Corny-sur-Moselle

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Corny-sur-Moselle
Église Saint-Martin
Église Saint-Martin
Blason de Corny-sur-Moselle
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Moselle
Arrondissement Metz-Campagne
Canton Ars-sur-Moselle
Intercommunalité Communauté de communes du Val de Moselle
Maire
Mandat
Denis Blouet
2014-2020
Code postal 57680
Code commune 57153
Démographie
Gentilé Cornéaniens
Population
municipale
2 229 hab. (2011)
Densité 272 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 02′ 08″ N 6° 03′ 36″ E / 49.0355555556, 6.06 ()49° 02′ 08″ Nord 6° 03′ 36″ Est / 49.0355555556, 6.06 ()  
Altitude Min. 169 m – Max. 360 m
Superficie 8,2 km2
Localisation

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Corny-sur-Moselle

Corny-sur-Moselle est une commune française située dans le département de la Moselle.

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville est située sur la Moselle en rive droite, dans le secteur le plus étroit de la vallée de la Moselle. Cette vallée est creusée dans les marnes argileuses qui constituent les pentes cultivées (vergers et vignes). En rive gauche, une couche calcaire dure dessine un relief vif appelé « front de côte », ce sont les rochers de la Fraze (altitude 331 m). En rive droite, des lentilles calcaires constituent des « chapeaux » formant les collines de Gaumont (371 m) du haut de Faye (325 m), du groupe fortifié Verdun St Balise (381 m) et Sommy (347 m).

En fond de vallée, on rencontre une couche de 2 à 6 m d’alluvions sableuses et de limons, pouvant constituer des terrasses alluviales propices à de nombreuses cultures.

Situé sur la rive droite de la Moselle, à 14 km de Pont-à-Mousson et de Metz, en bordure immédiate du Parc naturel régional de Lorraine vers Gorze.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Corny serait issu, selon Dauzat, d’un nom d’homme gallo-romain dénommé Cornos et du suffixe « -acum ». Une autre origine, accordée par Schibert, serait « Cornatum » qui signifierait lieu planté de cornouillers. Une troisième version le ferait provenir de Cernoti, un dieu à trois cornes et qui était adoré dans le bois de Gaumont. Une dernière version, orale, attribue l’origine de Corny au fait que la Moselle avait une forme de corne à la hauteur du village, forme que l’on retrouve encore sur un plan de 1812.

Évolution chronologique du nom du village :

  • 1203 : Crosmei (acte d’échevinage de l’abbaye de Sainte-Marie de Metz)
  • 1307 : Croney (archives de l’hôtel de ville de Metz)
  • 1404 : Cronney (liste des villages du pays messin)
  • 1471 : Corney (recettes de l’abbaye de Saint-Vincent)
  • 1490 : Cournay (journal de Jean Aubrion)
  • 1874 : Courni (en patois)
  • 1945 : Corny
  • 1951 : Corny-sur-Moselle

Nom allemand de la commune lors des annexions :

  • 1915 : Corningen
  • 1940 : Korningen

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines du village sont très anciennes et évaluées à plus de 5 000 ans, marquées par les civilisations romaines (ancienne voie romaine), puis par toutes les vicissitudes propres à l’histoire de la région messine et lorraine. Corny était village frontière entre le comté de Bar, le duché de Lorraine et la république Messine.

Le village est érigé par l’ex-roi de Pologne Stanislas en marquisat pour récompenser Héré de sa création des places Stanislas et de la Carrière à Nancy.

Empire allemand[modifier | modifier le code]

Comme les autres communes de l'actuel département de la Moselle, Corny est annexée à l’Empire allemand de 1871 à 1918. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, les conscrits de Corningen se battent naturellement pour l’Empire allemand. Beaucoup de jeunes gens tomberont au champ d'honneur sous l’uniforme allemand[1]. Sujets loyaux de l'Empereur, les Cornéaniens accueillent cependant avec joie la fin des hostilités et la paix retrouvée. Corny redevient française.

Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Corny-sur-Moselle est de nouveau annexée de 1940 à 1944 au Troisième Reich allemand. Lors de la seconde annexion, le 1er octobre 1940, la commune est rebaptisée "Korningen", et intègre le "Landkreis Metz". Lors de l’offensive des troupes alliées, au cours de la bataille de Metz en 1944, Corny-sur-Moselle, défendue par les troupes allemandes, fut détruit à plus de 80 % par l'armée américaine. Les 6 et 7 septembre 1944, la VIIe division blindée et la 5e division d’infanterie de la IIIe armée américaine attaquent en force au sud de Metz, dans le secteur allant de Ancy-sur-Moselle à Arnaville sous le feu des forts Driant sur la rive ouest, Sommy et Saint-Blaise sur la rive est de la Moselle. Les lignes allemandes sont enfoncées dans le secteur de Mars-la-Tour jusqu’à Gravelotte et dans celui de Chambley jusqu’à la Moselle, de Dornot à Pagny-sur-Moselle. Des soldats de la 5e division d’infanterie américaine réussissent à traverser la Moselle, dans la nuit, dans des conditions extrêmes, brisant ainsi la résistance allemande dans le secteur de Dornot. Une fragile tête de pont est établie sur la rive est de la Moselle. Comprenant que les défenses de Metz peuvent non seulement être contournées par le sud, mais aussi prises à revers par l’est, le Generalleutnant Krause, commandant la 462e Infanterie-Division quitte le fort de Plappeville pour se rendre sur place et constater l’étendue du péril. Il demande d’urgence l’appui des panzers de la 17e division blindée qui se replient depuis quelques jours vers Kaiserslautern. Le 37e SS Panzer-Grenadier-Regiment arrive en hâte de Boulay, entrant immédiatement dans le feu de l'action dans le secteur de Corny, face à la tête de pont américaine de Dornot. La contre-attaque est menée simultanément sur la rive ouest, depuis Ars-sur-Moselle, par le bataillon Berg, formé avec les élèves SS de l’école des transmissions de Metz et intégré à la 462e Infanterie-Division. Les combats sont sans pitié et les troupes, tant américaines qu’allemandes, ne font pas de prisonniers. Le 7 septembre 1944, l'Oberst Kurt von Einem[2], chef d’état-major du XIIIe SS-Armeekorps, reçoit l’ordre de tenir à tout prix les positions entre Thionville au nord, et Arry au sud de Metz. Le 10 septembre 1944, après 3 jours de combats acharnés, et 945 tués, blessés ou disparus, les Américains sont finalement rejetés à Dornot, sur la rive ouest. La victoire, chèrement payée par les troupes allemandes, sera de courte durée. Alors que la tête de pont est évacuée, les Américains reprennent pied sur la rive ouest de la Moselle, dans le secteur d'Arnaville[3].

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Des baraquements provisoires, construits dans l’urgence après-guerre, remplacèrent jusque dans les années 1960, l’église et les maisons détruites lors des bombardements américains. L’église actuelle fut construite à cette époque. Sur l’emplacement du château, dont il ne reste que la gloriette, sont aujourd’hui construits les équipements sociaux, culturels et sportifs. L’Orangerie, résidence pour personnes âgées, dans un havre de calme, au centre du village, est construit sur l’emplacement de l’Orangerie de ce château.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1596   Jean Petit Sans étiquette Maire
1619   Bastien Mouxot Sans étiquette Maire
1643 1648 Jean Simon Sans étiquette Maire
1658   Jean Cointin Sans étiquette Maire
1700   Louys Caro Sans étiquette Maire
1701   François Fourquin Sans étiquette Maire
1704   Henry Cointin Sans étiquette Maire
1707   Pierre Bertrand Sans étiquette Maire
1711   Husson Tellier Sans étiquette Maire
1713   Jean Cointin Sans étiquette Maire
1722 1735 François Brouard Sans étiquette Maire
1736   François Bertrand Sans étiquette Maire
1738   Charles Gusse Sans étiquette Maire
1744 1746 Dominique Henry Sans étiquette Maire
1747 1749 Gaspard Hargant Sans étiquette Maire
1752   Pierre Gobert Sans étiquette Maire
1752 1756 Joseph Giroux Sans étiquette Maire
1760   Jean Bello Sans étiquette Maire
1761   Jean Prud'Homme Sans étiquette Maire
1765   Dieudonné Virrion Sans étiquette Maire
1766 1771 Jean Simony Sans étiquette Maire
1775   Pierre Maujean Sans étiquette Maire
1776 1777 Etienne Gabriel Sans étiquette Maire
1778 1779 Jean Nicolas Joba Sans étiquette Maire
1781   Nicolas Prud'Homme Sans étiquette Maire
1786   Claude Jubiot Sans étiquette Maire
1787   Joseph Meaux Sans étiquette Maire
1788 1789 Jean-Nicolas Joba Sans étiquette Maire
1790   Hubert Chery Sans étiquette Maire
1793 1805 François Dequer Sans étiquette Maire
1805 1813 Claude Antoine Fagnon Sans étiquette Maire
1813 1818 Joseph Noël Renard Sans étiquette Maire
1819 1822 Nicolas Michel Sans étiquette Maire
1823 1829 Aimé Marchal de Corny Sans étiquette Maire
1830 1843 Jean Henriat Sans étiquette Maire
1844 1848 Antoine Léon Maillard Sans étiquette Maire
1849 1851 E. Cabanne de Laprade Sans étiquette Maire
1852 1860 Antoine Léon Maillard Sans étiquette Maire
1861 1870 Louis Nicolas Gabriel Sans étiquette Maire
1871 1876 Jean Louis Naurroy Sans étiquette Maire
1876 1886 Louis Victor Pierrot Sans étiquette Maire
1886 1891 Nicolas Kaufmant Sans étiquette Maire
1891 1908 Jean Nicolas Viller Sans étiquette Maire
1909 1919 Lucien Guely Sans étiquette Maire
1920 1928 Aimé Grunenwald Sans étiquette Maire
1929 1934 Joseph Boullier Sans étiquette Maire
1934 1940 Paul Palseur Sans étiquette Maire
1945 1947 Albert Bachelair Sans étiquette Maire
1947 1964 M. Goret Sans étiquette Maire
1964 1965 Albert Guichard Sans étiquette Maire
1965 mars 2001 Jean Guichard Sans étiquette Maire
mars 2001 mars 2008 Jean-François Stryjak Sans étiquette Maire
mars 2008 mars 2014 Roger Bertrand Sans étiquette Maire
mars 2014 en cours Denis Blouet Sans étiquette Maire

