Tétouan

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Tétouan
تطاون
ⵜⵉⵟⵟⴰⵡⵉⵏ
Vue sur Tetouan
Vue sur Tetouan
Administration
Pays Drapeau du Maroc Maroc
Région Tanger-Tétouan
Province Tétouan
Maire Mohamed Idaomar (PJD) (2009)
Démographie
Population 320 539 hab. (2004[1])
Géographie
Coordonnées 35° 34′ 21″ N 5° 21′ 17″ O / 35.57258, -5.3546935° 34′ 21″ Nord 5° 21′ 17″ Ouest / 35.57258, -5.35469  
Divers
Site(s) touristique(s) http://www.tetouan.fr
Fondation au IIIe siècle av. J.-C.
Localisation

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Tétouan
Liens
Site web http://www.tetouan.ma

La ville Tétouan (arabe : تطاون, تطوان Titwan déformation probablement d'origine portugaise du mot Tittaween en amazigh (en tifinagh : ⵜⵉⵟⵟⴰⵡⵉⵏ), pluriel de Tit = œil) est la capitale et le centre culturel de la région du Tanger (Tanja) dans le nord du Maroc, dans le Rif occidental ; elle est considérée comme la ville la plus andalouse du royaume.

La ville est située près de Ceuta dans le Pays de Jebala à environ 60 kilomètres à l'est de la ville de Tanger et à proximité du détroit de Gibraltar. Elle est située dans une vallée (la cluse de Tétouan) creusée par l'oued Mhannech dans les montagnes de la chaîne calcaire du Rif au nord et au sud. Près de Tétouan, on trouve plusieurs villes côtières très touristiques comme M'diq et Martil, et des villages de vacances comme Marina Smir et Cabo Negro.

La wilaya de Tétouan s'étend sur une superficie de 10 375 km².

Palais royal de Tétouan

Histoire[modifier | modifier le code]

Sitt Al-Hurra, reine de Tétouan

La présence de l'Homme dans la région de Tétouan date du Néolithique (5000 ans av. J.-C.), comme le prouvent les industries ibéro-maurusiennes trouvées dans la grotte de Taht El Ghar au sud de la ville, et dans El Ghar Lakhal près de Ceuta[2].

La ville existe depuis le IIIe siècle av. J.-C., des vestiges des époques carthaginoise, maurétanienne et romaine y ont été trouvés, provenant de la ville antique de Tamuda. Les Phéniciens avaient déjà établi un comptoir à l'embouchure de l'Oued Martil vers 600 av. J.-C.[3],[4].

Le site de la ville est mentionné la première fois par le géographe andalou Abou Oubayd Al Bakri au XIe siècle, puis par des sources almohades au XIIe siècle.

Selon l'historien Ali Ibn Abi-Zar' [5], les fondements de la ville sont établis vers le 1er Muharram 708 h (21 juin 1308) sous l'ordre du sultan Abu Thabit Amir. Elle sert de base pour attaquer la ville de Ceuta alors occupée par les Nasrides du royaume de Grenade.

C'est surtout la prise de Ceuta par les Portugais en 1415, alors principale ville du nord du Maroc, qui va déterminer le rôle de Tétouan en tant que base stratégique pour les campagnes militaires contre les occupants et également pour servir de port principal vers la mer Méditerranée. D'ailleurs, comme le précise le chroniqueur Gomes Eanes de Zurara [6], la cité est détruite en 1437 par Don Duarte de Meneses, fils de Don Pedro de Meneses, premier capitaine général de Ceuta.

