Le Hussard sur le toit

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Le Hussard sur le toit
Auteur Jean Giono
Genre Roman
Pays d'origine Drapeau de la France France
Éditeur Éditions Gallimard
Date de parution 1951
Nombre de pages 399
Chronologie
Précédent Mort d'un personnage Le Bonheur fou Suivant

Le Hussard sur le toit est un roman d'aventures écrit par Jean Giono et publié initialement en aux éditions Gallimard. Il fait partie du « Cycle du Hussard », c’est-à-dire, dans l'ordre de leur rédaction :

  • Les Récits de la demi-brigade
  • Angelo
  • Mort d'un personnage
  • Le Hussard sur le toit
  • Le Bonheur fou

Parce que certains des personnages du Hussard y apparaissent, le cycle prend le nom de Récits de la demi-brigade.

Pour des raisons de cohérence chronologique, ces romans n'ont pas été publiés dans cet ordre : le Hussard étant le premier.

Intrigue[modifier | modifier le code]

Angelo Pardi, jeune aristocrate carbonaro italien vers 1832, est un colonel de hussards, qui doit fuir son Piémont natal après avoir tué en duel un officier autrichien, le baron Schwartz, pour la cause de son camp. Il franchit la frontière française, et arrive en Provence alors en pleine épidémie de choléra. Chargé de retrouver Giuseppe, son ami et frère de lait, il arrive à Manosque, ravagée par l'épidémie. Accusé d'empoisonner les fontaines, il se réfugie sur les toits de la ville, où il vit de ses explorations dans les maisons désertées. Au hasard d'une de ces expéditions, il rencontre une jeune femme, Pauline de Théus, qui l'accueille sans crainte malgré la contagion.

En redescendant des toits, il est enrôlé par une religieuse qui nettoie les morts. Il côtoie alors l'horreur de la maladie mais accomplit sa tâche « parfaitement inutile » par orgueil, et en souvenir du « petit Français », un jeune médecin acharné à sauver les malades qui meurent tous entre ses bras, et qu'Angelo a tenté en vain d'arracher à la mort.

Pour contrer la contagion, les autorités font évacuer la ville en direction des collines avoisinantes. Angelo y retrouve Giuseppe, mais les ravages du choléra et les dangers de leur vie de conspirateurs les forcent à fuir et à se donner rendez-vous dans les montagnes proches de la Drôme à Sainte-Colombe. Or le pays est entièrement ceinturé par l'armée. À un barrage, Angelo retrouve Pauline de Théus qui cherche à rejoindre son mari près de Gap, et, ensemble, ils franchissent la ligne dans un petit combat où la jeune femme fait preuve d'un courage exemplaire et Angelo est ravi du fait qu'elle montre beaucoup d'esprit et de prestance. Ils voyagent quelques jours ensemble, se découvrent l'un l'autre, dormant à la belle étoile, Angelo protégeant Pauline, elle lui donnant le moyen de faire de l'esprit.

Mais les soldats sont partout, et les deux voyageurs se font arrêter et mettre en quarantaine à Vaumeilh. Ils s'en échappent facilement, et reprennent leur périple. Ils tombent dans une embuscade dans un village, s'en sortent, et, harassés, passent encore une nuit à la belle étoile. Le lendemain, ils trouvent une grande demeure vide, en viennent, après avoir découvert la cave à vin, aux confidences. Angelo parle de sa mère, duchesse italienne très romantique et révolutionnaire, et Pauline de son enfance et de son mari, de quarante ans plus vieux qu'elle, mais qu'elle aime véritablement. Angelo dort à sa porte pour la protéger.

Le lendemain doit marquer la fin de leur périple, et le choléra semble loin. Ils se laissent donc aller à oublier les règles très strictes qu'ils s'imposaient pour éviter la contagion, et partagent le repas d'un énigmatique lettré rencontré sur la route. Quelques heures plus tard, Pauline s'effondre, dégorge de ce riz au lait que Giono s'est plu à rajouter aux symptômes du choléra. Angelo la soigne toute la nuit durant, avec tendresse et acharnement, et la sauve miraculeusement. Le lendemain les retrouve transformés : cette nuit a été en quelque sorte l'accomplissement d'un amour hors du commun, impossible et inévitable.

Mais Angelo est fier de son statut aristocratique, Pauline ne peut se comporter en bourgeoise adultère, et leur relation reste platonique. Angelo raccompagne donc Pauline vers son mari, et s'en repart faire sa révolution.

Analyse[modifier | modifier le code]

Le choléra[modifier | modifier le code]

Le choléra n'a jamais existé tel qu'il est décrit dans le livre. C'est en réalité un symbole. En effet, les personnages n'attrapent pas le choléra de façon réaliste. Angelo aura de multiples contacts avec des malades, cependant il ne l'attrapera jamais. Le choléra permet de mettre en évidence l'égoïsme, la haine, la peur, la passivité… Les personnages qui ont ces tempéraments attrapent le choléra. Angelo méprise la contagion, donc il ne l'attrape pas. C'est, par exemple, la peur du choléra qui tue, pas le choléra lui-même.

Lors d'une interview, Giono explique :

« Le choléra est un révélateur, un réacteur chimique qui met à nu les tempéraments les plus vils ou les plus nobles.[réf. souhaitée] »

Ainsi, « mettre » le choléra sur une personne permet de voir qui elle est réellement.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anglard Véronique, Les romans de Giono, Seuil, Paris 1997