Sahurs

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Sahurs
Le manoir de Marbeuf.
Le manoir de Marbeuf.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Haute-Normandie
Département Seine-Maritime
Arrondissement Rouen
Canton Grand-Couronne
Intercommunalité Communauté d'agglomération Rouen-Elbeuf-Austreberthe
Maire
Mandat
Thierry Jouenne
2014-2020
Code postal 76113
Code commune 76550
Démographie
Population
municipale
1 270 hab. (2011)
Densité 113 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 21′ 34″ N 0° 56′ 39″ E / 49.3594444444, 0.94416666666749° 21′ 34″ Nord 0° 56′ 39″ Est / 49.3594444444, 0.944166666667  
Altitude Min. 2 m – Max. 101 m
Superficie 11,23 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.sahurs.fr

Sahurs est une commune française, située dans le département de la Seine-Maritime en région Haute-Normandie.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune se trouve sur la rive droite de la Seine, à l'extrémité d'un méandre, et en bordure de la forêt de Roumare.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Les ponts les plus proches permettant de traverser la Seine sont le pont de Brotonne à Caudebec-en-Caux et le pont Gustave-Flaubert à Rouen. Un bac permet de traverser la Seine et de rejoindre la Bouille.

Article détaillé : Bacs de Seine.

Le village est desservi par la TCAR par le biais de la ligne 9 qui permet de rejoindre Rouen, ainsi que par deux lignes à vocation scolaires la ligne 76 et la ligne 97 qui permettent de rejoindre le collège Gounod à Canteleu. Il est également desservi par le système de transport à la demande FILOR développé par la CREA et mis en place depuis le 1er juillet 2011 [1]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Sahurs est mentionné sous les formes Salhus vers 1024[2] (charte de Richard II de Normandie), Salhus 1030 - 1035 (donation à la Trinité du Mont de Rouen), Salhus vers 1040 - 1050 (cartulaire de la Trinité du Mont), Salhus vers 1060 (charte de Guillaume le Bâtard)[3], [Richardus de] Sahors en 1184 (charte de Rotrou, archevêque de Rouen)[4], Sahurs en 1337 (pouillé du diocèse de Rouen)[5].

Le nom actuel Sahurs s'explique très bien par les formes anciennes du type Salhus régulièrement attestées au XIe siècle. En effet, la forme actuelle Sahurs résulte d'une métathèse de [l] et d'une mutation de [l] à [r]. Ces deux phénomènes s'observent régulièrement en phonétique historique. Dans le cas de Sahurs, il a eu lieu entre la fin du XIe siècle et le XIIe siècle.

Selon certains toponymistes, il s'agit d'un composé sur la base de deux appellatifs à la fois vieil anglais et norrois : vieil anglais salh « saule » (cf. anglais sallow « genre de saule ») associé à l'élément hus « maison » (vieil anglais hūs, moderne house, norrois hús « maison »), à savoir : « la maison du saule »[2],[6].

Ils le considèrent comme un équivalent du nom de lieu anglais Salhouse (Norfolk, Salhus 1291)[2]. Or, le Salhouse anglais représente plus vraisemblablement un pluriel de salh avec la désinence -us, la forme actuelle en -house résultant d'une étymologie populaire[7],[8].

Une comparaison avec le nom de lieu norvégien Salhus convient davantage. En effet, celui-ci remonte au vieux norrois Sálúhús qui désigne à l'époque chrétienne une « auberge pour les voyageurs » et qui est un composé des éléments sála « âme » et hús « maison »[9]. Il s'agit, entre autres, de celle se trouvant sur le parcours des bateaux vikings, où l'on pouvait passer la nuit, se restaurer et boire. Cette explication s'accorde bien avec la localisation de Sahurs en bord de Seine. Phonétiquement, la disparition du premier ú de Sálúhús est explicable par un phénomène de semi-haplologie.

☞ Les étymologies que l'on rencontre parfois sur certains sites internets ou certaines monographies sur l'histoire des communes comme, par exemple, une explication par le latin salix « saule » ou le latin saltus « bois » n'ont pas de fondement. En effet, d'une part, elles ne correspondent pas aux formes anciennes du type Salhus (salix ou saltus n'ayant aucune raison d'avoir été latinisés en Salhus), d'autre part, elles ne peuvent pas expliquer l'évolution phonétique en Sahurs. Le latin salix a donné régulièrement le vieux français (et dialectal) saus, sauce « saule » (cf. Saussay, la Saussaye « la saulaie », latinisé en Salicetum dans les textes) et le latin saltus, le vieux français salt, sault « bois » (cf. Beaussault « beau bois », Seine-Maritime, Belsalt XIIe siècle).

