Eternal Sunshine of the Spotless Mind

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Eternal Sunshine of the Spotless Mind

Titre québécois Du soleil plein la tête
Réalisation Michel Gondry
Scénario Michel Gondry
Charlie Kaufman
Pierre Bismuth
Acteurs principaux
Sociétés de production Focus Features
Anonymous Content
This Is That Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Comédie dramatique
Sortie 2004
Durée 108 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Eternal Sunshine of the Spotless Mind (Du Soleil plein la tête au Québec) est un film américain du réalisateur français Michel Gondry, sorti en 2004.

Le titre Eternal Sunshine of the Spotless Mind (littéralement « L'éclat éternel de l'esprit immaculé ») renvoie à un poème d'Alexander Pope.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Joël et Clémentine ont vécu une belle histoire d'amour même s'ils étaient très différents. Joël, réservé avec une vie très monotone et Clémentine fantasque, spontanée et pleine de vie, ont eu un passé commun merveilleux. Pourtant un jour Joël ne comprend plus rien. Alors qu'il rejoint Clémentine sur son lieu de travail pour lui offrir un cadeau de Saint Valentin, celle-ci semble ne plus le reconnaître et pire, elle a un autre homme dans sa vie. Dévasté, Joël veut absolument comprendre ce qui se passe et découvre l'existence de la clinique Lacuna, spécialisée dans l'effacement des souvenirs. Clémentine l'a fait rayer intégralement de sa mémoire car elle était malheureuse avec lui. Joël contacte alors l'inventeur du procédé, le Dr. Mierzwiak, pour qu'il efface également de sa mémoire tout ce qui le rattachait à Clémentine. Le processus est lancé et les souvenirs commencent à défiler dans la tête de Joël, des plus récents aux plus anciens. Rapidement Joël est mal à l'aise, vivant à la fois l'expérience comme spectateur et acteur, il ressent la dangerosité de l'opération. Tout se confond étrangement : ce qu'il entend autour de lui durant le processus, ce qu'il a vécu véritablement et ce qu'il pense. Tous ces souvenirs vont être une prise de conscience pour Joël qui ne veut plus être privé de cet amour et engage alors une résistance contre Lacuna ne désirant plus qu'une chose : retrouver Clémentine, quitte à devoir tout réinventer pour qu'ils s'aiment à nouveau. Mais toute procédure engagée doit être achevée...

Résumé[modifier | modifier le code]

Un matin, Joël Barish, timide, dépressif et routinier, décide, sans raison particulière, de ne pas aller au travail et de prendre le train pour Montauk. Là-bas, il rencontre Clémentine Kruczynski, extravertie, excessive et délurée. Ils sont irrémédiablement attirés l'un vers l'autre et après une soirée sous les étoiles, sur un lac gelé, ils tombent amoureux. Tout à coup, on voit Joël en pleurs, dans sa voiture. Le générique du film défile sur le chagrin et la colère de Joël. On retrouve Joël chez ses amis Franck et Carrie à qui il fait part de son désarroi et surtout de son incompréhension. Alors que plus tôt dans la journée, il s'est rendu au travail de Clémentine pour lui offrir un bijou de Saint-Valentin, il est resté choqué de voir qu'elle s'adressait à lui comme si elle ne le connaissait pas et qu'en plus elle avait un nouveau petit ami. C'est alors que Franck montre à Joël une étrange carte de la société Lacuna, qu'ils ont reçu, stipulant que Clémentine avait fait appel à cette clinique pour éradiquer tout souvenir de lui de sa mémoire. Effondré, Joël veut comprendre. Il rencontre le Dr Howard Mierzwiak, gérant de Lacuna et décide de faire de même avec ses souvenirs de Clémentine. Il est donc plongé dans une sorte de coma durant lequel les souvenirs sont effacés au fur et à mesure que Joël se les remémore, du plus récent au plus ancien. Mais le conscient et l'inconscient se mélangent, tout comme le passé et le présent. Joël entend ce qui se passe autour de lui dans la réalité, revit ses souvenirs, ressent ses pensées et étrangement sa conscience influe sur sa mémoire. Il se souvient que trois employés de Lacuna, Mary la secrétaire, Stan et Patrick les "effaceurs" se sont introduits à son domicile pour le brancher au processus de destruction de souvenirs.

