Étang de Berre

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Étang de Berre
Photo satellite du lac (crédit : CNES - Spot Image)
Photo satellite du lac (crédit : CNES - Spot Image)
Administration
Pays Drapeau de la France France
Géographie
Coordonnées 43° 26′ 45″ N 5° 06′ 50″ E / 43.445833, 5.11388943° 26′ 45″ Nord 5° 06′ 50″ Est / 43.445833, 5.113889  
Type lagune
Superficie 155,3 km2
Altitude 0,4 m
Profondeur 6 à 9 m
Hydrographie
Alimentation canal de Caronte, Arc, Touloubre, Cadière, Durançole, Canal usinier EDF de la Durance, Canal d'Arles à Port-de-Bouc

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Étang de Berre

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Étang de Berre

L'étang de Berre (en occitan estanh de Bèrra ou mar de Bèrra selon la norme classique ; en provençal estang de Berro ou plus authentiquement[1] mar de Berro selon la norme mistralienne) est une étendue d'eau voisine de la mer Méditerranée à l'ouest de Marseille.

Géographie[modifier | modifier le code]

Panorama de l'étang de Berre effectué depuis le plateau de Vitrolles.

Topographie[modifier | modifier le code]

Créée par la remontée des eaux lors des dernières glaciations, cette petite mer intérieure se compose actuellement de trois sous-ensembles : l'étang principal se complète de l'étang de Vaïne à l'est et de l'étang de Bolmon au sud-est.

C'est un vaste plan d'eau saumâtre de 15 500 hectares, soit 900 millions de mètres cubes de liquide (20 kilomètres de long, 16,5 kilomètres de large au maximum et 6 mètres de profondeur maximale).

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le canal de Caronte relie l'étang à la Mer

L'étang de Berre est le réceptacle naturel en eau douce de l'Arc, la Touloubre, la Cadière, la Durançole. Son bassin versant naturel est de 1 700 km².

Depuis 1966, il reçoit les apports très importants du canal de la Durance, ce qui a entraîné des modifications très importantes de l'écologie de l'étang (cf ci-dessous).

Deux canaux relient l'étang à la mer : le canal de Caronte vers Port-de-Bouc (6,5 kilomètres de long, 250 mètres de largeur et 10 mètres de profondeur) et le canal du Rove vers l'Estaque construit par Léon Chagnaud, mais la partie souterraine de ce dernier est obstruée par un éboulement depuis 1963.

C'est le second plus grand étang salé d'Europe après le "Mar Menor", en Espagne

Quelques Chiffres

FicheCourantologie

L'Étang de Berre est aussi le réceptable depuis 1966 du canal usinier EDF de la Durance. C'est la centrale EDF de St Chamas qui apporte le plus gros débit

Climat[modifier | modifier le code]

La température de l'étang est comprise entre 5 et 25 degrés Celsius (moins d'inertie que la mer, ce qui explique une température plus froide en hiver et plus chaude en été). Le vent dominant est le Mistral, qui peut y souffler fort. Le site du GIPREB indique en temps réel la température de l'eau, la force et direction du vent ainsi que la salinité de l'eau[2].

Occupation humaine de l'étang de Berre[modifier | modifier le code]

Carte de l'étang de Berre.

De l'Antiquité au début du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Les Romains colonisent l'étang de Berre à l'Antiquité, profitant d'une terre fertile et de l'eau douce des rivières. Ils développent de petits villages orientés vers le travail de la terre (vigne, olivier, exploitation des salines).

Son nom latin était Stagnum Mastromela.

Au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

L'étang de Berre devient un site stratégique pour l'implantation d'activités économiques. À cet effet, de nombreux travaux d'aménagements sont réalisés :

  • Entre 1863 et 1925 : Approfondissement du chenal à -3 m puis travaux successifs portant la profondeur du chenal de Caronte de -3 m à -6 m puis à -9 m de profondeur en 1925.
  • 1925 : Mise en service du canal du Rove reliant l'étang à la rade de Marseille.

