Centre de Cadarache

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Centre de Cadarache
Image illustrative de l'article Centre de Cadarache
Le CEA vu du château de Cadarache (mars 2008)
Type d'installation
Domaine Installation nucléaire
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Coordonnées 43° 41′ 15″ N 5° 45′ 43″ E / 43.6875, 5.7619443° 41′ 15″ Nord 5° 45′ 43″ Est / 43.6875, 5.76194  
Vie de l'installation
Autorisée le 26 octobre 1959
Date de mise en service 1963
Production

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Centre de Cadarache

Géolocalisation sur la carte : Bouches-du-Rhône

(Voir situation sur carte : Bouches-du-Rhône)
Centre de Cadarache

Le centre d'études de Cadarache est l'un des plus importants centres de recherche et développement sur l'énergie nucléaire en Europe. Il comprend 21 installations nucléaires de base et emploie en moyenne 4 500 personnes[1] dont 2100 agents du CEA. Le reste de l'effectif est constitué d'agents de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), de différentes filiales d'AREVA (AREVA NC et AREVA TA) et de celui des divers sous-traitants. En outre, le CEA reçoit environ 9000 visiteurs par an ainsi que 450 stagiaires universitaires et scolaires.

Cadarache est situé sur un site de 1 625 hectares (dont 867 clôturés) au confluent du Verdon et de la Durance, sur la commune de Saint-Paul-lès-Durance dans les Bouches-du-Rhône, à une quarantaine de kilomètres au nord d'Aix-en-Provence, aux confins de trois autres départements (Alpes-de-Haute-Provence, Var et Vaucluse).

Les activités du centre du CEA/Cadarache sont réparties autour de plusieurs plates-formes de recherche et développement sur l’énergie nucléaire (fission et fusion) mais aussi sur les énergies alternatives (biomasse, hydrogène, solaire, etc.) et les études sur l'écophysiologie végétale et la microbiologie. Le budget du CEA Cadarache est de l'ordre de 400 millions d'euros annuels (hors masse salariale), majoritairement dépensés sur la région Provence-Alpes-Côte d'Azur[réf. nécessaire].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

L'hypothèse la plus fréquente sur le nom Cadarache est une origine étymologique grecque proche du mot "cataracte" le site étant situé au confluent du Verdon et de la Durance.

l'État est devenu propriétaire de la majorité des terres qui constituent le domaine de Cadarache en 1919. Ce domaine a été complété par l'achat de terrains en 1960, principalement à la marquise de La Hamayde, née Anne de Bausset Roquefort.

En 1935 l'État y a installé l'école nationale des gardes-chasses sur l'instigation de M. Grouilly-Frossard, directeur des chasses présidentielles. Cette présence conduira à l'installation sur le site d'un population exceptionnelles de mouflons corses, population toujours présente. Les premier individus de cette population devaient être offert en cadeau au roi Alexandre Ier de Yougoslavie lors de sa visite en France en 1934, mais celui-ci fut assassiné après avoir débarqué à Marseille. Des cerfs Sika, offerts à la France à l'origine en 1924 par l'empereur du Japon, sont également présents dans l'enclos du centre.

Les travaux réalisés pour la construction du centre ont mis à jour 2 nécropoles : une datée de l'âge de fer (VIe siècle av. J.-C.) et l'autre gallo romaine datée du IIIe au VIe siècle de notre ère.
En particulier en avril 1964, est mise au jour une tombe consacrée à l'inhumation d'un sanglier, reposant sur un lit de galets et avec une hache polie à proximité de la tête.
Après les fouilles une partie de ces tombes a été reconstruite et est exposée sur le centre.

