Chéran

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45° 53′ 11″ N 5° 56′ 00″ E / 45.8864, 5.93333

le Chéran
Le Chéran traversant la commune de Lescheraines.
Le Chéran traversant la commune de Lescheraines.
Caractéristiques
Longueur 53,7 km
Bassin 350 km2
Bassin collecteur le Rhône
Débit moyen 7,8 m3/s (Allèves)
Régime pluvio-nival
Cours
Source Hauteurs de Verrens-Arvey
· Coordonnées 45° 40′ 45″ N 6° 15′ 26″ E / 45.6792, 6.2572 (Source - le Chéran)  
Confluence le Fier
· Coordonnées 45° 53′ 09″ N 5° 56′ 01″ E / 45.885916, 5.933726 (Confluence - le Chéran)  
Géographie
Pays traversés Drapeau de la France France
Départements Haute-Savoie, Savoie
Régions traversées Rhône-Alpes

Sources : SANDRE, Géoportail, Banque Hydro

Le Chéran est une rivière française des Préalpes du Nord, qui coule dans les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie.

Principal cours d'eau traversant le massif des Bauges, il est un affluent du Fier en rive gauche, donc un sous-affluent du Rhône.

Étymologie[modifier | modifier le code]

On retrouve très probablement dans le nom Chéran l'étymon pré-indo-européen *car- pour roche, *carannus > Chéran étant un parallèle de *caronna > Garonne dans les Pyrénées, avec le suffixe *-anna, -onna, cours d'eau.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Chéran prend sa source dans le massif des Bauges, sur la commune de Verrens-Arvey, en Savoie. Il se jette dans le Fier sur la commune de Rumilly en Haute-Savoie, après un parcours de 54 km, en majorité dans les Bauges.

La rivière arrose notamment le Le Châtelard, Lescheraines, Alby-sur-Chéran et Rumilly.

Le bassin versant du Chéran est en grande partie inclus dans le parc naturel régional du Massif des Bauges.

Affluents et sous-affluents[modifier | modifier le code]

  • le Nant de l'Eau Salée et son affluent Les Éparris ;
  • la Néphaz ;
  • Le Dadon, une petite rivière qui, grossie par les ruisseaux de Balvay, du Nant de Boré et du Boiran, se jette dans le Chéran au niveau de la Z.I. de la Rivière à Rumilly. Son débit moyen en cas de crue est de 10 m3, mais peut monter à 21 m3 en crue décennale et à 32 m3 en crue centennale.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Le débit du Chéran a été observé durant une période de 59 ans (1950-2008), à Allèves, localité du département de la Haute-Savoie située malheureusement à une vingtaine de kilomètres de son confluent avec le Fier[1]. Le surface ainsi étudiée est de 249 km2, soit un peu plus de 70 % du bassin versant total de la rivière qui fait 350 km2.

Le module de la rivière à Allèves est de 7,77 m3⋅s-1.

Le Chéran présente des fluctuations saisonnières de débit bien marquées, comme généralement en milieu alpestre. Son régime est principalement pluvial, avec une composante nivale assez importante (régime pluvio-nival). Les hautes eaux se caractérisent par un double sommet, le premier en novembre-décembre correspondant aux pluies d'automne avec un débit mensuel moyen de 8,12 et 8,25 m3⋅s-1 pour ces deux mois. En janvier on assiste à une légère baisse du débit (7,95 m3), une part plus importante des précipitations étant retenue dans la montagne, sous forme de neige. Le second sommet se déroule au printemps, de mars à mai inclus (avec un maximum très net en avril) et correspond surtout à la fonte des neiges. Il se caractérise par des débits mensuels moyens allant de 10,5 à 12,7 m3⋅s-1. À partir du mois de mai, le débit baisse rapidement, jusqu'aux basses eaux (étiage) d'été qui ont lieu de juillet à septembre inclus, entraînant une baisse du débit mensuel moyen jusqu'au plancher de 3,59 m3 au mois d'août, ce qui reste fort confortable il est vrai. Mais ces moyennes mensuelles ne sont que des moyennes et occultent des fluctuations plus prononcées sur de courtes périodes ou selon les années.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Allèves
(données calculées sur 59 ans)

Aux étiages, le VCN3 peut chuter jusque 0,560 m3⋅s-1 (560 litres par seconde), ce qui devient relativement sévère.

Les crues, quant à elles, peuvent être importantes, comme il est de règle en territoire montagneux. Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 110 et 140 m3⋅s-1. Le QIX 10 est de 160 m3⋅s-1, le QIX 20 de 180 m3, tandis que le QIX 50 se monte à 210 m3⋅s-1.

Le débit instantané maximal enregistré à Allèves a été de 250 m3⋅s-1 le 1er octobre 1960, tandis que la valeur journalière maximale était de 148 m3⋅s-1 le 15 février 1990. En comparant la première de ces valeurs à l'échelle des QIX de la rivière, il apparaît que cette crue était largement supérieure au volume de la crue cinquantennale définie par le QIX 50, et donc très exceptionnelle.