L'étang de Berre, site majeur industriel[modifier | modifier le code]

Entre 1900 et 1930[modifier | modifier le code]

Installation des raffineries Shell à Berre-l'Étang en 1928, puis des raffineries de Provence (futur Total) à la Mède (Châteauneuf-les-Martigues). Une loi est votée en 1957 pour interdire la pêche dans l'étang de Berre[3] en raison de l'accumulation de la pollution d'origine chimique dans la chair des poissons. Les pêcheurs sont indemnisés pour le dommage causé puis vendent leurs droits de pêche.

En 1910, Henri Fabre y fait décoller le premier hydravion. Ceci attirera la création de l'aéroport de Marseille Provence sur les rives de l'étang en 1922 qui fut construit sur l’initiative du colonel Jacques Théodore Saconney[4].

Entre 1960 et 1980[modifier | modifier le code]

Le site prend encore de l'ampleur avec la création et le développement du complexe sidérurgique de Fos, source de nombreux emplois.

À la fin des années 1960, la salinité de l'étang est de 32 g/l, avec une faible variabilité spatiale et temporelle liée aux apports fluviaux et aux conditions climatiques.

De vastes herbiers de zostères colonisent la ceinture comprise entre le trait de côte et la profondeur 4-5 mètres. Une macrofaune benthique à affinité marine est présente dans tout l'étang. L'ichtyofaune reste diversifiée et abondante. Mais on peut noter une contamination chimique de l'eau et des sédiments croissante.

Durant les années 1970, on enregistre une explosion démographique due au succès du développement économique de la zone. Une ville nouvelle est créée en 1972 aux abords de l'étang sous le nom d'agglomération nouvelle du Nord-Ouest de l'étang de Berre.

En 1971, on note la mise en place du SPPPI sur l'étang de Berre puis Fos et l'entrée en application par les industriels locaux de normes de rejets plus strictes que les normes nationales.

La centrale EDF de Saint-Chamas[modifier | modifier le code]

Depuis 1966, il reçoit les eaux douces de la Durance par le canal EDF. Ce canal usinier EDF alimente la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas.

Les conséquences sur l'étang[modifier | modifier le code]

Cet apport considérable d'eau douce et de limons a de graves conséquences hydrologiques et écologiques pour l'étang, pour la Durance et les nappes phréatiques associées, et pour la Camargue qui, privée de limons, recule devant la mer.

L'eau douce représente en moyenne un apport de 3,3 milliards de mètres cubes par an (mesuré sur la période 1966-93) soit environ 3,7 fois le volume de l'étang. Dans le même temps, les apports moyens en sédiment sont de 520 000 t/an. Les limons s'accumulent dans certaines zones, au nord de l'étang.

De ce fait, la salinité chute rapidement et se produit la stratification des eaux liée à la différence de densité entre l'eau douce déversée et l'eau de mer entrant en profondeur. Avec les apports accrus en nutriments, il s'ensuit une eutrophisation du milieu.

Puis l'on a constaté une dégradation des peuplements à affinité marine, l'apparition d'une macrofaune euryhaline et la quasi-disparition des herbiers. Enfin, en raison de la stratification haline et de l'eutrophisation, des conditions d'anoxie prévalent dans les eaux profondes. La vie benthique y a disparu.

Les premières réactions à partir des années 1990[modifier | modifier le code]

En 1991, un référendum d'initiative locale est organisé, 250 000 riverains se mobilisent et votent à 95 % pour l'arrêt des rejets EDF.

Entre 1993 et 1995[modifier | modifier le code]

  • Plan Barnier : limitation des rejets de limons à 200 000 tonnes par an (réels 310 000 tonnes par an).
  • Limitation des apports d'eau douce à 2,7 puis 2,1 milliards de mètres cubes sur douze mois et à 0,4 milliard de mètres cubes entre le 1er mai et le 30 septembre.
  • Début du suivi écologique de l'étang (qualité de l'eau et des sédiments, biocénoses).
  • 1994 : Rétablissement du droit de pêche[5].

Depuis 1994[modifier | modifier le code]

  • La salinité moyenne augmente progressivement mais, malgré la baisse des apports d'eau douce à l'échelle annuelle, les variations saisonnières restent importantes.
  • Les peuplements sédentaires de la faune et de la flore demeurent dégradés.
  • Présence de contaminants chimiques dans des sédiments bien localisés. La baisse des teneurs est attribuable à l'abattement des rejets industriels, de l'ordre de 98 %, depuis 1971.