Création du centre CEA de Cadarache : 1959-1963[modifier | modifier le code]

Le centre de Cadarache a été créé par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) le 26 octobre 1959[2] et inauguré en 1963. C’est le 5e et dernier centre de recherche civile du CEA construit, après Fontenay-aux-Roses (1946), Saclay (1952), Marcoule (1955) et Grenoble (1956). Le CEA prospectait pour un nouveau site depuis 1957 et son choix est fixé en 1958. Il dépêche alors dans la région monsieur Léon Martin qui ouvre un bureau à Marseille. Le décret d'octobre 1959 officialise la création du Centre. René Faure, (frère de Maurice Faure) est nommé comme premier directeur du centre et Léon Martin comme son adjoint. ils le resteront jusqu'en 1973. Les travaux débutent en mars 1960 après l'achat des derniers terrains. Le CEA Cadarache compte alors 88 agents.

La création du site rencontre l'opposition de Jean Giono, originaire de la région et qui réside alors à une dizaine de kilomètres[3]. La marquise de La Hamayde, s'oppose également à la création du centre. Toutefois la création du centre bénéficie de forts soutiens politiques locaux, en particulier celui de Louis Philibert, alors conseiller général du canton de Peyrolles. Lors d'une réunion publique il s'opposera à un avocat parisien embauché par la marquise de La Hamayde en finissant son discours en provençal. Il déclare alors « Ce monsieur là, vous ne l'avez jamais vu. Alors regardez bien comment il est fait, parce que tout à l'heure, il va encaisser sa plaidoirie, il va repartir à Paris et vous ne le reverrez jamais plus. tandis que moi, vous allez me revoir car je serai à nouveau candidat au conseil général ». En 1961, Louis Philibert est réélu avec 92% des voix. Il sera député des Bouches du Rhône de 1967 à 1989.

Les objectifs initiaux du centre de Cadarache étaient d'étudier la propulsion nucléaire pour les Sous-marins nucléaire, ainsi que la filière des réacteurs à neutrons rapides (RNR). Le premier prototype de ce type de réacteur, Rapsodie, y a été construit puis mis en service en 1967. Le suivant, Phénix, a été construit sur le site de Marcoule, mis en service en 1973 et exploité jusqu'en 2008.

Les premiers travaux de 1960 concernent les ATPu (Ateliers techniques du Plutonium), le prototype à terre (PAT), et le hall d'essai HR1 destiné à la fabrication de composants pour Rapsodie. Une première maquette critique (Peggy) est mise en service en septembre 1961 en même temps que les ATPu. En janvier 1962 débutent les travaux du réacteur Rapsodie, premier réacteur à neutrons rapides refoidi au sodium français. La construction de Cabri commence en août. Pegase (réacteur de recherche pour la filière française uranium naturel graphite gaz (UNGG)) diverge le 4 avril 1963, Cabri le 24 décembre de la même année. Cabri, en cours de rénovation, est toujours en service en 2013.

Le centre de Cadarache est inauguré le 30 mai 1963 en présence de 400 invités, de Gaston Palewski, ministre de la recherche et de Francis Perrin alors haut-commissaire à l'Energie Atomique.

Les effectifs du centre passent la barre des 2000 agents CEA en 1966 (2217 en 1967) et atteignent un maximum de 3427 en 1986 (agents CEA uniquement).

Visites de De Gaulle : 1963-1967[modifier | modifier le code]

Le général Charles de Gaulle visite le centre, pour la première fois, le 24 septembre 1963. Visitant Rapsodie, il déclare alors « je suis jaloux de ceux qui travaillent ici ». Il revient à Cadarache le 6 novembre 1967. Lors de ces deux visites il résida sur le centre au château de Cadarache. Une grande partie de ces deux visites a été consacrée au prototype de réacteur pour la propulsion navale (PAT) qui était un des grands objectifs lors de la création du Commissariat à l'Energie Atomique. Sa construction a débuté dès 1960 et il diverge le 9 avril 1962. Ce réacteur utilisait de l'uranium fortement enrichit (à 90 %). La France ne disposant pas, à l'époque, de capacité d'enrichissement suffisante, la première charge sera fournie par les USA, à condition qu'elle soit réservée à un usage de recherche. Du 20 octobre 1964 au 18 décembre le PAT se lance dans une croisière virtuelle, fonctionnement équivalent à un tour du monde. Lors de son exploitation qui dure jusqu'en octobre 1992, le PAT diverge plus de 3 500 fois et sert à la formation de 2 800 marins. Ce type de réacteur sera installé à partir de 1971 sur les sous marin nucléaires lanceurs d'engin français (SNLE), dont le premier est le Redoutable.

