Toponymie normande

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On appelle toponymie normande l'étude de noms de lieux en Normandie ou dans les régions de Haute et de Basse-Normandie. La forte présence d'anthroponymes de Normands, ainsi que l'emploi d'appellatifs norrois et vieil anglais sur un substrat romanisé en font la spécificité et l'intérêt.

Historique[modifier | modifier le code]

La toponymie normande est basée sur un substrat celtique et gallo-roman conséquent, ainsi que sur une mince couche de toponymes (comme Hodeng, Barc, Bouafles, Avesnes, etc.) et d'appellatifs toponymiques affixés (comme -bourg, -ham, etc.) empruntés au germanique westique (vieux bas francique, saxon) notamment dans le pays de Bray et le Bessin. En revanche, les anthroponymes germaniques entrant dans la formation des noms de domaines basés sur des appellatifs romans affixés (comme -court, -ville, -bosc, -mesnil) au Moyen Âge, sont beaucoup plus nombreux (pour toute cette partie, se référer à toponymie française). Ces caractéristiques générales ne concernent pas tous les pays normands de manière uniforme, ainsi les anthroponymes d'origine scandinave ou anglo-scandinave dominent dans le pays de Caux, le Roumois, le Clos du Cotentin[1], les côtes ouest du Cotentin, la basse vallée de la Seine et les environs de Caen. Ils se combinent généralement à des appellatifs toponymiques issus du vieux scandinave, de l'anglo-saxon ou du gallo-roman pour former un ensemble caractéristique propre à la seule Normandie, qualifié parfois de toponymie norman[n]ique. On y rencontre également des adjectifs qui procèdent aussi du vieux scandinave et de l'anglo-saxon en composition avec des appellatifs de même origine. Dans ces régions, les éléments normaniques ont souvent supplanté les toponymes antérieurs. Ils restent des témoins de l'emploi d'une variété ou de plusieurs variétés de langues nordiques jusqu'au XIe siècle, même si le clerc tourangeau Benoît de Sainte-Maure affirme que l'on parlait encore « danois » sur les côtes normandes au XIIe siècle. En revanche, les pays normands du sud (Campagne de Saint-André, pays d'Ouche, Hiémois, Bocage virois, Domfrontais, pays d'Houlme, pays d'Andaine, Mortainais), ainsi que l'Avranchin et une partie du Bessin ont été peu touchés par l'installation des colons nordiques et ils ont conservé un substrat pré-normanique significatif.

L'article n'a pas pour sujet les créations toponymiques postérieures au XIe-XIIe siècle, comme par exemple les noms en -ière basés sur un patronymes ou encore ces noms de famille pris absolument que l'on rencontre principalement dans les microtoponymes.

La spécificité des noms en -ville[modifier | modifier le code]

Noms de communes de France composés avec l'appellatif -ville

Les formations toponymiques les plus répandues en Normandie sont les composés médiévaux en -ville qui signifie anciennement « domaine rural ». Cet appellatif toponymique est issu du gallo-roman VILLA de même sens. Il trouve son origine dans le latin villa rustica « grand domaine rural », mais n'a vraisemblablement jamais servi de mode de formation des toponymes à l'époque gallo-romane. L'exemple le plus anciennement cité dans cette province est celui de Bourville en 715, sous la forme latinisée Bodardi villa et qui se traduit par « le domaine rural de Bodard(us) », Bodard(us) étant un anthroponyme germanique qui se perpétue dans les patronymes Bouard et Buard. Les colons anglo-scandinaves ont perpétué l'usage de -ville, que les autochtones gallo-francs avaient initié. L'appellatif suffixé -ville (parfois préfixé Ville- dans l'Avranchin) est généralement précédé d'un nom de personne ou beaucoup plus rarement d'un autre appellatif ou d'un adjectif. Parfois, on rencontre plusieurs toponymes contigus basés sur le nom du même personnage dans les limites d'une seule commune ou de deux communes voisines. Il arrive ainsi de voir associés : Gatteville et son étang de Gattemare ; Illeville-sur-Montfort et sa mare d’Illemare ; Honnaville et sa rivière de Honfleur ; Crémanville et sa rivière de Crémanfleur ; Muneville-sur-mer (Mulevilla, s. d., Mulleville sur la Mer 1503) et son ruisseau Le Mulambec ; Vatteville et son port de Vatteport ; Étoupeville (à Sotteville, Estobavilla 1093) et son bois d'Étoublon (Stobelont vers 1000) ; Cideville et Cidetot ; Hattenville et Hattentot ; Appeville, Aptot et Aptuit ; Iville et Vitot ; Achevilla (Acqueville) et Achelunda en 1070 - 79, etc.

Par ailleurs, François de Beaurepaire a émis l'hypothèse d'un lien familial entre propriétaires de domaines fonciers, lorsque l'on identifiait un même élément au sein de toponymes (en -ville ou non) situés à proximité les uns des autres. En effet, on peut remarquer que dans quelques cas, des éléments anthroponymiques germaniques analogues se trouvent dans des noms de domaines contigus, par exemple: Heudebouville, Fontaine-Heudebourg et Heudreville-sur-Eure[2]. On constate que l'élément de base des anthroponymes ci-dessus est le germanique hild. Or, on sait par ailleurs que ces unités linguistiques se transmettaient par filiation de génération en génération chez les Germains. On peut donc supposer qu'il s'agissait de membres d'une même famille. Le même système de dérivation anthroponymique a peut-être existé chez les Anglo-Saxons, ce que pourrait suggérer la proximité d'Allouville-Bellefosse, d'Alvimare et d'Alvimbusc, formés peut-être respectivement avec les noms Æthelwold et Æthelwin/ Alwin sur la base du même thème æthel, à moins qu'il ne s'agisse là-encore de noms de personnes issus du germanique continental indépendants les uns des autres, puisque ce type de formation anthroponymique n'a sans doute pas pu se perpétuer dans le domaine roman jusqu'au Xe siècle, les appellatifs -busc et -mare n'étant pas antérieurs à cette époque.

Le même auteur[3] remarque que le nom de personne associé à l'appellatif -ville n'est jamais au cas régime, comme on peut le voir ailleurs. Par exemple, le nom d'homme germanique Boso extrêmement fréquent dans cette province, apparaît toujours sous la forme Beuze- comme dans les nombreux Beuzeville, typiques de l'aire normande, alors qu'ailleurs on trouve Bouzonville, Bouzanville, etc. avec la désinence -on caractéristique du cas régime de ce type de nom de personne[4].

Nombre de ces toponymes en -ville sont basés sur un nom de personne analogue, le plus souvent norrois, de sorte qu'il existe de nombreux homonymes vrais. On ne compte plus les Colleville ; les Amfreville Page d'aide sur l'homonymie ; les Tocqueville Page d'aide sur l'homonymie ; les Tourville Page d'aide sur l'homonymie ; les Touffreville Page d'aide sur l'homonymie ; les Trouville ; les Bretteville Page d'aide sur l'homonymie ; les Beuzeville ; les Épreville; les Auzouville ; les Sotteville et les Grainville, que l'on ne rencontre pas à l'extérieur des frontières historiques du Duché de Normandie.

