en 1918, et qui est maintenant exposée au musée archéologique de Rabat. La maison était vaste avec environ 1 700 mètres carrés et contenait un espacé destiné aux activités commerciales, huit ou neuf magasins ouvrant sur la route et un grand complexe destiné aux olives.

Dans la Maison des travaux d'Hercule, la mosaïque principale montre les douze tâches que le demi-dieu a dû réaliser en guise de pénitence pour avoir tué sa femme et ses enfants. Seuls 10 travaux sont en bon état de conservation[56]. La même mosaïque, de 4,50 m sur 4 m, comporte également les thèmes de Ganymède enlevé par Jupiter et des Saisons[56]. La mosaïque est supposée avoir été créée lors du règne de l'empereur Commode, qui s'est identifié à la divinité. Jupiter, son amant Ganymède et les quatre saisons sont les sujets d'une autre belle mosaïque de la maison, qui, avec 41 pièces couvraient une zone de 2 000 mètres carrés.

La Maison de Dionysos a livré une mosaïque de Dionysos et les quatre Saisons de 7,60 m sur 6,20 m : Bacchus, nu hormis un drapé, est situé au centre et s'appuie sur une stèle[57]. Trois muses sont présentes, dont deux jouent de la musique (tambourin et double flûte) et la dernière tient une lance. Des poissons et des oiseaux sont également représentés[57]. Les Saisons sont représentées avec un Amour et les attributs de chacune sont intégrés à un médaillon[58].

La Maison à la Crypte a livré une belle mosaïque représentant la bain des nymphes et de Diane surpris par Actéon de 2,45 m sur 2,15 m : deux nymphes accompagnent la divinité, et aussi une représentation de Pégase et d'Actéon en train de se transformer en cerf, avant qu'il soit dévoré par ses propres chiens[59]. Les archéologues ont découvert dans la Maison des Fauves une mosaïque de 6,20 m sur 3,50 m mais en mauvais état comportant des fauves, des taureaux et d'autres animaux[60].

La construction dénommée Palais de Gordien est la plus grande construction de la ville et probablement la résidence du gouverneur plutôt que celle de Gordien III. Elle a été reconstruite au milieu du IIIe siècle, vers 238-244, et sans mosaïques[61]. Deux maisons séparées ont été utilisées afin de créer un complexe de 74 pièces avec des cours et des salles d'eau privées aux fonctions domestiques mais aussi officielles. Le bâtiment a aussi incorporé un ensemble d'une douzaine de magasins derrière une colonnade et un complexe de trois presses d'huile d'olive, avec en outre un lieu de stockage dans l'angle nord-est du complexe. En dépit de cette importance, il reste peu de vestiges de cette splendeur, quelques maigres mosaïques subsistent seulement. Les sols semblent avoir été décorés surtout avec de l'opus sectile plutôt que des mosaïques. Les découvertes épigraphiques faites dans le palais témoignent du déclin de la cité et de la chute finale. En effet, une série de traités sont signés avec les chefs berbères locaux, nombre qui augmente au fur et à mesure que la ville est devenue plus vulnérable et les membres d'une tribu prennent plus d'assurance. Au temps du dernier traité, juste quelques années avant la chute de la ville, les chefs berbères étaient traités comme des égaux de Rome, et cela est un signe de la perte de pouvoir de Rome dans la région.

Les deux derniers autels inscrits retrouvés, de 277 et 280, évoquent "une paix fédérée et durable", vœu pieux car Volubilis est tombée seulement quelque temps plus tard.

