Fondu
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Un fondu est:
- Pour l'image : une transition vers un autre état, l'image disparaît progressivement, d'une façon ou d'une autre. Cela peut aussi être une transition entre deux séquences, deux plans. Progressivement une image se fond ou se croise avec une autre qui apparaît ; dans ce cas le fondu se nomme: fondu enchaîné.
- Pour le son : progressivement un son se fond ou se croise avec un autre.
La durée de ces transitions peut aller de quelques images à quelques secondes.
Sommaire |
Fondus image [modifier]
Les types de fondus pour l'image [modifier]
Le fondu au noir [modifier]
- fondu à la fermeture : la scène s'assombrit progressivement jusqu'à ce que l'écran devienne entièrement noir. Fréquemment utilisé pour finir le film, avant le générique de fin, si celui-ci se déroule, par exemple, sur un fond noir ou neutre.
- fondu d'ouverture: d'un fond noir, l'image apparaît progressivement. Fréquemment utilisé à l'ouverture (au début) d'un film.
- fondu au noir à la fermeture suivi d'un fondu d'ouverture: marque en général une éllipse temporelle, un changement d'époque, un changement de « chapitre », alternatif à un volet qui, lui, évoque un « tourné de page ».
Le fondu au blanc [modifier]
Contrairement au fondu au noir, l'image pâlit et devient blanche. Ce fondu est souvent utilisé à la fin d'un film pour évoquer la libération, l'espoir, un nouveau début (par exemple la fin de Lamerica de Gianni Amelio), l'éveil, la découverte de la vérité, mais aussi parfois la mort (la fin de Titanic de James Cameron).
Le fondu enchaîné [modifier]
Le fondu enchaîné est un type de fondu utilisé au cinéma dans le but d'obtenir un raccord progressif entre deux plans. Il s'agit donc d'une technique de transition.
Techniquement, il consiste à superposer deux prises de vues durant un laps de temps, en diminuant la luminosité de la première tout en augmentant celle de la seconde. Le passage d'un plan à l'autre se fait alors de manière « douce ». Dans certains cas, il peut servir à mettre en évidence la similitude entre deux situations, deux personnages (un visage remplace un autre), deux cadres. Le fondu enchaîné peut être utilisé au tournage, pour un enchaînement entre deux scènes (méthode historique).
Il est également utilisé en cinéma d'animation, lorsque l'on veut réduire le nombre d'images prises tout en évitant une trop grande saccade dans le mouvement. Une image d'un plan remplace progressivement l'image d'un autre plan.
Le cinéma anglo-saxon et principalement aux États-Unis, utilise une technique de séquences qui consiste en une suite de fondus enchaînés lents (plus d'une seconde) et rythmés par une musique mais sans le son se rapportant aux images (plans) successives. Dans le jargon des réalisateurs américains, ce genre de séquence est dénommé « Le Montage ». Kubrick en est un des Maîtres.
Après le premier fondu au noir (fondu de fermeture), la scène suivante peut commencer d'un écran noir et s'éclaircir jusqu'à être normalement visible (fondu d'ouverture) ou commencer « cut » (sans fondu) ou autrement.
Cette technique sert surtout à séparer des scènes dont on veut montrer une discontinuité nette, par exemple un saut dans le temps (ellipse) ou dans l'espace (changement de lieu).
À l'origine, ce trucage était un des plus simples du cinéma, puisqu'il suffisait d'agir sur le diaphragme (ou l'obturateur) de la caméra pendant la prise de vue pour l'obtenir. Aujourd'hui, il se détermine au montage de l'image et se fabrique au laboratoire (chimique ou numérique).
Le soft cut [modifier]
Littéralement : coupe douce. Il est utilisé pour adoucir une transition entre deux plans, c'est un fondu enchaîné très court, presque invisible pour le spectateur, d'une durée allant d'approximativement de quatre à huit images. Cette technique à souvent pour but de faire passer un raccord cut peu convaincant ; il est aussi utilisé pour les interviews afin d’adoucir le jump cut (en) inévitable au montage[1].
Les autres types de fondus [modifier]
En numérique, les logiciels de montage non-linéaire virtuel permettent d'utiliser beaucoup d'autres variétés de transitions à l'image. En général ces logiciels font partie de la famille des plug-in[2].
Histoire et symbolique du fondu [modifier]
Le fondu enchaîné fait partie de la famille des effets spéciaux (ou effets visuels pour l'image) ; il est utilisé dès l'apparition du cinématographe par Georges Méliès[3] ; celui-ci remplaçait fréquemment un personnage par un autre ou un objet par un autre pour simuler une transformation. Il avait remarqué que l'effet était plus saisissant si l'on filmait le plan, que l'on rembobinait un peu la pellicule et que l'on surimprimait la fin de la fin du plan avec le début du suivant (à l'écran, on avait alors l'illusion qu'il s'agissait d'un seul plan).
Jean Douchet estime que le fondu est issu du « phénomène sur lequel est fondé le cinéma : celui de la rémanence ou persistance des images visuelles[3]. » Il est souvent utilisé dans le traitement du temps : il marque l'ellipse, le passage d'une période à une autre, il indique aussi le flash-back. En revanche on l'utilise rarement pour les flash-forwards, « comme si la chose du futur devait nécessairement survenir de façon abrupte. » Un futur annoncé par un fondu est plutôt de l'ordre du songe, du souhait, de l'évocation comme on le voit par exemple chez Charlie Chaplin[3].