À noter également la rareté des noms en -ville, construit avec un adjectif ou un appellatif. On trouve bien quelques Belleville, Neuville Page d'aide sur l'homonymie, Granville, Longueville et Hauteville Page d'aide sur l'homonymie, formés avec les adjectifs romans « belle » « neuf », « grand », « longue » et « haute »[5].

On peut enfin souligner que la Normandie est avant la Lorraine romane, la région où se concentre le plus grand nombre de formations en -ville (Cf. carte ci-dessus). On estime à 20 % environ, le nombre total des communes de Normandie formées avec l'élément -ville. D'autres estimations font part de l'existence en France de 36591 communes au total, dont seulement 1068 se terminent par -ville (si l'on exclut les variantes du sud de la France en -fielle, -vielle et -viale). Sur 1068, 460 se trouvent en Normandie (plus d'1/3), alors qu'elle ne compte que 3232 communes, soit 14,2 %[6].

On note aussi, dans l'Avranchin principalement, quelques formations toponymiques caractéristiques de la formule inverse Ville- + anthroponyme (ex : Villechien, Villebaudon). Ce type toponymique est rare en Normandie, mais fréquent dans la Beauce. Villedieu (villa Dei) n'entre pas réellement dans cette liste, puisqu'il s'agit d'une formation toponymique plus tardive liée au développement de l'ordre des templiers.

Description d'appellatifs proprement normands[modifier | modifier le code]

Dans les différents pays normands cités ci-dessus, on retrouve d'innombrables noms de communes ou de lieux-dits composés avec des appellatifs norrois ou vieil anglais caractéristiques.

Formes romanes d'appellatifs issus du norrois ou du vieil anglais[modifier | modifier le code]