Diane et les nymphes au bain, maison de Vénus
Diane et les nymphes au bain, maison de Vénus

La Maison de Vénus, du côté oriental de la ville, était une des résidences les plus luxueuses de la cité et la « seule maison entièrement mosaïquée »[61]. Elle possédait ses propres bains privés et un intérieur richement décoré, avec de superbes mosaïques datant du IIe siècle après J.-C. et exposant des scènes animales et mythologiques. Il y avait des mosaïques dans sept couloirs et huit pièces. La cour centrale contient une mosaïque dite la représentation du cirque (de 3,90 m sur 2,50 m) décrivant une course imaginaire de chars de course dans un hippodrome, chars tirés des paons, des oies et des canards[62]. La mosaïque de Vénus qui a donné son nom à la maison a été emmenée à Tanger, mais dans une pièce contigüe se trouve toujours une mosaïque montrant Diane surprise par Actéon. La divinité furieuse, le transforme en cerf et Actéon meurt déchiré par ses propres chiens et rendus fous de rage par la déesse. Actéon est montré alors que les cornes commencent à pousser sur sa tâte. La mosaïque d'Hylas attaqué par les nymphes mesure 6,60 m sur 4,90 m : Hylas est attaqué par deux nymphes dont l'une lui tient le menton et tient une urne d'eau, et l'autre nymphe lui tient le poignet. Le tableau est complété par des tableaux secondaires racontant l'histoire d'un braconnier, de son délit à son arrestation et à son châtiment, prêt à être dévoré par une tortue[63]. Une mosaïque de Diane et les nymphes au bain de 6,50 m sur 5,25 m du sud-ouest de la maison figure la déesse se baignant avec deux nymphes. L'oeuvre est très ressemblante à la mosaïque de la maison du bain des nymphes et de Diane surpris par Actéon[64]. La maison semble avoir été détruite quelque temps après la chute de la ville vers 280, une des mosaïques (Cupidon donnant du grain aux oiseaux ou les amours aux oiseaux) semble avoir eu un feu brûlant directement sur elle. Cette dernière mosaïque mesure 5 m sur 4,70 m nous montre un Amour nourrissant des oiseaux, un deuxième amour tient une corbeille contenant les grains[65]. La construction a peut-être été occupée par des squatters.

Découvertes effectuées sur le site[modifier | modifier le code]

Mosaïques[modifier | modifier le code]

Les vestiges les plus spectaculaires sont les très nombreuses mosaïques ornant essentiellement le sol des triclinia ou exèdres de réception des riches demeures[66], et aussi les fontaines et bassins[61]. Les découvertes sont liées aux fouilles de quartiers riches des sites antiques, et « nombre de sites sont potentiellement riches en pavements »[61]. Ces mosaïques sont une source de documentation pour la mythologie et l'iconographie[61]. « Les mosaïques de Volubilis (...) sont un épanouissement romain préparé par de nombreuses greffes » issues de « traditions indigènes, phénicopuniques et hellénistiques »[67].

Les plus nombreuses ont un décor géométrique ou floral, d'autres possèdent un décor figuré. Il n'y a presque pas de mosaïques funéraires[66].

Les mosaïques figurées possèdent des sujets mythologiques ou animaliers, les scènes de vie quotidienne (pêche, jeux) sont très peu nombreuses[66]. En dépit d'un « cahier de modèles » utilisé par des artistes itinérants pour les sujets principaux[67], « Les mosaïstes volubilitains ont révélé leur virtuosité aussi bien dans le dessin géométrique que dans les scènes figurées », figurant le relief et la perspective par un usage des couleurs. Les artistes avaient davantage de liberté pour les sujets secondaires et les raccords et éléments géométriques[67].

Les mosaïstes ont utilisé du calcaire local, du marbre, du schiste, de la céramique et de la pâte de verre[66].

Les mosaïques ont toutes été découvertes dans les quartiers résidentiels du nord-est et de l'arc sauf la maison d'Orphée localisée pour sa part dans le sud[66].

Leur conservation pose toutefois problème : auparavant protégées, elles sont désormais exposées au soleil, au vent et aux visiteurs qui peuvent les fouler librement.

En 1965, 3 mosaïques provenant du site de Banasa (l'ancienne colonie romaine Julia Valentia Banasa située sur une voie romaine de la Maurétanie Tingitane, au Nord-Ouest du pays) ont été ajoutées aux vestiges conservés à Volubilis. Les mosaïques des deux sites sont les mieux datées, de 40 au milieu du IIIe siècle[61].