Années 1970 : sous-marin nucléaire d'attaque[modifier | modifier le code]

À partir de 1970 commence la construction d'un modèle plus compact destiné aux sous-marins d'attaque (SNA) et dénommé Chaudière Avancée Prototype (CAT). Elle diverge en novembre 1974. Après évolution la CAT devient RNG pour Réacteur de nouvelle génération, modèle proche de celui qui équipe les SNLE-NG et le Porte-avions Charles de Gaulle.

Les énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

À partir de 1976 les activités du CEA relatives à l'énergie solaire sont transférées sur Cadarache à partir des centres de Saclay (solaire thermique) et de Grenoble (solaire photovoltaïque). Les équipes du centre participent alors, à la mise en service de la centrale solaire de Vignola en Corse en 1982. En 1991 est créé le GENEC pour Groupement Energétique de Cadarache, dédié à ce type d'études.

Les activités de recherche sur les énergies renouvelables à Cadarache concernent aussi la biomasse. En 1980 BP Lavera transfert ses activités sur les micro-algues à Cadarache. On étudie à l'époque le rôle de Botryococcus braunii dans la synthèse du pétrole. la production de polysaccharides par Porphyridium cruentum est également étudiée. Cette activité de production d'algues en photo-bioréacteurs se poursuivra au sein de la société Héliosynthèse puis Thalia Parmaceuticals pour la production de Phorphydium cruentum utilisée dans le traitement de la dégénérescence maculaire de la rétine.

Le Cinquième Cavalier[modifier | modifier le code]

En 1980 le Centre de Cadarache sert, pour partie, de décor au roman de Dominique Lapierre et Larry Collins : Le Cinquième Cavalier. Dans ce livre des terroristes envisagent, sans y parvenir, de voler du plutonium à Cadarache pour fabriquer une bombe. Dominique Lapierre s'était documenté pour rédiger son livre et avait visité le centre de Cadarache. La sortie de cet ouvrage entraîna la modification de certaines des mesures de sécurité du centre, en particulier celles concernant les laboratoires et stockages plutonium.

Liste des installations[modifier | modifier le code]

Sur le site de Cadarache, on trouve 19 installations nucléaires de base dont une INBS consacrée à la propulsion navale.

Fabrication de combustible MOX (mélange d'oxyde)[modifier | modifier le code]

Sur le centre du CEA/Cadarache, l'Atelier de Technologie du Plutonium (ATPu) a été arrêtée en 2003 et est aujourd'hui en cours de démantèlement. Le plutonium qui y était utilisé provenait du retraitement des combustibles de centrales nucléaires réalisé à l'usine AREVA de la Hague. L'ATPu de Cadarache avait été mis en service en 1962 pour fabriquer du combustible, il a ainsi produit, au total, environ 350 tonnes de combustible MOX, mélange d'oxydes de plutonium et d'uranium, ainsi que le combustible destiné aux centrales Phenix et Super Phenix. Aujourd'hui, c'est l'usine MELOX sur le site de Marcoule qui fabrique ce type de combustible avec une capacité de production d'environ 200 tonnes par an. Après l'arrêt de la production en 2003, avec le programme "MOX for peace", l' ATPu a fabriqué à partir de 140 kg de plutonium militaire d'origine américaine, du combustible pour les réacteurs qui produisent de l'électricité. Cette opération a été réalisée pour faire la démonstration de la faisabilité de cette transformation et non de la production industrielle. La masse totale de plutonium militaire à retraiter (entre Russes et Américains) étant estimée à 34 tonnes. l' ATPu a ainsi produit, au cours de cette opération démonstrative, le combustible pour 4 assemblages qui sont actuellement en cours d'utilisation dans la centrale nucléaire de Catawba (États-Unis). À la suite de cet essai, il a été décidé, aux USA, la construction d'une usine de fabrication de MOX sur le site de Savannah River en Caroline du Sud à partir de matière nucléaire militaire.

