Isère (rivière)

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Isère
L'Isère dans le centre-ville de Grenoble
L'Isère dans le centre-ville de Grenoble
Carte du cours de l'Isère.
Carte du cours de l'Isère.
Caractéristiques
Longueur 286,1 km [1]
Bassin 11 890 km2 [1]
Bassin collecteur Rhône
Débit moyen 333 m3/s (Beaumont-Monteux) [2]
Organisme gestionnaire Symbhi
Régime nivo-pluvial
Cours
Source Glacier des sources de l'Isère, Grande aiguille Rousse, Alpes grées
· Localisation Val-d'Isère, France
· Altitude ~2 900 m
· Coordonnées 45° 26′ 55″ N 7° 06′ 10″ E / 45.4486, 7.1028 (Source - Isère)  
Confluence Rhône
· Localisation La Roche-de-Glun,France
· Altitude ~110 m
· Coordonnées 44° 59′ 30″ N 4° 52′ 05″ E / 44.9916, 4.868 (Confluence - Isère)  
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Arc, Drac
· Rive droite Arly
Pays traversés Drapeau de la France France
Départements Drôme, Isère, Savoie
Régions traversées Rhône-Alpes

Sources : SANDRE, Géoportail, Banque Hydro, Symbhi

L'Isère (prononcé [i.zɛʁ ]) est une rivière du Sud-Est de la France, affluent en rive gauche du Rhône. Elle prend sa source au glacier des sources de l'Isère sous la Grande aiguille Rousse, près du col de la Vache, en Savoie, et se jette dans le Rhône à quelques kilomètres au nord de Valence.

Hydronymie[modifier | modifier le code]

Le nom Isère est attesté sous la forme Isara à l'époque antique.

Il s'agit d'un mot non celtique à l'origine mais vraisemblablement intégré par les Celtes à époque ancienne, dont la signification est « l'impétueuse, la rapide »[3]. Il est apparenté à l'indo-européen *isərós « impétueux, vif, vigoureux », proche du sanskrit isiráh, de même sens[4]. Il repose vraisemblablement sur une racine indo-européenne reconstruite *eis(ə) (et non pas *is) qui n'est pas attestée en celtique insulaire[5].

Le mot Isara se rencontre dans bien d'autres noms de cours d'eau, tant dans l'ancienne Gaule que dans les pays avoisinants. On reconnaît Isara par exemple dans le nom de la rivière Isar qui arrose Munich en Bavière et dans celui du petit fleuve franco-belge Yser, ou encore dans l'ancien nom de l'Oise, Isara (l'adjectif isarien a subsisté en français pour qualifier ce qui se rapporte à l'Oise). Dans les pays non celtiques, on retrouve également Isara, rivière de Vénétie, Éisra, Istrà en Lituanie[6], Jizera en République tchèque.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le parcours de l'Isère long de 286 km[1], propose de nombreux paysages très variés, en effet elle prend sa source dans le massif des Alpes occidentales tout près de la frontière Italienne, traverse le Pays de Savoie et la Tarentaise, passe entre le massif de la Chartreuse et la chaîne de Belledonne, longe le massif du Vercors, traverse la province du Dauphiné et conflue avec le Rhône au pied du Vivarais.

Départements et principales villes traversés[modifier | modifier le code]

Principaux affluents[modifier | modifier le code]

(G) Affluent rive gauche ; (D) Affluent rive droite ; (CP) Cours principal, signale le nom donné à une partie du cours d'eau prise en compte dans le calcul de sa longueur.

La basse vallée de l'Isère[modifier | modifier le code]

Unités de paysage du Valentinois

La basse vallée de l'Isère[7] est une unité de paysage du Valentinois caractérisée par un chenal sinueux s’enfonçant dans son lit au lieu de déblayer ses rives, formant ainsi des terrasses alluviales étagées. Cette basse vallée, aux bordures nettes, est relativement étroite, excepté au niveau de son confluent où la largeur atteint deux kilomètres.

Le phénomène d’alluvionnement (lors des périodes de glaciation de l’ère quaternaire) et de surcreusement (en période interglaciaire), appelé système fluvio-glaciaire, se répéta, établissant dans la basse vallée de l’Isère plusieurs terrasses étagées, dont l’une d’elles est l’importante terrasse de Saint-Marcel-lès-Valence, non loin de Valence

Le fond molassique miocène du nord de la plaine de Valence fut recouvert par les alluvions fluvio-glaciaires de l’Isère, dont les terrasses marquent aujourd’hui encore la forme du Valentinois.