  • -bec, Bec-, Bec (le), du vieux norrois bekkr « ruisseau » cf. norvégien bekk : 2 communes Caudebec (Caudebec-lès-Elbeuf, Caldebec Xe siècle, Caudebec-en-Caux, anciennement Caldebec cf. Caldbeck GB), Bolbec, Bricquebec, Clarbec, Foulbec (cf. Fulbeck, GB, Fulebæk, DK), Filbec, Beaubec-la-Rosière, etc.
  • -beuf (certains -bœuf par attraction graphique du français bœuf) ou -bot, du vieux norrois bóð « cabane, habitation » (vieux danois both) cf. anglais booth « cabane », d'origine norroise, et danois bod. Il semble qu'en Normandie, il ait pris le sens spécifique qu'ont le vieux norrois et le vieil anglais , c'est-à-dire celui de « résidence, village », peut-être à cause de la variante nordique de l'ouest, ancien islandais búð « habitation ». Toujours est-il que cette confusion s'observe aussi dans Haddeby dans le Schleswig-Holstein, désigné Hadæboth en 1285, -by [by] étant normalement issu de . Ainsi, les toponymes de Grande-Bretagne en -by présentent un certain nombre de correspondances avec les toponymes normands en -beuf :
Exemples
Normandie Grande-Bretagne
Elbeuf (*Welleboth[note 1]) Welby
Criquebeuf (*Kirkeboth) Kirkby Page d'aide sur l'homonymie
Daubeuf (*Dalboth) Dalby
3 Elbeuf (Wellebuoth-[sur-Seine] 1070-1081, cf. Welby GB), Quillebeuf [?], Cricquebœuf, plusieurs Criquebeuf (cf. Kirkby GB) , Quittebeuf, plusieurs Daubeuf (Dalbuoth 1011, Dalbuth-[la-Campagne] v.1025 cf. Dalby, GB), Coimbot, Butot (Buthetot XIe siècle), etc. Si le premier élément de Carquebut (Kerkebu 1228) s'explique bien par le vieux norrois kirkja (tout comme les noms en Crique-), en revanche le second élément n'a pas la même origine que -beuf, il n'est donc pas équivalent aux Criquebeuf, Criquebœuf. En effet, selon la majorité des toponymistes, il s'agit bien plutôt du vieux norrois ou du vieil anglais « résidence, village ». Il est donc un équivalent strict des Kirby / Kirkby anglais, des Kirkeby danois et Kyrkeby suédois.
  • -bourg de buhr, burg « village ». En Normandie le mot bourg n'a pas en toponymie l'origine germanique continentale (ou bas latine) qu'il a ailleurs en France. Il peut remonter soit à l'installation des Saxons aux Ve et VIe siècles ou à la colonisation anglo-scandinave au Xe siècle. Cabourg (Cadburgus 1077 cf. Cadborough, Cadbury GB) ; Jobourg et Jerbourg à Guernesey (composé anglo-scandinave, d'après eorðburg, norrois jorð terre), Caillebourg (nom de personne scandinave Karli), Wambourg (ancien nom de Saint-Aubin-sur-Quillebeuf), etc.
  • Bri(c)que-, -brè(c)que du vieux norrois brekka « déclivité, pente » : Bricquebec, Bricqueboscq (Brichebot v.1100, Brikebo 1224, cf. ci-dessus), Bricqueville, Briquedalle, Briquemare et peut-être le chemin de la Briquetonne à Saint-Aubin-sur-Risle, Bré(c)quecal, Houllebrèque a Saint-Aubin-su-Mer, etc.
  • -broc ou Bruque- du vieil anglais brōc « ruisseau », moderne brook, même sens : Bruquedalle (anciennement Brokedale 1185-89, cf. Brookdale GB) ; ruisseau du Brocq (Manche), ruisseau du Fouillebroc cf. Fulbrook, GB, ful « sale ». cf. Foulbec (Fulbeck, GB), Fultot, etc.
  • Cher-, -cher, ou -quier du vieux norrois kjarr « marais » : Gonfreville-l'Orcher (jadis Aurichier Cf. Ellerker GB, Elkier D) ; Villequier, Cherbourg (Carisburg XIe siècle, Chierebourc au XIVe siècle chez Froissart) de kjarr suivi du vieux norrois borg, c'est-à-dire « le château des marais »[7], Carry (Carrwic en 1207)
  • -clif, Cli-, Clé-, du vieux norrois klif ou du vieil anglais clif « rocher », cf. anglais cliff : Ancien Risleclif dans la vallée de la Risle ; Witeclif maintenant Côte Blanche, ancien vignoble à Évreux ; Verclives (Warcliva 1025) ; Clitourps (Clitorp 1164 - 1180) ; Cléville (Calvados, Cliville 1066 - 1077 ; Seine-Maritime, Clivilla 1121 - 1133) ; Carquelif (Kareclif 1226), Mont Étenclin (Estenclif 1262) ; Mont de Doville, ancien Mont d'Escaulequin 1499 (Dodville 1082, Sanctus Martinus d'Escalleclif XIIe siècle, Escaulleclif 1213, Dovilla vers 1280) ; Clairefougère (Clivefeugeriam en 1133 et plus tard au XIIIe siècle)[8].
  • -cotte, Cotte- de cot « petite masure » cf. cottage et cottin mots normands (peut aussi représenter le norrois kot) : Vaucotte (homonyme de la pointe Vaucotte à Omonville-la-Rogue, équivalent des Walcott anglais), Cottévrard, Caudecotte, Caudecôte, Côte-Côte, Cotte-Cotte (correspondant des Caldecott anglais), etc.
  • Croc(q) ou Crotte, -crocq (quand ce n'est pas le français crotte « grotte ») du vieil anglais Croft (« pièce de terre ») : Bec-de-Croc (anciennement Bethecrot); Vannecrocq (Wanescrotum XIe siècle ; cf. Walshcroft GB), Roucrotte, le Crocq, etc.
  • Crique, -crique, Crique- ou Carque- du vieux norrois kirkja « église » : plusieurs Criquetot, Yvecrique, Carquebut, Querqueville, etc.
  • Dalle, -dalle, -dal ou Dal- du vieux norrois dalr « vallée », vieil anglais dale : Val-Didale (Nolléval, vallis Didale 1211), Saint-Vaast-Dieppedalle, Dieppedalle (Cf. Deepdale GB), Oudalle, Eudal (Nacqueville, Usdale 1256), Biédal, Becdal (Acquigny, Becquedal 1335), Mordal (Varengeville-sur-Mer, la cavée de Mordalle 1680, cf. Mordal N), Rodal (Biville, Rodal fin XIe siècle, cf. Rodal DK), Tordal (Senneville-sur-Fécamp, costa de Tordal vers 1240), plusieurs Daubeuf, Les Petites-Dalles, Les Grandes-Dalles, le Dallet, etc.
  • -écal, Écal-, écalle du vieux norrois skali « chalet, habitation temporaire » dans Écalgrain[9], Bré(c)quecal, Escalleclif[10], etc.
  • E(s)ta(i)n-, -éta(i)n , du vieil anglais stān (moderne stone) ou, dans la plupart des cas, du vieux norrois steinn (scandinave stein) « pierre » : Fatouville-Grestain (Grestano vers 1050 Cf. Garston, GB, jadis Grestan); Etalondes (Stanelonde 1059, Stenelunda 1119); Etainhus (Esteinhues fin XIIe siècle); Etaintot (Saint-Wandrille-Rançon); Etangval (aux Pieux); Mont Étenclin (Estenclif 1262 ); la Roche Gélétan (à Saint-Germain-des-Vaux, Jallestain vers 1200) ; Esteinvei vers 1320 à Fresville(« le gué de pierre », normand vei, vey « gué » cf. la Baie des VeysFresville); peut-être aussi dans les Etennemare et Tennemare; etc.
  • -ey du vieux norrois ey « île », qui a permis de former le nom de la quasi intégralité des iles Anglo-Normandes : Chausey, Jersey, Guernesey, Alderney (Aurigny). On retrouve cet élément toponymique, entre autres, dans un archipel situé au nord de l'Écosse : les Iles Orcades qui sont appelées Orkney en anglais.
  • -fleur du vieil anglais flēot « fleuve côtier, rivière se jetant dans la mer » ou vieil anglais flod : Harfleur (Herolfluot en 1035), Honfleur (Hunefleth en 1025 ; Hunefloth vers 1062), Barfleur (Barbefloth, Barbeflueth en 1066-77), Vittefleur (Witeflue en 1130-64), Fiquefleur, la Gerfleur (à Carteret).
  • Hague, -hague, du vieux norrois hagi « enclos »: la Hague, les Tohagues (à Beaumont-Hague, jadis l'Etohague) et Etauhague (à Imbleville) « enclos pour les chevaux » de stod, anglais moderne stud, (cf. Stodday GB), etc.
  • Ham, -ham, certains -a(i)n du saxon ou de l'anglo-saxon hām « maison, hameau ». Existe ailleurs en France, mais ici d'origine anglo-scandinave. On le trouve dans des régions à forte densité de toponymes anglo-scandinaves. Le Ham ; Ouistreham ; Étréham ; Huppain ; Surrain ; Hemevez, puis le Hamel ; Hamel-, etc.
  • Hou, -hou, Hau-, selon les uns du vieil anglais hōh « terrain en pente, promontoire en forme de talon, dominant la plaine ou la mer; escarpement rocheux, rivage abrupt », selon d'autres, dans certains cas, du scandinave holmr (îlot) [11]. cf. Hotot, Hautot, le Hou, Tatihou, Quettehou (Chetehulmum 1066-83), Jéthou, Brecqhou, Écréhou, etc. En Grande-Bretagne, l'emploi de hōh serait parallèle. Il aboutirait en finale à -hoo ou -hoe, parfois -(h)ow : ainsi Northoo (Suffolk); Poddinghoo (Worcestershire); Millhoo (Essex); Fingringhoe (Essex); Rainow (Cheshire) , etc. Employé seul, on le trouve sous la forme Hoe, Hoo, Hooe ou the Hoe, comme par exemple the Hoe à Plymouth (Dorset), éminence surplombant le port, parallèle aux nombreux "le Hou" de Normandie[12].
  • -homme / -houme, Hom(me), beaucoup plus rarement -onne; du vieux norrois holmr « îlot, prairie au bord de l'eau ». Emploi autonome : Le Houlme / Le Hom(me) : Le Houlme, le Homme (de Hulmo v. 1160), Robehomme (Raimberti Hulmus 1083), nombreux le Hom.
  • Hougue ou Hogue de haugr « colline, hauteur » : Saint-Vaast-la-Hougue, nombreux les Hogues, la Hoguette, le Houguet.
  • -(h)us de hūs « maison », peut représenter plutôt le norrois hús de même sens : Etainhus ; Sahurs (Salhus v. 1024) ; Cf. Salhus en Norvège.)
  • -lan(d) du vieux norrois ou du vieil anglais land « terrain » : Heuland, Etelan, Etelan (à Catz), Etolan, Rosserant (Rosselant 1260) à Gaillon, le Tingland à Jobourg, Hougueland à Biville (Manche), etc.
  • Londe, -lon, -ron, du vieux norrois lundr « bois, forêt » : Faguillonde, Bouquelon (Cf. Boklund, Böklund. Schleswig-Holstein D), Écaquelon (Esquaquelont 1236 - 1234), Catelon (Catelunti 1096 - 1101), Yquelon, Iclon (Ichelunt 1088), Étoublon, Yébleron (Eblelont v. 1210), nombreux La Londe, etc. Le terme londe faisait encore sens en dialecte normand au XVe siècle.