Selon l'historien Skirej, en 888 h (1483), 80 Morisques venus de Grenade avaient commencé à reconstruire des établissements dans la partie dénommée Al Balad, mais étaient harcelés en permanence par la tribu des Beni Hozmar qui revendiquait la propriété du site. Ayant été informé de leurs plaintes le gouverneur et fondateur de Chefchaouen, Moulay Ali Ben Moussa Ben Rachid El Alami (m. en 917 h, 1511) leur fait envoyer un commandant compétent pour construire une muraille de protection. C'est ainsi que Abu-Hassan Ali Al-Mandri, un émir andalou de Grenade passé au Maroc lors de la Reconquista, rejoint la ville dont il deviendra gouverneur et architecte. Il est considéré comme le réel créateur de Tétouan.

Sa belle-fille Sayyida al-Hurra (appelée également Sitt al-Hurra) lui succède comme gouverneur de la cité et exerce un véritable pouvoir sur cette partie du Nord marocain qui se soustrait aux Wattassides. Animée d'une volonté de revanche suscitée par la perte du royaume de Grenade en 1492, Sayyida al-Hurra mène une lutte implacable contre les Portugais qui occupent alors Ceuta et s'allie même pour la circonstance à Arudj Barberousse, amiral des corsaires turcs d'Alger.

La population tétouanaise se trouve encore considérablement augmentée par l'expulsion massive des Morisques en 1609 par Philippe III d'Espagne [7]. Par la suite, Tétouan connaît aux XVIIe et XVIIIe siècles un grand essor grâce à son statut de port méditerranéen (Martil ou Rio Martin) en contact avec Marseille, Livourne et Alexandrie, par lequel transitent les marchandises provenant de Fès ou destinées à la capitale impériale, plusieurs autres ports marocains étant sous occupation étrangère (espagnole, portugaise, anglaise) jusqu'au début du XVIIIe siècle. De nombreux consulats y sont établis, attestant d'une activité diplomatique considérable.

Par la suite, la ville connaîtra un grand déclin, dont les causes sont d'ordre principalement politique. L'activité commerciale portuaire ainsi que les consulats sont finalement transférés à Tanger, port capable d'accueillir des navires de tonnage plus important. Après une grande épidémie de peste (septembre 1818 à mai 1819) qui cause 6259 décès, soit le quart de la population de la ville[8], la ville est occupée par l'armée espagnole de 1859 à 1862 à la suite de la guerre hispano-marocaine de 1859-1860, ce qui conduit à l'arrêt des activités économiques et à la fuite d'une partie de la population vers Tanger, Gibraltar et Oran[9].

Après l'occupation espagnole en 1913, Tétouan devient la capitale du protectorat espagnol du Maroc et le siège du khalifa (représentant du sultan de l'Empire chérifien auprès du haut-commissaire qui est l'équivalent espagnol du résident général de la zone française) jusqu'à l'indépendance en 1956. Cette période est caractérisée par la lutte principalement politique entre l'administration espagnole et les nationalistes tétouanais du Parti de la Réforme nationale (Hizb Al Islah Al Watani), dont la principale personnalité est Abdelkhalek Torrès. En 1936 la capitale du protectorat hispanique est l'une des premières villes contrôlées par les nationalistes partisans du général Francisco Franco lors du déclenchement de la guerre civile espagnole.

Tétouan réintègre le Royaume du Maroc indépendant en avril 1956.

Ethnographie[modifier | modifier le code]

Souk à Tétouan (marché populaire)

La société tétouanaise est essentiellement constituée au départ de Morisques musulmans (originaires d'Al-Andalus) et de juifs séfarades espagnols, auxquels s'ajoutent par la suite des familles de hauts fonctionnaires fassis du makhzen puis à partir de 1830 des réfugiés provenant de l'Algérie ottomane et fuyant la conquête française. L'exode rural et l'activité commerciale ont vu l'installation de nombreuses familles Jbalas, des tribus voisines (Ouadras, Beni Hozmar, Beni Maadane, Beni Said, Ghomara, Beni Idder, etc.). La composante rifaine est devenue nombreuse (Beni Ouriaghel échappant à la famine entretenue par l'armée espagnole après la fin des combats au Rif), attirée par l'activité commerciale de la ville et quittant les conditions montagnardes défavorables du Rif central.