Prototypes de moteurs nucléaires[modifier | modifier le code]

Dans le domaine militaire, c'est sur ce site que sont construits les prototypes destinés à l'étude de la propulsion nucléaire, pour équiper les sous-marins nucléaires et porte-avions. Le site héberge une installation nucléaire de base classée secrète (INBS) consacrée à la propulsion nucléaire exploitée par Areva TA (anciennement Technicatome). Il sert aussi de site de formation pour les marins atomistes.

Prototypes de réacteurs nucléaires de fission[modifier | modifier le code]

Dans le domaine de la recherche dans le domaine de la production électronucléaire, le site de Cadarache dispose de plusieurs réacteurs expérimentaux :

  • Sura : Réacteurs expérimentaux (Cabri & Scarabée)[4]
  • Eole (réacteur) : réacteur d'enseignement (de type piscine)
  • Minerve : réacteur d'enseignement (de type piscine)
  • Masurca : Maquette de Surgénérateur à Cadarache. Maquette dédiée aux études neutroniques pour les réacteurs à neutrons rapides

Plusieurs anciens réacteurs de recherche sont définitivement arrêtés, actuellement en phase de démantèlement nucléaire terminée ou plus ou moins avancée :

  • Harmonie : ancien réacteur dont le démantèlement total s’est achevé le 5 octobre 2007[5]. Installation déclassée le 26 mai 2009[6].
  • Rapsodie : pour RAPides SODIum (INB 25) réacteur arrêté depuis avril 1983 et en démantèlement, il a permis des recherches dans le domaine des réacteurs à neutrons rapides. Il figure sur un timbre édité par la poste en 1965 pour les 20 ans du CEA
  • Phébus : réacteur expérimental utilisé pour des recherches sur la sûreté nucléaire[7]
  • Pégase : (INB22) ancien réacteur expérimental reconverti pour l'entreposage depuis 1980. Il sert à l'entreposage sous eau de combustibles irradiés et de fûts de sous-produits de fabrication, ceci dans l'attente de leur évacuation.

Un réacteur nucléaire de recherche est en cours de construction, le Réacteur Jules Horowitz (RJH). En plus d'être destiné aux tests de composants des futures centrales nucléaires, il est destiné à produire des radio-isotopes à but médical (99Mo en particulier). À terme il doit être en mesure de produire 50 % de la consommation européenne de ces isotopes. Il remplacera en cela le réacteur Osiris de Saclay, lui-même en fin de vie. Le RJH doit être opérationnel en 2014 et représente un budget global de 500 millions d'euros. Il a été construit en collaboration avec l'Union Européenne, la Finlande, la Belgique, l'Inde, le Japon, la République Tchèque[8].

Recherches sur la fusion[modifier | modifier le code]

Combustible nucléaire[modifier | modifier le code]

  • CFCa : Complexe de fabrication des éléments combustibles au plutonium
  • LDAC : Laboratoire de découpe des Assemblages Combustibles (à l'arrêt)
  • MCMF : Magasin Central des Matières Fissiles (INB 53) dédié à l'entreposage de matières nucléaires non irradiées en attente d'emploi dans d'autres installations, il doit être remplacé par l'installation Magenta
  • LECA : Laboratoire d'examen des combustibles actifs (INB 55) il est associé au laboratoire STAR et sert à l'examen d'éléments combustibles après irradiation. Ses travaux participent, entre autres, à l'amélioration du taux de combustion, soit le rapport entre l'énergie produite et la quantité de combustible consommée et par la même de déchets produits.
  • LEFCA : Laboratoire d'Études et de Fabrication expérimentales de Combustibles Avancés (INB 123) étudie les céramiques combustibles nucléaires principalement à base d'oxyde d'uranium et d'actinides (plutonium, américium, neptunium etc.). Il fabrique des assemblages expérimentaux destinés à des tests d'irradiation.
  • LPC : Laboratoire de purification chimique
  • ATUe : Atelier de traitement de l’uranium enrichi (en démantèlement)
  • IRCA : Irradiateur de Cadarache (ex INB 121) démantelée et déclassée en 2006 et destinée aux études sur le comportement des bitumes sous irradiations. L'ancien bâtiment abrite actuellement l'ICPE à caractère nucléaire TOTEM