Thèmes mythologiques représentés à Volubilis[61] :

  • Travaux d'Hercule
  • Meurtre d'Hylas
  • Enlèvement d'Hylas
  • Orphée
  • Enlèvement de Ganymède par Zeus sous la forme d'un aigle
  • Bain de Diane
  • Méduse
  • Néréides

Autres découvertes[modifier | modifier le code]

En 1946, les fouilles ont permis de trouver des bustes de bronze dont l'un figure Caton d'Utique.

La maison de Vénus est aussi le lieu de la découverte en 1918 d'un des artefacts les plus notables découverts à Volubilis, un buste de bronze de qualité remarquable représentant Caton, et qui est maintenant exposé au Musée archéologique de Rabat. Lorsqu'il fut découvert par les archéologues, il était toujours sur son piédestal original. Le buste a été daté du temps de Néron ou Vespasien et c'est peut-être une copie d'un buste créé du temps du vivant de Caton ou peu après.

Il a été identifié comme l'orateur du fait d'une inscription. Un autre buste d'un prince hellénistique a été trouvé dans une boulangerie de l'autre côté de la rue, il date de la même époque que celui de Caton et semble provenir également de la maison de Vénus. Un piédestal vide dans une autre pièce peut aider à suggérer ce fait. Le buste, qui est également exposé à Rabat, est habituellement identifié comme Juba II mais il pourrait tout autant représenter Hiéron II de Syracuse, Cléomène III de Sparte, Juba Ier de Numidie ou Hannibal Barca.

Le site a livré des représentations de phallus, symbole d'abondance, dans de nombreuses demeures[68].

Volubilis attire de nombreux visiteurs. Le site est classé patrimoine universel par l'UNESCO.

Expositions[modifier | modifier le code]

  • MuCEM de Marseille : Splendeurs de Volubilis, Bronzes antiques du Maroc et de la Méditerranée jusqu'au 25 août 2014.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] « Décret no 2-08-520 du 28 chaoual 1429 (28 octobre 2008) fixant la liste des cercles, des caïdats et des communes urbaines et rurales du Royaume ainsi que le nombre de conseillers à élire dans chaque commune », Bulletin officiel du Royaume du Maroc, no 5684,‎ 20 novembre 2008, p. 1600 (ISSN 0851-1017, lire en ligne)
  2. a, b, c, d et e Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 8.
  3. Panetier et Limane 2002, p. 18.
  4. Félix Gaffiot, Dictionnaire français-latin, Paris, Hachette,‎ 1934 (lire en ligne), p. 1692
  5. a et b Lipinski 1992, p. 493.
  6. a, b, c, d, e, f et g Prévot et al. 2006, p. 314.
  7. Voir les diverses mentions dans Panetier et Limane 2002, p. 18-20.
  8. a, b, c et d Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 14.
  9. Panetier et Limane 2002, p. 11.
  10. a, b, c et d Panetier et Limane 2002, p. 13.
  11. Panetier et Limane 2002, p. 17.
  12. Panetier et Limane 2002, p. 17-18.
  13. a, b, c et d Panetier et Limane 2002, p. 23.
  14. Panetier et Limane 2002, p. 31.
  15. Selon l'inscription dites des suffètes, datée de 150 à 50 av. J.-C. et étudiée par James Germain Février selon Panetier et Limane 2002, p. 37.
  16. Panetier et Limane 2002, p. 32.
  17. Panetier et Limane 2002, p. 33.
  18. Panetier et Limane 2002, p. 37.
  19. a, b, c, d et e Lipinski 1992, p. 494.
  20. Panetier et Limane 2002, p. 35.
  21. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 16.
  22. a et b Jacques Gascou, Michel Christol, « Volubilis, cité fédérée ? », MEFRA, 92-1, 1980, p. 329-345 Lire en ligne
  23. Hugoniot 2000, p. 64.
  24. a et b Golvin 2003, p. 128.
  25. Hugoniot 2000, p. 246.
  26. Prévot et al. 2006, p. 314-315.
  27. Michel Christol, Regards sur l'Afrique romaine, Paris, 2005, p. 18.
  28. a, b, c, d, e et f Panetier et Limane 2002, p. 24.
  29. a, b et c Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 17.
  30. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Prévot et al. 2006, p. 315.
  31. a, b, c et d Panetier et Limane 2002, p. 147.
  32. a, b, c, d, e, f et g Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 18.
  33. Panetier et Limane 2002, p. 147-149.
  34. a, b et c Panetier et Limane 2002, p. 15.
  35. a, b, c et d Panetier et Limane 2002, p. 149.
  36. a, b, c, d, e et f Panetier et Limane 2002, p. 151.
  37. a, b, c et d Panetier et Limane 2002, p. 152.
  38. a, b, c et d Panetier et Limane 2002, p. 27.
  39. Henri de La Martinière, « Lettre du chargé d'une mission archéologique au Maroc, communiquée par M. Héron de Villefosse », Comptes rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, vol. 34, no 1,‎ 1890, p. 23-25 (lire en ligne)
  40. a, b, c, d et e Panetier et Limane 2002, p. 39.
  41. Panetier et Limane 2002, p. 21.
  42. Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 46.
  43. Hugoniot 2000, p. 114.
  44. Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 29.
  45. a et b Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 30.
  46. Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 31.
  47. Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 32.
  48. Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 33.
  49. Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 34.
  50. a et b Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 36.
  51. Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 38.
  52. a et b Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 42.
  53. Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 40.
  54. Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 45.
  55. Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 44.
  56. a et b Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 48.
  57. a et b Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 54.
  58. Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 56.
  59. Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 60-61.
  60. Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 62.
  61. a, b, c, d, e, f et g Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 23.
  62. Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 72.
  63. Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 66.
  64. Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 69.
  65. Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 73.
  66. a, b, c, d et e Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 20.
  67. a, b et c Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 27.
  68. Limane, Rebuffat et Drocourt 1998, p. 78-79.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux ou sur la Tingitane[modifier | modifier le code]

