Phallus

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Représentation du masculin, symbolisant le bouclier et la lance du Dieu Mars, évoquant aussi pour certains le phallus

Dans l'Antiquité gréco-latine, le phallus désigne une représentation figurée de l'organe sexuel masculin en érection. Il s'agit également d'un concept de psychanalyse.

Les cultes phalliques antiques[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Des sculptures préhistoriques évoquent aussi des formes phalliques ou de sexe féminin, de même que des gravures ou dessins dont l'interprétation est souvent incertaine, pour les formes les plus stylisées.

Celte et Gaule[modifier | modifier le code]

Certains auteurs[Qui ?] ont pu voir dans les menhirs une forme phallique.

Après la conquête de la Gaule, et sous l'influence grandissante des romains, le culte du phallus et donc de Priape entra dans la sphère gauloise. Un culte particulier gallo-romain se développa autour du phallus. Ce qui coïncide également avec l'avènement du monothéisme, l'abandon des cultes des déesses et le repli exclusif sur le culte d'un dieu de sexe masculin.

Grec, étrusque et romain[modifier | modifier le code]

Des formes explicitement phalliques sont fréquentes dans les civilisations grecque, étrusque et romaine dans lesquelles les Anciens rendaient des cultes à ces effigies, avec des rituels liés à la fertilité, et par exemple au culte de divinités telles que Déméter/Cérès, Priape et Dionysos/Bacchus.

On peut citer des cultes publics, comme les Phallophories en Grèce, au cours desquels des phallus géants, entourés d'offrandes, étaient portés en procession.

Chez les Anciens, grecs ou romains, les représentations phalliques avaient également une vertu apotropaïque (conjuration des mauvais esprits), si bien qu'elles étaient fréquentes à l'entrée des maisons, et étaient souvent portées en amulette autour du cou des enfants.

Bien qu'originellement, les peuples gaulois aient été tournés vers le culte de la déesse, comme Belisama par exemple, ils avaient aussi dans leurs panthéons des dieux masculins.

En psychanalyse[modifier | modifier le code]

Freudisme[modifier | modifier le code]

Selon Michel Plon et Élisabeth Roudinesco, Freud emploie très rarement le terme de « phallus », et plus souvent l’adjectif « phallique »[1] que l’on retrouve dans sa théorie de la libido, dans celles de la sexualité féminine et de la différence des sexes ou encore dans la conception des stades de développement sexuels[1].

Lacanisme[modifier | modifier le code]

Selon Plon et Roudinesco, Lacan « réactualise » le terme de « phallus » mais en « s'écartant le plus possible » de la conception biologique de la sexualité, où la différence des sexes se construit par rapport au signifiant phallus, d'après une dialectique[1] qui, lors du complexe d'Œdipe se définit en termes d'être/ne pas être, le phallus (être ou ne pas être l'objet d'amour) puis avoir/ne pas avoir le phallus (avoir ou ne pas avoir l'objet d'amour). La réflexion de Lacan s'inscrit dans une symbolique culturelle où le phallus « est un attribut divin inaccessible à l'homme et non pas l'organe du plaisir ou de la souveraineté virile »[1], à partir de 1956, il le conceptualise comme signifiant du désir en tant que « phallus imaginaire » puis comme « phallus de la mère » et enfin « phallus imaginaire »[1].

Le sujet se situe du côté de la fonction phallique (du signifiant) ou du côté du manque (le "ne pas" ou le "pas", voire la négation totale). Pour Lacan, le phallus est le signifiant du manque pour les deux sexes, le signifiant de l'objet perdu, conçu imaginairement comme une complétude béate avec le corps de la mère, l'objet total. Pour Lacan, l'objet perdu n'est qu'un mythe imaginaire pour donner corps à un manque qui n'a pas de référent.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Elisabeth Roudinesco et Michel Plon, Dictionnaire de la psychanalyse, Paris, Fayard, coll. « La Pochothèque »,‎ 2011 (1re éd. 1997) (ISBN 978-2-253-08854-7), p. 1183-1184

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]