Tandis que Mary et Stan s'amusent et flirtent ensemble, Patrick, tombé amoureux de Clémentine lors de sa lobotomie, en a profité pour usurper l'identité de Joël dans le coeur de celle-ci et part la rejoindre. Il entend impuissant les trois employés autour de lui et comprend comment Patrick a pris sa place, volé tous les objets, documents, photos. Joël revit en sens inverse sa relation, en commençant par la dernière dispute qui a amené Clémentine à choisir de faire effacer sa mémoire. De son côté, Clémentine ressent un malaise dans sa relation avec Patrick, elle a des angoisses et comportements qu'elle ne s'explique pas, comme son besoin soudain d'aller à Montauk voir le lac gelé. Quant à Joël, si au début il remontait les souvenirs les plus récents, donc les moins agréables, plus l'expérience avance, plus il revit de beaux et doux souvenirs. Il comprend alors qu'il est toujours amoureux de Clémentine et veut annuler l'opération, mais personne ne l'entend. Grâce à sa volonté, il parvient à emmener le souvenir de Clémentine dans sa mémoire d'enfance, là où normalement elle n'existe pas.

Stan et Mary s'aperçoivent que Joël n'est plus en phase avec le processus, ils sont contraints d'appeler le Dr Mierzwiak en urgence. Celui-ci parvient à contrecarrer les tentatives de Joël de se cacher de la carte des souvenirs de son histoire avec Clémentine. Alors Clémentine s'efface de tous ses souvenirs, même les faux car Joël ne parvient plus à l'emmener avec lui dans sa mémoire, à la garder. Pendant ce temps là, Mary se pavane devant le Dr Mierzwiak et l'embrasse ce qui interrompt le travail momentanément. La femme du docteur débarque à l'improviste et Mary découvre alors qu'elle a déjà eu une relation avec celui-ci mais qu'elle n'en a plus de souvenirs puisque elle lui avait demandé de les effacer. Le Dr Mierzwiak retourne poursuivre le processus de Joël qui de son côté revit les derniers souvenirs qui lui restent. Avant de disparaître de ses moments Clémentine lui dit : « souviens-toi de moi, fais de ton mieux ». Mary quant à elle retourne à la clinique et retrouve son dossier et les cassettes consignées de son propre processus d'amnésie sélective. Pendant ce temps-là, Joël revit impuissant le souvenir de sa rencontre avec Clémentine et la fin de ses souvenirs. La séquence pré-générique ne se situait en fait pas avant mais après l'effacement de la mémoire de Joël. Mais grâce à son imagination, il parvient à inventer une fin à ce souvenir, des adieux, et Clémentine lui glisse à l'oreille : « rendez-vous à Montauk ». L'équipe de Lacuna libère l'appartement de Joël qui se réveille là où le film a commencé.

Mary a quitté la clinique en ayant volé les archives de Lacuna. Joël vient de vivre ce qui était présenté au tout début du film puisqu'on le retrouve sur le trajet de retour avec Clémentine dans sa voiture. Celle-ci, montée chez elle récupérer une brosse à dents, écoute sur son répondeur un message de Patrick et trouve dans sa boîte aux lettres une lettre de Mary, accompagnée de son dossier et de la cassette enregistrée lors de son processus. Joël et Clémentine commencent à l'écouter sur l'auto-radio mais ne supportant pas ce qu'il entend il la fait descendre de voiture. Blessée, Clémentine le rejoint chez lui un peu plus tard, après s'être débarrassée de Patrick, et lorsqu'elle arrive à son appartement c'est la cassette de Joël qui est diffusée sur la chaîne hi-fi. Désorientés, blessés, ils se quittent avant de s'avouer que même s'ils sont certains que leur relation est vouée à l'échec, il faut la recommencer, retenter leur chance.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Producteurs délégués : Georges Bermann, David L. Bushell, Charlie Kaufman et Glenn Williamson
Producteurs associés : Linda Fields et Michael Jackman
  • Sociétés de production : Focus Features, Anonymous Content et This Is That Productions
  • Distribution :
Drapeau des États-Unis États-Unis : Focus Features
Drapeau de la France France : United International Pictures

