Vespasien

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Vespasien
Empereur romain
Image illustrative de l'article Vespasien
Buste de Vespasien.
Règne
Usurpateur puis légitime
22 décembre 6923 juin 79 (~10 ans)
Période Flaviens
Précédé par Vitellius
Suivi de Titus
Biographie
Nom de naissance Titus Flavius Vespasianus
Naissance 17 novembre 9
près de Reate (Italie)
Décès 23 juin 79 (69 ans) - Rome
Père Titus Flavius Sabinus
Mère Vespasia Pollia
Épouse (1) Domitilla l'Aînée (~38 - av.69)
(2) Caenis (av.69 - 74)
Descendance (1) Titus (de Domitilla)
(2) Domitien (de Domitilla)
(3) Domitilla la Jeune (de Domitilla)
Liste des empereurs romains

Vespasien (latin : Imperator Caesar Vespasianus Augustus) (17 novembre 9 – † 23 juin 79) est empereur romain de 69 à 79. Il est le fondateur de la dynastie des Flaviens qui règnent sur l'Empire de 69 à 96. Ses fils Titus, puis Domitien lui succèdent.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un empereur plébéien[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

Contrairement aux empereurs julio-claudiens patriciens, Vespasien est d'origine plébéienne, issu d'une famille de notables municipaux originaires de Reate en Sabine. Son grand-père est centurion à la bataille de Pharsale pour le compte de Pompée puis commissaire-priseur à Réate. Son père est d'abord publicain dans la province d'Asie puis banquier en Helvétie.

Il entre dans l'ordre équestre par son mariage avec Vespasiana Polla. Alors que Titus Flavius Sabinus, son frère, fait une brillante carrière sénatoriale, Vespasien traverse un cursus plus lent : il participe en 43, avec Aulus Plautius, à l'offensive romaine qui devait conduire à la conquête de la Britannia[1] (sud de l'île de Grande-Bretagne) et y est encore présent en 48[2]. Il est préteur sous Caligula, consul en 51, proconsul d'Afrique en 61. En 67, Il devient légat de Judée et mate la révolte juive qui avait débuté en 66. À la suite de l'avènement de Vitellius, en 69, il se rend à Alexandrie où il est proclamé empereur par les légions d'Orient sous l'impulsion de Tiberius Julius Alexander, le préfet d'Égypte, et de Mucien, le légat de Syrie.

À Rome, son frère Flavius Sabinus, préfet de la ville, le soutient. Vespasien charge Antonius Primus, le commandant des légions du Danube, des préparatifs militaires face aux puissantes armées du Rhin restées fidèles à l'empereur Vitellius. Les sympathisants de Vitellius sont finalement défaits en décembre 69, ce qui met fin à la guerre civile de l'année des quatre empereurs.

Le rétablissement de l'ordre et de la paix[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

Mucien, son principal représentant à Rome, s'attache à restaurer l'ordre en Occident pendant son absence. Il renvoie les troupes de Primus en province et reconstruit le Capitole qui avait été incendié pendant la guerre civile. Il commence l'édification de l'amphithéâtre du Colisée. En Gaule, il envoie huit légions mater la révolte du Batave Civilis qui avait proclamé un « Empire des Gaules » pendant les troubles.

Vespasien et son fils Titus, toujours en Orient en 70, se chargent d'y imposer la paix romaine. Titus met fin au siège de Jérusalem en septembre 70 et son père envoie une ambassade à l'Empire parthe pour garantir le statu quo territorial sur la frontière arménienne. Les sicaires sont matés au siège de Massada (72-73 de notre ère), et le Second Temple de Jérusalem est fermé et rasé.

La réorganisation de l'Empire[modifier | modifier le code]

En 70, la guerre civile de 68 - 69 a laissé l'Empire en piteux état. De plus, le nouvel empereur est contesté pour ses origines. La lex de imperio Vespasiani légalise sa place à la tête de l'État en lui conférant les pouvoirs ainsi que la titulature impériale. Cette loi précise surtout les pouvoirs de l'empereur, sortant du flou voulu par Auguste, et contribuant à faire de l'empereur non plus un homme exceptionnellement revêtu de plusieurs pouvoirs mais un magistrat du peuple romain. Il est huit fois consul et censeur en 73–74. Il s'attache à affirmer le caractère héréditaire du régime impérial en proclamant que seuls ses fils lui succéderaient. Cette initiative lui vaut d'être accusé d'aspirer à la « royauté » par Priscus. Une autre évolution se dessine avec Vespasien : en choisissant comme dies imperii (le jour anniversaire de son entrée en fonction) le jour de son acclamation par l'armée, il légitime la désignation de l'empereur par l'armée. Auparavant, le Sénat investissait l'empereur de ses pouvoirs, et particulièrement de son imperium. À partir de son règne, le pouvoir et le poids du Sénat romain ne cesseront de diminuer. Sur le plan religieux, Vespasien marque d'abord sa dévotion aux dieux d'Alexandrie, mais se targue finalement d'être, comme Auguste, « le mainteneur (conservator) des cérémonies d'État et le restaurateur (restitutor) des temples sacrés »[3].

