Macrin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Macrin
Empereur romain
Image illustrative de l'article Macrin
Cet aureus au revers Liberalitas Aug[ustorum] montre Macrin et son fils Diaduménien distribuant des libéralités.
Règne
– juin 218 (~15 mois)
Période Sévères
Précédé par Caracalla
Co-empereur Diaduménien (218)
Suivi de Élagabal
Biographie
Nom de naissance Marcus Opellius Macrinus
Naissance c.165 - Césarée de Maurétanie
Décès juin 218 (53 ans) - en Cappadoce
Épouse Nonia Celsa (av.208 - 218)
Descendance Diaduménien
Liste des empereurs romains

Macrin (Marcus Opellius Macrinus) (v. 165 - 218) est un empereur romain qui régna de 217 à 218. Macrin est le premier empereur romain à être issu directement de l'ordre équestre. Il était originaire de Maurétanie césarienne[1],[2] .

Biographie[modifier | modifier le code]

Macrin est né vers 165 à Césarée (Cherchell) en Maurétanie césarienne (actuelle Algérie). Avocat de formation, il gravit petit à petit les échelons de l'administration fiscale, avant d'entrer dans le cercle des plus riches sénateurs de l'époque.

Préfet du prétoire sous son prédécesseur Caracalla, il est souvent accusé d'avoir commandité son assassinat[3].

Macrin réussit là où ont échoué Séjan sous Tibère et Plautien sous Septime Sévère : il est le premier chevalier à accéder au trône impérial.

Il offre au Sénat de collaborer avec lui et lui promet la sécurité comme au temps de Marc Aurèle. Il fait diviniser Caracalla (peut-être pour détourner les soupçons), traite Julia Domna avec honneur (elle se laisse mourir de faim à Antioche) et associe au trône son fils Diaduménien : il tente à la fois de se présenter comme l'héritier des Sévères tout en tentant de fonder sa propre dynastie. Son règne est trop court pour qu'il ait le temps de venir à Rome et il séjourne essentiellement à Antioche.

Son principal fait d'armes est la signature d'un traité de paix avec les Parthes, très favorable à ces derniers : Macrin doit leur verser une indemnité de deux cents millions de sesterces. Il se fit ensuite détester par l'armée en envisageant de revenir sur certains avantages accordés aux soldats par Caracalla.

La situation est exploitée par les princesses syriennes de la famille des Sévères, la sœur de Julia Domna, Julia Maesa et ses filles Julia Soaemias et Julia Mamaea. Elles disposent tout à la fois d'un prestige considérable fondé sur leurs liens avec la famille royale d'Émèse, d'immenses richesses, de la légitimité du sang et de deux héritiers, Élagabal et Sévère Alexandre, tous deux petit-cousins de Caracalla : elles parviennent à faire se soulever les légions de Syrie qui proclament Élagabal empereur.

Les deux armées s'affrontent près d'Antioche : Macrin est battu et assassiné quelques jours plus tard en Bithynie.

L'avènement de Macrin correspond au début d'une phase d'essor des nobles et notables maures, qui ont joué un grand rôle dans l'Empire au IIIe siècle[4].

Noms successifs[modifier | modifier le code]

  • 164, naît Marcus Opellius Macrinus
  • 217, accède à l'Empire : Imperator Caesar Marcus Opellius Severus Macrinus Pius Felix Augustus
  • 218, titulature à sa mort : Imperator Caesar Marcus Opellius Severus Macrinus Pius Felix Augustus, Pontifex Maximus, Tribuniciae Potestatis II, Consul II, Pater Patriae.

Citation[modifier | modifier le code]

« C'était encore un Africain que la fortune élevait au trône impérial. M. Opellius Macrinus, né à Césarée en Mauritanie, de parents indigènes, obscurs et pauvres, avait passé, comme Sévère, des luttes du barreau au métier des armes. Suivant l'usage des Maures de basse condition, il avait une oreille percée; et ses détracteurs prétendaient qu'il avait débuté à Rome en qualité de chasseur attaché aux amphithéâtres, pour la fourniture des lions et des panthères de son pays. Si le fait était vrai, il honorait le jeune Macrin, qui, jetant là le fouet et l'épieu pour les livres de droit, avait acquis bientôt le renom d'un jurisconsulte savant et intègre. Il était avocat du fisc impérial, lorsque Caracalla le nomma préfet du prétoire en remplacement de Papinien, et il se conduisit dans cette place difficile avec une droiture qui lui mérita l'estime de tous. »

— Histoire de la Gaule sous l'administration romaine (1847), Amédée Thierry, éd. Perrotin, 1847, t. 2, p. 400

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Dion Cassius, LXXXIX, le dit de « race maure » », Paul Petit, Histoire générale de l'Empire romain, Seuil, 1974, p.331.
  2. « simple chevalier d'origine maure », Lucien Jerphagnon, Les divins Césars, Tallandier, 2004, p.208
  3. Selon Dion Cassius et Hérodien
  4. Yann Le Bohec, Histoire de l'Afrique Romaine, Éditions Picard, 2005, p79

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Zosso, Christian Zingg, Les empereurs romains : 27 av. J.-C. - 476 ap. J.-C., Éditions Errance, 2003, p.76 (ISBN 978-2-87772-226-1)

Lien externe[modifier | modifier le code]