Ksar Sghir

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35° 50′ 37″ N 5° 33′ 28″ O / 35.843717, -5.557795 ()

Ksar Sghir, ou Ksar Seghir (arabe : القصر الصغير, el-Qaṣr eṣ-Ṣeghir, littéralement "le petit ksar", Castillejo en espagnol, Alcácer-Ceguer en portugais) est un village et une commune rurale du Maroc, se trouvant sur le littoral méditerranéen du pays Jebala, entre Tanger et Ceuta, sur la rive droite et à l’embouchure d’une rivière qui porte le même nom, proche du port de Tanger Med et siège d'une base navale militaire.

Histoire[modifier | modifier le code]

La zone de Ksar Seghir a été occupée dès le premier siècle av. J.-C. et pendant la période romaine et dont témoignent les vestiges d'une usine de salaison. Les informations sur le site pendant le Haut Moyen Âge sont très sobres. Il paraît qu'en 708-709 une forteresse qui portait le nom de Ksar Mesmouda, existait à l’emplacement actuel de cette citadelle. Sous les Idrissides, il faisait partie de la principauté d’al Kacem Ibn Idriss II.

En 971, les Omeyyades d’Espagne tentèrent de s’en emparer lors d'une expédition ordonnée par le calife Al Hakam Al Moustansir. Al Bakri, géographe du XIe siècle le cite sous le nom de Madinat Al Yam (la ville de la mer) ou Al Kasr AL Awwal (le premier château).

L'origine du site remonte au XIe siècle, il fut utilisé comme forteresse militaire pour les Almoravides (Ksar Mesmouda) et servait à l’embarquement des troupes musulmanes à destination de l’Espagne. Les Almohades en font également, leur port qu’ils baptisèrent Kasr Al Majaz. Les Mérinides, sous le règne du sultan Abou Youssef Yaakoub, le nommèrent Ksar al Majar et s’en servirent comme base de départ pour leurs troupes, dans leurs traversées vers l’Andalousie. En 1287 le sultan Abou Yaakoub Youssef fit fortifier Ksar Sghir d’une enceinte circulaire couronnée de bastions et percée de portes monumentales.

À partir de la deuxième moitié du XVe siècle, la localité subit un nouveau sort. En effet, les Portugais y débarquèrent en 1458 et s’emparèrent de la place fortifiée. Après son évacuation par les portugais, le site servit au début du XVIIe siècle, de port pour le débarquement des Morisques refoulés de l’Andalousie.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Le village de Ksar Sghir présente un plan de forme circulaire plus ou moins régulier, ce qui marque une exception dans l’urbanisme médiéval du Maroc.

Il s’étend sur une superficie de 50 000 m2 avec un diamètre d’environ 200m. L'enceinte mérinide, épaisse de 2m et haute de 5m, est flanquée au nord d’un réduit défensif et à l’est d’une porte défensive. Cet ouvrage défensif est protégé par 29 tours circulaires et percée de trois portes monumentales (Bab al Bahr, Bab Sebta, Bab Fès). Après l’occupation lusitanienne en 1458, il a subi des rajouts et des transformations qui ont modifié sa physionomie[1]. À ces modifications s'ajoutent de nouvelles réalisations telles que la construction d’une nouvelle église connue sous le nom de Saint-Sébastien et le creusement d’un fossé de 4m de profondeur et de 6m de large au pied des tronçons nord-est et sud des remparts[2].

Activité portuaire[modifier | modifier le code]

Le port de Tanger Med, inauguré en 2007 et situé à une dizaine de kilomètres au nord-est, est destiné à devenir le plus grand port d'Afrique.

Opérationnelle à partir de juillet 2010 à Ksar Seghir, la première base de la Marine royale marocaine située sur le littoral méditerranéen servira de base d’attache à des bâtiments chargés de la protection du nord du Maroc et constituera la pierre angulaire de la couverture maritime du détroit de Gibraltar et de la Méditerranée, grâce à sa situation stratégique à cheval sur les façades méditerranéenne et atlantique[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Martin Malcolm Elbl, "The Master-Builder, the Bureaucrat, and the Practical Soldier: Protecting Alcácer Seguer/Qasr al-Saghir (Morocco) in the Early Sixteenth Century," Portuguese Studies Review 12 (1) (2004/5), p. 33-73. [1]
  2. Ministère marocain de la Culture
  3. http://www.afrik.com/breve12808.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Ksar el-Kébir (le grand ksar)