The Smiths

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The Smiths

Pays d'origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre musical Rock indépendant, indie pop
Années actives 1982 - 1987
Labels Rough Trade
EMI
Site officiel www.itsmorrisseysworld.com/
Composition du groupe
Membres Morrissey
Johnny Marr
Andy Rourke
Mike Joyce
Anciens membres Dale Hibbert
Craig Gannon
Logo

The Smiths est le nom d'un groupe de rock anglais créé en 1982 et séparé en 1987. C'était un quatuor musical de Manchester fondé autour de Johnny Marr (né le 31 octobre 1963) et de Steven Patrick Morrissey (né le 22 mai 1959), chanteur et parolier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Morrissey et Johnny Marr (de son vrai nom Johnny Maher, mais il changea de nom pour ne pas être confondu avec le batteur des Buzzcocks) se sont rencontrés le 20 mai 1982 au domicile de Morrissey, à Stretford (384, Kings Road). Marr cherche un bon parolier, voire un chanteur, pour le groupe qu’il veut monter et se décide à rendre visite à Morrissey dont il connaît les textes de chansons par l'intermédiaire d'un ami, Billy Duffy, futur guitariste de The Cult) et ancien membre d'un groupe dont Morrissey était le chanteur, The Nosebleeds. Morrissey lui présente quelques textes qu’il a écrit, dont Suffer Little Children (un texte trouble inspiré d’un fait divers sordide de meurtres d'enfants dont l’évocation était à l’époque tabou à Manchester). Après avoir enregistré plusieurs démos avec Simon Wolstencroft (futur membre de The Fall) à la batterie, Morrissey et Marr recrutent le batteur Mike Joyce à l'automne de 1982. Joyce avait été autrefois membre des groupes de punk The Hoax et Victim. Ils recrutent comme bassiste Dale Hibbert, qui fournit au groupe l'usage du studio où il travaillait comme ingénieur d'enregistrement[1]. À l'avis de Marr, ni la personnalité de Hibbert, ni son style musical ne sont bien adaptés au groupe, et on le remplace après le premier concert du groupe, au Manchester Ritz le 4 octobre 1982, par un ami de Marr, Andy Rourke. Le groupe s’appellera The Smiths. Selon Marr: «Nous voulions un nom très normal...pas quelque chose qui aurait sonné comme les hommes de l'espace ou ce genre de connerie»[2].

Morrissey s’improvisant chanteur, le quatuor se produit pour la première fois en public . Leur premier single, Hand in Glove (de connivence) est publié en mai 1983 sur le label indépendant Rough Trade. Il est suivi de This Charming Man, numéro 25 au hit-parade britannique en novembre 1983, et What Difference Does It Make?, numéro 12 en janvier 1984[3]. En février 1984, leur premier album, simplement baptisé The Smiths, se vend à 300 000 exemplaires, prenant la seconde place des charts britanniques. Deux chansons, Reel Around the Fountain et The Hand That Rocks the Cradle étaient controversées, parce que certains tabloïds prétendirent qu'elles évoquaient la pédophilie, une affirmation vigoureusement démentie par le groupe. L'album fut suivie la même année par les singles Heaven Knows I'm Miserable Now (le premier top-ten hit de The Smiths) et William, It Was Really Nothing, qui présentait How Soon Is Now? sur sa face B.

Le groupe tourne beaucoup au Royaume-Uni mais rarement en Europe (les concerts à Paris le 9 mai 1984, à l’Eldorado, puis le 1er décembre 1984 au Parc des Expositions, Porte de Versailles, seront les seules dates françaises dans l’histoire des Smiths).

Vers la fin de 1984, on publie un album compilation, Hatful of Hollow, comprenant des singles, des faces B et des chansons enregistrées pour la BBC.The Smiths fut élu meilleur groupe de l’année 1984 par les lecteurs du NME (titre que prit le groupe chaque année jusqu'à sa disparition en 1987)[4].

En 1985, le groupe publie son deuxième album, Meat Is Murder. Cette année, le groupe entreprit de longues tournées au Royaume-Uni et aux États-Unis, et enregistra son prochain album studio, The Queen Is Dead. Cependant, le groupe rencontra des difficultés. Un litige avec Rough Trade avait retardé l'album, achevé en Novembre 1985, de près de sept mois, et Marr commençait à éprouver du stress en raison d'une calandrier épuisante d'enregistrements et de tournées. Il dit plus tard: ««pire pour port» n'en était pas la moitié. J'étais très malade ... Je buvais plus que je ne pouvais gérer»[5]. Andy Rourke fut licenciés de la bande au début de 1986 en raison de son consommation d'héroïne. Il reçut l'avis de son licenciement par un post-it collé au pare-brise de sa voiture: «Andy ... Tu as quitté les Smiths. Au revoir et bonne chance, Morrissey»[6].

