Glaciation de Riss

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Riss (homonymie).

Glaciation de Riss

Équivalent alpin Riss
Équivalent nordique Saalien
Équivalent russe Russie centrale (Средне-русский надгоризонт), voir Dniepr (ru)
Équivalent sibérien Bakhta (Бахтинский надгоризонт)
Étage stratigraphique Pléistocène moyen
Début Fin
370 000 ans 130 000 ans
Extension maximale de la glaciation de Riss (en bleu) dans les Alpes ; violet : Würm.

La glaciation de Riss est l'avant-dernier grand âge glaciaire de l'ère quaternaire dans les Alpes selon la chronologie traditionnelle basée sur la stratigraphie[1]. Il est actuellement estimé qu'elle s'est étendue entre -325 000[2]'[3] à -130 000 ans environ et a été nommée d'après la rivière Riß dans le sud de l'Allemagne. Elle correspond aux stades isotopiques 6 à 8[4] (ou 10)[3] et est contemporaine des glaciations du Saalien pour la Baltique et de l'Illinoien pour l'Amérique du Nord. Les plaines environnantes sont parcourues par l'homme de Néandertal, c'est l'époque du Moustérien. Mal défini sur le plan chronologique et regroupant plusieurs phases de poussées et de recul des glaces, l'usage de ce terme tend actuellement à être remplacé par des datations absolues[5]

Le Riss suit l'interglaciaire Mindel-Riss et précède l'interglaciaire Riss-Würm et la glaciation de Würm. Il a atteint son extension maximale peu avant qu'il se termine après avoir connu deux périodes relativement douces vers -240 000 ans et de -220 000 à -190 000 ans. Dans la région de Berne, le premier interstade permet notamment le développement de l'épicéa, le deuxième du bouleau et du mélèze[6].

Définition[modifier | modifier le code]

Evolution des températures, du CO2 et des poussières pendant les 450 000 dernières années (données recueillies à Vostok dans l'Antarctique)

La glaciation de Riss doit son nom à Albrecht Penck et Eduard Brückner qui ont décrit les périodes glaciaires dans leur livre Die Alpen im Eiszeitalter (Les Alpes à l'âge de glace) entre 1901 et 1909. Pour ce faire, ils ont analysé l'étagement des terrasses alluviales des affluents du Danube et ont décrit le stratotype pour chaque étage. Pour le Riss, la localité type est Biberach an der Riß où se trouve les vieilles moraines du glacier du Rhin. Ce paysage caractéristique permet de retrouver les traces des glaciers. En général, les moraines externes sont attribuées au Riss tandis que les moraines internes appartiennent au Würm. Comme la glaciation du Riss a été plus étendue que celle du Würm, ses traces sont plus facilement observables dans les régions qui n'ont été englacées que lors du Riss (par exemple, la Dombes) tandis que dans les régions plus internes, elles ont été effacées par les glaciations ultérieures.

Toutefois, certains auteurs estiment que son avancée est restée limitée dans l'avant-pays bernois et que c'est au stade isotopique 12, il y a 780 000 ans que le glacier du Rhône a connu sa dernière avancée majeure capable de surpasser celle du Würm[7].

Description[modifier | modifier le code]

Lors de leur plus grande extension, les glaciers alpins ont créé un vaste inlandsis avec une couche de glace dépassant les 1000 m d'épaisseur dans les vallées. Le glacier du Rhône, renforcé par ses affluents, recouvrait tout le Valais et se séparait en deux lobes au niveau du lac Léman en venant buter contre le Jura et sa calotte. L'un d'eux recouvrait le plateau suisse et s'unissait aux glaciers de l'Aar et du Rhin, l'autre descendait jusqu'à Lyon, gonflé par les glaces des montagnes de Savoie, et bloquait le cours de la Saône causant la formation d'un immense lac qui remontait jusqu'à Dijon. De son côté, le glacier du Rhin rejoignait la calotte de la Forêt-Noire et poussait jusqu'à la vallée du Danube qu'il bloquait au niveau de Sigmaringen créant un lac qui se déversait dans le Neckar. Les glaciers de l'Inn et de l'Adige (350 km de long) avaient aussi une taille importante.

L'étage des neiges éternelles commençait alors vers 1200 mètres d'altitude dans les Alpes occidentales et 800 m[8] dans les Vosges et la Forêt Noire. Les températures étaient nettement plus basses avec une continentalité plus marquée. Dans la région de Zurich, la température moyenne de l'été n'était que de 9 °C, celle de l'hiver de -21 C[7].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Albrecht Friedrich Karl Penck et Eduard Brückner, Die Alpen im Eiszeitalter, Leipzig, Chr. Herm. Tauchnitz,‎ 1909
  2. La datation de cette glaciation, en particulier la date de commencement, est encore débattue.
  3. a et b Stratigraphische Tabellen des Bayerischen Geologischen Landesamtes. Ad-hoc-AG Geologie der Staatlichen Geologischen Dienste (SGD) und der BGR.
  4. Mebus A. Geyh, Helmut Müller (2005): "Numerical 230Th/U dating and a palynological review of the Holsteinian/Hoxnian Interglacial". In: Quaternary Science Reviews 24 (16-17): 1861–1872. DOI:10.1016/j.quascirev.2005.01.007
  5. Alain Giret, Le Quaternaire : climats et environnements', page 54, L'Harmattan, 2009.
  6. Jean-Marie Le Tensorer, Le paléolithique en Suisse, page 65, 1998.
  7. a et b Christian Schlüchter, « Glaciations » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 8 octobre 2009.
  8. Riss-Kaltzeit, GeoDZ Online-Lexikon.