D'autres noms de lieux norrois se rencontrent sur le territoire de la commune :

  • Marbeuf, lieu-dit homonyme de Marbeuf (Eure, Marbuet XIe siècle ; Marbodium 1181), également situé en vallée de Seine, composé de l'anglo-norrois mara, qui a donné mare en normand et est passé dans le vocabulaire français au XVIe siècle. Le second élément est le terme norrois bóð (both) « maison, village », que l'on retrouve dans Elbeuf, Criquebeuf, etc.
  • Trémauville est une formation toponymique médiévale en -ville au sens ancien de « domaine rural », composé avec le nom d'homme vieux norrois Þormóðr ou vieux danois Thormoth, que l'on retrouve dans tous les Trémauville (ex : Trémauville, canton de Fauville-en-Caux, Tormodi villa en 1023[10], Tormot villa vers 1025) et Tourmauville de Normandie (cf. Tourmauville, hameau de Baron-sur-Odon, Calvados, Tormovilla en 1172) et, dans la Normandie ducale, le nom de personne Turmod, illustré par un chef normand retourné au paganisme et qui trouve la mort dans une bataille contre le roi des Francs.

Histoire[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1792 1793 Bernard Bataille    
1793 1796 Pierre Cabot    
1796 1799 Lefèbvre    
1799 1808 Pierre Hue    
1808 1831 Émile de Trémauville    
1831 1848 Jean Bernard Bataille    
1848 1853 Émile Estienne de Trémauville    
1853 1866 Ernest Hippolyte Cabot    
1866 1871 Frédéric Abraham Carré    
1871 1876 Jacques Florentin Lecoffre    
1881 1908 Eugène Leroux    
1908 1912 Édouard Cagnion    
1912 1919 Charles Cagnion    
1919 1928 Charles Bernard    
1928 1935 Paul Malenfant    
1935 1967 Maurice Alexandre    
1967 1988 Roger Pasquis    
1988 2001 Roger Gasly    
2001 2014 Guy Da Lage    
mars 2014 en cours Thierry Jouenne    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 270 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
736 750 766 753 740 741 772 766 755
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
696 693 633 581 589 599 570 550 550
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
541 558 568 539 521 526 558 624 612
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
631 755 788 870 1 008 1 120 1 310 1 270 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2004[12].)
Histogramme de l'évolution démographique


Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Manoir de Marbeuf.
Église Saint-Sauveur.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Moyen Âge et Renaissance[modifier | modifier le code]

  • Le château de Sahurs, démoli en 1781, appartenait aux Brévedent, qui avaient dans le chœur de la chapelle Saint-Sauveur, leur caveau sépulcral.
  • L'église Saint-Sauveur est l'ancienne chapelle du château[14]. Elle fut construite au XIe siècle à l'origine. Il reste de ce temps un chevet circulaire et une partie de la nef. Le chœur date du XIIe siècle. Ils sont reconnaissables à leurs fenêtres romanes. Dans les murs, on remarque des arcades qui communiquaient avec des collatéraux disparus. Le XVe siècle a commencé la nef et n'en a bâti que la partie inférieure. La cloche « Marie-Louise » sonne toujours et date de 1738. À l'intérieur, un retable en bois polychrome du XVe siècle représente une mise au tombeau dont les personnages ont les yeux bridés et la barbe en pointe. Saint-Sauveur conserve également une copie d'un tableau de Guido Reni, représentant l'Annonciation et offert par Napoléon III en 1860[15].
  • Le manoir de Marbeuf et la chapelle de Notre-Dame-de-la-Paix sont situés au hameau de Marbeuf (ou du Marais)[16]. De style gothique, le manoir date de 1515 et sa façade est en colombage et en pierre de Caumont, les autres parties anciennes ont été détruites et remplacées par une aile du XVIIIe siècle. La chapelle est une construction de pierre, attribuée à Louis de Brézé, sénéchal de Normandie et époux de Diane de Poitiers, qui l'aurait élevée vers 1525. Terminée par un chevet à trois pans, elle n'est composée que de deux travées très élégamment voûtées. Les fenêtres ont encore leurs meneaux, mais elles ont perdu leurs verrières. On y trouve : une jolie piscine, des lambris du XVIe siècle, des dalles formant pavage et recouvrant un caveau sépulcral[17]. En 1635, cette chapelle, alors dédiée à Notre-Dame-de-la-Paix selon la volonté de Pierre de Marbeuf, prit le nom du Vœu à cause d’un vœu qu’y fit Anne d'Autriche[18] : la reine avait promis de donner à cette chapelle une statue d’argent s’il lui naissait un fils. L’image devait être du poids du dauphin. Elle eut Louis XIV 2 ans plus tard, ce qui fait dire à l'époque : « c'est Sahurs qui donne un roi à la France ». En 1638, elle fit porter à la chapelle une image en argent et pesant vingt-quatre marcs (près de 6 kg), sur laquelle on pouvait lire l'inscription commémorative en latin : Beate Marie Salhutiensi de Pace dictae. Cette image y est restée jusqu’à la Révolution. Depuis cette époque, la chapelle est devenue un lieu de pèlerinage très fréquenté et de dévotion révéré du voisinage.