  • Mare, mar-, -mare de marr (genre masculin = mer) croisé avec le vieil anglais mere (genre féminin parfois = « eau stagnante, lac », éventuellement « mer ») : L'emploi du mot mare comme nom commun est attesté vers 1175 chez Benoît de Saint-Maure, dans l’Estoire des Ducs de Normandie au sens de « nappe d'eau stagnante peu profonde »[13] et chez Marie de France à la fin du XIIe siècle[14] qui écrit en anglo-normand. Il s'agit d'un terme essentiellement normand avant le XVIe siècle[15]. Il est issu du vieux norrois marr (masculin)[16],[17], peut-être croisé avec le terme anglo-saxon mere (féminin)[18],[13] de sens proche, généralement « lac », il a pris le sens d'« étang », puis le sens actuel en Normandie. Le terme y est en outre directement attesté dès 1042 - 1066 dans un acte des ducs de Normandie[19]. L'ancien scandinave marr se perpétue également dans le norvégien mar « mer », le norn des Shetlands mar « mer, zone de pêche en eau profonde » et surtout le féroien marrur « vase, bourbe »[20], évolution sémantique qui le rapproche du terme français.
    Cependant les attestations documentaires sont tardives par rapport à la date de formation de composés toponymiques anglo-scandinaves en -mare de Normandie. En effet, les spécialistes estiment que ces formations sans article défini et avec postposition du déterminé datent au plus tard de la fin du Xe siècle[21]. Les attestations de toponymes en -mare remontent un peu antérieurement au seul nom commun mare : Longuemare (Langomarra Xe siècle); Roumare (Rolmara 1035); Guitricmara en 1011, etc.
    Il n'existe aucun nom de lieu en -mare ayant cette même origine dans les autres régions (sauf dans des cas de transferts comme Croismare, du nom de Croixmare (Seine-Maritime), Croismare 1084).
    Ces types toponymiques en -mare sont généralement composés avec un anthroponyme (anglo-saxon, scandinave ou germanique), un autre appellatif toponymique (scandinave ou anglo-saxon) ou un adjectif (anglo-scandinave ou roman) :
  1. avec un nom de personne : Alvimare (Alvimara 1156, NP Adalwin, Æthelwin ou Alwin) ; Angommare (Ansgomare 1241, NP Ásgautr > Angot); Saint-Vincent-d'Aubermare (Osbermara 1264, Ásbjorn > Osbern > Auber); Catemare (Catemara 1199, NP Kati); Colmare (Colmare fin XIIe siècle, NP Koli); Lignemare (Anedini mare 1059 Anelini ? NP Anelinus); Mélamare (Mellomara XIIIe siècle, NP *Merlo, Mello) ; Quatremare (Guitricmara 1011 ?) ; Roumare (Rolmara 1035, NP Hrófr > Rouf > Rou); Vicquemare (Wiguemare vers 1210, NP Vigi), etc.
  2. avec un autre appellatif : Étainmare (Estainmare sans date, de steinn « pierre »); Briquemare (brekka « pente, déclivité »); Honguemare (Hanguemara vers 1060[22], hang- « pente »), Londemare (lundr « bois » > Londe), Vignomare (*hvein, graminée, top. norvégiens en Hveina-, danois hvene. Normand vignon, vignot, vène « ajonc »), etc.
  3. avec un adjectif norrois ou anglo-saxon : Houllemare (holr « profond »); Lillemare (à Boncourt, lítill petit > norvégien lille cf. Lilletot, Licteltot vers 1055); Longuemare (Langomarra Xe siècle, langr « long »); Ymare (Wimara vers 1240, viðr « large » ou hvítr « blanc »), etc. N.B : les appellatifs romans d'origine bas latine (-ville, -mesnil, -mont, etc.) ne sont jamais associés à des adjectifs anglo-scandinaves dans la toponymie normande.
  4. avec un adjectif roman : Fongueusemare (Fanguosemare 1252, « fangeuse mare ») ; Parfondemare (au Hanouard, « profonde mare »); Sausseuzemare (Salicosa mara 1080, « sausseuse mare », c'est-à-dire « mare aux saules » AF saus « saule »)
  5. avec un autre nom de lieu : Hectomare (Quetomare 1374, Esquetomare 1658, « la mare d'Ecquetot »)
  6. avec un élément mal identifié (anthroponyme, adjectif ou autre) : parmi les nombreux autres toponymes en -mare, souvent sans formes véritablement anciennes, on note : Aumare (à Daubeuf-près-Vatteville), Bauquemare (disparu, resté comme patronyme), Bimare (à Saint-Germain-des-Essourts), Binemare (à Fresquiennes), Blacquemare (à Beuzeville), Blésimare (à Angerville-l'Orcher), Bottremare (à Fontaine-Heudebourg), Brémare (à Saint-Aubin-de-Crétot), Château de Brumare, Caillemare (à Saint-Ouen-de-Thouberville), Caumare (disparu, resté comme patronyme), Cliquemare (à Sainte-Hélène-Bondeville), Cornemare (à Bolleville), Croix Commare (à Foucart), Drumare (La Cerlangue), Éneaumare (à Saint-Martin-du-Manoir), Endemare (disparu, resté comme patronyme), Équinemare (à Bosc-Bordel), Étennemare (à Limesy), Flamare (à Louvetot), Havre de Flicmare (à Gatteville-le-Phare), Frémare (Forêt Domaniale d'Arques, Arques-la-Bataille), la Gaudimare (à Allouville-Bellefosse), Gattemare (à Gatteville-le-Phare), Germare (à Saint-Mards-de-Blacarville), Goudemare (à Yquebeuf), Gremare, Grémare (disparu, resté comme patronyme), Hecquemare (à Illeville-sur-Montfort), Himare (à Berville-en-Roumois), Homare (à Saint-Léger-du-Gennetey), Inglemare (à Fermanville, à Amfreville-la-Campagne, à Étréville, à Belbeuf et à Ocqueville), Ingremare (à Ailly), Intremare (à Venon), Limare (disparu, resté comme patronyme), Loumare (à Écalles-Alix), Normare (à Belbeuf), Ordemare à (Saint-Maclou-de-Folleville), Péromare (à Touffreville-la-Cable), Platemare (à Houetteville), Plattemare (à Millebosc), Rétimare (à Yvetot), Rucquemare (à Cliponville), Saussemare (à Saint-Aubin-sur-Mer (Seine-Maritime)), Tennemare (à Écrainville), Trottemare (à Valletot), Vandrimare, Videmare (à Oudalle), etc. Ils sont tous situés dans le pays de Caux, le Roumois, l'Entre-Caux-Vexin, le Vexin normand, le pays de Bray normand et le Cotentin dans les zones de diffusion de la toponymie anglo-scandinave.
  7. avec Mar- comme premier élément : on peut ajouter dans la même ère de diffusion : les types scandinaves Martot (Pont-de-l'Arche, Marethot vers 1160) de *Marrtopt « la ferme de l'étang » et Marbeuf (Le Neubourg, Marbuet XIe siècle) de *Marrbóð « la cabane de l'étang », dans ce cas l'usage de Mar- comme premier élément d'un composé toponymique est semblable à celui de Mar- dans des toponymes danois et suédois, cf. Martofte (DK), Martofta (S) « Martot ».
  8. Grande-Bretagne : on trouve des types toponymiques parallèles en Grande-Bretagne, comme par exemple Windermere (GB) « le lac de Vinandr » ou Buttermere (GB) « le lac de Buthar »
  • Nez, du vieux norrois nes « cap » : Nez de Jobourg, Nez de Voidries, le Nez Bayard et la Pointe du Nez à Saint-Germain-des-Vaux, le Nez du Magazin à Auderville, la Couronne du Nez à Gréville, le Nez (ou Nais) de Tancarville, etc. NB : ce n'est pas le mot français nez (appendice nasal), même si la graphie moderne peut laisser croire qu'il s'agit du même mot. En effet, il est exclusivement attesté en Normandie (îles anglo-normandes comprises) et dans l'extrème nord de la France (cap Gris-Nez, cap Blanc-Nez). En outre, les patoisants de la Hague faisaient la distinction entre le [no:] « nez » et le [ne:] « cap ». Dans le nord de la France, le terme est issu de l'ancien flamand nes « nez, cap »
  • Raz du vieux norrois rás « course, courant marin dans un chenal » : Raz de Barfleur (Ras de Catte en 1120, Cataras en 1149), Raz de la Percée, le Raz Blanchard, le Raz de Bannes, le Gros du Raz à la Hague. NB : le mot ras a été emprunté à l'ancien normand par le français et est notamment utilisé dans le composé raz-de-marée. Contrairement à une opinion répandue, due à la réputation de la pointe du Raz et à la graphie -z qui peut sembler bretonne à première vue, l'ancienneté des attestations normandes et leur fréquence, font du mot breton un emprunt au normand par l'intermédiaire des marins.
  • Thuit ou -tuit du vieux norrois thveit « essart » Cf. danois tvæd, noms de lieux anglais en thwaite : Bracquetuit (avec brakni, buisson Cf. Brackenthwaite GB, Bregentved DK), Vautuit, Criquetuit, Le Thuit-Simer, etc.
  • -tonne fréquent dans le Roumois (Brotonne, Hautonne, Martonne) est probablement d'origine norroise: tuna dans Sigtuna, Fjelltuna, Haugtuna, etc.
  • T(h)ot, -tot, -tôt, du vieux norrois topt « emplacement, ferme » Cf. scandinave moderne toft « maison, emplacement » : Yvetot, Routot, Colletot, Fourmetot, Valletot, Criquetot, Bouquetot, les nombreux Hautot (jadis Hotot, Cf. Huttoft GB.) et Hotot, Vergetot, Martot, Anxtot, Coquetot à Bourg-Beaudouin, etc. L'appellatif tot est l'élément d'origine norroise le plus répandu, en effet, on recense environ 350 toponymes en -tot, -tôt ou du type le T(h)ot.
  • Tourp(s), Torp(s), -torp ou -tour(ps) , du vieux norrois torp « village » : Clitourps (pron. [klitur]), Saussetour à Fréville, Sauxtour (se prononce « Saussetour ») à Théville, Guénétours, Le Torp-Mesnil, le Torp, le Torpt, Torps.
  • Vic(q), -vi(c) ou -vy du vieux norrois vík « anse, crique, entrée d'un port » (cf. normand viquet « petite porte » > français guichet) : Sanvic (Sanwic 1035), Vasouy (Wasvic 1035), Plainvic, Cap Lévi (pour *Capelvy, jadis Kapelwic au XIIe siècle), Silvy (Selevy en 1570, de selr « phoque » ? ), Carry (Carrwic en 1207, de kjarr « marais ») ou Pulvy (de píll « saule » ?), Le Vicq, Houlvi, Brévy, etc.
NB : Sans rapport direct avec le latin vicus qui a donné les finales -vy ou -vic également, et dont il n'existe qu'une seule occurrence assurée en Normandie : Neuvy-au-Houlme. Ainsi, Vicques peut être expliqué par le vieil anglais wīc, anglais dialectal wick (« village, hameau, ferme ») lui-même d'origine latine, et qui explique le maintien de l'occlusive [k] dans Vicques.

