Loue

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La Loue
Image illustrative de l'article Loue
Localisation du cours de la Loue.
Localisation du cours de la Loue.
Caractéristiques
Longueur 126 km
Bassin ?
Bassin collecteur Bassin du Rhône
Débit moyen 33 m3/s
Régime pluvio-nival
Cours
Source Doubs (département)
· Localisation Ouhans, France
· Altitude 528 m
· Coordonnées 47° 00′ 41″ N 6° 17′ 55″ E / 47.01139, 6.29861 (Source - La Loue)  
Confluence Doubs
· Localisation Parcey, France
· Altitude 194 m
· Coordonnées 47° 00′ 49″ N 5° 26′ 56″ E / 47.01361, 5.44889 (Confluence - La Loue)  
Géographie
Pays traversés Drapeau de la France France,
Principales villes Lods, Ornans, Cléron, Parcey

La Loue est une rivière française, résurgence et affluent du Doubs (rive gauche).

Géographie[modifier | modifier le code]

Elle s’écoule de Ouhans au nord de Pontarlier à Parcey en aval de Dole dans le Jura, où elle se jette dans le Doubs après un parcours d'environ 130 kilomètres.

Affluents[modifier | modifier le code]

Hydrologie[modifier | modifier le code]

C’est une résurgence du Doubs. Ceci a été découvert en août 1901 lorsque les usines Pernod de Pontarlier brûlèrent après avoir été frappées par la foudre le 11 août 1901. Ces usines fabriquant de l'absinthe hautement inflammable, les pompiers déversèrent dans un puits perdu 600 000 litres du spiritueux. Le surlendemain, on retrouva des traces d’absinthe et de colorant jaune doré aux reflets verts dans la Loue, comme le rapporta André Berthelot[1]. Cela fut confirmé par les savants spéléologues Édouard-Alfred Martel et Eugène Fournier qui, ayant remarqué une faille sur le cours du Doubs en aval de Pontarlier, y jetèrent un puissant colorant vert (fluorescéine)[2]. Quelques jours plus tard, la Loue était colorée de ce même vert[3].

La Loue est une rivière très abondante, à l'instar de ses voisines du Jura. Son débit a été observé durant une période de 52 ans (1957-2008), à Parcey, localité du département du Jura située au niveau de son débouché dans le Doubs [4]. Le bassin versant de la rivière est de 1 760 km2.

Le module de la rivière à Parcey est de 59,2 m3/s. D'autres mesures cependant donnent un module un peu moins abondant : 51,6 m3/s (RDBRMC [5]) dans la même localité de Parcey, et pour une surface de bassin tout à fait égale.

La Loue présente des fluctuations saisonnières de débit assez marquées, comme très souvent dans l'est de la France, avec des hautes eaux d'hiver-printemps portant le débit mensuel moyen à un niveau situé entre 69,6 et 90,8 m3/s par seconde, de novembre à avril inclus (avec deux maxima : le premier en décembre et le second, le plus important, en février), et des basses eaux d'été, de juillet à septembre, avec une baisse du débit moyen mensuel jusqu'à 22,7 m3/s au mois d'août (voir histogramme ci-dessous). Mais ces moyennes mensuelles ne sont que des moyennes et occultent des fluctuations bien plus prononcées sur de courtes périodes.

Débit moyen mensuel à Parcey[modifier | modifier le code]

Loue 02.jpg
Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Parcey
(données calculées sur 52 ans[6])

Le VCN3 peut chuter jusque 5,3 m3/s, en cas de période quinquennale sèche, ce qui est bas pour un cours d'eau aussi robuste. Le débit minimum sur trois jours consécutifs connu est de 3,28 m3/s mesuré entre le 2 et 4 juillet 1976.

Les crues sont quant à elles très importantes. Ainsi, le débit instantané maximal enregistré a été de 800 m3/s le 1er mars 1962, tandis que la valeur journalière maximale était de 688 m3/s le 26 mai 1983. Le QIX 10 est de 650 m3/s, le QIX 20 de 730 m3/s et le QIX 50 de 830 m3/s. Les QIX 2 et QIX 5 valent, quant à eux, respectivement,, 440 et 560 m3/s. D'où il ressort que les crues de mai 1983 étaient à peine vicennales.

À titre de comparaison avec une importante rivière du bassin parisien, le QIX 10 de la Marne, à son entrée dans l'agglomération parisienne, ne vaut que 510 m3/s (contre 650 pour la Loue) et son QIX 50 ne se monte qu'à 650 m3/s (contre 820 pour la Loue), et ce, bien que la Marne ait un bassin sept fois plus étendu.