Les années 1960 ont vu diminuer rapidement le nombre de juifs [1], partis essentiellement en Amérique du Sud (Venezuela, Argentine, Brésil) et en Israël, ainsi que les familles espagnoles qui étaient restées après l'indépendance.

Comme dans le reste des villes andalouses du Maroc (Rabat, Salé, Chaouen et Fès), beaucoup de familles portent encore des noms morisques, correspondant en général à des surnoms évoquant des lieux dans la péninsule Ibérique, comme Torres, Molina, Castillo, Aragon, Medina, Paez, Baeza, Morales, Murcia, Castilla, Figo, Moreno, Nuino, Dellero, Salas etc.

Monuments et architecture[modifier | modifier le code]

Vue de Tétouan
La Médina

Les quartiers de Tétouan appartiennent à trois types de styles architecturaux différents : le style andalou (la Medina); le style espagnol du début et du milieu du XXe siècle (Ensanche) et le style d'après l'indépendance (quartiers périphériques). Chaque style comporte des variantes plus ou moins importantes en relation avec l'évolution des styles et des matériaux utilisés.

La Médina[modifier | modifier le code]

La Médina (ancienne ville) de Tétouan est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Elle occupe aux yeux des spécialistes la première place de toutes les médinas du Maroc.

Le principal élément de la Médina est constitué par les remparts datant de la fin du XVe siècle qui entourent la ville. Ces remparts laissent le passage à travers 7 entrées qui sont : Bab El Oqla, Bab Saaida (vers l'Est), Bab Mqabare et Bab Ejjyafe (vers le Nord), Bab Nouader (vers l'Ouest), Bab Toute, Bab Remouz (vers le Sud). À l'intérieur de la ville, les ruelles sont pittoresques et grouillantes de monde. Les principaux quartiers, datant de la construction de la ville, sont : Laayoune, Essania, Trankat, Rbat Aala, Bled, Rbat Asfal et Mellah.

Les maisons de la Médina sont généralement très bien conservées par les descendants des propriétaires. Certaines ont bénéficié d'un programme de réhabilitation financé par la Junta de Andalucia. Du point de vue architectural, les maisons sont généralement constituées[10] : (i) d'un rez-de-chaussée avec un couloir d'entrée (Zaguan, Dehliz) donnant sur un patio (Sahn), sur lequel s'ouvrent 2 ou 3 chambres fermées (bit), un salon ouvert (maqâad), la cuisine et les services; et (ii) d'un étage avec des chambres (ghorfa). Temporellement, les maisons obéissent à deux styles architecturaux différents:

  1. Celles du XVIIe siècle comportent un patio avec des piliers et des colonnes (8 ou 12) supportant des arcades. La décoration est généralement austère.
  2. Celles du XIXe siècle utilisent les traverses de fer qui supportent l'étage.

Les maisons peuvent comporter ou non un jardin (Riad). La décoration est riche, utilisant les mosaïques de Fès, le bois peint etc.

Ces maisons, ainsi que les bâtiments publics, ont longtemps été desservis en eau potable à travers un réseau de canalisations depuis les sources de la ville. Ce réseau, appelé Skundu (déformation de l'espagnol segundo), a été développé par Ali Al Mandari en personne, qui a construit la ville le long d'une ligne de sources prenant naissance au pied du Jbel Dersa. Ce dispositif ingénieux est semblable à celui développé par exemple par les romains à Volubilis, et paraît avoir été donc adopté par les Andalous. Pour des raisons sécuritaires, seuls le Wali et l'ingénieur principal de la ville en connaissaient le tracé. Il alimentait toutes les maisons ainsi que les fontaines publiques, les mosquées, les hammams etc. grâce à la topographie en pente de la ville[11]. Bien que très détérioré par les canalisations modernes, certaines maisons gardent encore des fontaines de cette eau limpide.