  • Thérèse Burollet, De l'empire romain aux villes impériales, 6000 ans d'art au Maroc, Paris, Musée du Petit Palais Paris Musées,‎ 1990
  • Jérôme Carcopino, Le Maroc antique, Paris
  • Jean-Claude Golvin, L’Antiquité retrouvée, Paris, Errance,‎ 2003 (ISBN 287772266X) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Christophe Hugoniot, Rome en Afrique. De la chute de Carthage aux débuts de la conquête arabe, Paris, Flammarion,‎ 2000 (ISBN 2080830031) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Edward Lipinski, Dictionnaire de la civilisation phénicienne et punique, Paris, Brépols,‎ 1992 (ISBN 2503500331) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Françoise Prévot, Jean-Louis Voisin, Philippe Blaudeau et Leila Najar, L'Afrique romaine : 69-439, Atlande, collection Clefs concours,‎ 2006 (ISBN 2350300021) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Ahmed Siraj, L'image de la Tingitane : L'historiographie arabe médiévale et l'Antiquité nord-africaine, Palais Farnèse, Collection de l'École française de Rome,‎ 1995

Ouvrages sur la cité[modifier | modifier le code]

  • Robert Étienne, Le Quartier Nord-Est De Volubilis, Paris,‎ 1960
  • Hassan Limane, René Rebuffat et Daniel Drocourt, Volubilis : de mosaïque à mosaïque, Casablanca-Aix-en-Provence,‎ 1998 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Armand Luquet, Volubilis : les travaux et les jours d'une cité du Maroc antique, Tanger, Éditions marocaines et internationales,‎ 1972?
  • Jean-Luc Panetier et Hassan Limane, Volubilis : une cité du Maroc antique, Paris, Maisonneuve & Larose-Malika,‎ 2002 (ISBN 2706816120)
  • Raymond Thouvenot, Volubilis, Paris, Les Belles Lettres,‎ 1949
  • Myriame Morel-Deladalle, Splendeurs de Volubilis : Bronzes antiques du Maroc et de Méditerranée, Arles, MUCEM/Actes-Sud,‎ 2014, 189 p. (ISBN 9782330031374)

Articles sur la cité[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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