Damasquinage

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Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Acier de Damas.
Or damasquiné dans élément décoratif d'acier de Tolède.

Le damasquinage (de damaschino, mot italien dérivé de Damas) est une technique artistique, originaire de Damas (Syrie), qui consiste à enchâsser un fil de cuivre, d'or ou d'argent, sur une surface métallique, généralement de fer ou d'acier, afin de créer un motif décoratif. Le résultat de cette incrustation est appelée une damasquinure et l'artisan réalisant ces incrustations est un damasquineur. Ce type de décoration est très courant dans l'art médiéval.

Technique[modifier | modifier le code]

Exemples de damasquinage appliqué à divers types d'objets

Le dessin, une fois arrêté à la pointe ou à l'eau-forte, est creusé à bords vifs. La surface que l'on veut damasquiner est donc préalablement ciselée puis, dans le profil ainsi créé, on introduit un fil en le martelant du centre vers les bords de telle manière que ces derniers se rabaissent sur lui et l'enchâssent. La pièce est terminée avec une lime douce et polie.

Au Moyen-Orient[modifier | modifier le code]

Les Arabes en ont fait la meilleure application à la décoration d'armes, exportées dans tout le monde occidental.

En Europe[modifier | modifier le code]

Cet art semble avoir été pratiqué dans l'Antiquité tardive en Gaule, selon Jean-Baptiste Dubos, qui écrivait[1] :

« Il y avoit alors dans les Gaules six atteliers où l'on forgeoit et fabriquoit toutes sortes d'armes et de machines de guerre. Dans trois autres on travailloit en damasquineure. Cet art qui est aujourd'hui de peu d'usage, étoit alors en grande vogue, soit pour orner les armes, principalement les défensives, dont tout le monde, jusqu'au simple soldat, se couvroit, soit pour embellir les vases et les ustenciles de cuivre ou d'argent destinés au service domestique. »

En Extrême-Orient[modifier | modifier le code]

L'incrustation d'or et d'argent a été pratiqué dès l'antiquité dans le bronze, en particulier dans l'art chinois à partir de la période des Royaumes combattants afin de transposer dans le métal les effets graphiques que proposait l'art de la laque, en vogue à cette époque.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Baptiste Dubos, Histoire critique de l'établissement de la monarchie françoise dans les Gaules, Livre 1, chapitre 7

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Albert France-Lanord et Édouard Salin, « L'art de la damasquinure sur fer en Gaule mérovingienne », Comptes-rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, De Boccard, vol. 86, no 2,‎ 1942, p. 157-167 (ISSN 0065-0536, lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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