Déchets radioactifs[modifier | modifier le code]

  • STED : Station de Traitement des Effluents et des Déchets
  • STEL : Station de Traitement des Effluents Liquides
  • AGATE : Atelier de Gestion Avancée et de Traitement des Effluents
  • CEDRA : Conditionnement et Entreposage de Déchets Radioactifs
  • Chicade : R&D sur les déchets nucléaires de faible et moyenne activité

Les déchets du projet ITER seront entreposés pendant 50 ans dans une installation assurant la décroissance radioactive du tritium, avant un stockage définitif dans les centres de l'Andra. Cette installation pourrait être réalisée à Cadarache pour minimiser les transports, ou sur le centre de Marcoule[9].

Impact sur l'environnement[modifier | modifier le code]

Le site de Cadarache dispose d'autorisations de prélèvements d'eau et de rejets, radioactifs et chimiques, liquides et gazeux. Les rejets gazeux radioactifs des installations nucléaires proviennent pour leur plus grande partie de la ventilation des différents locaux[10]. Conformément à la loi dite TSN (Transparence et Sureté Nucléaire) le CEA dresse un bilan annuel de ses rejets, bilan qui fait l'objet d'un rapport et d'une présentation publique.

Le centre de Cadarache est certifié ISO 14001.

Accidents et incidents[modifier | modifier le code]

Explosion chimique en mars 1994[modifier | modifier le code]

Le 31 mars 1994, une violente explosion de sodium a eu lieu lors des opérations de démantèlement du réacteur nucléaire expérimental Rapsodie, elle a fait un mort et quatre blessés[11]. Cet accident a été classé en niveau 2 sur l'échelle des incidents nucléaires (échelle INES). Il n'y a pas eu contamination radiologique de l'environnement.

Incendie en novembre 2004[modifier | modifier le code]

Un départ de feu s'est produit avant d'être maîtrisé sur des pièces radioactives dans le Centre de Cadarache[12], ce feu est resté confiné à l'intérieur de l'installation, il n'y a eu aucune contamination de l'environnement.

Panne sur une balance en mars 2006[modifier | modifier le code]

Le 6 novembre 2006 à l'Atelier de technologie du plutonium (ATPu), d'Areva NC, des employés d'Areva-NC ont par deux fois chargé un broyeur avec des rebuts de pastilles de combustible MOX (mélange d'oxydes de plutonium et d'uranium). Une inspection de l'ASN, faite le 16 novembre, a conclu que la balance de contrôle du chargement du broyeur était cassée depuis mars 2006. La « masse critique » (+/- 16 kg de matière fissile) n’a pas été atteinte, mais bien au-delà des 8 kg autorisés, ce sont 13 kg de pastilles, équivalent à 3,9 kg de matière fissile, qui avaient été chargées dans le broyeur. À partir de 16 kg de matière fissile, dans certaines conditions de géométrie et en présence de modérateur, une réaction nucléaire aurait pu spontanément s'enclencher. L'incident a été rendu public par le CEA le 10 novembre 2006. Il n'a donné lieu à aucune contamination de l'environnement.

