Thamusida

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Thamusida
Localisation
Pays Drapeau du Maroc Maroc
Coordonnées 34° 20′ 08″ N 6° 29′ 22″ O / 34.33564, -6.48957334° 20′ 08″ Nord 6° 29′ 22″ Ouest / 34.33564, -6.489573  

Géolocalisation sur la carte : Maroc

(Voir situation sur carte : Maroc)
City locator 4.svg
Thamusida

Thamusida est un port fluvial de l'époque romaine au Maroc. La petite ville antique est située[1] à 10 km à vol d'oiseau de la ville actuelle de Kénitra et à environ 23 km à vol d'oiseau, au nord de Mehdia, sur la rive gauche du fleuve Sebou, au lieu dit Sidi Ali ben Ahmed. Elle est approximativement à mi-chemin entre Sala (au Sud) et Banasa (au Nord), dans une zone exposée aux inondations, le site demeurant alors émergé et communiquant avec un vaste hinterland. Il était facile à défendre. La forêt voisine de la Mâamora a sans doute fourni les matériaux de construction (chênes liège). Le fleuve poissonneux et navigable en amont et en aval ainsi que les terres alentour cultivables en ont fait un centre d'occupation important.

Thamusida se situait sur une voie romaine qui partait de Tanger-Tingi, passait par Larache-Lixus, Banasa, descendait jusqu'à Chellah et s'arrêtait au limes (encore visible à la sortie sud de Rabat sur la route de Casablanca). L'antiquité des villes de Lixus et de Tingi était depuis longtemps commue par les textes. L'archéologie a révélé que des villes de la Maurétanie Tingitane avaient un passé plus ancien.

Fouilles[modifier | modifier le code]

Le site est reconnu et visité par Charles Tissot en 1874. Le site est fouillé de manière sporadique à partir de 1913 par des chercheurs français. Elles reprirent en deux temps :

  • 1952-1955 (Thouvenot, Euzennat et Marmonnier),
  • 1959-1962 [Nicollet, Callu, Rebuffat, Morel et Dentzer).

Ces fouilles sont loin d'avoir dégagé la totalité du site, qui occupe un espace d'une quinzaine d'hectares.

Les chercheurs ont reconnu sur le site un camp militaire et une ville. Du camp, seule l'enceinte et le praetorium ont été fouillés. De la ville ont été dégagées une partie de l'enceinte, des insulae d'habitation, de grands thermes et des temples. Des sondages stratigraphiques ont permis de dessiner les grandes lignes de l'histoire de l'occupation de la ville.

Origines[modifier | modifier le code]

Avant notre ère[modifier | modifier le code]

Au Ier siècle avant notre ère [2], Thamusida était occupée par une population qui avait des rapports actifs avec le monde romain (Italie) ou romanisé (Espagne méridionale). Quatre sondages conduits sur la partie haute du site qui domine le Sebou au Nord, permettent d’affirmer qu’une occupation préhistorique est possible mais attestée par de trop rares indices...

Au IIe siècle avant notre ère, on sait seulement qu’une communauté vit là, repliée sur elle-même.

À partir de 70 avant notre ère, des vestiges de céramiques nous montrent une ville qui s’ouvre aux influences méditerranéennes, lesquelles doivent parvenir jusque là par le cabotage atlantique.

Après le début de notre ère[modifier | modifier le code]

En l’an 40 de notre ère se situe l’annexion par Rome.

Dès le règne de l'empereur Claude (41-54 après J.-C.), des constructions en dur se multiplient. Thamusida abrite probablement un port actif dont témoignent les nombreux débris d’amphores entourant le plateau et devient un point de débarquement et un centre romain de ravitaillement. Les fouilles ont mis au jour les murs des quais du port de commerce, des thermes.

Sous les Flaviens (69-96 après J.-C. : empereur Titus 24/04/79-13/09/81 après J.-C.), une garnison militaire romaine séjourne sur les lieux. La ville donne des signes de croissance ; elle se dote d’un temple à trois cellae (le Temple à bossages), de thermes et de maisons d’habitations dont une à cour centrale. Cela illustre des traditions importées de l'architecture étrusco-italique (d'après Rebuffat).

Sous Trajan (97-117 après J.-C.) ou sous Hadrien (117-138 après J.-C.), une nouvelle structuration de l’espace urbain semble avoir lieu en conférant à la ville un plan d’urbanisme ou plan orthogonal dit hippodamien où s’inscrivent les thermes reconstruits et le petit temple du nord-est dédié à Vénus-Astarté. Le développement et l’enrichissement de la ville se reflètent dans l’agrandissement et la transformation continue des thermes du fleuve, dans la construction de nouveaux temples bordant la rive du Sebou et de nouvelles habitations dont la Maison du dallage qui adopte le plan des riches demeures de Volubilis et d’Espagne. Des maisons modestes, des ateliers et des locaux utilitaires occupent des quartiers entiers. En plus de ses fonctions commerciales et industrielles qui sont à l’origine de son développement, la ville de Thamusida devait jouer un rôle militaire important. Elle était peuplée de vétérans.

Sous Marc Aurèle (161-180 ap. J.-C.), on y construisit la plus grande forteresse de Maurétanie Tingitane pour assurer la protection de la population civile. Sous Commode (180-192 ap. J.-C.) ou Septime Sévère (193-211 ap. J.-C.), la ville se dote d’une enceinte qui a remployé des stèles funéraires et écrasé une partie de la riche Maison du dallage, ce qui indique que l’ouvrage fut dicté par la crainte d’un danger proche. La ville abrite une cohorte militaire. Peuplée de vétérans, elle abrite la plus grande forteresse de la province. A la toute fin du IIe siècle, elle est dotée d'une enceinte.

Le site est abandonné vers 280.

État actuel[modifier | modifier le code]

D'après un site internet qui semble créé en 2007 [3], le site est difficile à trouver. Une piste existait qui prenait naissance derrière l'usine CMCP (Cie. Marocaine des Cartons et Papiers) de la zone industrielle de Kenitra. Il existe aussi une piste qui prend naissance sur la route de Tanger. Aucun aménagement touristique ne semble avoir été fait, les fouilles semblent avoir été suspendues.

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J. P. Callu, J. P. Morel, R. Rebuffat, G Hallier et J. Marion, « Thamusida », Mélanges d'archéologie et d'histoire (École Française de Rome), vol. 43, no 1-2,‎ 1966 (résumé)
  • E. Papi, A. Akerraz, Sidi Ali Ben Ahmed - Thamusida 1. I contesti, Quasar 2008[4]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. voir J-P Callu et alii. (1966) à qui nous empruntons largement ce qui suit
  2. on dit plus couramment "avant J.-C."
  3. voir Thamusida : ruines remarquables
  4. http://www.edizioniquasar.it/sku.php?id_libro=1716