Rourke fut remplacé comme bassiste par Craig Gannon (ancien guitariste d'Aztec Camera et de The Bluebells), mais fut rétabli après une quinzaine de jours. Comme quintet, avec Gannon sur guitare rhythmique, The Smiths enregistra les singles Panic et Ask (ce dernier avec Kirsty MacColl sur choeurs), et fit des concerts au Royaume-Uni et aux États-Unis. Gannon quitta le groupe en octobre 1986.

The Queen Is Dead voit le jour en juin 1986, Alain Delon sur la pochette de l'album. Fin 1986, le groupe change de label et rejoint EMI, bien qu'il ne publie jamais pour eux. Mais pour EMI, le début de l’année 1987 s’annonce fort mal. Les Smiths sortent bien deux nouveaux singles (Shoplifters of the World, Unite en janvier, Sheila Take a Bow en avril), se produisent au Festival de San Remo en mai, mais il semble que Johnny Marr soit déjà ailleurs. Le guitariste se sent étouffé dans un groupe désormais focalisé autour de la personnalité de Morrissey. Son enthousiasme pour la dance music, l’electro ne trouve pas de terrain d’expression : « Les Smiths étaient devenus un genre de club où toutes nouvelles influences étaient déconsidérées, voire taboues » confiera-t-il à Johnny Rogan pour son livre sur les Smiths Morrissey and Marr, the Severed Alliance (1992). Le 8 août 1987, Johnny Marr annonce qu’il quitte le groupe en adressant un message au NME : « Ce qui par le passé me rendait heureux me rend malheureux, j’ai dû m’en aller ». C’est donc à titre « posthume » que sort le 28 septembre 1987, Strangeways, Here We Come. En guise d'épitaphe, le groupe décidera d'un commun accord de sortir un album live Rank (1988) tiré d'un concert donné au National Ballroom de Kilburn le 23 octobre 1986.

Héritage[modifier | modifier le code]

Bien que son niveau de succès commercial fut relativement modeste à son époque, The Smiths est devenu l'un des groupes les plus célébrés dans le panthéon du rock britannique. Selon le BBC, il est « le groupe qui inspire une dévotion plus profonde que n'importe quel groupe britannique depuis les Beatles »[7]. Selon le journaliste musical Simon Goddard, il est « le groupe de guitare le plus influent des années 1980 »[8]. En 2002, The Smiths fut nommé l'artiste musical le plus important de tous les temps dans un sondage réalisé par le NME[9]. En 2013, The Queen Is Dead fut élu meilleur album de tous les temps par le même hebdomadaire[10]. Dans les deux cas, The Beatles prit la deuxième place. En 1996, The Queen Is Dead fut élu meilleur album de la décennie 1986-1996 par Les Inrockuptibles[11], qui le fit l'objet d’un album-hommage, The Smiths Is Dead.

L'après Smiths[modifier | modifier le code]

Johnny Marr[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Johnny Marr.

Le groupe se sépare l’année suivante après le départ de Johnny Marr, qui accompagnera différentes formations pendant les deux années suivantes (Midge Ure, Kirsty McColl, The Pretenders, Talking Heads, Pet Shop Boys) avant de rejoindre The The (album Mind Bomb en 1989, Dusk en 1993) puis de fonder le groupe Electronic avec Bernard Sumner, musicien des groupes Joy Division et New Order, et Neil Tennant, membre du groupe Pet Shop Boys. Le single Getting away with it sera un succès. Première tentative en tant que chanteur sous le nom de Johnny and the Healers avec l’album Boomslang en février 2004 (concert parisien au Trabendo le 28 mars 2004). Johnny Marr s'est illustré début 2006 en prenant en charge les arrangements sonores de l'album Fictions de Jane Birkin. Il a ensuite rejoint le groupe Modest Mouse dont il a composé certains morceaux de l'album We Were Dead Before the Ship Even Sank. En 2008, il rejoint les frères Jarman et The Cribs, avec lesquels il participe à l'enregistrement de l'album "Ignore the ignorant" sorti en 2009.

Morrissey en solo[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Morrissey.

