Ain (rivière)

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Ain
(Rivière d'Ain)
L'Ain à Pont-du-Navoy.
L'Ain à Pont-du-Navoy.
Le cours de l'Ain.
Le cours de l'Ain.
Caractéristiques
Longueur 189,9 km
Bassin 3 765 km2
Bassin collecteur Bassin du Rhône
Débit moyen 123 m3/s (Confluence avec le Rhône)
Cours
Source Conte Jura
· Localisation Entre les villages de Conte et de La Favière
· Altitude 681 m
· Coordonnées 46° 44′ 58″ N 6° 01′ 24″ E / 46.74944, 6.02333 (Source - Ain)  
Confluence Rhône
· Localisation Saint-Maurice-de-Gourdans Ain
· Altitude 186 m
· Coordonnées 45° 47′ 44″ N 5° 10′ 16″ E / 45.79556, 5.17111 (Confluence - Ain)  
Géographie
Pays traversés Drapeau de la France France
Régions Franche-Comté, Rhône-Alpes
Départements Jura, Ain
Régions traversées Massif du Jura
Principales villes Champagnole, Pont d'Ain

Sources : SANDRE, Géoportail, Banque Hydro

L'Ain est une rivière française qui prend sa source (une exsurgence karstique) en Franche-Comté, dans une vallée étroite et boisée entre les deux villages Conte (Jura) et La Favière à environ 700 mètres d'altitude, et se jette dans le Rhône (rive droite) à Saint-Maurice-de-Gourdans (Ain) après avoir parcouru 189,9 km[1]. Elle a donné son nom au département de l'Ain. Les riverains et plus généralement les locuteurs des départements du Jura et de l'Ain[2] la désignent sous la locution «rivière d'Ain», qui a pour avantage de lever l'ambigüité avec le département.

Étymologie[modifier | modifier le code]

La forme ancienne est Igneus au IXe siècle (E. Philipon, Dict. Topogr. du dép. de l'Ain), Hinnis en 1169. D'un radical pré-latin Inn-, sans doute le même que celui de la rivière de l'Inn des Alpes). D'après Anne-Marie VURPAS et Claude MICHEL dans les Noms de lieux de l'Ain : Igneus (VIIIème siècle) "la rivière du feu" ; Hinnis (1169) et Enz (1212).

Géographie[modifier | modifier le code]

La rivière arrose Champagnole et Pont-d'Ain.

L'Ain draine le Jura méridional, le plus élevé, le plus arrosé grâce à l'obstacle des crêtes disposées selon une orientation nord-sud[style à revoir] (cela explique un débit important : 123 m3⋅s-1 à la confluence). Son réseau, commandé par le relief et son soubassement structural, s'adapte aux dépressions synclinales, les vals. L'Ain tranche les chaînes par des cluses et dessine un tracé en baïonnette.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Perte de l'Ain
La rivière d'Ain à hauteur de Bolozon

Le bassin, montagneux dans sa quasi-totalité, se développe surtout dans des assises calcaires perméables, ce qui explique la manifestation de nombreux phénomènes karstiques : circulation souterraine, pertes, résurgences, dépressions fermées ou dolines. Cette perméabilité confère au régime une irrégularité ou une variabilité marquée - les pluies provoquent des réactions soudaines et brèves. La neige ne joue qu'un rôle secondaire dans l'alimentation du bassin, même si on peut parler de régime pluvio-nival. L'Ain est capable de crues violentes, 2 600 m3⋅s-1 ont été enregistrés à Chazey-sur-Ain en 1926.

Les débits[modifier | modifier le code]

Les marmites de l'Ain à Pont-de-Poitte

Le débit de l'Ain a été observé sur une période de 49 ans (1959-2007), à Chazey-sur-Ain, localité du département de l'Ain, située peu avant le confluent avec la Rhône[3]. À cet endroit le bassin versant de la rivière est de 3 630 km2, soit sa quasi-totalité.

Le module de la rivière à Chazey-sur-Ain est de 123 m3⋅s-1.

L'Ain présente des fluctuations saisonnières de débit moyennes, avec des hautes eaux d'hiver-printemps faisant monter les débits mensuels moyens à un niveau compris entre 151 et 177 m3⋅s-1, de novembre à avril inclus (maximum en décembre suivi d'un second maximum en février-mars). Les basses eaux se produisent en été, de juillet à début septembre, avec une baisse du débit moyen mensuel jusqu'au niveau de 45,7 m3⋅s-1 au mois d'août, niveau encore appréciable. Mais ces moyennes mensuelles cachent des oscillations périodiques plus importantes.

