Drac

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45° 12′ 55″ N 5° 40′ 31″ E / 45.21528, 5.67528 ()

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le Drac
(le Drac Noir)
Confluent du Drac (arrière-plan) et de l'Isère (premier plan). Dans la presqu'île scientifique on voit les centres de recherche de l’Institut Laue-Langevin et du Synchrotron.  Vue depuis le Mont Jalla.
Confluent du Drac (arrière-plan) et de l'Isère (premier plan). Dans la presqu'île scientifique on voit les centres de recherche de l’Institut Laue-Langevin et du Synchrotron.
Vue depuis le Mont Jalla.
Caractéristiques
Longueur 130,2 km [1]
Bassin 3 626 km2
Bassin collecteur le Rhône
Débit moyen 99 m3/s (Fontaine (Grenoble))
Régime nivo–pluvial
Cours
Source le Mourre Froid (2 993 m)
· Localisation Orcières
· Altitude 2 010 m
· Coordonnées 44° 39′ 18″ N 6° 24′ 57″ E / 44.6551, 6.4158 (Source - le Drac)  
Confluence l'Isère
· Localisation entre Sassenage et Saint-Égrève
· Altitude 203 m
· Coordonnées 45° 13′ 02″ N 5° 40′ 26″ E / 45.2172, 5.6738 (Confluence - le Drac)  
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche La Souloise, L'Ébron, La Gresse
· Rive droite La Séveraisse, La Bonne, La Romanche
Pays traversés Drapeau de la France France
Départements Hautes-Alpes, Isère
Régions traversées Provence-Alpes-Côte d'Azur, Rhône-Alpes
Principales villes Grenoble

Sources : SANDRE, Géoportail, Banque Hydro

Le Drac est un affluent gauche de l'Isère dans le sud-est de la France. Il prend sa source dans la vallée du Champsaur (dans le parc national des Écrins) dans le département des Hautes-Alpes et se jette dans l'Isère à hauteur de la commune de Fontaine en aval de Grenoble dans le département de l'Isère, après une traversée de 130 km au creux des vallées alpines. Ses derniers kilomètres ont fait l'objet d'un endiguement rectiligne au cours des XVIIe et XVIIIe siècles afin de repousser sa confluence avec l'Isère et protéger la ville de Grenoble[2].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom du Drac, originellement le Drau, est dû à une attraction par l'occitan dra(c) « lutin », du latin dracō « dragon »[3]. Dans nombre de légendes le drac est un génie des eaux malfaisant, voire une forme du Diable, qui attire les gens pour les noyer[4]. Il est documenté sous les formes Dracum (v. 1100), Dravus (1289), la ribière dou Drau (1545), etc. et s'analyse par la racine hydronymique dur-, dora et le suffixe locatif -au-[5].

La Drave et la Droue / Drouette partagent la même étymologie.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le Drac naît dans le Champsaur de la réunion du Drac Blanc (vallée de Champoléon) et du Drac Noir (vallée d'Orcières dans le massif du Mourre Froid). Il se jette dans l'Isère en aval de Grenoble. Selon le Sandre, le Drac Noir n'est autre que la branche-mère du Drac et l'ensemble « Drac Noir-Drac » est long de 130,2 kilomètres pour un bassin versant de 3 626 km2[1].

Le barrage de Monteynard-Avignonet
Le Drac à Grenoble à la fonte des neiges (avril)

C'est un torrent dont le cours est parsemé d'aménagements hydroélectriques, dont quatre grands barrages :

Le Drac a été le théâtre d'un évènement dramatique le  : une classe d'enfants en primaire, venue voir l'habitat des castors, s'est trouvée prise au piège par la montée brutale des eaux provoquée par un lâcher d'eau du barrage en amont. Six enfants et une accompagnatrice ont été noyés, ce qui a donné lieu à un procès attendu en raison de son importance pour la définition de la responsabilité pénale[6].

Le débit moyen du Drac au niveau du barrage du Sautet est de 33 m3/s.

