Champ de Mars

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Le champ de mars est un nom de lieu, généralement urbain, faisant à la fois référence au dieu Mars et au mois de mars (qui lui était autrefois dédié). La notion de champ de mars a beaucoup évolué au cours du temps.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Le Champ de Mars est dans la Rome antique une plaine située entre la ville républicaine et la rive gauche du Tibre.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, le champ de mars, puis champ de mai, est un nom générique que l'on a donné aux grandes assemblées de guerriers francs en Gaule aux époques mérovingienne et carolingienne. Le nom associe un lieu (un pré où tous les chevaux des différents guerriers pouvaient se rassembler pour la première fois de l'année avant de partir pour une nouvelle campagne militaire) et la période de l'année la plus favorable à la pousse de l'herbe du champ en question et qui peut être aussi bien choisie en mars qu'en mai.

Pour le médiévaliste Maulin[1], spécialiste de la chanson de geste en littérature médiévale ;

« Chaque année, dans les temps mérovingiens et sous les premiers Carolingiens, voyait les Francs[2] préparer dans leur Champ de mars ou de mai la prochaine campagne, puis s'abattre un mois plus tard sur une nouvelle proie »

Maulin (en 1863) voyait là une des origines des cantilènes, qui ont ensuite - selon lui - évolué en chansons de geste ;

« Chaque année voyait aussi les cantilénisles célébrer, le départ, le retour, l'heureux ou le mauvais succès de la grande chevauchée. Être signalé honorablement dans un de ces récits populaires, c'était alors ce qu'aujourd'hui nous appelons être mis à l'ordre du jour de l'armée. La chanson était le bulletin des combats, bulletin vivement attendu, avidement écouté par ceux dont le nom pouvait s'y trouver prononcé et par la nation entière dont il flattait l'orgueil et le patriotisme », mais, estime Maulin, « à côté de ces pièces, pour ainsi dire officielles, il y avait des chansons qui répondaient à des sentiments non moins enracinés, et portaient sur de pieuses traditions ravivées par la conquête, ou sur la translation de certaines reliques, ou sur le bruit de certains miracles (...) »[1].

Sens contemporain[modifier | modifier le code]

Champ de mars de Paris (vu de la Tour Eiffel)
Champ de mars de Montréal

Depuis la Renaissance, et dans cette même acception guerrière, ce nom était donné aux places sur lesquelles se déroulaient les exercices militaires[3]. Les villes de garnison avaient leur champ de Mars (dénommé aussi parfois « champ de bataille ») et l'expression sert à désigner de nombreuses places ou espaces verts modernes qui ont perdu cette fonction première.

En Belgique, le terme de « plaine des manœuvres » (ou « plaine de manœuvres ») est en général préféré. La plupart ont cependant disparu. Des plaines des manœuvres ont notamment existé à Bruxelles (actuel campus de l'ULB et de la VUB à Ixelles, au parc du Cinquantenaire à proximité de l'École royale militaire), Liège (Droixhe), Tournai et Arlon.

Odonymie[modifier | modifier le code]

Stations de métro[modifier | modifier le code]

Gare[modifier | modifier le code]

Oronymie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b M maulin, Étude sur les Chansons de geste et sur le garin le Loherain de Jean de Flagy, Voir page 13 de ce Livre numérisé par Google
  2. « les Francs conquérants de la Gaule et vainqueurs des Huns, des Bourguignons et des Wisigoths sous Mérovée, sous Clovis et Clotaire Ier ; des Saxons, sous Sigebert et sous Clotaire II; des Sarrasins, des Lombards, des Slaves et des Danois sous Dagobert, Pépin et Charlemagne »
  3. Dictionnaire de l'académie française, sixième édition (1832-5)