Le VCN3 peut chuter jusque 10 m3, en cas de période quinquennale sèche.

Ce sont surtout les crues qui peuvent être très importantes. Le débit instantané maximal a été de 1 910 m3⋅s-1 le 15 février 1990, tandis que le débit journalier maximal était de 1 770 m3 à la même date. Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 920 et 1 200 m3⋅s-1. Le QIX 10 est de 1 500 m3⋅s-1 et le QIX 20 de 1 700 m3. Quant au QIX 50, il est de 1 900 m3, soit plus que celui de l'Allier - 1 500 m3 en fin de parcours.

À titre de comparaison, le QIX 10 de la Marne à l'entrée de Paris vaut 510 m3⋅s-1, tandis que son QIX 50 est de 650 m3. Le QIX 10 comme le QIX 50 de l'Ain, rivière de débit moyen équivalent, sont trois fois plus élevés que ceux de la Marne, alors que le bassin versant de cette dernière est trois fois plus étendu. La même comparaison avec la Seine à Alfortville nous donne pour cette dernière un QIX 10 de 1 200 m3⋅s-1 et un QIX 50 de 1 600 m3, soit des valeurs inférieures à celles de l'Ain, pour un bassin versant de la Seine huit fois plus étendu (30 800 km2) que celui de l'Ain (voir Débit de la Seine à Paris).

La lame d'eau écoulée dans le bassin de l'Ain est de 1 070 millimètres annuellement, ce qui est très élevé (trois fois plus que la moyenne d'ensemble de la France). Le débit spécifique (ou Qsp) se monte à 33,8 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Chazey-sur-Ain
(données calculées sur 15 ans)

Ses affluents[modifier | modifier le code]

  • la Serpentine
  • Bief de la Fraite
  • Ruisseau de Combe Sandon
  • Bief de Froide Fontaine
  • Bief des cornes
  • Bief des grands chaux
  • Bief cent Tours
  • Bief de la Creuse
  • Bief de Provelle
  • Bief de Rougemont
  • Bief de Paillasson
  • Bief de Coquenelle
  • Bief de sous le Crêt
  • Bief de Fosse
  • Bief du Moulin
  • Bief Martin
  • Bief de l'Œuf
  • le Dudon
  • Ruisseau du Buronnet
  • la Cimante
  • la Lantenne
  • la Grave
  • la Balme
  • le Veyron

Production hydro-électrique[modifier | modifier le code]

De nombreux ouvrages ont été édifiés sur l'Ain et ses affluents pour produire de l'électricité ; ces barrages forment des lacs de retenue, parfois vastes comme celui de Vouglans. Ce dernier, mis en eau en 1968, est, avec son volume de plus de 600 millions de m3 d’eau et sa retenue de 35 kilomètres, le troisième plus important de France.

Liste des 5 principaux ouvrages avec leurs caractéristiques :

Nom de l'ouvrage Mise en service Volume utile Puissance maximale Production annuelle Hauteur de l'ouvrage Altitude
Vouglans 1968 420 Mm3 285 MW 180 GWh 110 m 430 - 320 m
Saut Mortier 1966 1.07 Mm3 44 MW 75 GWh 20 m 330 - 310 m
Coiselet 1970 3.7 Mm3 41 MW 110 GWh 20 m 300 - 280 m
Cize-Bolozon 1931 4.72 Mm3 23 MW 90 GWh 15 m 285 - 270 m
Allement 1960 3 Mm3 32 MW 110 GWh 30 m 275 - 250 m

Faune[modifier | modifier le code]

Source de l'Ain

L'Ain est un cours d'eau très poissonneux où se pêchent la truite (truite fario en particulier), l'ombre commun, le brochet, le corégone, la perche, le barbeau, le hotu, la brème, la carpe, la tanche, le gardon, le vairon, le chevesne et la loche et le chabot. L'Apron du Rhône a été observé dans l'Ain à Port-Galland (Saint-Maurice-de-Gourdans), en 1989 et reste activement recherché dans le cours inférieur de la rivière.

De nombreux oiseaux peuplent les berges de la rivière : canards, aigrettes, cygnes, hérons, bécassines. Des castors sont aussi présents en particulier dans le cours inférieur (Basse vallée de l'Ain) et sur ses affluents, alors que sangliers et chevreuils se retrouvent dans les bois et forêts bordant le cours d'eau. La loutre est longtemps restée discrète mais les observations se multiplient depuis 2003.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]