Outre les maisons tétouanaises, plusieurs mosquées, zaouias et places publiques et commerciales peuvent être visitées :

  • Places : El Feddane (cœur de la ville sur lequel donne le Méchouar), Ghersa El Kébira (place de commerce varié), El Usâa (petite place pittoresque)
  • Rues : Tarrafine (boutiques de bijoux)
  • Mosquées : Al Jamaa Al Kabir (Grande Mosquée)
  • Écoles traditionnelles : Madrasat Lukach ; Zaouias : Sidi Ali ben Raissoun, Harraq, Abdellah El Hajj Bakkal,...
  • Souks : Mesdaa (épices, fromages), Saquia El Fouqia (vêtements),...

El Ensanche[modifier | modifier le code]

Situé à l'ouest de la Medina, le quartier d'El Ensanche (prononcé Chanti par la population locale) représente le style architectural typique pendant le Protectorat espagnol. Il comporte essentiellement des immeubles de 5 étages avec des commerces au rez-de-chaussée. Certains bâtiments ont été réhabilités dans le cadre du programme de réhabilitation des bâtiments de Tétouan. L'intérieur est de type méditerranéen, avec un couloir sur lequel s'ouvrent les chambres, les salons et les services. Les bâtiments peuvent être construits en complexe avec un espace vert central (cas de Pabellones de Varela).

Les quartiers périphériques[modifier | modifier le code]

Au cours de la période post-coloniale, la ville a connu un important exode rural, et une expansion des constructions à la périphérie de la ville. Si les maisons des anciens habitants obéissent aux règles de construction tétouanaises modernisées (Bab El Oqla, Ziyyana), les autres maisons n'ont aucun style particulier. Il s'agit en général d'un R + 2 carré, avec commerce au rez-de-chaussée sans décoration. C'est le cas des quartiers de Touilaa (émigrants), Saniat Errmel, Sidi Talha (Barrio Malaga) (Dyor Del Makhzen, l'un des premiers quartiers construits en dehors de la ville, ce quartier était destiné aux soldats qui défendaient Tétouan, d'où le nom Dyor Del Makhzen, maisons des policiers/soldats ) etc.. D'autres quartiers périphériques, cas de Korat Essbaa, Touilaa Foqia (Touilaa Haute), Dersa et Samsa sont du type clandestin, construits par de nouveaux migrants (constructions sans autorisation). Récemment, la ville connaît une meilleure planification et un contrôle plus sévère, matérialisés par le développement de bâtiments modernes d'entre 6 et 12 étages (avenue des F.A.R et place de la colombe) et de quartiers résidentiels modernes (quartier wilaya et quartier de l'aéroport). Ces quartiers périphériques connaissent actuellement une profonde restructuration à travers le Programme de Développement Urbain "P.D.U."qui s'étale sur la période:2009-2012.

Économie[modifier | modifier le code]

Longtemps liée au commerce international à travers le port de Martil, l'économie actuelle de Tétouan repose essentiellement sur le petit commerce et le tourisme balnéaire à clientèle surtout marocaine et espagnole.

Les unités industrielles, qui se trouvent au Quartier industriel de Martil, sont peu nombreuses et modestes. Cependant, plusieurs briqueteries sont installées dans la plaine de Martil sur la route de Oued Laou. De même, la région abrite une importante unité de production de ciment du groupe Lafarge SA ainsi que de nombreuses carrières et d'unités de concassage, qui alimentent la région en matériaux de construction Les autres unités industrielles sont consacrées essentiellement à la transformation de poisson, au textile et à l'agroalimentaire.

L'infrastructure hôtelière a connu ces dernières années une croissance rapide. Une partie de la population vit encore du commerce de produits de contrebande ramenés de Sebta, mais cette activité connaît un déclin notable en raison de l'amélioration de la qualité des produits marocains et de la concurrence des grandes surfaces marocaines (tel que Marjane et Acima). Faute de travail, une grande partie des jeunes ont émigré vers l'Europe, en particulier vers l'Espagne, les Pays-Bas et l'Allemagne.

