Arènes de Nîmes

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Amphithéâtre de Nîmes
Panorama du parvis des arènes de Nîmes, en 2010.
Panorama du parvis des arènes de Nîmes, en 2010.

Lieu de construction Nemausus
(Gaule narbonnaise)
Date de construction 90120 ap. J.-C.
Sous le règne de Domitien (supposé)
Dimensions externes 133,38 m × 101,40 m × 21 m
Dimensions de l’arène 69 m × 38 m
Capacité 25 000 places (*)
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)
Géographie
Coordonnées 43° 50′ 06″ N 4° 21′ 35″ E / 43.834892, 4.35958643° 50′ 06″ Nord 4° 21′ 35″ Est / 43.834892, 4.359586  

Géolocalisation sur la carte : Nîmes

(Voir situation sur carte : Nîmes)
Arènes de Nîmes
Liste d'amphithéâtres romains

Les arènes de Nîmes sont un amphithéâtre romain situé dans la ville française de Nîmes, dans le Gard. Ce monument fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1840[1].

Présentation[modifier | modifier le code]

L'édifice est bâti à la fin du Ier siècle; certainement entre 70 et 80 après J.C. voire un peu plus tard en raison de son niveau de perfectionnement architectural, pour divertir la population de Nîmes et de ses alentours. Lors des Grandes Invasions, il se transforme en village fortifié, le castrum arenae où la population va se réfugier, puis constitue au Moyen Âge jusqu'au XIXe siècle un quartier avec ses rues et ses boutiques. Au XIXe siècle, le monument est dégagé puis reconverti en arènes pour courses de taureaux en 1863. Elles accueillent une vingtaine de corridas et courses camarguaises annuelles et diverses manifestations culturelles (concerts, festival de Nîmes, Grands Jeux romains, Pégoulade, reconstitutions historiques…). En dehors de ces événements l'édifice accueille des touristes toute l'année.

Cet amphithéâtre est sans doute, du moins par l'allure générale de sa façade ayant conservé son attique de couronnement avec colonnes engagées et 60 arcades à chaque niveau, son système de circulation publique interne quasi intact et une grande partie de ses gradins (certes dégagés et restaurés au XIXe siècle), le mieux conservé au monde. Il n'est cependant pas encore inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, contrairement à son voisin d'Arles moins bien conservé.

Paul-Marie Duval a dirigé les fouilles des arènes de Nîmes de 1961 à 1969.

Historique[modifier | modifier le code]

Les gradins en 2011

L'amphithéâtre romain[modifier | modifier le code]

À Nîmes, un seul monument de spectacle antique peut encore être admiré. Il s’agit de l’amphithéâtre, aujourd’hui appelé « les Arènes », qui est l’un des mieux conservés du monde romain.

Vitruve définit les bases essentielles de ces édifices, qui sont les plus imposants du monde romain: « Il convient de répartir des voies d’accès nombreuses et spacieuses, en évitant que celles qui viennent d’en haut ne rencontrent celles qui viennent d’en bas ; on doit pouvoir les rejoindre à partir de toutes les places, en circuit direct et sans détour, de telle sorte que lorsqu’il quitte le spectacle, le peuple ne soit pas serré, mais trouve, quel que soit le siège qu’il occupait, une issue séparée et sans obstacle. »

Vue des pierres formant les bases de mât pour tendre le vellum, au sommet de trois arcades. À gauche la pierre est cassée, montrant le canon cylindrique.

L’amphithéâtre de Nîmes, datant de la fin du Ier siècle de notre ère, observe bien ces bases essentielles. En plan, l’édifice se présente comme une ellipse de 133 m de long sur 101 m de large, avec une piste centrale de 68 m sur 38 m. La façade, composée de deux niveaux de 60 arcades superposées et d’un attique séparés par une corniche, mesure 21 m de haut. Au sommet de la façade, on observe des pierres en saillie trouées qui servaient à fixer le velum qui pouvait s’étendre au-dessus des gradins pour protéger le public du soleil ou de la pluie.

La cavea, entourant la piste, divisée en 60 travées rayonnantes et 34 rangs de gradins, pouvait accueillir 24 000 spectateurs. Les 34 rangs de gradins de la cavea sont répartis en quatre maeniana, séparées par un couloir de circulation et un muret, appelé balteus.