Distribution[modifier | modifier le code]

Source et légende : Version française (VF) sur Voxofilm[2] et AlloDoublage[3] ; Version québécoise (VQ) sur Doublage Québec[4]

Production[modifier | modifier le code]

Développement[modifier | modifier le code]

L'idée du scénario est tirée de 2 livres de Boris Vian, L'Herbe rouge et L'Arrache-cœur' : L’Herbe rouge narre les aventures d'un ingénieur nommé Wolf, créateur d'une machine pouvant lui faire revivre son passé et ses angoisses pour les oublier, et L'Arrache-cœur narre le parcours de Jacquemort, psychiatre qui est en fait une capacité vide et cherche à se remplir en psychanalysant les gens, en assimilant leurs pensées et dont deux des personnages se prénomment Clémentine et Joël. La maison au bord de l'océan est également une reprise de celle de L'Arrache-cœur, qui était déjà inspirée de la maison d'enfance de Boris Vian, à Landemer.

Michel Gondry et son ami Pierre Bismuth ont eu l'idée du film pendant un dîner quelques années auparavant. Pierre Bismuth avait demandé au réalisateur : « Que dirais-tu si tu recevais une carte t'annonçant que tu as été effacé de la mémoire d'une certaine personne, et que tu devrais désormais t'abstenir de tout contact avec elle ? » Quelques années plus tard, Michel Gondry décide avec son scénariste de Human Nature, Charlie Kaufman, d'écrire un scénario d'après cette idée très originale[5].

L'idée d'une des nouvelles d’Encyclopædia Inutilis, d'Hervé Le Tellier (2001, Le Castor Astral), où le docteur Willibald Walter, pour perdre le souvenir d'une femme, teste sur lui-même une « pilule de l'oubli », est reprise dans le scénario.

Titre[modifier | modifier le code]

Le titre du film est tiré du poème Épître d'Héloïse à Abélard (Eloisa to Abelard) d'Alexander Pope, cité dans le film par le personnage de Mary Svevo (Kirsten Dunst) :

How happy is the blameless Vestal's lot!
The world forgetting, by the world forgot;
Eternal sunshine of the spotless mind!
Each pray'r accepted, and each wish resign'd.
Traduction littérale en français 
Que le sort de l'irréprochable vestale est heureux !
Le monde oubliant, par le monde oublié ;
Éclat éternel de l'esprit immaculé !
Chaque prière exaucée, et chaque souhait décliné

Il s'agit des lignes 207 à 210 du texte, la ligne 209 ayant donné son nom au film. Voir l'intégralité du texte (en anglais).

Casting[modifier | modifier le code]

Avant Jim Carrey, le rôle de Joel Barish était prévu pour Nicolas Cage[5]. Jim Carrey tient ici un rôle dramatique, dans la continuité de The Truman Show, mais assez inédit dans sa carrière. À l'opposé, Kate Winslet a eu l'impression d'avoir inversé les rôles avec Jim Carrey : « en fait c'est MOI qui tient "le-rôle-de-Jim-Carrey" tel qu'on l'entend généralement, alors que Jim joue celui qu'on m'offre le plus souvent. Il fait ici des choses qu'on ne l'avait jamais vu faire à l'écran, incarnant le plus sobre, le plus rationnel, des deux personnages, tandis que je joue la fille totalement chaotique qui grimace et gesticule. Dans ce film, chacun est utilisé à contre-emploi, ce qui est généralement une bonne chose »[5].

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage a eu lieu dans l'État de New York (New York - notamment à Park Slope, Chinatown et Manhattan -, Montauk, Mount Vernon, Yonkers) ainsi qu'à Bayonne dans le New Jersey[7].