1999[modifier | modifier le code]

  • Limitation des rejets solides d'EDF imposée à 100 000 tonnes de limon par an (réels 200 000 tonnes par an[réf. souhaitée]) en moyenne.

L'action du GIPREB dans les années 2000[modifier | modifier le code]

2000[modifier | modifier le code]

2001[modifier | modifier le code]

2002[modifier | modifier le code]

  • Réalisation de l'étude « Bilan de connaissance – état de santé du milieu » par le GIPREB.e
  • Étude de définition d'un sentier de découverte du littoral.
  • Définition de l'objectif de retour à un écosystème équilibré de lagune méditerranéenne profonde.
  • Lancement de l'étude de dérivation des rejets EDF phase II.
  • Réalisation des études de faisabilité de la réouverture du tunnel du Rove à la circulation d'eau.
  • Une faible hydraulicité conduit EDF à limiter ses rejets. La salinité moyenne augmente. Début de recolonisation des sédiments par une macrofaune à affinité marine. Poussées spectaculaires de macro-algues opportunistes (ulves), en particulier vers la plage du Jaï de Marignane (rive sud-est de l'étang) : le ramassage des ulves et leur dépôt à proximité du chemin de liaison avec Chateauneuf lès Martigues est la source d'une pollution olfactive très gênante pour les habitants voisins, sans parler du risque de toxicité dû à l'hydrogène sulfuré.

2003[modifier | modifier le code]

  • 5 ans après la date limite de mise aux normes des stations d'épurations principales (> 10 000 EH), seulement la moitié d'entre elles sont aux normes sur le bassin versant. Pour les plus petites stations, l'échéance de 2015 est relativement bien respectée.
  • Décision du bureau du GIPREB d'impulser les études préalables « Rove » (définition de l'expérimentation, faisabilité géotechnique, étude d'impact).
  • Lancement du projet expérimental de captage du naissain de moules (GIPREB, Prud'homie de pêche de Martigues et DDAM).

2004[modifier | modifier le code]

  • Janvier : lancement de l'étude pour le schéma d'orientation pour la réhabilitation de l'étang de Berre.
  • Février : étude sur l'amélioration de la circulation d'eau entre l'étang de Berre, le Bolmon et le canal du Rove.
  • Avril : lancement des études géotechniques pour la réouverture du canal du Rove.
  • Avril : étude finalisée sur l'incidence des rejets de la centrale EDF sur le milieu et le fonctionnement de son écosystème.
  • Mai : lancement de l'étude pour la définition de l'expérimentation de la réouverture du canal du Rove.
  • Juillet : la Cour de justice des Communautés européennes indique par son arrêté du 16 juillet que les traités européens doivent être appliqués par la France et que ceux-ci interdisent, en l'absence d'autorisation délivrée par l'autorité nationale, le déversement dans un étang salé communiquant avec la mer Méditerranée des substances qui tout en étant non toxiques ont un effet défavorable sur la teneur en oxygène du milieu marin.
  • Octobre : la Cour de justice des communautés européennes dans son arrêté du 7 octobre retient deux griefs constitutifs d'un manquement aux obligations du protocole d'Athènes : l'absence d'autorisation de rejet conforme et l'insuffisance des mesures prises pour combattre et réduire la pollution de l'étang de Berre.
  • La mise en place d'une précampagne d'analyse de la qualité sanitaire des eaux de baignade permet la réouverture de sept plages sur l'étang de Berre durant la période estivale.

2005[modifier | modifier le code]

  • Choix de la démarche de contrat d'étang.
  • Le 11 février, la France répond aux injonctions de l'Europe, en proposant de nouvelles modalités de rejets.
  • Septembre : EDF met en place les nouvelles modalités de rejets dans l'étang et lance une enquête publique sur le nouvel avenant de la concession des centrales de Salon-Saint-Chamas.
  • Le 19 décembre, la Commission européenne adresse à l'État français une mise en demeure, jugeant insuffisantes les nouvelles modalités de rejets d'EDF.
  • En nombre d'équivalent habitants, 98 % des rejets urbains dans l'étang sont conformes, 63 % sur le bassin versant.
  • Faisant suite à une année de sécheresse, les très faibles apports d'eau douce par la centrale EDF ont pour conséquence une salinité exceptionnellement haute de 30 g/l.

