Maurétanie Tingitane

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La Maurétanie Tingitane était une province africaine de l'Empire romain.

Position de la Maurétanie Tingitane dans l'Empire romain

La Maurétanie fut d'abord un royaume client de Rome sous Bocchus et Juba II, "le plus savant des rois". Le statut du royaume n'était pas cependant celui d'une réelle indépendance: dès le règne d'Auguste le royaume de Maurétanie voit l'installation de colonies romaines. Au Ier siècle, l'empereur Claude divisa la Maurétanie selon le tracé du fleuve Mulucha (Moulouya), d'une part en Maurétanie-Césarienne et d'autre part en Maurétanie Tingitane.

La Maurétanie passe sous administration romaine directe à la fin du règne de Caligula. Ce dernier élimina le dernier roi de Maurétanie, Ptolémée, en raison de sa participation possible à un complot destiné à le renverser. L'assassinat de Caligula, peu de temps après l'empêcha d'organiser cette prise de contrôle, et ce fut Claude qui transforma le royaume en deux provinces : à l'ouest la Maurétanie Tingitane, avec Tingis comme capitale, sur un territoire correspondant globalement au nord de l'actuel Maroc; à l'est la Maurétanie-Césarienne qui tire son nom, comme sa jumelle, de sa capitale Césarée de Maurétanie (actuelle Cherchell) capitale de l'ancien royaume.

La Maurétanie Tingitane s'étendait du nord de la péninsule à Salé (Nécropole de Chella) et Volubilis au sud et à l'est jusqu'à la rivière de Oued Laou. Les principales villes étaient Volubilis, Tingis (Tanger), Lixus (Larache) et Tamuda (Tétouan).

Histoire[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre civile entre Marc Antoine et Octave, Bogud prit le parti du premier ; Bocchus, celui du second. Lorsque Bogud passa en Hispanie, Bocchus se saisit des possessions de son frère, usurpation ratifiée par Octave. En 25 avant J.-C., Octave donna la Maurétanie à Juba II, l'époux de Cléopâtre Séléné II, fille de Marc Antoine et de Cléopâtre VII d'Égypte et sœur jumelle d'Alexandre Hélios, en échange de la Numidie, érigée une province romaine. À la mort de Juba II, en 23, son fils, Ptolémée de Maurétanie, lui succéda. Tibère loua Ptolémée pour l'assistance qu'il donna aux Romains dans la guerre avec Tacfarinas. Le royaume de Maurétanie était donc de fait un Etat-client. Mais, en 40, Ptolémée fut mis à mort par Caligula, probablement par jalousie et par le caractère instable dudit empereur. Des troupes alors venues d'Hispanie (le seul obstacle majeur du transfert des troupes étant le simple passage à travers le détroit de Gibraltar) débarquèrent sur les côtes de Maurétanie occidentale (et accessoirement orientale) afin de conquérir le territoire. Pendant longtemps, un débat a divisé les historiens sur l'origine et la provenance de ces troupes : aujourd'hui, Il semble assuré que la Xe légio Gemina (une inscription retrouvée à Volubilis) soit intervenue, accompagnée de diverses troupes auxiliaires. En revanche, la thèse d'une prétendue intervention de la IIIe Augusta, alors stationnée bien plus à l'Est, est à abandonner, en raison de considérations géostratégiques. Des généraux se succédèrent alors de fin 40 à 43, dont Suétonius Paulinus et Hosidius Géta. Vers 43-44 (la date précise n'est pas assurée), Claude divisa le royaume en deux provinces, séparées par la Mulucha (ou Moulouya), l'ancienne frontière des territoires de Bocchus et de Jugurtha : la Maurétanie Tingitane, à l'ouest ; la Maurétanie Césarienne, à l'est.

Suite à cette annexion, la Maurétanie Tingitane demeurera gouvernée tout le long du Haut-Empire par des procurateurs de rang équestre. Très vite, des troupes auxiliaires (et non-légionnaires) vont prendre le contrôle du territoire, le quadriller, l'organiser, afin de faire face à de possibles menaces extérieures, chose évidente, mais aussi intérieures (surveillance des populations locales). On constate aujourd'hui en définitive que l'installation de ces diverses unités militaires (quingénaires et milliaires) s'est faite progressivement, tout au long du Haut-Empire, soit entre 40-44 et 260-285, date du retrait - progressif - des troupes romaines au nord du Loukkos.


Sous le Bas-Empire (soit à partir de Dioclétien), la Maurétanie Tingitane releva du diocèse d'Hispanie, dont le vicaire résidait à Mérida, et de la préfecture des Gaules, dont le préfet résidait à Trèves ; la Maurétanie Césarienne et la Maurétanie Sétifienne relevèrent, comme la Numidie, du diocèse d'Afrique, dont le vicaire résidait à Carthage, et de la préfecture d'Italie, dont le préfet résidait à Rome.

En 429, 80 000 Vandales, dont 15 à 20 000 soldats, débarquent en Maurétanie Tingitane selon Victor de Vita et Procope. Ils créeront sur les côtes tunisiennes et algériennes le royaume Vandale.

Peuples[modifier | modifier le code]

Latin Grec ancien Référence
MAURENSII Μαυρήνσιοι (Maurensioi)
VACUATAE Οὐακουᾶται (Ouakouatai) ou Βακοῦαται (Bakouatai) 4.6.10
BANIUBAE Βανιοῦβαι (Banioubai)
ZEGRENSII Ζεγρήνσιοι (Zegrensioi) 4.1.10
NECTIBERES Νεκτίβηρες (Nektiberes)
JANGAUCANI Ἰανγαυκανοί (Iangaukanoi)
VOLUBILIANI Οὐαβιλιανοί (Ouabilianoi)
VERVES Οὐερουεῖς (Oueroueis)
SOCOSSII Σωκοσσίοι (Sokossioi)
METAGONITAE Μεταγωνῖται (Metagonitai)
MASICES Μάσικες (Masilikes)
VERBICAE ou VERBICES Οὐέρβικαι (Ouerbilikai) ou Οὐέρβικες (Ouerbilikes)
SALINSAE Σαλίνσαι (Salinsai)
CAUNI Καῦνοι (Kaunoi)
BACUATAE Βακουᾶται (Bakouatai)
MACANITAE Μακανῖται (Makanitai)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Euzennat (Maurice), « Les troubles de Maurétanie », Comptes-rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, CXXVIII-2, 1984, pp. 372-393.
  • Frézouls (E.), « Rome et la Maurétanie Tingitane : un constat d'échec ? », Antiquités africaines, XVI, 1980, pp. 65-93.
  • Gozalbes (E.), « Propiedad territorial y luchas sociales en la Tingitana durante el Bajo Imperio », Memorias de Historia Antigua, II, 1978, pp. 125-130.
  • Lassoureille (Bastien), L'implantation militaire romaine en Maurétanie Tingitane sous le Haut-Empire, Mémoires de Master 1 et de Master 2, Université de Pau et des Pays de l'Adour, Pau, 2010-2013.
  • Rebuffat (René), « Enceintes urbaines et insécurité en Maurétanie Tingitane, Mélanges de l'École française de Rome - Antiquité (MEFRA), LXXXVI, 1974, pp. 501-522.
  • Rebuffat (René), « L'implantation militaire romaine en Maurétanie Tingitane », Africa romana, IV, 1986, pp. 31-78.
  • Siraj (Ahmed), L'Image de la Tingitane. L'historiographie arabe médiévale et l'Antiquité nord-africaine, Paris, De Boccard, 1995, 732 p., 35 cartes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]