Le réalisateur, Michel Gondry a réalisé ce film à sa façon : pratiquement sans post-production. Pourtant le rendu plastique du film est celui d'un film entièrement post-produit.

Le réalisateur a beaucoup improvisé, notamment lorsque Joel et Clémentine regardent un défilé d'éléphants. Cette scène n'était pas prévue. Alors que l'équipe tournait, le réalisateur a appris que des éléphants défilaient dans les rues. Il dit alors à l'équipe de prendre le strict nécessaire et la scène a été tournée au milieu de la foule, à l'improviste[5].

Bande originale[modifier | modifier le code]

Eternal Sunshine of the Spotless Mind
Original Soundtrack

Bande originale de Jon Brion
Sortie 16 mars 2004
Durée 56:08
Genre Musique de film, pop rock
Compositeur Jon Brion
Producteur Jon Brion
Kathy Nelson (exéc.)
Tim DeLaughter
Don Nelson
Ethan Johns
Label Hollywood Records

Albums de Jon Brion

La bande originale du film contient les compositions de Jon Brion ainsi que des chansons de Electric Light Orchestra, The Polyphonic Spree, The Willowz. Le chanteur Beck réalise une reprise de "Everybody's Got to Learn Sometime" des Korgis.

Trois chansons filmi de films de Bollywood sont également utilisées mais n'apparaissent pas sur l'album : "Mera Man Tera Pyaasa" de Mohammed Rafi tirée du film Gambler (1971), "Tera Sang Pyaar Mein" de Lata Mangeshkar et "Wada Na Tod" de Lata Mangeshkar tiré du film Dil Tujhko Diya.

Réception[modifier | modifier le code]

Box-office[modifier | modifier le code]

Pays ou région Box-office Box-office arrêté le… Nombre de semaines
Alt=Image de la Terre Mondial[8] 72 993 444 $ 9 avril 2005
Drapeau des États-Unis États-Unis[9] 34 400 301 $ 29 juillet 2004 20
Drapeau de la France France[10] 655 656 entrées 6 juillet 2005 39

Distribué dans une combinaison de départ de 1 353 salles pour sa sortie aux États-Unis, Eternal Sunshine of the Spotless Mind démarre à la septième place du box-office américain, pour son premier week-end d'exploitation, avec 8 175 198 $ de recettes engrangées, soit une moyenne de 6 042 $ par salles[11]. En première semaine, le film se positionne à la sixième place du box-office avec un total de 11 294 841 $, soit une moyenne de 8 348 $ par écran[12]. En deuxième week-end en salles, le long-métrage perd 35,7 % de ses bénéfices, malgré une augmentation de quatre salles à le diffuser, chutant à la dixième place avec 5 256 206 $, soit une moyenne de 3 873 $ par salles, portant le total des recettes à 16 551 047 $[11], mais parvient à se positionner en huitième place du box-office en seconde semaine, avec 7 180 322 $, soit une moyenne de 5 291 $ par salles, bien que perdant 36,4 % de ses bénéfices. Le total des recettes en semaines atteignent 18 475 163 $[12].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Dans l'ensemble, Eternal Sunshine of the Spotless Mind a rencontré un accueil critique unanime : dans les pays anglophones, le film recueille 93 % d'avis favorables sur le site Rotten Tomatoes, sur la base de 218 commentaires collectés et une note moyenne de 8.4/10[13] et un score de 89/100 sur le site Metacritic, sur la base de 41 commentaires collectés[14].

En France, le long-métrage rencontre également un accueil favorable de la part de la critique, recueillant une note moyenne de 4.0/5, basé sur 20 titres de presse collectés[15].

Postérité[modifier | modifier le code]

Le film a donné des idées à Matt Groening, puisque l'un des épisodes de la série Les Simpson s'inspire globalement de l'œuvre de Gondry. L'épisode (épisode 9 de la 19e saison) s'intitule, pour faire référence au film, Eternal Moonshine of a Simpson Mind dans sa version originale, et Des Simpson plein la tête au Québec ; toutefois, le titre français est Soupçons.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Source et distinctions complètes : Internet Movie Database[16].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]