La crue des 8-9 septembre 1993 a atteint un débit instantané de 770 m3/s

Principaux affluents[modifier | modifier le code]

(G) Affluent rive gauche ; (D) Affluent rive droite ; (CP) Cours principal, signale le nom donné à une partie du cours d'eau prise en compte dans le calcul de sa longueur.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Le module du Drac a été calculé durant une période de 14 ans à Fontaine (1984-2007) [7]. Il se monte à 99,3 m3⋅/s pour une surface de bassin de 3 626 km2, soit la totalité du bassin versant.

La rivière présente des fluctuations saisonnières de débit typiques d'un régime à la fois nival et pluvial, avec des hautes eaux de printemps-été dues à la fonte des neiges et portant le débit mensuel moyen au niveau de 124 à 160 m3 de mai à juillet inclus (avec un maximum en mai-juin), suivies d'une baisse rapide aboutissant à un court étiage de fin d'été en septembre, avec baisse du débit moyen mensuel à 72,4 m3. Dès octobre le débit remonte, mais légèrement, sous l'effet des pluies d'automne, puis retombe dès novembre vers un deuxième étiage d'hiver en janvier-février.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Fontaine - données calculées sur 14 ans
(données calculées sur 14 ans)

Aux étiages, le VCN3 peut chuter jusque 10,3 m3, en cas de période décennale sèche.

Vue des gorges du Drac

D'autre part les crues peuvent être fort importantes en cas de dégel rapide ou de pluies torrentielles. En effet, le QIX 2 et le QIX 5 valent respectivement 300 et 380 m3/s. Le QIX 10 est de 440 m3/s. Quant aux QIX 20 et QIX 50 ils se montent à 490 et 560 m3/s.

Le débit instantané maximal enregistré a été de 833 m3/s le , tandis que la valeur journalière maximale observée était de 644 m3, le 9 du même mois.

La lame d'eau écoulée dans le bassin du Drac est de 883 millimètres annuellement, ce qui est élevé, très supérieur à la moyenne d'ensemble de la France, mais également nettement supérieur à celle de l'ensemble du bassin versant du Rhône (670 millimètres à Valence pour une superficie de bassin de 66 450 km2). Le débit spécifique (ou Qsp) se monte à 28,0 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Le Drac dans la vallée du Champsaur[modifier | modifier le code]

Le régime hydraulique du Drac a un caractère nivo–pluvial marqué (étiage marqué d’hiver et estival dans les basses vallées). Les débits d’étiage sont influencés également par les nombreux prélèvements agricoles et les échanges avec les nappes alluviales (succession de pertes et de résurgences). Les débits du Drac sont influencés par les dérivations du canal de Gap qui transfère l'eau vers le bassin de la Durance, causant parfois un assèchement du lit du Drac dans la plaine des Ricoux. Crues de fonte de neige au printemps, plus irrégulières à l’automne.

Le Drac en aval de Saint-Bonnet en Champsaur

La qualité des eaux est variable selon le tronçon considéré:

Le cours du Drac possède une grande diversité de milieux et de paysages, des gravières aux ripisylves multiples. On y trouve des espèces végétales inscrite sur liste rouge nationale (espèces rares d'Adonis, sur la rive gauche) ainsi qu'une faune riche : oiseaux migrateurs et nicheurs, batraciens, mammifères avec présence d'espèces protégées.

C'est un cours d'eau de première catégorie piscicole-population salmonicole : 90 % de truites fario accompagnées de chabots et de loches de blageons (sur le cours aval). Le Drac est de ce fait particulièrement prisé par les pêcheurs, surtout à la mouche.