Depuis peu, Tetouan connaît une forte croissance, due à un renforcement de l'infrastructure de la province ainsi que d'un regain d'importance aux yeux de l'État. Le développement de Tétouan s'articule sur:

  1. L'autoroute Tétouan - Fnideq (A-6) en plus de la voie express N-13 (2x2 voies)
  2. La voie express Tétouan - Tanger N-2 (2x2 voies)
  3. Le port Tanger Med qui se trouve à 46 km au Nord de Tetouan et sa zone franche de Oued Negro à Fnideq
  4. Les investissements étrangers directs des groupes mondiaux dans les secteurs touristiques
  5. Tetouan Offshore: Zone dédiée aux services (Informatique, centres d'appels...)
  6. La zone industrielle de Martil
  7. Tamuda Bay : dénomination de la côte tétouanaise allant de Martil à Sebta.
  8. Les transferts des Marocains résidents à l'étranger
  9. La proximité géographique et culturelle avec l'Europe
  10. Tétouan park

Malgré d'énormes potentialités touristiques, le secteur reste très modeste comparativement à d'autres villes comme Marrakech, Fès et Agadir par exemple. Les tour-opérateurs ne considèrent Tétouan que comme une ville de passage, alors que la région renferme des sites intéressants aussi bien côtiers que de montagne. Il est à souligner cependant l'amélioration de l'offre par la création de nouveaux hôtels, appuyés par l'ouverture de centres de formation, en plus de l'offre des particuliers dans toute la région.

Climat[modifier | modifier le code]

Elle dispose d'un climat méditerranéen. Chaud et sec en été et Frais en hiver. C'est aussi une région particulièrement venteuse.

Culture et art[modifier | modifier le code]

La ville de Tétouan est d'abord un des centres universitaires majeurs du Maroc puisqu'elle abrite la Présidence de l'Université Abdelmalek Saadi de la région Tanger-Tétouan (à Tétouan) et qui grâce au programme Averroès attire de plus en plus d'étudiants européens . Cette université est composée de nombreuses facultés dont les suivantes, qui se trouvent dans la province de Tétouan :

  • La Faculté des Sciences
  • La Faculté des Lettres et Sciences humaines
  • La Faculté des Sciences Juridiques, Économiques et Sociales (à Martil)
  • L'École Normale Supérieure (Martil)
  • La Faculté des Fondements de la Religion
  • L'École Nationale des Sciences Appliquées
  • Depuis 2009,l’École Nationale d'Architecture (3 années de Licence)

Ces facultés accueillent les étudiants des provinces de Tanger, Tétouan, Larache, Chefchaouen, d'autres provinces marocaines ainsi que de nombreux étudiants et conférenciers étrangers.

Elle dispose de nombreux espaces à caractère culturel :

  1. L'Institut des beaux-arts
  2. La Bibliothèque Générale
  3. La Maison de la Culture
  4. Le musée archéologique
  5. Le Conservatoire international de musique
  6. Les Centres internationaux de langues (français, espagnol, anglais, allemand, hollandais...)
  7. Des bibliothèques et archives privés (Daoudiya, Bennouna, Torrès)
  8. Instituts culturels étrangers (Institut français, Instituto Cervantes...)

Le parler tétouani

Les Tétouanais parlent l'arabe dialectal marocain (arabe berbérisé), avec des nuances propres, proches de celles de Fès, de Salé et de Rabat.

Deux cas sont à distinguer : le dialecte citadin et le dialecte rural.

Dans le dialecte citadin, la modification la plus marquée est la disparition du quaf au profit du a-. Ainsi qala (arabe il a dit) devient al. Une autre nuance typique est de commencer les verbes (au présent) par un préfixe k. Ainsi, yamshi (il s'en va) devient ka-ymshi. A Fès c'est un t, alors qu'à Taounate c'est un a.