Ce sont la balance de pesage cassée, mais surtout des consignes « hors procédure » (l'opérateur utilisait une balance à côté du broyeur et non celle en dessous de celui-ci comme prévu) qui ont conduit à cet incident qui a été jugé par le CEA « sans conséquence pour l'environnement ou la santé » et ne nécessitant qu’un classement de niveau 1 sur l'échelle INES. Mais à la suite de « l'accumulation d'erreurs humaines » et aux « défaillances constatées dans les processus d'assurance de la qualité » démontrant des lacunes importantes dans la culture de sûreté de l'exploitant, l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire française) a annoncé le mardi 9 janvier 2007 avoir classé l'incident au niveau 2 de l'échelle internationale des événements nucléaires[13].

Incendie en octobre 2008[modifier | modifier le code]

Un incendie s'est produit le 1er octobre 2008 sur une installation non nucléaire[14].

Sous évaluation d'une quantité de plutonium[modifier | modifier le code]

Le 6 octobre 2009, il est révélé que l'atelier de technologie du plutonium contient, en rétention, 22 kg de plutonium (le CEA estime que la quantité totale pourrait s’élever à près de 39 kg), et non 8 kg comme initialement prévu par le Commissariat à l'énergie atomique.

L'Autorité de sûreté nucléaire a classé l'incident au niveau 2 le 15 octobre et a suspendu le démantèlement de cet atelier[15]. Le parquet d'Aix-en-Provence a ouvert une enquête préliminaire sur l'incident[16].

À cette occasion, les relations entre l'Autorité de sûreté nucléaire et le CEA ont connu une véritable crise, un affrontement[17] au plus haut niveau entre Bernard Bigot, l'administrateur général du CEA et André-Claude Lacoste, le président de l'ASN.

Cette matière résiduelle, constituée de poudres de très faible granulométrie et très souvent invisible à l'œil nu est la conséquence du fonctionnement industriel de l'installation entre 1966 et 2004. Il a dans cette période été produit 350 tonnes de combustible. Cette matière, déposée de façon diffuse dans les quelque 450 boîtes à gants de l'installation, a été rendu accessible (et donc mesurable) par les opérations de démantèlement en cours. la densité du plutonium est particulièrement élevée (19.8). Il est ici principalement présent sous forme d'oxyde de densité théorique 11.46. une masse de 20 kg de plutonium représente donc un volume d'environ 2 l, déposé de façon hétérogène dans 450 boîtes à gants, représentant une surface de dépôt potentiel de plus de 2 000 m².

Sous-évaluation d'une quantité d'uranium faiblement enrichi[modifier | modifier le code]

À la suite de la sous-évaluation de quantité en rétention constatée aux ATPu, le CEA Cadarache a entrepris une démarche de mesure des quantités de matières en rétention dans les installations en cours d'assainissement. Lors de ces opérations il a été constaté l'existence d'une rétention de l'ordre de 10 kg d'uranium faiblement enrichi (1,65 %) dans la cellule C1 (enceinte blindée) de l'installation STAR. La rétention attendue était estimée à environ 4 kg le risque de criticité existant à partir d'une masse de 184 kg. Cet incident a fait l'objet d'une déclaration à l'ASN le 22 octobre 2009 et fait l'objet d'une déclaration formelle à l'ASN le 25 octobre proposant le classement au niveau 1 de l'échelle INES qui en compte 7[18]

Mise en demeure de l'ASN pour le démantèlement de l'atelier d'uranium enrichi[modifier | modifier le code]

Le 6 juin 2013, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) met en demeure le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) d'achever les opérations de démantèlement de son atelier d'uranium enrichi avant le 30 avril 2014 dans les conditions définies par le décret du 8 février 2006[19].

Risque sismique[modifier | modifier le code]

Selon le zonage de 2011 la commune de Saint Paul lez Durance est classée au niveau 4 du risque sismique [20], soit un niveau moyen au regard de la sismicité sur le globe.