Galerie de l'étage intermédiaire. À gauche l'escalier descend vers les gradins.

Chaque maenianum était réservé à une classe sociale de la société nîmoise, à savoir les plus aisés aux premiers rangs et les plus modestes aux derniers rangs, et chacun desservi par une galerie voûtée, appelé vomitorium. Les vomitoria sont réunis entre eux par des escaliers, ce qui évite la confusion et l’engorgement lors de l’afflux de spectateurs. Sous la piste, se trouvaient plusieurs galeries souterraines où se situaient les coulisses. L’accès à la piste par les gladiateurs se faisait directement par des escaliers depuis les galeries souterraines. L’édifice présente peu de décors sculptés puisque son architecture suffit à lui donner une allure monumentale. La façade est rythmée par des pilastres et des colonnes engagées d’ordre dorique.

L’amphithéâtre de Nîmes est comparable à celui d’Arles, datant de la fin du Ier siècle, qui est très proche sur le plan de la conception et de l’architecture. En effet, l’amphithéâtre d’Arles présente également deux niveaux d’arcades en façade très peu décorées. La cavea de l’édifice se composait de 43 rangées de gradins et pouvait accueillir entre 20 000 et 25 000 spectateurs. L’amphithéâtre de Nîmes peut également être mis en relation avec le Colisée de Rome. Le Colisée, terminé en 80 de notre ère aurait servi de modèle dans la construction de l’amphithéâtre de Nîmes, ce qui montre que la ville de Nîmes voulait se rapprocher au mieux de la civilisation romaine. Nous pouvons noter tout de même quelques différences entre les deux édifices. D’abord, nous observons que le plan du Colisée est moins allongé que celui de l’amphithéâtre nîmois. La façade du monument romain se compose de trois niveaux d’arcades, alors que celui de Nîmes n’en comporte que deux.

Ces édifices imposants ont été bâtis pour accueillir des spectacles très prisés des populations. Le spectacle le plus fréquent et le plus apprécié était le combat de gladiateurs. Nous savons qu’il existait de véritables écoles de gladiateurs qui formaient des volontaires, esclaves ou souvent hommes libres. Ces écoles étaient souvent le dernier refuge pour ses hommes déclassés, rejetés par la société. Les combats de gladiateurs se terminaient souvent par la mort de l’un des adversaires si le vaincu n’était pas gracié par le public.

De la forteresse wisigothe aux habitations médiévales, puis à la réhabilitation[modifier | modifier le code]

Les arènes en travaux, 1908.

Après l'interdiction des combats de gladiateurs en 404, les arènes furent transformées en forteresse par les Wisigoths : il leur suffit de boucher les arcades, d'ajouter quelques tours, de creuser un fossé et, peut-être, d'édifier une petite enceinte supplémentaire (vestiges dans le sous-sol du palais de justice). Elles seront même connues plus tard sous le nom de « château des chevaliers des arènes » avec l'édification de tours au sommet du monument. (Celles d'Arles ont été conservées.)

Lors des Grandes Invasions de l'Antiquité tardive puis au Moyen Âge durant les périodes d'insécurité, la population se réfugia même dans l'enceinte de l'édifice qui fut alors utilisé comme village fortifié qui contenait deux églises, 220 maisons, ainsi qu'une petite fortification. On imagine aisément les conditions d'insalubrité d'une telle densité… Bon nombre de gradins furent désossés pour servir de carrière de pierres à l'édification de ces bâtiments.

François Ier, lors d'une visite à Nîmes au début du XVIe siècle durant laquelle il reçut d'ailleurs des autorités locales une réplique en argent du monument (pièce d'orfèvrerie hélas perdue aujourd'hui), s'émut de l'état de l'édifice et préconisa son dégagement pour la première fois, ce qui resta lettre morte.