2006[modifier | modifier le code]

2007[modifier | modifier le code]

Il est prévu 60 000 t/an de limons.

2008[modifier | modifier le code]

2009[modifier | modifier le code]

Une expérimentation de revégétalisation est menée[6].

Faune et flore de l'étang[modifier | modifier le code]

Le canal Saint-Sébastien à Martigues

Les rives de l'étang de Berre ont subi l'aménagement acharné de ses rives depuis le début du XXe siècle, raffineries de pétrole, aéroport, etc.

Malgré cela, l'étang recèle encore des richesses naturelles insoupçonnées. La diversité des espaces naturels offre aux oiseaux une multitude de milieux. L'étang de Berre et ses alentours accueillent plus de 250 espèces d'oiseaux sédentaires ou migrateurs.

Des observatoires ornithologiques situés sur les propriétés du Conservatoire du littoral à la Poudrerie de Saint-Chamas et au bord de l'étang de Bolmon permettent leur observation en toute quiétude.

Les salines de l'étang de Berre ont été désignées zone de protection spéciale (ZPS) dans le réseau Natura 2000 par un arrêté du 27 août 2003[7],[8],[9]. Les marais et zones humides liées à l'étang font également l'objet d'une proposition de site d'intérêt communautaire (pSIC) depuis août 1998[10].

L'organisation administrative[modifier | modifier le code]

Les communes qui bordent l'étang sont au nombre de dix : Istres, Miramas, Saint-Chamas, Berre-l'Étang, Rognac, Vitrolles, Marignane, Châteauneuf-les-Martigues, Martigues et Saint-Mitre-les-Remparts.

Site touristique et récréatif[modifier | modifier le code]

Port d'Istres (sur l'étang de Berre)

Le climat méridional, venté et ensoleillé de l'étang de Berre associé à la sécurité d'un plan d'eau fermé, offre une étendue propice aux sports nautiques.

Les ports de Saint-Chamas, Berre, Martigues et Istres sont très dynamiques.

Plusieurs clubs nautiques[11] affiliés à la Fédération française de voile (FFV), proposent la pratique de la voile légère (catamaran de sport, funboard...), parmi eux, les plus dynamiques organisent des régates :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionaire français-provençal Jules Coupier, 2009, page 536
  2. http://www.etangdeberre.org/page_salinite.php L'étang en direct]
  3. Loi no 57-897 du 7 août 1957 portant interdiction de la pêche dans l'étang de Berre, JORF no 183 du 8 août 1957, p. 7813, sur Légifrance
  4. Louis François, « L'aéroport de Marseille-Marignane », dans Les Études rhodaniennes, 1929, vol. V, no 1, p. 163–165
  5. Loi no 94-114 du 10 février 1994 portant diverses dispositions concernant l'agriculture - Titre V : Dispositions visant à rétablir le droit de pêche dans l'étang de Berre, JORF no 35 du 11 février 1994, p. 2326–2333 (2332), NOR AGRX9300158L, sur Légifrance
  6. Julien Dukmedjian, « L'étang de Berre revégétalisé », sur Metro, 25 mai 2009
  7. Arrêté du 27 août 2003 portant désignation du site Natura 2000 des salines de l'étang de Berre (zone de protection spéciale), JORF no 205 du 5 septembre 2003, p. 15291–15292, texte no 25, NOR DEVN0320279A, sur Légifrance
  8. Facsimilé de l'arrêté avec ses annexes, sur le site du ministère de l'Écologie et du Développement durable
  9. Fiche du site FR9312005 : Salines de l'étang de Berre, sur le portail du réseau Natura 2000 en France
  10. Fiche du site FR9301597 : Marais et zones humides liées à l'étang de Berre, sur le portail du réseau Natura 2000 en France
  11. « Il y a 50 club(s) dans le département Bouches-du-Rhône », sur le site de la Fédération française de voile
  12. Site du Club nautique marignanais
  13. Site du Cercle de voile de Martigues

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]