Le site de Cadarache est situé sur la faille dite « Faille de la moyenne Durance[21] », ou d'Aix-en-Provence - Durance, de direction NNE-SSW, la plus active de France, et à proximité d'une autre, celle de la Trévaresse, de direction E-W, qui a engendré le plus grave séisme jamais enregistré en France métropolitaine, le Séisme de 1909 en Provence.

La commune de Saint-Paul-lès-Durance a connu plusieurs épisodes sismiques remarquables dans le passé, le 11 juin 1909 avec une intensité de V et demi (Séisme de 1909 en Provence, épicentre à environ 35km avec une intensité de IX échelle Medvedev-Sponheuer-Karnik, soit une magnitude de 6,2 sur l'échelle de Richter à l'épicentre, ce séisme n'a fait aucune victime à Saint Paul Lez Durance [22]); le 19 juillet 1963 et le 26 janvier 1967 avec une intensité de IV et demi[23] sur l'échelle Medvedev-Sponheuer-Karnik. La Ville de Manosque, située à proximité, a connu deux épisodes sismiques remarquables dans le passé, l’un le 13 décembre 1509 et l’autre le 14 août 1708. Ces deux événements ont provoqué des dégâts importants aux constructions et sont recensés dans la base de sismicité historique (www.sisfrance.net) avec une intensité de VIII (MSK) à Manosque[24].

Selon l'Autorité de sûreté nucléaire, 6 installations du Centre devront être arrêtées pour non-conformité aux normes antisismiques actuellement en vigueur[25] :

Selon le CEA - exploitant le site de Cadarache - certains bâtiments, conformes aux normes sismiques de l'époque, doivent être rénovés pour faire face à l'évolution des normes, mais le risque sismique est pleinement pris en compte dans la construction du réacteur de recherche Jules Horowitz, le réacteur d'essai (RES) et dans la conception du projet ITER.

Formation par la recherche[modifier | modifier le code]

Le Centre de Cadarache accueille environ 130 doctorants au sein des laboratoires des différents instituts et entreprises implantés sur le site (CEA, IRSN, Areva). Le centre de Cadarache accueille un centre de formation de l'INSTN qui délivre le diplôme d'ingénieur de spécialisation en Génie Atomique et le brevet de technicien supérieur en radioprotection. Il intervient également dans le domaine de la formation continue.

Liste des directeurs du CEA Cadarache[modifier | modifier le code]

  • Christian Bonnet depuis 2013
  • Maurice Mazière, de 2010 à 2013
  • Serge Durand, de 2006 à 2010
  • Pascale Amenc-Antoni, de 2003 à 2006
  • Hervé Bernard, de 2000 à 2003
  • Marcel Jurien de la Gravière, de 1997 à 2000
  • Michel Suscillon, de 1993 à 1997
  • Gérard Vial, de 1990 à 1993
  • Jean Mégy, de 1987 à 1990
  • André Junca, de 1974 à 1983
  • Claude Moranville, 1973-1974 puis 1983 à 1987
  • René Faure, de 1959 à 1973

Divers[modifier | modifier le code]

Le CEA est impliqué dans le pôle de compétitivité Capenergie consacré aux énergies non productrices de gaz à effet de serre. Le président de Capenergie, Christian Bonnet, est également directeur du centre de Cadarache [26]

Le CEA prévoit l'installation d'une plate-forme solaire d'environ 50 hectares au sud du site de Cadarache dans un but conjoint de recherche et de production électrique.

Une commission locale d'information (CLI) a été mise en place pour favoriser l'information du public[27].

Opposition antinucléaire[modifier | modifier le code]

Banderole d'opposants à Cadarache

Le premier opposant historique au centre de Cadarache fut l'écrivain Jean Giono. Dans "Provence" en 1961 il demande ainsi "... pourquoi ce centre inoffensif n'a-t-il pas été installé tout simplement à Paris, et plus spécialement dans les jardins inutiles de l'Elysée ?"

En décembre 1993 des militants de Greenpeace pénètrent sur le site et déroulent leurs banderoles sur la cheminée de l'installation Phébus PF, qui devait réaliser son premier essai le lendemain. l'essai eut lieu comme prévu.