Historiquement, il y a beaucoup plus de fondus enchaînés dans le cinéma américain que dans les autres pays. La principale raison est économique ; aux États-Unis, le procédé de développement Eastman Color (en) permet de tester très rapidement et à moindres coûts un fondu enchaîné, en Europe, le procédé est Kodacolor (motion picture) (en) qui lui, demande plus de temps et reste coûteux du temps des truquages photochimiques.[réf. nécessaire] Par ailleurs, Jean Douchet[3] défend l'idée que le fondu a symboliquement été utilisé de manière idéologique durant les années 30 et 40 aux Etats-Unis. Ainsi, pour lui, l'aspect brutal de la réalité était masqué par l'impression de fluidité donnée par ce type de transition, « vampirisé par par une réalité fictionnelle lisse et fluide qui captive entièrement le spectateur. » Il n'hésite pas à parler de « fonction aliénante » à propos du fondu « au plus grand bénéfice de la conception économique du cinéma. »
Douchet juge qu'à l'inverse Orson Welles a utilisé les fondus enchaînés en cherchant à lutter contre cette idée de fluidité et de disparition de la collure, voyant ses fondus comme une lutte entre deux images basé sur l'idée de rémanence, marquant marquant le conflit entre ce qui vient (« l'action ») et ce qui s'en va (« la contemplation ») :
« L'image qui naît l'emporte sur l'image 1 qui se meurt, mais celle-ci n'en finit pas de disparaître si bien qu'on ne sait plus si la 2 est victorieuse ou si au contraire elle n'est pas impressionnée (surimpressionnée) par la 1 qui la marque et la détruit complètement[3]. »
Il cite en exemple les fondus de Citizen Kane et, un de ceux qu'il trouve les plus beaux, celui de l'arrivée au bal dans La Splendeur des Amberson. C'est la même idée qui est mise en œuvre dans le film d'Alfred Hitchcock La Mort aux trousses, lorsqu'on passe du personnage interprété par Eva-Marie Saint, resté à la gare, au champs de maïs de la séquence de l'avion, alors qu'elle sait (ce que le spectateur ignore) qu'elle a envoyé le héros du film dans un piège. Son image reste longtemps en surimpression sur celle du champ[3].
À la fin des années 50 et au début des années 60, le procédé intéresse peu les cinéastes de la Nouvelle Vague. Il est cher, dans une économie qui se veut légère, il semble appartenir à la Qualité française avec laquelle les nouveau réalisateurs veulent rompre, et sa fluidité s'oppose à la discontinuité qui est la marque de la narration de ces nouveaux films[3]. L'un des rares cas d'utilisation est le film de Jean-Luc Godard Vivre sa vie, où les lents fondus au noir qui ponctuent les chapitres sont comme « l'accentuation de ruptures lentes et fatales » et non l'idée d'une liaison entre les plans[3].
Avec le développement de la vidéo, le fondu fera son retour, que certains jugent « envahissant », menant parfois à « une bouillie fade ». En effet, le fondu y est si simple qu'il en devient extrêmement courant[3]. En 1993, Jean Douchet estime que le procédé abonde dans les clips et les films publicitaires[3].
Les types de fondus sonores [modifier]
Le fondu de fermeture [modifier]
En musique, un morceau peut se terminer par un fondu (baisse du niveau sonore jusqu'au silence) plus ou moins long suivant le tempo et les circonstances, c'est le « fade out ». En audiovisuel, le fondu sonore suit, en principe, le fondu de l'image.
Le fondu d'ouverture [modifier]
C'est l'inverse du fondu de fermeture (fade out) : on part du silence et, progressivement, le programme sonore atteint son niveau « normal » (fade in).
Le fondu enchaîné (cross-fade) [modifier]
En audiovisuel ou en diffusion, le fondu du son suit, en principe, celui de l'image. Comme pour l'image, il consiste à baisser graduellement le volume d'un signal sonore tout en en augmentant un second (par exemple avec une table de mixage ou un logiciel de lecture audio). Cette technique peut, par exemple, être employée pour passer d'un morceau à un autre sur une mixtape (ou compilation).
- En montage audio ou au mixage, il y a la possibilité d'utiliser plusieurs types de fondus enchaînés, dont certains « paramétrables sur mesure ».
- Pour le DJ, le fondu enchaîné n'a d'existence qu'avec le complément « calage tempo » (pour lequel l'anglicisme « beatmatching » est techniquement plus précis) si l'on veut éviter un « brouhaha ».
Notes et références [modifier]
- Le jump-cut est quasiment incontournable, en principe, quand il n'y a qu'une seule caméra
- Dans la famille des développeurs de ce type de logiciels plug-ins, Boris FX en est un des représentants significatifs.
- Jean Douchet, « Les fantômes de la surimpression », Cahiers du Cinéma, no 465, mars 1993, p. 50 à 52
Annexes [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Glossaire du cinéma
- Raccord (cinéma)
- Bande magnétique
- Enregistrement sonore
- Son diégétique et extradiégétique
- Diaporama
- Fusion