La Loue est une rivière très abondante, alimentée par des précipitations elles aussi très généreuses. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de 1064 millimètres annuellement, ce qui est fort élevé, nettement supérieur tant à la moyenne de la totalité du bassin de la Saône (501 millimètres), qu'à la moyenne d'ensemble de la France, mais cette valeur est biaisée dans la mesure où La Loue est alimentée partiellement par les eaux du Doubs dont elle est une résurgence. Le débit spécifique (ou Qsp) atteint 28,7 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Tourisme[modifier | modifier le code]

La Loue est une rivière classée comme l’une des plus belles rivières d’Europe pour la pêche à la mouche. La vallée de la Loue constitue une richesse touristique importante de la région. Elle présente un grand intérêt touristique, et plus particulièrement entre la source de la Loue et Ornans où, sur quelque 20 km, elle perd 229 m d’altitude. Ajouté à un débit régulier, cela en fait un parcours prisé pour des descentes en canoë ou en kayak

La source de la Loue

Écologie[modifier | modifier le code]

Pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918), des milliers d'obus (munitions non explosées) ont été jetés dans des cavernes, comme le gouffre où naissent les sources de la Loue. L'eau qui alimente la rivière et une partie des habitants du département coule aujourd'hui sur un lit d'obus jetés là après 1918 et périodiquement immergés par l'eau. Ces obus contiennent notamment de l'acide picrique et divers métaux (dont cuivre, zinc et mercure (environ 1 gramme dans l'amorce de chaque obus lui-même et 1 gramme dans l'amorce de la douille si elle est présente).

Un projet de restauration écologique du lit majeur[7] est cité en exemple par le guide méthodologique du Grenelle[8] concernant la trame verte et bleue; il viserait à restaurer un espace de mobilité minimal et un espace de mobilité fonctionnel (« fuseau de divagation du cours d'eau ») (mesurant jusqu'à 1 km de large) de part et d'autre du cours d'eau afin qu'il puisse retrouver un comportement hydromorphologique et écologique plus normal. Dans ce cadre, les digues de protections de berges existantes devraient être supprimées à court terme pour restaurer les processus géodynamiques naturels (érosion, dépôts…).

l'ONEMA et l'INRA observent « depuis la période de référence des années 1970, un glissement typologique (remplacement des organismes typiques des zones amont par des organismes normalement inféodés aux zones avales) des communautés de nombreuses rivières de Franche-Comté, concernées ou non par des mortalités de poissons, comme le Doubs, le Dessoubre et le Cusancin » [9], qui pourrait être du en partie au moins au réchauffement climatique, mais peut-être aussi à une dégradation de l'eau en partie amont de ces cours d'eau. Les toxines produites par ces bactéries ont aussi causé la mort de plusieurs chiens et probablement d'animaux sauvages[10].

Bien que bien classée en termes de qualité de l'eau pour les paramètres classiquement mesurés, il semble par ailleurs qu'en 2010, la Loue subisse une « pollution catastrophique » d'origine inconnue, qui pourrait être selon des ONG due aux « rejets d'élevage agricoles, des pisciculture et des eaux usées urbaines », aggravée selon certains experts par la présence d'une cyanobactéries (Oscilliatoria princeps soupçonnée en 2010, mais qui a rapidement régresssé[11]), et provoquant « une forte mortalité au sein des populations de truites et d'ombres »[12]. De telles mortalités s'étant reproduites, l'État a commandé un rapport à ce sujet via le Préfet du Doubs, qui demandait à ce que l'on cherche à expliquer pourquoi le Cusancin et le Dessoubre ; deux cours d'eau géographiquement proches, et aux contextes hydrogéomorphologiques et écopaysager (géologie et occupation des sols) a priori semblables ou comparables n'ont pas connu une telle mortalité piscicole « ni aucun développements importants de cyanobactéries »[13].
Des phénomènes proches ont été observés dans le Doubs franco-suisse et l'Ain.

Selon la préfecture, en 2010, selon les études faites par pêche électrique, on ne constate pas de nouvelles disparition d'espèces, mais il n'y a pas non plus d'amélioration de la diversité spécifique chez les poissons : aucune des espèces disparues avant les années 1970 n'a réapparu)[14].
Par contre la température moyenne de l'eau a fortement augmenté (de 1 à 2 °C par rapport à 1999), et l'on constate une légère acidification de l'eau[14].