Dans le parler rural, le quaf garde sa place, mais les verbes commencent par un l (laymshi)

Une autre particularité concerne la négation, qui utilise un chi dérivé de l'arabe chai', lui-même adopté de l'amazigh kra, assez musical en fin de verbe, comme dans ma mchachi (il n'est pas allé), contrastant avec le parler des régions plus au sud, (ma mchach).

Musique

Sur le plan musical, Tétouan est également un centre de rencontre de plusieurs styles :

  • la musique andalouse (Al Aala), principal genre de musique de la ville qui anime toutes les occasions festives. Le style classique a été modernisé par Mohammed El Arbi Temsamani. Les principaux instruments sont le violon, le luth et les percussions (Tar et Derbouka). Le piano et les cuivres (saxophone et clarinette) ont été introduits par Temsamani.
  • la musique rurale montagnarde est représentée par la Taqtouqa, la Aayta et Alala-Yillali. Les instruments principaux sont ici le violon, le luth, le Guembri et les percussions. Un danseur déguisé portant un plateau à thé accompagne presque toujours l'orchestre. Ce style a été modernisé et largement popularisé par Abdessadaq Chqara.

Sur le plan de l'art culinaire, la cuisine tétouanaise est réputée par sa qualité et sa variété. Ses plats, issus de la combinaison de nombreuses recettes (fassies, andalouses, rifaines, juives,...), sont réputés à travers le Maroc, notamment avec ses salés-sucrés (poulet aux raisins secs caramélisées par exemple). La Pastilla tétouanaise est faite avec du poulet, des œufs et du citron. Les pâtisseries comportent des variétés spécifiques comme la Faqqassa, le Bechkettou (Bizcocho) Muscatcho (cake), le Bechkettou pwiwa (petits gâteaux farcis aux amandes, frits et trempés dans un sirop à l'eau de rose), les Qfafel, la halwat tabaa, la bahlawa, la mlawza (petits fours aux amandes et au sucre glace) ou des variétés marocaines avec des retouches locales, comme le Kaab el ghazal décoré ou les briouates au fromage blanc (jben) et au miel.

Festivals[modifier | modifier le code]

  1. Festival international du Cinéma méditerranéen de Tétouan
  2. Festival international de Luth de Tétouan
  3. Festival international de la Bande Dessinée
  4. Festival international "Voix de femmes"

Sites naturels et loisirs[modifier | modifier le code]

Tétouan était réputée par ses sites naturels autour de la ville et dans la région. Les anciens se rappellent bien les nzaha à Kitane, Dardara, Bousemlal, Martil, Groura (actuel Cabo Negro), Sidi Abdesslam d'El Bhar... L'urbanisation de la ville et des localités à proximité (Martil, Mdiq, et généralement la zone côtière) a conduit à la disparition de la plupart des sites, et les amateurs de la nature se tournent actuellement vers la région de Chefchaouen (Akchour, Talasemtane).

Cependant, quelques sites sont provisoirement à l'abri de l'urbanisation galopante, comme la lagune de Smir, qui est une zone humide protégée par la Convention de Ramsar. Ce site accueille de nombreuses espèces d'oiseaux migrateurs pendant leur traversée du Détroit[12],[13] D'autres sites naturels sont localisés au Sud de la ville, sur les routes d'Oued Laou et de Chaouen. On y pratique des randonnées pédestres[14] ainsi que la chasse (lièvre, perdrix, sanglier).

