Ab Urbe condita libri

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Ab Urbe condita libri
Auteur Tite-Live
Genre annales
Version originale
Titre original Ab Urbe condita libri
Langue originale latin
Pays d'origine Empire romain
Lieu de parution original Rome antique
Date de parution originale Ier siècle av. J.-C.
Version française
Tite-Live (Titus Livius en latin)

L’Histoire de Rome depuis sa fondation (en latin Ab Urbe condita libri, littéralement « les livres depuis la fondation de Rome ») est une œuvre de l'historien Tite-Live dont il entame la rédaction aux alentours de -27[1]. De cette œuvre immense qui couvre en 142 livres l’histoire romaine des origines jusqu’à la mort de Drusus en 9 av. J-C[2], le quart seulement nous est parvenu[3].

Historique[modifier | modifier le code]

Diverses indications cernent la période du 27 à 20 av. J.-C. au cours de laquelle les premiers dix livres ont été rédiges. Dans le premier livre (19,3), l'empereur est appelé Auguste, un titre qu'il n'adopte qu'en l'an 27 avant notre ère, date qui sert donc de terminus ante quem. L'omission de toute référence à la restauration, en 20 av. J.-C., semble elle prouver que le passage a été écrit avant cette date, qui sert donc de terminus post quem.

Tite-Live, bien que républicain, est aidé dans son travail par la famille impériale. Auguste a effectivement compris que cette évocation des hauts faits de Rome pouvait servir son pouvoir. Il s’agit non seulement d’élever « un monument à la gloire de Rome » mais surtout de rappeler l’ancienneté et la continuité sans faille de l’histoire de la ville. L’Histoire selon Tite-Live n’est pas objective : elle idéalise les grands hommes et reste pleine de prévention à l’égard des démocrates.

Description[modifier | modifier le code]

Cette œuvre est organisée en décades ou groupes de 10 livres (parfois en groupes de 5), mais 35 livres seulement sont parvenus jusqu’à nous : les livres I à X et XXI à XLV. Les autres ne sont connus que par des fragments ou des résumés appelés Epitome ou Periochae faits postérieurement. Ils nous donnent une idée du plan suivi par Tite-Live et de la manière dont il avait réparti la matière qu’il a traitée.

Les livres qui sont restés concernent l’histoire des premiers siècles de Rome depuis sa fondation jusqu’en 292 av. J.-C., le récit de la deuxième guerre punique et de la conquête par les armes romaines de la Gaule cisalpine, de la Grèce, de la Macédoine, et d’une partie de l’Asie Mineure. Le dernier évènement important qui s’y trouve relaté est le triomphe de Paul Émile à Pydna en 168 av. J.-C.

Préface[modifier | modifier le code]

Dans la préface, il est dit « Quant aux récits relatifs à la fondation de Rome ou antérieurs à sa fondation, je ne cherche ni à les donner pour vrais ni à les démentir : leur agrément doit plus à l’imagination des poètes qu’au sérieux de l’information ». Il se montre critique vis-à-vis de ce qu’il juge comme une décadence de Rome (qui n’a pas encore atteint son apogée) et exalte les valeurs qui ont fait la Rome éternelle.

Introduction[modifier | modifier le code]

L' introduction nous livre le propos de Tite-Live : commémorer les hauts faits de Rome, la cité alors maîtresse du monde, décrire les hommes et les modes de vie à l'origine de la grandeur de la ville et la décadence morale à l'époque des guerres civiles, de façon à ce que les lecteurs puissent tirer les enseignements de l'Histoire. C'est donc à la fois un ouvrage de dialectique et de morale. Ses méthodes sont celles du Grec Isocrate, du IVe siècle av. J.-C.. Les sources de Tite-Live sont les annalistes antérieurs comme Cassius et Calpurnius Pison, tous deux auteurs romains ayant écrit durant la deuxième moitié du IIe siècle avant notre ère, puis Polybe et pour les derniers livres Posidonios, César ainsi que les Mémoires d'Auguste. Il se fie surtout aux sources écrites, mais ne recourt que rarement aux archives originales ; il ne se livre en outre à aucune critique de ses sources.

Plan général de l'ouvrage[modifier | modifier le code]

Histoires de Tite-Live I.4, sur un panneau d'autel d'Ostie. Le Tibre regarde le coin inférieur droit alors que la lupa (louve) nourrit Romulus et Rémus, les fondateurs de Rome, l'Aigle impérial est visible

Dans cette Histoire de Rome se trouve également la première uchronie connue : Tite-Live imaginant le monde si Alexandre le Grand était parti conquérir l’ouest et non l’est de la Grèce.

Manuscrits[modifier | modifier le code]

Quinze manuscrits nous sont parvenus :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Éditions électroniques[modifier | modifier le code]

Éditions sur papier[modifier | modifier le code]

  • Historiens de la République, t. I : Tite-Live : Histoire romaine. Salluste, Gallimard, coll. Pléiade, 1088 p.
  • Histoire romaine, Les Belles Lettres, Collection des universités de France, Série latine (volumes bilingues)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://en.wikisource.org/wiki/1911_Encyclopædia_Britannica/Livy, From Analysis of the History
  2. (en) Charles Short, Johnson's (Revised) Universal Cyclopaedia: a Scientific and Popular Treasury of Useful Knowledge : Latin Literature, A.J. Johnson & Co., Frederick Barnard & Arnold Guyot,‎ 1886
  3. Foster (1874), p. xvi.