Morrissey accuse difficilement le coup mais, avec Stephen Street, producteur des Smiths, comme nouveau compositeur et le remarquable musicien Vini Reilly du groupe The Durutti Column comme guitariste, entame une carrière solo dès le printemps 1988 en sortant le très bon album Viva Hate qui sonne très « Smiths » (et d’où sont tirés les singles Suedehead et Everyday is like sunday). L’album suivant, en 1991, Kill Uncle (plaidoyer anti-américain), enregistré avec le guitariste Mark E. Nevin du groupe Fairground Attraction, est mal accueilli et il semble bien que la carrière de Morrissey soit derrière lui. À la même époque, Andy Rourke et Mike Joyce attaquent Morrissey et Marr arguant qu’ils ne touchaient que 10 % des gains chacun, contre 40 % à chaque compositeur (ils auront finalement gain de cause). Mais avec Your Arsenal, aux tonalités très rockabilly ( grâce à l'apport des guitaristes et compositeurs Boz Boorer et Alain Whyte) et glam-rock ( via Mick Ronson, ex-guitariste de David Bowie dans la première partie des années 1970 à l'époque de Ziggy Stardust, et producteur de l'album), Morrissey revient au premier plan (I know it’s gonna happen someday sera même repris par David Bowie). En 1994, le succès est à nouveau au rendez-vous avec Vauxhall and I et le single Interlude enregistré en duo avec la chanteuse Siouxsie de Siouxsie and the Banshees. Les deux albums suivants, Southpaw Grammar (sur RCA) et Maladjusted (sur Island) sont des semi-échecs commerciaux, la veine créative de Morrissey semblant tarie selon certains journalistes. 2004 : tel le Phénix renaissant de ses cendres, Morrissey, désormais installé à Los Angeles, effectue un come-back réussi avec l’album You Are the Quarry sur le label Sanctuary Records. Un live Morrissey Live at Earls Court est paru début 2005, reprenant des titres des Smiths et de sa carrière solo. Enfin, un nouvel album, Ringleader Of The Tormentors (avec la participation de Tony Visconti (Bowie, T.Rex, The Sparks, Rita Mitsouko) et d'Ennio Morricone, est sorti le 4 avril 2006, puis en février 2009 Years of refusal, avec pour premier single extrait I'm throwing my arms around Paris[12].

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums enregistrés en studio[modifier | modifier le code]

Albums enregistrés en public[modifier | modifier le code]

  • Rank – Live at Kilburn National Ballroom (23/10/1986) – Rough Trade ROUGH126 – septembre 1988
  • The Peel Sessions (BBC, mai 1984) – Strange Fruit SF PS 055 – octobre 1988

Compilations[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • 1992 - The Complete Picture (Compilation clips vidéo de 1983 à 1987)
  • 2011 - You've Got Everything Now: Tv Performances 1983-1987 (Compilation de leurs prestations télévisées de 1983 à 1987)

Hommage[modifier | modifier le code]

  • En 1996, pour célébrer les dix ans de ce qu'ils qualifièrent de « meilleur album des années 1980 », le magazine Les Inrockuptibles publie une version de l'album The Queen Is Dead intitulé The Smiths Is Dead où l'ensemble des morceaux sont repris dans l'ordre par des groupes des années 1990.
  • La chanson Asleep a été écrite pour un ami du groupe atteint du SIDA. La chanson parle de la solitude qui accompagne les derniers instants d'une personne mourante, et de son désir de mourir pour aller dans un monde meilleur. « Chante-moi une berceuse, chante-moi une berceuse et ensuite laisse-moi seul, n'essaie pas de me réveiller demain matin car je serai parti. Ne sois pas triste pour moi car je veux que tu saches, que du fond de mon cœur... je serai si heureux de m'en aller »
  • La chanson Asleep fait partie de la playlist de Charlie, le personnage principal du film Le Monde de Charlie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Colin Larkin (ed.), The Encyclopedia of Popular Music, 4e edn. (New York: Oxford UP, 2006), vol. VII, p. 570.
  2. Georges DOUBLON, «Start: The Smiths», Best, mai 1984, p. 36
  3. The Smiths UK Charts
  4. History of the NME Awards: 1984. Site du NME
  5. Danny KELLY. «Exile on Mainstream».New Musical Express, 14 février 1987. Londres: IPC.
  6. John HARRIS. «Trouble at Mill», Mojo, avril 2001.
  7. « Johnny Marr on The Smiths and going solo », BBC News,‎ 17 février 2013 (lire en ligne)
  8. Simon GODDARD, «The Last Rites», Q, numéro 250, mai 2007.
  9. Angelique CHRISAFIS. «Roll Over Beatles - Smiths Top the Pops», The Guardian, 17 avril 2002.
  10. «The Smiths' 'The Queen Is Dead' tops NME's list of 500 greatest albums of all time», NME, 22 octobre 2013.
  11. Les Inrockuptibles, novembre 1996
  12. « nme.com » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2014-07-02

Lien externe[modifier | modifier le code]

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