Adjectifs norrois et vieil anglais en composition dans les toponymes[modifier | modifier le code]

Ils sont plus rares que les appellatifs et les noms de personne.

  • breiðr « large, grand » dans Brestot (Breitot v. 1080, homonymie avec Bratoft, jadis Breitoft GB), Brétot, Bréhoulles, Bréhoulle, Brévy, Brévolle, Brébec et Brémare.
  • burning « brun » ou « bringe » en dialecte dans Brennetuit
  • djúpr « profond » ou son équivalent vieil anglais deop dans Dieppe, Saint-Vaast-Dieppedalle, Dieppedalle (Canteleu) et Dipdal.
  • engelsk « anglais », adjectif à la fois scandinave et roman, forme normande -esque équivalent de l'ancien féminin français des adjectifs de nationalité en -ois, français -esche, -èche dans les Anglesqueville (jadis Englesqueville) et Englesqueville de Normandie, situés dans la zone de colonisation anglo-scandinave.
  • fúll « sale » dans Fultot ; Foulbec et le Fouillebroc.
  • great vieil anglais pour « grand » dans Grétain.
  • holr « creux » dans les nombreux Houlbec et Houlgate (chemin creux), rue Catteholle (anc. à Caen)
  • kaldr « froid » dans Caudebec et Caudecotte
  • langr « long » dans Lanquetot (cf. Langtoft, GB) et Lanquetuit (nom de différents lieux-dits, conservé comme patronyme, ex : Longtuit (jadis Lanquetuit)), le Val Landal (jadis Lenguedale 1245, Cf. Langdal N et DK .)
  • lítill « petit » dans Lilletot (Cf. Lilletofte DK), Lillebec (écrit aussi fallacieusement Lislebec, lieu-dit à Pont-Audemer) et Lillemare
  • rauðr « rouge » dans le Robec, rivière de Rouen
  • stúr « grand » dans Étretat et Eturqueraye

Noms d'arbres norrois et vieil-anglais en composition dans les toponymes[modifier | modifier le code]

  • æppel (vieil anglais), « pomme ». Il s'agit probablement d'un collectif pour "pommiers" dans Auppegard (Appelgart v. 1160 ) et Épégard (jadis Alpegard), composé avec l'appellatif norrois garðr (cf. Applegarth Town, Appelgard v. 1160, GB, Yorkshire)
  • epli « pomme » en norrois, danois moderne æble, dans Yébleron (jadis Eblelont)
  • bóki (norrois) « hêtre » dans Bouquelon (nombreux toponymes) et plusieurs Bouquetot, très nombreux au nord-est de la Normandie ou cet arbre est plus commun qu'à l'ouest. En concurrence avec les types romans : Fy ; Fay ; Foutelaye de foutel « hêtre » en dialecte. Le nom de lieu « Hêtraie » est rare car « hêtre » est d'origine flamande et moderne.
  • eik (norrois) « chêne » dans Yquelon ; Iclon et Yquebeuf. Dans la zone de diffusion des toponymes scandinaves, on trouve aussi la forme romane du normand septentrional Quesney ou Quesnay, dont Eiki-lundr constitue l'équivalent norrois.
  • eski (norrois) « frêne » très fréquent, peut-être à cause de son importance dans la mythologie scandinave dans tous les Ectot (jadis Esketot) ; Hectot parfois (cf. Eastoft GB, jadis Esketoft) et Hecquemare à Illeville-sur-Montfort.
  • lind (norrois) « tilleul » dans Lindebeuf et les Lintot
  • pyriġ (vieil-anglais) « poirier » dans les Prétot
  • selja (norrois) « saule » dans Seltot (Cf. Selletoft DK), Silleron
  • weliġ, wiliġ (vieil-anglais) « saule » dans Villequier

