Sebastião Salgado

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Sebastião Salgado

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Sebastião Salgado donne au président Lula da Silva son nouveau livre. 31 octobre 2006.

Naissance 8 février 1944 (70 ans)
Aimorés (Minas Gerais)
Drapeau du Brésil Brésil
Nationalité Brésilien
Activités Photographe

Sebastião Ribeiro Salgado (né à Aimorés, État du Minas Gerais, le 8 février 1944) est un photographe brésilien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sebastião Salgado à Champigny-sur-Marne en mai 2005.

Élève brillant, il obtient une maîtrise d'économie à l'université de Sao Paulo. La suite, ce sera à Paris, en 1969, pour y suivre des cours à l'École nationale de la statistique et de l'administration économique (Ensae) et préparer un doctorat d'économie agricole[1].

En 1971, il est recruté par l'Organisation internationale du café (ICO), basée à Londres. Il y travaillera jusqu’en 1973, date à laquelle il change brutalement de carrière et commence à s’intéresser à la photographie, en autodidacte. Il intègre successivement les agences photographiques Sygma (1974-1975), Gamma (1975-1979) et Magnum (1979-1994). En 1994, il crée à Paris l'agence de presse photos Amazonas Images avec sa femme Lélia Wanick Salgado[2].

Salgado choisit lui-même ses projets aux quatre coins du Brésil : il travaille toujours en noir et blanc et avec une saturation minimale et observe la vie de ceux qui vivent et qui travaillent dans des conditions difficiles : migrants, mineurs, victimes de la famine… Un de ses reportages les plus renommés, intitulé La Mine d'or de Serra Pelada, porte sur le quotidien dans une mine d’or au Brésil, reportage dans lequel il parvient à décrire les conditions de travail auxquelles les mineurs sont soumis.

Il est nommé représentant spécial de l’UNICEF en 2001.

Dans l'introduction d'Exodes, il écrit : « Plus que jamais, je sens que la race humaine est une. Au-delà des différences de couleur, de langue, de culture et de possibilités, les sentiments et les réactions de chacun sont identiques. Les gens fuient les guerres pour échapper à la mort ; ils émigrent pour améliorer leur sort ; ils se forgent de nouvelles existences dans des pays étrangers : ils s'adaptent aux pires situations… ».

Cependant, depuis le début des années 2000, des journaux (dont le New York Times) et l'écrivain Susan Sontag critiquent les photographies de Salgado. Le photographe est accusé d'utiliser de manière cynique et commerciale la misère humaine, de rendre belles les situations dramatiques qu'il saisit au risque de leur faire perdre leur authenticité. Sontag s'interroge sur « l'inauthenticité du beau » dans l'œuvre de Salgado.

Dans le domaine familial de Bulcão qu'il possède près d'Aimorès au Brésil, avec sa femme Lélia Deluiz Wanick Salgado, il a rendu à la nature et reboisé près de 700 ha de terres épuisées par des années d'exploitation. Ils ont pour cela créé en avril 1998 l'ONG « Instituto Terra »[3], qui a trouvé des financements pour élever et planter près de 4 millions d'arbres. L'institut propose également des programmes de sensibilisation et d'éducation à l'environnement.

En 2014, Wim Wenders et le fils du photographe, Juliano Ribeiro Salgado ont réalisé un documentaire sur le travail de Sebastiao Salgado, Le Sel de la Terre (The Salt of the Earth) qui a reçu le prix spécial Un Certain Regard au festival de Cannes 2014[4].

Technique photographique[modifier | modifier le code]

Salgado est connu pour ses travaux en argentique noir et blanc (notamment avec les pellicules Tri-X et T-Max P3200 de Kodak) en utilisant un appareil moyen format Pentax 645.

Actuellement son process de travail est un mélange d'argentique et de numérique[5]. Il réalise les prises de vue en numérique avec un appareil Pentax 645D. Salgado ne souhaite pas regarder ses photos sur un écran[6]. Les fichiers numériques sont tirés sous forme de planche-contact afin de réaliser le choix des photos à tirer sur papier (editing). Les photos numériques sélectionnées sont ensuite traitées avec le logiciel DXO filmpack qui permet de rajouter du "grain" argentique correspondant aux films Tri-X ou T-Max P3200. Une fois modifiées ces images numériques sont transférées sur un internégatif (pellicule argentique sans grain) qui permet au tireur de réaliser des tirages argentiques sous agrandisseur sur papier baryté argentique.

On peut dire que Salgado a mis au point un processus "hybride" argentique/numérique économiquement plus viable que le "tout argentique".

Publications[modifier | modifier le code]

  • Les Hmongs, Médecins sans frontières, Chêne/Hachette, Paris, 1982
  • Autres Amériques, Contrejour, 1986
  • Sahel: l'Homme en Détresse, Prisma Presse et Centre national de la photographie, pour Médecins sans frontières, France, 1986
  • La Main de l'Homme, Éditions de La Martinière, France, 1993
  • La mine d'or de Serra Pelada, Galerie Debret, Paris, 1994
  • Terra, Éditions de La Martinière, France, 1997
  • Exodus, Éditions de La Martinière, Paris, 2000
  • L'homme et l'eau, Éditions Terre Bleue, Paris, 2005
  • Africa, avec Mia Couto et Lélia Wanick Salgado, Taschen France, Paris, 2007
  • Genesis, avec Lélia Wanick Salgado, Taschen France, Paris, 2013

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Instituto terra : site de la fondation créée par Sebastião et Lélia Salgado
  • Amazonas images : site de l'agence de presse photos créée par Sebastião et Lélia Salgado