Évocations artistiques[modifier | modifier le code]

La Loue a servi de thème à plusieurs tableaux de Gustave Courbet, natif de la région. On peut citer :

La Loue est fortement présente dans le roman "Tiennot" de Bernard Clavel.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Comptes-rendus de l'Académie des Sciences, 1901 disponible sur Gallica, Sur les origines de la source de la Loue, observations de M. André Berthelot, pages 394-397.
  2. La source de la Loue
  3. L'épisode est évoqué dans le roman Naissance d'un pont de Maylis de Kerangal, éd. Verticales 2010, p. 170
  4. Banque Hydro - Station U2654020 - La Loue à Parcey (Synthèse) (ne pas cocher la case "Station en service")
  5. RDBRMC - Serveur de données hydrométriques temps réel du bassin Rhône Méditerranée
  6. Banque Hydro - Station U2654010 - La Loue à Parcey (Synthèse)
  7. Malavoi, 2006, in L’arbre, la rivière et l’homme, Conseil Scientifique du Patrimoine Naturel et de la Biodiversité, MEEDDAT, 2008.
  8. [PDF] Trame verte et bleue, Orientations nationales pour la préservation et la restauration des continuités écologiques, Guide 1 – Enjeux et principes de la TVB / Choix stratégiques de nature à contribuer à la préservation et à la restauration des continuités écologiques (Référence : article 45 du projet de loi portant engagement national pour l’environnement - article L. 371-2 nouveau du code de l’environnement, 4e alinéa), version avril 2009 (Consulté 2009 05 28)
  9. ONEMA/INRABioemco, Rapport d’expertise sur les mortalités de poissons et les efflorescences de cyanobactéries de la Loue Étude du fonctionnement de la Loue et de son Bassin Versant Rapport final 9 mars 2012 (Expertise mandatée par M. le Préfet du Doubs) (voir page 17 )
  10. R Cauchie, HM Hoffmann Les cyanobactéries (algues bleues) des eaux stagnantes du bassin Artois-Picardie et des régions avoisinantes Centre de recherche public Gabriel Linnmann, Agence de l'eau Artois Picardie, présentation (PDF, 34 pp), consultée 2013-10-03, voire page 8/34
  11. Préfecture du Doubs/MISE, Compte rendue d'une réunion de la MISE (police de l'eau), 4 novembre 2010, Préfecture, PDF, 14 pages (voir p. 3/14 du pdf)
  12. revue La Salamandre, no 199, août et septembre 2010, p. 9.
  13. ONEMA/INRABioemco, Rapport d’expertise sur les mortalités de poissons et les efflorescences de cyanobactéries de la Loue Étude du fonctionnement de la Loue et de son Bassin Versant Rapport final 9 mars 2012 (Expertise mandatée par M. le Préfet du Doubs) (voir p. 42 ; courrier du préfet)
  14. a et b Préfecture du Doubs/MISE, Compte rendue d'une réunion de la MISE (police de l'eau), 4 novembre 2010, Préfecture, PDF, 14 pages (voir p. 4/14 du pdf)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bouchard J., 2010. Étude de la qualité piscicole sur quatre stations de la Loue, Rapport Onema, 54 p.
  • Bouillier N., Dore L., Devillez M., Gentelet B., Millier C. and Uugulu S., 2012. Détermination et quantification des aléas sur le Bassin Versant de la Loue, Rapport de projet Hydrogéologique, Master de Géologie Appliquée, Université de Franch-Comté
  • Chambre d’Agriculture du Doubs, 2011. Bassin versant de la Loue. Rapport relatif à la faisabilité d’une opération collective de maîtrise des pollutions agricoles, 10p.
  • CSP, 1998. Étude piscicole de la basse vallée de la Loue. Rapport CSP Lyon no 6/98., 65 p.
  • Decourcière H., 1998. Situation typologique et qualité écologique actuelle de l’hydrosystème Haute-Loue. Rapp. DESS, Univ f Comté, I.S.T.E
  • DREAL Franche-Comté, 2010. Note sur la qualité physico-chimique de la Loue dans le secteur d’Ornans (actualisée octobre en 2010). 8 p.
  • DREAL Franche-Comté, 2010. Note sur la qualité hydrobiologique (macro-invertébrés, macrophytes et diatomées) de la Loue – station de Mouthier-Haute- Pierre et de la Piquette (année 2010). 22 p.
  • Institut des Sciences et Techniques de l’Environnement (ISTE) 1994. Systèmes aquatiques des hauts bassins du Doubs, de la Loue et du Lison. Qualité biologique globale du haut-Doubs, de la haute Loue et du Lison. Rapport d’étude Laboratoire Hydrobiologie-Hydroécologie, Conseil régional de Franche-Comté, 30pp.
  • Pozet, F., 2010. Mortalités piscicoles sur la Loue, rapport de synthèse LDA 39, 28 p.
  • Roche P. et Porteret V., 1999. Étude piscicole de la haute et moyenne Loue - Départements du Doubs et du Jura. Rapport du Conseil Supérieur de la Pêche, 62 p.
  • Vacelet E., 2008. Étude du développement algal et des micropolluants de la Loue. Mémoire de Master II « Qualité et traitement des eaux et des bassins versants, option procédés de traitement et de dépollution », Université de Franche-Comté, 53 p. + annexes.
  • Vergon J.P., 1990. Proliférations algales ; Loue – Eté 1989. SRAE Franche – Comté et Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, 36p

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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