Histoire[modifier | modifier le code]

C'est à Pont-de-Claix dans la vallée du Drac, que l'actuelle usine et plate-forme chimique Rhodia a été installée. Elle a été créée en 1915, lors de la Première Guerre mondiale, par la "Société du Chlore Liquide" pour produire industriellement du chlore et ses dérivés afin de fabriquer des armes chimiques en réponse à ceux de l'armée allemande. Ce site, qui abrite encore plusieurs usines classées SEVESO a laissé de lourdes séquelles de pollution (pollutions du sol, pollution de l'eau, engins militaires abandonnés[8],[9]), et fait l'objet d'un suivi par la DRIRE devenue DREAL, sous le contrôle du Préfet.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le chemin de fer de la Mure, au tout début du XXe siècle
Les gorges du Drac et le viaduc de la Rivoire, à la même époque
  • Un plan d'eau est aménagé an aval d'Orcières (Lac de la base de loisirs d'Orcières-Merlette), et un autre en amont de Saint-Bonnet sur la rive droite.
  • Du pont de Saint-Bonnet au pont de la Guinguette, sur 10 kilomètres, le Drac est praticable en canoë-kayak. Des descentes et des compétitions y sont organisées.
  • Un village-vacances est installé au bord du Drac au pied de Corps.
  • La corniche du Beaumont (RN 85 entre Corps et la Mure) offre une vue constante sur les hautes gorges du Drac sur montées par l'Obiou et le Mont Aiguille.
  • Le pont de Ponsonnas, au pied de la Mure, est un haut lieu du saut à l'élastique.
  • De la Mure à la Motte-Saint-Martin, une route touristique à flanc de montagne (départementale 116) domine la retenue de Monteynard-Avignonet ; on la nomme la « corniche du Drac » (rive droite).
  • Des promenades en bateau sur le lac de Monteynard-Avignonet sont organisées en été à partir de Mayres-Savel (rive droite, près de la Mure) et de Treffort (rive gauche, près de Monestier-de-Clermont)
  • Depuis le chemin de fer de la Mure, on a une vue unique sur les basses gorges du Drac et les retenues de Monteynard-Avignonet et Notre-Dame-de-Commiers.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
Références
  1. a et b Sandre, « Fiche cours d'eau - Le Drac (W2--0200) » (consulté le 13 avril 2013)
  2. Voir l'article Histoire de Grenoble.
  3. Collectif. Commissariat assuré par Jean-Loup Fontana assisté de Michel Foussard, Michel Graniou René David, Brigitte Cathagne, Christine Valverde, George Casagrande, Fabienne Giroud, France Hennique, Brigitte Marthoud, DRAC, Symbolique et Mythologie du dragon entre Rhône et Alpes, Nice, Art et Culture des Alpes-Maritimes (ACAM),‎ 2 avril 1990, 100 p. (ISBN 2-906 700-08-8)
    Cahier des Alpes-Maritimes n°6 constituant le catalogue de l’exposition réalisée par le Conseil Général des Alpes-Maritimes (ACAM) et Nice-Acropolis. Presses d’Imprimix Nice
  4. Frédéric Mistral, Trésor du Félibrige : « Le Drac du Rhône était un monstre ailé et amphibie qui portait sur le corps d'un reptile les épaules et la tête d'un beau jeune homme. Il habitait le fond du fleuve où il tâchait d'attirer, pour les dévorer, les imprudents gagnés par la douceur de sa voix » Référence:Lou Tresor dóu Felibrige ou Dictionnaire provençal-français (Frédéric Mistral)
  5. "Dragons - Entre sciences et fictions". www.lahic.cnrs.fr http://www.lahic.cnrs.fr/spip.php?article268. Retrieved 2009-03-04.
  6. Marie-France Steinlé-Feuerbach (maître de conférences), Catastrophe du Drac : une décision très attendue, Journal des accidents et des catastrophes, CERDACC. Commentaire de l'arrêt de la Chambre criminelle de la Cour de cassation rendu le 12 décembre 2000.
  7. Banque Hydro - Station V4264010 Le Drac à Fontaine (confluent Grenoble) (option Synthèse)
  8. Fiche Rhodia sur Basol,
  9. La plate-forme chimique du Pont de Claix, vue par des riverains