Minerve (mythologie)

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Minerve
Déesse de la mythologie romaine
Minerve, IIe siècle
Minerve, IIe siècle
Caractéristiques
Nom latin Minerva
Fonction principale Déesse de la guerre, de la sagesse, de la stratégie, de l'intelligence
Équivalent(s) par syncrétisme Athéna
Famille
Père Jupiter
Symboles
Attribut(s) l'égide, la lance, le casque,le sarment et la victoire ailée
Animal la chouette effraie
Végétal l'olivier

Minerve (lat. : Minerva) est, dans la mythologie romaine, la déesse de la guerre, de la sagesse, de la stratégie, l'intelligence et de l'industrie.

Elle est protectrice de Rome et patronne des artisans. Elle est, avec Jupiter et Junon, une des divinités de la triade capitoline, à laquelle sont dédiés le temple de Jupiter Capitolin puis les capitoles des autres villes de l’empire romain.

Lors du lectisterne de 217 av. J.-C., elle a été assimilée à la déesse grecque Athéna, héritant d’une grande partie des mythes liés à celle-ci.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Notée Menerva ou Minerva, son nom se rattache probablement à la racine indo-européenne *men-, « pensée »[1]. Menrva, déesse de la mythologie étrusque, elle-même dérivée d'une déesse de la lune italique *Meneswā (« celle qui mesure »).

Culte[modifier | modifier le code]

Triade capitoline : Minerve, avec la chouette, Jupiter, avec l'aigle, et Junon, avec une oie.

L'origine du culte de Minerve est obscure[1]. Elle ne fait pas partie du fond religieux primitif de la religion romaine[1]. Elle semble avoir été adoptée en même temps que Junon et Jupiter. Varron lui attribue une origine sabine[1]. La tradition romaine la fait venir de Faléries[1] où son culte est attesté par des inscriptions archaïques. Un temple romain, celui de la Minerva Capta (« Minerve prise ») est celui de la Minerve de Faléries[1]. Sa statue apparait pour la première fois lors du lectisterne de 217 av. J.-C. associée à Neptune[1], à l'instar du couple Athéna-Poséidon.

Selon Ovide, elle est fêtée par les artisans, les médecins et les enseignants. En ce sens, son culte se rapproche de la déesse celtique Brigit[2]. Elle est célébrée le 19 mars lors des Quinquatries[1]. C'est aussi le jour où les élèves remercient leurs professeurs en leur offrant un cadeau, le minerval[1].

Son culte, surtout dans la classe des lettrés hellénisés, est progressivement rapproché de celui d'Athéna[1]. Elle devient ainsi custos urbis, « gardienne de la cité ». Elle remplace progressivement Nerio, la compagne du dieu Mars dans la vieille religion romaine, par identification avec Athéna Niké (« victorieuse ») et Bellona[1].

Le culte de Minerva Medica peut s'expliquer par la participation des médecins aux Quinquatries[1] ; la déesse est leur patronne.

Son culte se répand progressivement dans tout l'Empire romain, avec l'extension de celui-ci. On la retrouve à Nîmes, à Bath, Chichester, etc[1].

Mythes et légendes[modifier | modifier le code]

Détail du Temple de Minerve à Rome.
Photo de James Anderson.

Par syncrétisme avec Athéna, Minerve est la fille de Jupiter et de la nymphe Métis. Après que le roi des dieux eut demandé à son épouse de se transformer en goutte d'eau, il l'avala, alors qu'elle était enceinte de Minerve. Quelques mois plus tard, Jupiter pris d'un violent mal de tête demanda à Vulcain de lui fendre le crâne ; Minerve est sortie de la plaie du dieu du Ciel et de la Terre déjà ceinte de son armure, casquée et armée d'une lance.

C'est une déesse vierge.

Le symbole de Minerve est la chouette symbole de la sagesse et aussi de la virginité.

Sanctuaires[modifier | modifier le code]

Il y avait jusqu'en 207 un temple dédié à Minerve sur l'Aventin et un temple dédié à Minerva Capta (« Minerve captive ») sur la colline du Caelius. Il existait également sur le forum de Nerva un temple de Minerve qui fut construit par Domitien[3].

Postérité[modifier | modifier le code]

Le portrait casqué de la déesse Minerve (vue du profil droit) est l'emblème officiel de l'Institut de France.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Dumézil, La Religion romaine archaïque, avec un appendice sur la religion des Étrusques, Payot,‎ 1966Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean Haudry, La Triade pensée, parole, action, dans la tradition indo-européenne, Archè, Milan,‎ 2009, 522 p.Document utilisé pour la rédaction de l’article

Autres[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]