La restauration des arènes et la destruction des habitations, à l'intérieur de l'amphithéâtre ou à l'extérieur qui prenaient appui sur le bâtiment, commença à la fin du XVIIIe siècle par le décret en Conseil du roi du 28 mars 1786 (en même temps que celle des remparts médiévaux de la vieille ville afin de créer boulevards et promenades du tour de ville) grâce aux grands plans d'embellissement de la ville engagés depuis le milieu du XVIIIe siècle (jardins de la Fontaine dès 1740–1750). La période révolutionnaire porte un coup d'arrêt provisoire à ces travaux. Ils reprennent suite au décret impérial du 2 février 1809. L'intégralité du monument est dégagée de ses constructions parasites en 1812, mais il faut attendre la seconde moitié du XIXe siècle, sous le Second Empire, pour qu'une vaste campagne de réhabilitation, voire de restauration importante de certaines parties, soit réalisée (notamment sous la direction de l'architecte Henri Antoine Revoil.)

Les arènes contemporaines, lieu de spectacles[modifier | modifier le code]

Installation pour une corrida, en aout 2012

Aujourd'hui, les arènes sont utilisées pour de nombreux spectacles, en particulier des corridas qui se déroulent la plupart du temps durant la feria de Pentecôte (fin mai–début juin) et la la feria des Vendanges (mi-septembre), auxquelles il faut ajouter des représentations théâtrales, les spectacles de catch de la WWE, et les concerts du festival de Nîmes (juillet–août).

Depuis 2006, le site est géré en délégation de service public par Culturespaces ; une nouvelle visite offre aux touristes du monde entier la possibilité de découvrir l'histoire de l'amphithéâtre de Nîmes, grâce à un audioguide en huit langues, des panneaux pédagogiques illustrés et deux alvéoles : la première sur le quartier des gladiateurs (fac simile d'armes, de casques que les visiteurs peuvent toucher, extraits de film, théâtre optique, etc.) et la seconde sur la tauromachie. Le monument se visite toute l'année.

Le parvis des arènes a été entièrement réaménagé en 2007, dans le cadre du projet Arènes-Esplanade-Feuchères. Sur ce nouveau parvis, inauguré lors d'une cérémonie présidée par la comédienne gardoise Bernadette Lafont, on peut également admirer la très expressive et populaire statue en bronze du matador Nimeño II, gravement blessé dans les arènes d'Arles en 1989.

Depuis février 2013, les visiteurs isolés ne sont plus admis à visiter le site[2]. La municipalité a pris cette décision à la suite de plusieurs suicides par saut dans le vide vers l'extérieur depuis le couronnement de l'édifice. Toute visite doit se faire en groupe d'au moins deux personnes.

Concerts[modifier | modifier le code]

L'amphithéâtre a accueilli le Nîmes International Jazz Festival de 1976 à 1988, avec la participation de musiciens légendaires, Miles Davis, Charlie Mingus, Dizzy Gillespie, Michel Petrucciani, Sonny Rollins, Ray Charlesetc. Tina Turner y a également déchaîné les passions au milieu des années 1980.

Par la suite de nombreux groupes se sont produits dans ces arènes dont le groupe de metal Rammstein, il en est sorti un DVD appelé Völkerball, ou encore le groupe de thrash metal Metallica en juillet 2009, avec un DVD appelé Français pour une nuit. Le groupe Justice a également réalisé un concert en 2012 avec un DVD live sorti en mai 2013 nommé Access All Arena. On peut citer d'autres artistes comme Radiohead, The Police, Depeche Mode, Green Day, Björk, P!nk, Elton John, Phil Collins, Jamiroquai, Michel Sardou, David Guetta, Peter Gabriel, Muse, Texas, Placebo, ZZ Top, Daft Punk, Alicia Keys, Stevie Wonder ou The Offspring etc.

Plusieurs chansons issues de l'album live de Dire Straits, On the Night, ont été enregistrées en 1992 aux arènes de Nîmes.

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir
Avant les travaux de restauration (2013).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique Darde, Nîmes antique, Paris, Monum, Éditions du patrimoine, coll. « Guides archéologiques de la France »,‎ 1er mars 2005 (réimpr. 2006), broché avec rabats, 128 p. (ISBN 2-85822-797-7, présentation en ligne)
    152 illustrations, 4 restitutions 3D, 5 cartes et plans

Lien externe[modifier | modifier le code]