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 2 229 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1871
976 989 1 083 1 021 1 019 1 012 909 962 848
1875 1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921
881 883 910 868 801 874 799 792 631
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
729 774 757 497 882 1 024 1 038 1 132 1 248
1990 1999 2005 2006 2010 2011 - - -
1 490 1 759 2 070 2 124 2 224 2 229 - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Fragments d’outils de l’époque néolithique.
  • Vestiges gallo-romains.
  • Traces d’une maison forte XVe siècle, remaniée XVIIIe siècle et XIXe siècle
  • Le château de Corny, construit en 1731, a été détruit en novembre 1944 lors des combats de la libération, il fut rasé vers 1947-1948.
  • La Fontaine de Fer.
  • La Fontaine de Favière.
  • Parcours historique de la Bataille de Dornot.

Église Saint-Martin[modifier | modifier le code]

L’architecte Georges-Henri Pingusson, avec Henri Drillien et Pierre Fauque, construit l’église Saint-Martin, située rue de Metz. Les vœux sur le nouveau lieu de culte avaient été formulés en 1950 : dégagé des maisons, avec un clocher élancé, contenant six cents places assises et dotée d’un chauffage continu et pratique. Les travaux commencent en octobre 1957. Trois entreprises successives, Pizzeto, Perrin et la Sofret de Neuf-Brisach y ont travaillé. Le 22 mai 1960, le curé Goester pouvait prendre possession de l’édifice provisoirement béni. Le premier baptême eut lieu le 26 mai de la même année.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Emmanuel Here, architecte du roi Stanislas, seigneur et propriétaire du château de Corny en 1753.
  • Louis Ethis de Corny, seigneur et propriétaire du château, était l’un des commissaires de guerre, compagnon et intendant du marquis de Lafayette lors de l’insurrection d’Amérique. Il a conduit, avec Thuriot de Rosière, les délégations le 14 juillet 1789, aux ultimes négociations aux portes de la Bastille juste avant l’assaut final.
  • Dominique Joba, général de brigade, né à Corny, est tombé au siège de Gérone le 6 septembre 1809. Il était le grand-père du général Joseph Joba, l’intendant de Metz.
  • Louis Adolphe Rollin, né à Corny en 1836, fut le premier maire de Vieux-Habitants, puis président du Conseil Général de la Guadeloupe, compagnon de Victor Schoelcher dans la conduction de l’abolition de l’esclavage.
  • Joseph Kaufmant, général de division, est né à Corny le 8 février 1854 et habitait la « Maison Kaufmant » au 25 rue de la Moselle aujourd’hui. Ses deux fils, officiers aussi, furent tués pendant la guerre de 14-18.
  • François Joseph Jolas, domicilié rue sur L’Eau (rue de la Moselle actuelle) et inhumé à Corny en 1932, est l’homme qui sauva le caporal Maginot à Verdun. Sa silhouette est gravée sur le mémorial de Fleury-Douaumont.
  • Alphonse Antoine (né le 19 août 1915 dans la commune et mort le 11 novembre 1999 à Saint-Pierre-de-Bœuf) est un ancien coureur cycliste professionnel.Il a gagné une étape au Tour de France 1937.

Héraldique[modifier | modifier le code]

En 1949, le conseil municipal a décidé, sur proposition de la commission départementale de l’héraldique, d’adopter pour Corny les armoiries que l’on connait aujourd’hui. Le « Pal ondé » symbolise la Moselle. Les « deux barbeaux sur fond azur » rappellent les appartenances historiques de la localité au duché de Bar. Il fut aussi une époque où l’on pêchait d'énormes barbeaux dans la Moselle.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Corny-sur-Moselle, son histoire / Marie-José Marchal. - Boulay-Moselle : Impr. Louis, 1990. - 188 p. : ill., plans ; 24 cm.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Plus de 380 000 Alsaciens-Lorrains servirent loyalement l'Empire allemand jusqu’à la fin de la guerre, souvent jusqu'à l'ultime sacrifice. Leurs tombes sont entretenues par le Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge.
  2. 'XIII. SS-Armeekorps, Chef des Generalstabes sur lexikon-der-wehrmacht.de
  3. René Caboz, La Bataille de Metz. 25 août - 15 septembre 1944, Sarreguemines, 1984 (p. 222 et suiv.)
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011