Autres éléments[modifier | modifier le code]

  • boði « rocher à fleur d'eau » a été identifié comme second élément du rocher Quillebœuf (au large de Gatteville-le-Phare), où se sont produits de nombreux naufrages. On ignore la nature du lien qui unit ce toponyme à Quillebeuf, au bord de la Seine, endroit également dangereux où de nombreux navires ont sombré. François de Beaurepaire a inclus ce dernier dans la série des -beuf (voir ci-dessus) en écrivant que les formes anciennes (Quelibos en 1018, Cheliboey ou Cheliboy en 1025, ainsi que Chileboi en 1170) étaient « suspectes », or elles peuvent très bien s'expliquer par l'évolution romane régulière du vieux norrois boði. Le premier élément Quille- est sans doute le même que le mot quille en français, issu du vieux norrois kilir « quilles », bien que certains spécialistes y voient le vieux norrois kill « long bras de mer, crique étroite, estuaire ». Le terme dialectal de la Hague boue ou bau « rocher lointain dégagé par la marée basse » procède de boði. On le retrouve dans la Grande Boue, rocher au large de Sulvy à Saint-Germain-des-Vaux et dans les différents le Bau nom de plusieurs rochers au large de la Hague.
  • *fiskigarðr « enclos à poisson ». composé de fiskr, poisson, que l'on retrouve peut-être dans Fiquefleur (Ficquefleu 1221) « cours d'eau poissonneux » [?] et garðr, enclos, que l'on décèle dans Auppegard ou Épégard (cf. ci-dessus). É. Ridel a tracé la carte de ce toponyme le long des côtes normandes[23] . Le terme est attesté comme nom commun en 1030 à Dieppe dans une charte de Robert le Magnifique sous la forme latinisée fisigardum, il devait donc traduire le terme dialectal *fisigard d'après E. Ridel[24]. Un lieu Figart est mentionné à Fécamp en 1238 et de nos jours, la carte du littoral indique un rocher Figar à Lion-sur-Mer et un autre connu oralement [figar], jadis noté Figard, mais de localisation imprécise à Agon-Coutainville. Le terme est parallèle à l'islandais fiskigarður « structure de bois qui permet de faire sécher le poisson ». On trouve aussi le toponyme Fishgarth dans le Cumberland (GB).

Par ailleurs l'élément -gard, issu de garðr, se retrouve dans quelques toponymes, par exemple Auppegard et Épégard, déja cités, mais aussi l'Étigard (à Fresquiennes), Sennegard (à Heudreville-sur-Eure), etc.

  • vǫllr « plaine » dans Brévolle [?] (sans forme ancienne), le premier élément serait le vieux norrois breidr « large » déjà reconnu dans Brestot, Brébec, Brémare, Brévy, Bréhoulle et Brébœuf, toujours associé à un appellatif norrois ; Géfol lieu-dit à Épinay-sur-Duclair.

Formes romanes au pluriel d'appellatifs issus d'un pluriel anglo-scandinave[modifier | modifier le code]

  • Boos de Both(a)s pluriel du norrois buth / both (qui a donné l'élément -beuf) ; dans les Boos (cf. Booths, Yorkshire).
  • Ecalles de *Scalas pluriel du norrois skali ou du vieil anglais scala « habitation temporaire » (qui a donné l'élément -écal-) ; dans Foucart-(Escalles), Estouteville-Écalles, Écalles-Alix, Villers-Écalles, (cf. nombreux Scales au nord de l'Angleterre).
  • Eslettes de Slett(a)s pluriel du norrois sletta « terrain plat »  ; dans Eslettes (cf. DK Sletten, mais GB Sleights).
  • Tôtes ou Tostes de *Topt(a)s pluriel de Topt (qui a donné l'élément -tot et Tot) ; dans Tôtes et Tostes (cf. GB Tofts).
  • Veules de Well(a)s pluriel de wella « source, cours d'eau » (qui a donné les éléments el(le)-, -vel(le), -veuille et -gueule dans les différents Elbeuf, jadis Welleboth; Rouelles, Jadis Rodewella 1035, comparable aux Rothwell anglais) ; dans Veules-les-Roses (Wellas 1025, cf. GB Wells) ; Cresseveuille (Cresseveula en 1350 cf. Cresswell GB) ; Moulin de Quétivel (Jersey) ; Moulin de Quenarville (Seine-Maritime, Moulin de Quenarvelle en 1539) ; Radegueule, affluent de la Béthune (Seine-Maritime, Radevele XIIe siècle cf. Radwell GB)

D'autres restent encore à déterminer.

Localisation[modifier | modifier le code]

Ces appellatifs ne se retrouvent quasiment pas au sud de la Normandie, loin des centres côtiers, dans des régions boisées restées peu peuplées au Moyen Âge (sud du pays d'Auge, sud de l'Orne, pays d'Ouche, Bocage…). Bizarrement, le Bessin, qui a une importante façade maritime, présente une faible toponymie scandinave (sauf sur une étroite bande côtière), alors que les noms celtiques et de domaines gallo-romains en -*(I)-ACU (du celtique -(i)āko-[25] , terminaison en -y, -ay) y sont pléthoriques, seule la microtoponymie y a un caractère nettement anglo-scandinave. Il en existe aussi quelques exemples dans l'Avranchin, région très riche en toponymes celtiques et gallo-romans (suffixe -*ACU en -ey) par ailleurs.

Microtoponymes normands après l'an Mil anglo-scandinaves ou romans[modifier | modifier le code]

L'affermissement du dialecte normand dans l'ancien duché a fait évoluer les toponymes décrits ci-dessus jusqu'à leur forme actuelle. Une lecture moderne, parfois littéraliste, de l'orthographe ancienne les déforme souvent phoniquement : l'exemple de Cosqueville ou Isneauville, dont le s ne se prononçait plus ; Menesqueville dont le s purement graphique indiquait la prononciation è [ɛ] ou encore Sauxemesnil qui se prononce [sosmeni], le [l] final s'étant amuï, comme dans la plupart des mesnil de Normandie.

Les normands de l'époque ducale ont nommé les lieux avec les mots de leurs propres parlers, comme n'importe quel habitant de n'importe quelle région. C'est pourquoi, notamment au nord de la ligne Joret, on rencontre un certain nombre de toponymes du type :

Toponymie normande et anthroponymie[modifier | modifier le code]

La fréquence des anthroponymes scandinaves, anglo-scandinaves et anglo-saxons dépasse nettement le cadre des appellatifs de même origine, puisque la plupart des noms de personnes scandinaves, anglo-scandinaves ou anglo-saxons se trouvent associés à des appellatifs romans d'origine latine (type : -ville ; -mesnil- ; -val ; -mont ; etc.)

Nom de personne scandinaves : surnoms et hypocoristiques en [i][modifier | modifier le code]

appellatif norrois / appellatif roman.

Pour ne citer que les plus fréquents.