Renaissance et période moderne[modifier | modifier le code]

  • L' ancien château de Soquence date de la fin du XVIe siècle[19]. Il a été édifié par Charles Gruchet, conseiller au parlement de Normandie, Soquence abrite une « maison de campagne » typique de la période de la Renaissance en cette province. Le corps de logis s'organise autour d'une cour centrale et adopte la forme traditionnelle en U : les ailes perpendiculaires sont réservées aux communs, et la partie centrale, découpée en son milieu par une grande arcade, s'ouvre sur une succession de terrasses exposées au sud et dévalant vers la Seine ; on parle à l'époque du « beau et fructueux vignoble de Soquence ». La chapelle a disparu. Cet ancien monument est souvent confondu avec le château de Soquence qui est une bâtisse en brique et pierre de 1840 de style néo-gothique.

Monuments historiques[modifier | modifier le code]

La commune compte trois monuments historiques :

  • le château de Soquence : le corps de logis a été inscrit par arrêté du 27 octobre 1988 et le parc, y compris la clôture, a été inscrit par arrêté du 8 janvier 1998[20] ;
  • l'église Saint-Sauveur, construite au 11e siècle, classée par arrêté du 2 avril 1928[21] ;
  • le manoir de Marbeuf, dont le porche d'entrée et chapelle ont été classés par arrêté du 7 mai 1945[22].

Autres lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Château de Trémauville[23].
  • Maison conservant des éléments de l'ancienne église Saint-Maur, dont une niche avec la statue de saint Maur rappelle l'emplacement. L'église a été supprimée à la Révolution.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mise en place du système FILOR
  2. a, b et c François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-maritime, éditions Picard 1979.
  3. Jean Adigard des Gautries, « Les noms de lieux de la Seine-Maritime attestés entre 911 et 1066 » in Annales de Normandie, vol. 9, 1959, p. 155.(lire en ligne)
  4. Gallia christiana, t. XI, Imprimerie Royale, Paris, 1759, Instrumenta, p. 26E, § XXIV.
  5. Pouillé du Diocèse de Rouen, 1337, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 11c.
  6. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Presses Universitaires de Caen, 1996 (ISBN 2-905461-80-2), p. 214.
  7. Eilert Ekwall, The Concise Oxford Dictionary of English Place-names (4th edition), Oxford University Press, Oxford, 1960, p. 402a.
  8. A. D. Mills, A Dictionary of English Place-Names, Oxford University Press, Oxford, 1993, p. 283b.
  9. Jean Renaud, Vikings et noms de lieux de Normandie, éditions OREP, 2009. p. 90.
  10. François de Beaurepaire, op. cit., p. 157
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  13. Jean Benoît Désiré Cochet, Répertoire archéologique de la Seine-Inférieure, Imprimerie nationale, Paris, 1871
  14. « Notice no IA00021535 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  15. Le Patrimoine des communes de la Seine-Maritime, tome II, Flohic éditions, 1997, p. 753-754.
  16. « Notice no IA00021537 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  17. Abbé Cochet, Op. cité.
  18. Vœu d'Anne d'Autriche
  19. « Notice no PA00101015 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  20. « Notice no PA00101015 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  21. « Notice no PA00101016 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  22. « Notice no PA00101017 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  23. « Notice no IA00021534 », base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]