Estampage

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Motif estampé sur argile, donnant une brique décorative (Asie du Sud-Est, période Silla, VIIIe siècle).

L’estampage est une opération de forgeage en trois coups (ébauche, finition et ébavurage). Cette opération consiste à former, après chauffage, des pièces brutes par pression entre deux outillages nommés « matrices », que l’on vient fixer sur des presses (hydrauliques, mécaniques…).

Principes techniques[modifier | modifier le code]

On commence par faire l’ébauche de la pièce désirée, en plaçant le lopin dans la matrice d’ébauche. Une fois celle-ci prête, on la met dans la matrice ayant la forme de la pièce voulue. Puis, on vient découper les cordons de bavures.

Le matriçage, réservé aux métaux non ferreux, est une variante de l’estampage (on dit aussi « estampage de précision »). Dans ce cas, la presse hydraulique lente se substitue au marteau-pilon et la pièce est insérée par force dans un outillage (matrice) démontable.

L’intérêt technique de ces procédés est la compression des molécules de matière selon la forme de la pièce d’où des résistances extrêmes aux efforts mécaniques.

Technique artistique[modifier | modifier le code]

Matrices modernes et anciennes pour l’estampage des décors de cloches.
Articles détaillés : gravure, estampe et moulage.

L’estampage est une technique de reproduction qui donne des estampes, et qui produit, éventuellement, des effets de relief par impression d’argile dans un moule en creux ou d’une feuille de papier sur une plaque gravée.

Plus généralement, l’estampage est une technique artistique utilisée pour donner forme ou relief en faisant l'empreinte d’une matière dure dans une matière malléable.

Ainsi, des sculptures majeures sont éditées (avec une finesse de réalisation inatteignable par les techniques de moulage) par estampage d’argile dans des formes de plâtre, puis retouche manuelle pièce par pièce. Les formes de plâtre sont en général elles-mêmes fabriquées par empreinte directe à partir de la sculpture originale.

Selon la complexité de l’œuvre plusieurs formes peuvent être nécessaires. Elles composent en creux un puzzle en trois dimensions. Les éléments en argile façonnés par estampage dans ces formes en plâtre sont ensuite assemblés entre eux à l’aide de barbotine (même argile mais plus liquide) et modelés jusque dans les détails les plus fins. Chaque pièce tirée a ainsi « la patte » du sculpteur modeleur qui l’a retouchée. Les pièces sont ensuite séchées, cuites et parfois patinées.

Estampage en Chine[modifier | modifier le code]

Estampage d'une stèle du XIVe siècle reproduit par Édouard Chavannes (1902).
Article connexe : art chinois.

La Chine ancienne connaît une variante de cette technique. Toutefois l’estampage chinois est la reproduction par frottis sur un papier spécial d’une œuvre qui primitivement n’était pas destinée à cet usage : bas-relief funéraire, inscription gravée dans la pierre (copies anciennes de peintures au trait disparues). Mais les stèles portant les calligraphies de classiques chinois étaient conçues pour l'estampage.

L’estampage est une technique de reproduction qui est l’une des raisons d’être de la stèle. Celle-ci conserve le texte original mais l’estampage permet de transmettre et diffuser le texte sous forme d’une calligraphie artistique : une feuille de papier est appliquée à l’aide d’une brosse humide, afin d’épouser la gravure dans ses moindres détails. On tamponne ensuite la surface redevenue sèche avec de l’encre : les parties qui ont épousé les creux de la gravure apparaîtront en blanc sur fond noir. La forêt de stèles, ou musée Beilin de Xi'an (musée célèbre de cette ville), est le centre chinois de cette activité qui remonte au IIIe siècle.

Les estampages des époques Han ou Tang sont très recherchés mais le faux abonde.

Facture instrumentale[modifier | modifier le code]

L'estampage de métaux non ferreux et de métaux précieux (ou matriçage) est une technique également utilisée dans la fabrication de certains instruments à vent, tels que la flûte traversière. Bien que largement remplacée de nos jours par des techniques de moulage et fonte à la cire perdue - plus rentables en production de masse - elle demeure cependant un critère de qualité supérieure, du fait des propriétés mécaniques obtenues : résistance aux efforts mécaniques (ce qui est gage de longévité de la mécanique de l'instrument), finition plus fine au polissage.

Autre usage[modifier | modifier le code]

L’estampage a été utilisé en épigraphie pour obtenir la copie exacte d’une inscription intransportable.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A. Chamouard, Estampage et forge, Dunod, Paris, 1964-66, Tome 1 : Statique appliquée aux déformations à chaud par forgeage, filage et matriçage, 206 p. ; Tome 2 : Dynamique appliquée aux déformations à chaud par forgeage, filage et matriçage. 356 p.
  • Zao Wou Ki (sélection de), Estampages Han, Paris 1967, Club français du livre ; avec une préface de Zao Wou Ki et Claude Roy.

Articles connexes[modifier | modifier le code]