Autres anthroponymes norrois[modifier | modifier le code]

D'autres noms de personne se trouvent presque exclusivement associés à des appellatifs romans.

Anciens prénoms ayant donné des noms de famille normands[modifier | modifier le code]

Il en existe quelques autres encore…

Noms de personne anglo-scandinaves ou anglo-saxons dans la toponymie normande[modifier | modifier le code]

noms en -a
composés avec l'élément stān (pierre)
  • Æthelstan, forme réduite Alestan dans Lestanville (Calvados) anciennement Alestanvilla 1195. cf. L'Etantot (Seine-Maritime), anciennement Alestantot.
  • Dunstan dans Dénestanville (Dunestanvilla 1142)
  • Leodstan ou Leofstan , forme réduite Lestan dans Lestanville (Seine-Maritime) et Létantot.
  • Winstan anglais mod. Winston dans Vénestanville (Wenestanvillam XIIe siècle).
composés avec l'élément man (homme) ou le scandinave maðr de même sens
autres composés

Noms de baptême associés à des appellatifs scandinaves[modifier | modifier le code]

Il en existe quelques-uns, mais ils sont beaucoup plus rares que les formules "nom d'homme norrois + appellatif roman". Peut-être résultent-ils du baptême d'hommes scandinaves ayant pris un autre patronyme comme Hrolfr (Rouf, Rou, Rollon), comte de Rouen, baptisé sous le nom de Robert.

Certes, cette liste n'est pas exhaustive, mais elle donne un aperçu de l'importance de la colonisation anglo-scandinave en Normandie à partir du Xe siècle. De plus, la répartition de ces toponymes ne donne aucune idée du nombre de colons par rapport à la population autochtone. Toujours est-il que les régions du sud du pays ont toujours été peu peuplées, comparées à celles du nord ou se trouve la majorité de ces toponymes.

Le problème des noms de lieux bretons et des Bretteville[modifier | modifier le code]

Léon Fleuriot écrit que « la Normandie est particulièrement riche en toponymes bretons. Il y aurait là un sujet de recherches. On a signalé qu'autour de Saint-Samson-de-la-Roque (Pentale), nous trouvons Saint-Thurien et trois Saint-Maclou. Villers-Canivet et Saint-Pierre-Canivet dans le Calvados (Quenivetum en 1150, Kenivet en 1195) peuvent contenir l'anthroponyme vieux breton Catnimet, aujourd'hui Canevet. » [32]

Rappelons que cet auteur cherche à mettre en évidence un flux migratoire breton de la Grande-Bretagne vers la Normandie entre les IVe et VIe siècles .

Ses affirmations appellent trois remarques : d'une part, le culte de saints bretons n'implique pas une colonisation bretonne, pas plus que le culte de saints italiens (cf. Saint-Cénery-le-Gérei) ou le culte de saints irlandais (cf. Saint-Saëns) n'impliquent celles d'italiens ou d'irlandais à la même époque. Certes, les futurs saints peuvent avoir été présents, souvent individuellement, ou bien ce culte peut-il n'être lié qu'à la simple possession de reliques. D'autre part, Canivet s'explique aussi bien phonétiquement par la forme normande de chanvre, jadis aussi chanve, issu du bas-latin canava (fem.) et cannapus (masc.) suivi du suffixe -etu(m)[33],[34]. Quant à la graphie avec K, elle est souvent utilisée dans la documentation propre à la Normandie ducale, et au-delà en ancien français. Même remarque pour Carnet (Avranchin, Kerneth 1151, Chernetum 1168), qui n'est pas un nom breton isolé en Ker-, mais plus vraisemblablement un ancien *Carnate gaulois « lieu où il y a des pierres » ou un ancien *CARPINETU gallo-roman « endroit où poussent des charmes »[35].

On distingue bien quelques patronymes bretons à la mode (Harscouët dans Saint-Hilaire-du-Harcouët ou Meurdrac dans Courtonne-la-Meurdrac), surtout dans l'Avranchin, mais qui remontent là-encore à la Normandie ducale.

Bretteville est une formation médiévale de type Brete vil(l)e « domaine rural ou village breton ».

De nombreux auteurs identifient l'existence de ce type toponymique (9 communes ou anciennes paroisses, ainsi que de nombreux hameaux) à une colonisation bretonne sur les côtes normandes, contemporaine à celle de l'Armorique.

Léon Fleuriot[36] compte en tout 19 Bretteville, dont 4 seulement dans le Cotentin, et affirme qu'il n'y a « aucune raison de supposer une colonisation bretonne entre Bayeux et la Seine à la fin du IXe siècle ». Pour lui ils sont « en rapport avec les premières vagues de migrations bretonnes du IVe au VIe siècles » (en italique dans le texte).

Or, François de Beaurepaire constate[37] que l'on peut fixer comme dates les plus anciennes pour les toponymes en -ville de la Seine-Maritime et de la Manche, le VIIe ou VIIIe siècle (cf. ci-dessus). En outre, il fait observer qu'ils sont tous situés dans la zone de diffusion des toponymes anglo-scandinaves (tout comme les Anglesqueville et Englesqueville « domaine rural anglais » contigus)[38]. De même, le toponyme Brectouville va dans ce sens, puisque ce toponyme en -ville est généralement considéré comme composé avec l'anthroponyme scandinave *Bretakollr, sur la base de Breta- « (du) Breton ». De plus, il n'y a aucun Bretteville dans l'Avranchin, zone pourtant contiguë de la Bretagne nord (où les spécialistes discernent nettement la présence de toponymes brittoniques bien identifiés qui s'arrêtent bien en Bretagne à l'ouest du Couesnon). Ernest Nègre note[39] que l'hypothèse de François de Beaurepaire est « la plus invraisemblable » sans toutefois donner de raisons. Toujours est-il, qu'outre l'anomalie d'une datation des formations en -ville antérieurement à la fin du VIe siècle, on ne voit pas pourquoi les immigrés bretons des premières vagues qui ont touché l'Armorique, auraient systématiquement évité l'Avranchin (aussi quasiment exempt de toponymes norrois) pour ne s'installer que dans les seules zones de futur peuplement anglo-scandinave. Il s'agit donc bien plutôt d'immigrés arrivés de Grande-Bretagne avec les colons nordiques.