Sur les autres projets Wikimedia :

Personnalités[modifier | modifier le code]

Nées à Tétouan
Autres
  • Nadir Khayat (alias RedOne), auteur-compositeur et producteur de musique aux Etats-Unis
  • Ahmed Chawki, chanteur marocain né en 1982 à Tétouan
  • Adnane Tighadouini, joueur de football néerlando-marocain né en 1992 à Ede (Pays-Bas) et originaire de Tétouan[15]
  • Mohammad Temim, était un pacha de Tétouan puis de Salé, ambassadeur du sultan Moulay Ismail en France en septembre 1681.
  • David Guetta, célèbre Disc Jockey Français dont le père est originaire de Tétouan.
  • Mohammed ZKIEK, Fondateur de site web tetouan.fr le 1er Guide touristique de Tétouan.

Jumelage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] Haut-commissariat au Plan, « Recensement général de la population et de l'habitat de 2004 », sur www.lavieeco.com (consulté le 3 décembre 2011)
  2. A. Rodrigue, Préhistoire du Maroc, Casablanca, Éditions La Croisée des chemins, 2002, 117 p.
  3. M. Tarradell, El poblamiento antiguo del Rio Martin, Tamuda, IV, 1957, p. 272
  4. M. R. El Azifi, « L'habitat ancien de la vallée de Martil » in Revue de la Faculté des lettres de Tétouan, 1990, 4e année, n° 4, p. 65-81. (ar)
  5. Ali ibn-abi-Zar' (1326) - Rawd Al-Kirtas (Histoire des souverains du Maghreb et annales de la ville de Fès. Traduction française Auguste Beaumier. Éditions La Porte, Rabat, 1999, 325 p.
  6. Zurara, Gomes Eanes – Cronica do Conde Dom Pedro de Meneses , nota de apresentação de José Adriano de Freitas Carvalho, ed. Fac- similada da ed. do Abade Correia da Serra, de 1792, Academia das Ciências de Lisboa, Porto: Programa Nacional de Edições Come morativas dos Descobrimentos Portugueses, 1988
  7. Mohamed Razouk, Les Morisques et leurs migrations au Maroc au cours des XVIe et XVIIe siècles, Casablanca, Éditions Afrique Orient, 1998, 360 p. (ar)
  8. Miège, J.L. (1994). Moulay Sliman et la révolte de Tétouan. Actes du colloque Tétouan au XVIIIe siècle (1727-1822), p. 115
  9. http://zemmora.free.fr/site/sagas.html
  10. de Torres Lopez, R. (coordenador) (2002). La Medina de Tetuan; Guia de arquitectura. 2da edicion. Édité par Junta de Andalucia & Ville de Tetouan, 304 p.
  11. Afkir, E.H. et El Abdellaoui, M. (1990). Le réseau Skundu : ancien système d'approvisionnement de la Médina de Tétouan en eau potable. Revue de la Faculté des Lettres de Tétouan, 4e année, no 4, p. 219-230.
  12. Ater M. & Dakki M. (éds). 1997. Actes du Séminaire sur les marais Smir-Restinga (Maroc) ;écologie et propositions d’aménagement (Tétouan, 16-17 mars 1995), Trav. Institut Sci. Rabat, Mém. hors série, 96 p.
  13. Bayed, A. & Scapini, F. (éditeurs). 2005. Ecosystèmes côtiers sensibles de la Méditerranée: cas du littoral de Smir; recherches de base pour une gestion durable, Trav. Inst. Sci. Rabat, série générale n°4, 125 p.; http://www.israbat.ac.ma/PublicationsIS/TIS_SG_4/Sommaire.htm
  14. El Hilali, M. 2006. Découverte à pied des montagnes du Rif occidental. Imprimerie Okad El Jadida, Rabat, 209 p.
  15. Hicham F., « Adnane Tighadouini : « Je brûle d'envie de participer aux éliminatoires des JO 2012 » », sur www.mountakhab.net,‎ 1er octobre 2011 (consulté le 7 août 2012)
  16. « Accord de jumelage entre les villes de Tétouan et Terrasa », Aujourd'hui le Maroc,‎ 19 juin 2002 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]