À l'échelle de l'Empire, il mène une politique entre continuité et innovation. Tout comme ses prédécesseurs, il multiplie les constructions publiques, notamment le Colisée qu'il entreprend en 75, le Forum de la Paix (71-75) avec, en particulier le Temple de la Paix pour abriter le trésor récupéré lors de la prise du Temple de Salomon à Jérusalem et la Bibliothèque de la Paix pour entreposer, entre autres, les archives de la préfecture urbaine. Il fait sortir pour la première fois l'enseignement du cadre privé en créant une chaire de rhétorique latine et une autre de grec dans Rome. Il impose aux Juifs vaincus un impôt spécifique, le fiscus judaicus, destiné à financer les travaux du temple de Jupiter capitolin. D'autre part, il recourt à de véritables innovations dans le domaine financier en allant jusqu'à créer une taxe sur la collecte d'urine[4] qui était le seul agent fixant pour les teintures à l'époque. On lui attribue ainsi le proverbe : pecunia non olet (l'argent n'a pas d'odeur)[5].

Aureus à l'effigie de Vespasien.Date : 78-79

Sous son règne, les frontières de l'Empire se stabilisent et se fortifient avec la construction d'un système défensif surveillant les peuplades barbares outre rhéno-danubiennes (Germains, Daces, Sarmates, Chattes). Deux nouvelles légions, la legio IV Flauia Felix et la Legio XVI Flavia Firma, sont créées, ce qui porte le nombre total à vingt-neuf légions dont vingt-sept sont positionnées aux frontières.

Vespasien meurt le 23 juin 79, à Aquae Cutiliae. Suétone rapporte que, se sentant malade, il aurait dit, se moquant de la divinisation dont faisaient l'objet les empereurs après leur mort : « Vae, puto deus fio ! (Malheur ! Je crois que je deviens dieu !)[6] ». Au moment de mourir, saisi tout à coup d'une diarrhée qui l'épuisait : « Il faut, dit-il, qu'un empereur meure debout » et, tandis qu'il faisait un effort pour se lever, il expira entre les bras de ceux qui l'assistaient[7].

Noms et titres[modifier | modifier le code]

Noms successifs[modifier | modifier le code]

  • 9, naît TITVS•FLAVIVS•VESPASIANVS
  • juillet 69, acclamé par ses troupes : IMPERATOR•TITVS•FLAVIVS•VESPASIANVS•AVGVSTVS
  • août 69, change son nom en : IMPERATOR•CAESAR•VESPASIANVS•AVGVSTVS

Titres et magistratures[modifier | modifier le code]

Titulature à sa mort[modifier | modifier le code]

À sa mort en 79 la titulature de Vespasien était la suivante :

IMPERATOR•CAESAR•VESPASIANVS•AVGVSTVS, PONTIFEX•MAXIMVS, TRIBVNICIAE•POTESTATIS•X, IMPERATOR•XX, CONSVL•IX, PATER•PATRIAE

Vespasien est divinisé après sa mort par le Sénat

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dion Cassius, Histoire romaine, XL, 20.[1]
  2. Dion Cassius, Histoire romaine, XL, 30.[2]
  3. Jean Bayet, La religion romaine, Histoire politique et psychologique, Petite Bibliothèque Payot, 1976, p. 203.
  4. Juvénal y fait sans doute allusion : Satires III, vers 37-38.
  5. Les premières toilettes publiques de Paris furent nommées « vespasiennes » en souvenir de cette initiative restée célèbre.
  6. Suétone, Vie des douze Césars, Vespasien, XXXIII
  7. Suétone, Op.cit., Vespasien, XXIV.

Sources primaires[modifier | modifier le code]

Sources secondaires[modifier | modifier le code]

  • Léon Homo, Vespasien l’empereur du bon sens, Paris, Albin Michel, 1949.
  • Barbara Levick, Vespasien, Infolio, 2002.
  • Régis Martin, Les douze Césars, du mythe à la réalité, Les Belles Lettres 1991, réédition Perrin 2007, (ISBN 978-2-262-02637-0)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]