Il existe bien quelques toponymes qui évoquent la présence de Brittus ou de Brittanus dans la toponymie normande, antérieurs à la pénétration anglo-scandinave du IXe siècle, mais ils ne sont ni différents, ni plus nombreux qu'ailleurs en France, comme par exemple le type toponymique Brétigny Page d'aide sur l'homonymie (cf. Brétigny, Eure, Breteni au XIIe siècle) ou Brétignolles (cf. la variante Bretagnolles, Eure, Bretegniollis vers 1210), à mettre en rapport avec la présence de Bretons en Gaule à la fin de l'Empire Romain. Le nom Brittanus a aussi été utilisé dans un composé roman en -val : Berneval-le-Grand (Seine-Maritime, Brittenevalle en 750 et 775).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'astérisque indique le caractère supposé et non attesté de la forme.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cantons de Valognes, Saint-Sauveur-le-Vicomte et Bricquebec
  2. François de Beaurepaire (préf. Marcel Baudot), Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Paris, A. et J. Picard,‎ 1981, 221 p. (ISBN 2-7084-0067-3, OCLC 9675154), p. 127 - 128
  3. François de Beaurepaire, in Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-Maritime, éditions Picard, 1979.
  4. Certains auteurs ont d'ailleurs émis l'hypothèse que la fréquence de ce nom de personne a pu être renforcée par l'existence d'un anthroponyme norrois Bósi qui lui ressemble phonétiquement, mais dont le sens est tout autre. Le nom de famille Beux est fréquemment attesté dans le pays de Caux, par contre, jusqu'à époque récente les patronymes Boson, Bozon Page d'aide sur l'homonymie et Beuzon ne semblent pas avoir été fréquemment attestés en Normandie (on ne connaît pas par exemple l'origine géographique de Nicole Bozon, écrivain considéré comme anglo-normand).
  5. Il n'y a aucun exemple de nom en -ville associé à un adjectif norrois ou vieil anglais.
  6. Site Linuxfr.org : communes de France finissant par -ville
  7. D’après René Lepelley, cité par Jacqueline Vastel, La fondation de Cherbourg, 1998 [En ligne sur le site de la ville de Cherbourg-Octeville]
  8. Jean Adigard des Gautries & Fernand Lechanteur, « Les noms de communes de Normandie », in Annales de Normandie XIX (juin 1969), § 715.
  9. Dans Écalgrain (sans forme ancienne), il s'agit plutôt du nom de personne norrois Skallagrímr, puisqu'un appellatif (skali) peut difficilement précéder un nom de personne (Grímr) dans le mode de composition norrois
  10. Dans Escalleclif, il s'agit plutôt du nom d'homme scandinave Skalli, puisque l'on trouve le manoir d'Escolleville à côté. Cf. François de Beaurepaire, ouvrage cité.
  11. Frédéric Durand, Les Vikings, Paris : P.u.F., 1965, p. 38.
  12. Dominique Fournier, Explication de l'élément -hou' dans Wikimanche
  13. a et b Site du CNRTL : étymologie de mare
  14. Albert Dauzat, Jean Dubois, Henri Mitterand, Nouveau dictionnaire étymologique et historique, éditions Larousse 1971. p. 445.
  15. Ibid. p. 445.
  16. Ibid. p. 445
  17. Elisabeth Ridel, Les Vikings et les mots; l'apport de l'ancien scandinave à la langue française, éditions Errance, 2009, p. 243.
  18. Walther von Wartburg, Französisches Etymologisches Wörterbuch. Eine darstellung des galloromanischen sprachschatzes (Dictionnaire étymologique du français. Une représentation du trésor lexical galloroman), 25 vol. Bonn/Berlin/Bâle : Fritz Klopp/B. G. Teubner/Zbin, t. 16, p. 533 - 534.
  19. Marie Fauroux, Actes des ducs de Normandie n°186 in Elisabeth Ridel, op. cit.
  20. Elisabeth Ridel, op. cit.
  21. cf. Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-Maritime, François de Beaurepaire, préface Marianne Mulon, Picard, 1979, Paris. P. 27 : « La formule A correspond au mode de composition déterminant + appellatif.....le formule B présente l'ordre inverse....à partir du XIe siècle elle a fait la conquête pacifique des provinces du nord de la France. » P. 31 : « A partir du XIe siècle l'emploi de l'article paraît s'être généralisé..., ainsi que le prouvent les formes anciennes...du hameau de la Mare à Sainte-Opportune-la-Mare (la Mara 1059 - 1066) »
  22. Jean Adigard des Gautries, « Les noms de lieux de l'Eure attestés de 911 à 1006 », Annales de Normandie, 1955 (lire en ligne) [1]
  23. L'héritage maritime des Vikings en Europe de l'ouest, Presses universitaires de Caen 2002. p. 364.
  24. ibid.
  25. Pierre-Yves Lambert, La Langue gauloise, édition errance 1994.
  26. Nordic Names : Amundi
  27. Nordic Names : Aghi
  28. Nordic Names : Aki
  29. Nordic Names : Api
  30. Nordic Names : Baggi
  31. François de Beaurepaire, op. cit., p. 157
  32. Léon Fleuriot, Les origines de la Bretagne, éditions Payot, 1980, p. 103.
  33. Ernest Nègre, op. cit.
  34. René Lepelley, op. cit..
  35. Dominique Fournier, Wikimanche : Carnet.
  36. Léon Fleuriot, op. cit., pp. 102 - 103.
  37. François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, éditions Picard, 1986, p. 37.
  38. Les noms de lieux anglo-saxons contenus dans la toponymie normande, Annale de Normandie 10, 1960, p. 312.
  39. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, vol. II, Librairie Droz, 1990, p. 1010.

Sources[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • François de Beaurepaire (préf. Marianne Mulon), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-Maritime, Paris, A. et J. Picard,‎ 1979, 180 p. (ISBN 2-7084-0040-1, OCLC 6403150)
  • François de Beaurepaire (préf. Marcel Baudot), Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Paris, A. et J. Picard,‎ 1981, 221 p. (ISBN 2-7084-0067-3, OCLC 9675154)
  • François de Beaurepaire (préf. Yves Nédélec), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, Paris, A. et J. Picard,‎ 1986, 253 p. (ISBN 2-7084-0299-4, OCLC 15314425)
  • Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud,‎ 1979 (ISBN 2-85023-076-6)
  • René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Presses Universitaires de Caen, 1996 (ISBN 2-905461-80-2)
  • L'Héritage maritime des Vikings en Europe de l'ouest, Colloque international de la Hague, sous la direction d'Elisabeth Ridel, Presses Universitaires de Caen, 2002 (ISBN 2-84133-142-3)
  • Jean Renaud, Les Vikings et la Normandie, éditions Ouest-France université, 1989 (ISBN 2-7373-0258-7)
  • Jean Renaud, Vikings et noms de lieux de Normandie. Dictionnaire des toponymes d'origine scandinave en Normandie, éditions OREP, 2009 (ISBN 978-2-915762-89-1)
  • Louis Guinet, Les Emprunts gallo-romans au germanique : du Ier à la fin du Ve siècle, éditions Klincksieck, 1982
  • T. F. Hoad, English Etymology, Oxford University Press, 1993 (ISBN 0-19-283098-8)
  • A. H. Smith, English Place-names Elements, 2 volumes, Cambridge, 1972
  • W. Laur, Historisches Ortsnamenlexikon von Schleswig-Holstein, Karl Wachholtz Verlag, 1992 (ISBN 3-529-02726-X)
  • Georges Bernage, Vikings en Normandie, Éditions Copernic, 1979 (ISBN 2-85984-046-X)
  • Dominique Fournier, Dictionnaire des noms de rues et noms de lieux de Honfleur, éditions de la Lieutenance, Honfleur 2006.
  • Elisabeth Ridel, Paroles de Vikings : dictionnaire des mots issus de l'ancien scandinave dans les parlers de Normandie, des îles anglo-normandes, OREP, 2012 (ISBN 2815100991)

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