Le Chéran est une rivière très abondante. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de 987 millimètres annuellement, ce qui est trois fois supérieur à la moyenne d'ensemble de la France tous bassins confondus, mais tout à fait normal comparé aux divers cours d'eau de la région des préalpes de Savoie, généralement très abondants. C'est de plus nettement supérieur à la moyenne du bassin du Rhône (557 millimètres à Beaucaire et 670 à Valence). Le débit spécifique (ou Qsp) atteint 31,2 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Gestion territoriale[modifier | modifier le code]

Le Syndicat mixte interdépartemental d'aménagement du Chéran (SMIAC) regroupe, depuis 1995, 35 communes du bassin du Chéran et a pour vocation de protéger la rivière en entreprenant des travaux de restauration des berges de la rivière et de ses affluents et effectuant un entretien régulier pour conserver à la rivière son aspect naturel et éviter les crues catastrophiques.

Les deux contrats (1998-2002 et 2004-2008) ont permis de maintenir une bonne qualité physico-chimique en favorisant l'assainissement des communes et la restauration de certains milieux aquatiques. La protection contre les crues du Dadon a débuté ainsi que la renaturation de la rivière dans le secteur des Bauges. Une passerelle piétonne a été créée entre Cusy et Gruffy; deux autres sont prévues.

Selon le rapport de 2012[2], sur le territoire du bassin du Chéran :

  • Entre 1999 et 2006, la population résidente a connu un accroissement de 15,7 %, entre 1995 et 2009, la part de la population en assainissement collectif est passée de 47 % à 64 %.
  • Entre 1988 et 2009, le nombre d'exploitations agricoles a diminué passant de 1.012 (utilisant 37 % de la surface du territoire) à 345 (utilisant 31 % de la surface du territoire), fin 2009, 72 % des troupeaux étaient aux normes concernant les installations de traitement des effluents.
  • Fin 2009, le bassin comptait 1.946 unités industrielles ou artisanales (travail des métaux, agro-alimentaire, travail du bois, centrales à béton, tanneries, imprimerie, cosmétique et parapharmacie).
  • Les surfaces imperméabilisées aux eaux de ruissellement représentent 4 % de la surface, dont l'autoroute A41 avec un trafic moyen journalier de 32.350 véhicules en 2008.
  • Fin 2009, les ressources en eau distribuées proviennent à 93 % de 80 sources naturelles. La production de 51 autres sources a été abandonnée car jugées peu productives. 51 % des captages sont protégés par des périmètres de protection. Les volumes prélevées ont été en 2007 de 5,7 millions de mètres cubes dont 84 % pour l'usage domestique.
  • La qualité physico-chimique de l'eau du bassin se maintient en classe "très bonne" en amont, en classe "bonne" ou "très bonne" en milieu de bassin mais avec des traces d'azote et de phosphore, enfin en classe "moyenne" en aval où existe des traces de métaux et d'hydocarbures aromatiques polycycliques. Certains affluents posent de véritables problèmes, tel est le cas du Nant d'Aillon, du Nant de Jarsy et de la Néphaz.
  • Globalement, la biomasse piscicole est faible sur tout le Chéran, avec dernièrement une baisse de la population des truites et une petite hausse de celle des écrevisses à pieds blancs grâce aux travaux faits sur la Vergogne.
  • Végétations : les bois ont majoritairement colonisés les berges. Fin 2008, 154 km des berges étaient gérées en ripisylve, le reste était à l'abandon. Les zones naturelles d'épandages des crues sont bien conservées malgré une pression de l'urbanisation sur certaines d'entre elles. Les zones humides naturelles sont au nombre de 234 pour une surface de 411 hectares.
  • Il n'y a plus d'extraction de matériaux dans le lit du Chéran, ni de décharges sauvages.

Orpaillage[modifier | modifier le code]

Le Chéran est renommé pour contenir des paillettes d'or. Il en charrie pour un demi-gramme par tonne d'alluvions d'un or arraché par le torrent aux glaciers, aux rochers et aux filons de quartz. Les filons aurifères contenus dans les roches cristallines des Bauges (ophiolites) sont apparus lors de l'orogenèse alpine quand les plaques eurasienne et africaine se sont chevauchées.

C'est un or très pur à 22-23 carats se présentant sous forme de grains ou de paillettes dont les plus belles ont la forme de petits carrés de deux millimètres de côté. Les zones les plus propices sont celles en amont d'Alby-sur-Chéran, celles du côté de Cusy ou du Moulin Janin.

L'or du Chéran est exploité depuis au moins le Moyen Âge. En 1867, un gardien de chèvres trouva une pépite de 43,50 grammes près du vieux pont d'Alby-sur-Chéran, un endroit dangereux. Au début du XXe siècle, l'instituteur de Gruffy pratiquait l'orpaillage ce qui lui permettait de payer ses vacances.

Galerie photo[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Banque Hydro - Station V1255010 - Le Chéran à Allèves (option Synthèse)
  2. Bulletin du Syndicat mixte d'aménagement du Chéran (contrat de rivière)