Harpe laser

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Jean Michel Jarre jouant de la harpe laser à dix faisceaux verts (dont l'un est interrompu). Chantiers navals de Gdańsk, 26 août 2005.

La harpe laser est un instrument de musique électronique où l'émission du son est contrôlée par les mains de l'instrumentiste interrompant le passage de faisceaux laser. L'interruption du faisceau laser déclenche un évènement MIDI transmis à un synthétiseur.

Historique[modifier | modifier le code]

Le terme « harpe laser » et la première harpe laser opérationnelle sont inventés et fabriqués par Bernard Szajner en 1980[1],[n 1].

En 1981, Jean Michel Jarre confie la réalisation d'une harpe laser à Denis Carnus (Oraison Electronique)[3]. Le système est relié à l'époque à un synthétiseur de marque RSF possédant toutes les entrées nécessaires à la génération des sons et des enveloppes. Sa première grande utilisation est lors du concert de Jean Michel Jarre d’octobre 1981 en République populaire de Chine[4].

Le timbre du son de la harpe laser de Jean Michel Jarre est créé avec le synthétiseur Elka Synthex fabriqué en Italie dans la première moitié des années 1980[5],[6].

Par la suite, Jean Michel Jarre en utilise au moins deux autres : celle des concerts de Houston, Lyon et Londres, qu'il avait achetée à Philippe Guerre[7], et celle du concert de La Défense, créée par Claude Lifante[réf. nécessaire].

Un modèle de harpe laser est ensuite commandé à la société UpTech pour le concert de la Tolérance sur le Champ de Mars. C'est Yan Terrien qui en a réalisé la partie informatique et Philippe Langet qui en a réalisé les parties électroniques et mécaniques[8].

Quelques hobbyistes se sont passionnés pour la harpe laser et en ont fabriqué, notamment Steve Hobley[réf. nécessaire], Manuel Schulz[réf. nécessaire] et Franck Morisseau[9],[10], ainsi qu' Albert de Jonge[11], Sébastien Pamart[12], Andrew Kilpatrick et Sébastien Gally[13],[14].

Un prototype de harpe laser est présenté lors du meeting Laserfreak de 2005 à Ratisbonne [réf. nécessaire]. La partie hardware a été créée par Franck Morisseau alias Genesis (qui aida Stephen Hobley au développement de son capteur sur photonlexicon[pas clair]). Laurent Berth a réalisé la partie logicielle. Cette version peut piloter n'importe quel laser équipé d'une connectique au standard ILDA (International Laser Display Association : connectique standard utilisée dans le spectacle laser) , gère les couleurs, intègre une télécommande, fonctionne comme clavier maître et contrôleur de patch. Elle intègre les deux modes open frame et closed frame[pertinence contestée] (voir paragraphe Technologie). Le dernier modèle de capteur réalisé est insensible à la lumière ambiante et peut également détecter la hauteur de la main dans les faisceaux et ainsi moduler le son. L'idée d'un effet de simulation de corde vibrante fut proposée par Francis Rimbert et ajouté afin d'augmenter le réalisme visuel.

Une autre harpe laser de faible puissance est créée en 2008 par Maurizio Carelli[réf. nécessaire] un ingénieur italien, pour la compagnie Kromalaser. Il développe ensuite une harpe de plus forte puissance[15]. Grâce à un détecteur, cette harpe serait insensible à la lumière ambiante, problème récurrent des harpes précédentes[réf. souhaitée].

Technologie[modifier | modifier le code]

La harpe laser a été longtemps l'instrument emblématique des concerts de Jean Michel Jarre.

Depuis quelques années, des sociétés tentent d'en faire un produit commercial mais, malgré les efforts des concepteurs pour y apporter des améliorations, la harpe laser reste un effet visuel plus qu'un véritable instrument de musique.

Il existe deux principaux types de harpes : celle a rayons infinis et celles à rayons finis. Le premier type est une harpe dont les faisceaux ne sont pas arrêtés et partent dans le ciel. Une cellule photo-électrique est située au bas de la harpe et elle capte la luminosité de la main de l'artiste dans le faisceau. Le second type de harpe comporte une barre en son sommet sur laquelle les faisceaux viennent frapper. Chaque faisceau frappe une cellule photo-électrique qui ne reçoit plus la lumière lorsque la main de l'artiste coupe le faisceau et c'est ainsi qu'elle est détectée.

La plus spectaculaire est celle du premier type car les faisceaux passent au-dessus du public, lorsqu'on incline légèrement la harpe et donne alors un effet visuel saisissant. Mais cette technologie est plus difficile à maîtriser, notamment à cause de la lumière ambiante et de la densité de la fumée qui en changeant peut aussi changer le degré de luminosité de la main dans le faisceau. Le second type de harpe n'a pas ce problème.

Dans les deux cas, la génération des rayons est faite soit par un miroir oscillant qui séquence un seul faisceau soit par un filtre de type réseau diffractant qui sépare le faisceau en plusieurs rayons. Dans le cas d'une harpe avec un miroir oscillant monté sur un scanner, il y a moins de perte de puissance.

Le principe de la harpe laser est de déclencher une note sur un synthétiseur par le protocole MIDI lorsque le faisceau est interrompu. Dans le cas de la harpe à rayons infinis, il est aussi possible d'affecter la luminosité renvoyée par la main à un autre paramètre MIDI, comme le control-change : cela permet alors de faire des effets, volume, wah-wahetc. en changeant la hauteur de la main ou bien en bougeant le poignet.

Dans les grands concerts comme Houston, Londres, Lyon… Jean Michel Jarre utilise un laser de vingt watts argon pour générer les faisceaux de sa harpe, qui est une harpe à faisceaux infinis. Le logiciel utilisé permet de contrôler plusieurs paramètres mémorisables dans des programmes, que l'artiste peut rappeler grâce à un pédalier, ces paramètres sont :

  • le nombre de faisceaux ;
  • la note affectée à chaque faisceau ;
  • le temps d'ouverture et de fermeture de la harpe (effet éventail) ;
  • le seuil de détection de la cellule photo-électrique ;
  • le paramètre midi control-change affecté à la luminosité ;
  • le nom du programme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (Brevet: FR2502823 (A1) Date de priorité : 1981-03-27)[2]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) The Music of Bernard Szajner
  2. (en) « Laser Harp Patented by Bernard Szajner », Brevet de la harpe laser - Bureau des Brevets de Paris (consulté le 14 Septembre 2011)
  3. « Photos et messages de Denis Carnus sur le concert en Chine de 1981 »
  4. Michael Duguay, Jean-Michel Jarre, le magicien du son et de la lumière, Companyëtquen,‎ 2008, p. 79
  5. (en) JMPSynth, « Elka Synthex Sounds », sur youtube.com,‎ 2009-04-01 (consulté le 2009-04-01)[réf. insuffisante]
  6. (en) Wavebox2011, « Elka Synthex Laser Harp », sur youtube.com,‎ 27 février 2011 (consulté le 2011-02-27)[réf. insuffisante]
  7. « Philippe Guerre »
  8. « Logiciel de la harpe de 1995 »
  9. (en) « Welcome to the Laser Harp site »
  10. « semaine du son à Troyes »
  11. Albert de Jonge sur YouTube.com
  12. Sébastien Pamart sur YouTube.com
  13. Video S.Gally sur YouTube.com
  14. Site S.Gally (Site)
  15. Exemple en vidéo sur YouTube : (en) Maurizio Carelli, « Kromalaser hymn played with Bi-Color Laser Harp »,‎ 2010-01-18 (consulté en 27 décembre 2013)