Confluence[modifier | modifier le code]

Confluence de L'Isère (à gauche) et du Rhône (à droite) sur la commune de La Roche de Glun. La commune de Châteaubourg se trouve au niveau du Rhône et en face.

Dans un premier temps au niveau de Pont-de-l'Isère, l'Isère fusionne avec le canal de dérivation du Rhône, construit pour faciliter la navigation de ce dernier.

Au niveau de La Roche de Glun, les eaux de l'Isère sont évacuées du canal par un barrage, ce qui permet à la rivière de reprendre son cours initial jusqu'au Rhône et sa confluence au niveau de la commune de la Roche de Glun et en face celle de Châteaubourg au pied des montagnes ardéchoises.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Profil en long de l'Isère

La longueur de son cours d'eau est de 286 km[1] et son bassin versant est de 10 800 km2.

Le profil de l'Isère comprend plusieurs zones[8],[9].

  • Des sources jusqu'à Sainte-Foy-Tarentaise (excepté les sources où la pente est autour de 250 pour mille)[10] la pente moyenne de l'Isère est de 51 pour mille, dans une vallée plus ou moins encaissée (forêts, gorges et, plus haut, prairies).
  • Jusqu'à Moûtiers la pente de l'Isère est de 11,8 pour mille.
  • Avant la confluence avec l'Arly elle n'est plus qu'à 5,3 pour mille.
  • La pente n'est plus que de 1,36 pour mille jusqu'à Grenoble.
  • En aval de Grenoble elle est de 1,00 pour mille.


Le débit de l'Isère a été observé sur une période de 50 ans (1956-2005), à Beaumont-Monteux, localité du département de la Drôme, située à peu de distance de son confluent avec le Rhône[2]. Le module de la rivière à Beaumont-Monteux est de 333 m3/s.

L'Isère présente les fluctuations saisonnières de débit assez importantes et typiques d'une alimentation en grande partie nivale, avec des crues de printemps (fonte des neiges) portant le débit mensuel moyen entre 385 et 500 m3/s, d'avril à juillet (avec un maximum en mai et juin), et des basses eaux d'automne-hiver, d'août à février, avec un minimum du débit moyen mensuel de 251 m3 au mois de septembre. Cela fait de lui un cours d'eau en règle générale très abondant toute l'année.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Beaumont-Monteux[2]
(données calculées sur 50 ans)

Source : Banque Hydro - Ministère de l'écologie et du développement durable

Le VCN3 peut cependant chuter jusque 15 m3, en cas de période quinquennale sèche, ce qui est très bas.

D'autre part les crues peuvent être fort importantes en cas de dégel rapide ou de pluies d'automne torrentielles. En effet, le QIX 2 et le QIX 5 valent respectivement 1 200 et 1 500 m3/s. Le QIX 10 est de 1 700 m3/s. Quant au QIX 20, il se monte à 1 900 m3/s, tandis que le QIX 50 vaut 2 200 m3, ce qui par rapport aux grandes rivières du sud de France - le Tarn par exemple - est encore modéré.

Le débit instantané maximal enregistré a été de 2 050 m3/s le 15 septembre 1960, tandis que la valeur journalière maximale était de 1 510 m3/s le 16 octobre de la même année.

La lame d'eau écoulée dans le bassin de l'Isère est de 892 millimètres annuellement, ce qui est élevé, très supérieur à la moyenne d'ensemble de la France, mais également nettement supérieur à celle de l'ensemble du bassin versant du Rhône (670 millimètres à Valence pour une superficie de bassin de 66 450 km2). Le débit spécifique (ou Qsp) se monte à 28,2 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Vallée du Grésivaudan, où passe l'Isère, depuis le massif de la Chartreuse

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Sandre, « Fiche cours d'eau - L'Isère (W---0000) » (consulté le 2 septembre 2013)
  2. a, b et c Banque Hydro - MEDDE, « Synthèse de la Banque Hydro - (W3540010) » (consulté le 2 septembre 2013)
  3. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, errance,‎ 2003 (ISBN 978-2-87772-369-5), p. 191
  4. Xavier Delamarre, op. cit.
  5. Xavier Delamarre, op. cit.
  6. Xavier Delamarre, op. cit.
  7. Philippe Ravit, Le paysage valentinois, de la fondation de la colonie de Valentia (Valence) au IIIème siècle ap. J.-C., Lyon 3, 2007, 202 p. (mémoire) Sur le site pagesperso-orange.fr
  8. http://www.geoportail.gouv.fr
  9. site Géodésie de l'IGN (profils des cours d'eau)
  10. Le point de départ est à 2341 m près du refuge de Prariond. Le point d'arrivée se situe un peu en aval de Villaroger.