À l'inverse la tentative d'intrusion de décembre 2011 s'est soldée par un échec, les militants ayant fui à l'arrivée des gardes en abandonnant une partie de leur matériel.

Depuis juin 2010, le Collectif Anti-nucléaire 13 a interpellé l'ASN afin d'obtenir des informations sur l'avancement du démantèlement de l'Atelier de technologie du plutonium (ATPu) du CEA de Cadarache, ainsi que sur les quantités exactes de plutonium qui y seraient détenues[28]. Deux jours après la catastrophe de Fukushima, une centaine de personne s'est mobilisée à Cadarache pour manifester leur soutien au peuple japonais et dire non au nucléaire[29]. En avril 2012, une chaîne humaine d'une centaine de militants antinucléaires s'est formée entre Iter et Cadarache pour arrêter les recherches menées à Iter[30].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cadarache : de l’acquis social à la gestion optimale pour le transport au CEA, actualité du CEA de Cadarache, 2011
  2. Défis du CEA n° 145 de novembre 2009
  3. Protestation contre l'installation d'un centre nucléaire à Cadarache, par Jean Giono, 1961
  4. SURA sur le site de l'ASN
  5. page « Les INB du Centre de Cadarache » sur le site internet du CEA Cadarache (lien vérifié le 08/01/2009)
  6. Arrêté du 26 mai 2009 portant homologation de la décision n° 2009-DC-0133 de l'Autorité de sûreté nucléaire du 31 mars 2009 portant déclassement de l'installation nucléaire de base n° 41, dénommée Harmonie, sur le territoire de la commune de Saint-Paul-lez-Durance (Bouches-du-Rhône), JORF n°0132 du 10 juin 2009 page 9388
  7. Programme « Accidents graves » sur le site de l'IRSN
  8. http://www-cadarache.cea.fr/fr/entreprises/pdf/rjh-plaq_def_web.pdf
  9. La Provence - 2 juin 2012 : Les déchets d'Iter stockés sur place pendant 50 ans
  10. Dossier "Etude d’impact du Centre CEA de Cadarache" (Février 2012)
  11. Actualités News Environnement : Explosion à Cadarache lors du démantèlement du réacteur nucléaire expérimental Rapsodie le 31 mars 1994
  12. 2 novembre 2004 : Incident à Cadarache - France 3 Méditerranée
  13. Dépassement de la limite de masse de matières nucléaires dans un procédé d'exploitation sur l'ATPu - ASN, 9 janvier 2007
  14. Incendie à Cadarache - Enviro2b, 2/10/2008
  15. [http://www.asn.fr/incident-sur-linstallation-nucleaire-atpu-site-cea-de-cadarache-lasn-classe-au-niveau-2-dresse-proce Incident sur l'installation nucléaire ATPu (site CEA de Cadarache), Autorité de sûreté nucléaire française (ASN), 16 octobre 2009
  16. (fr) www.lexpress.fr « Ouverture d'une enquête préliminaire sur le site de Cadarache », L'Express (consulté le 15 octobre 2009)
  17. sciences.blogs.liberation.fr Plutonium de Cadarche : ASN et CEA s'affrontent
  18. http://www.cea.fr/presse/liste_des_communiques/ecart_d_estimation_de_la_quantite_de_matiere-23511
  19. http://www.actu-environnement.com/ae/news/mise-en-demeure-cea-cadarache-asn-demantelement-18801.php4
  20. [1]
  21. [PDF] www.irsn.fr
  22. [2]
  23. www.sisfrance.net
  24. [PDF] irsn.fr
  25. http://www.asn.gouv.fr/regions/marseille/cadarache2000.pdf
  26. http://www.capenergies.fr/index.php?2014/04/11/1122-christian-bonnet-nouveau-president-du-pole-de-competitivite-capenergies
  27. http://www.cli-cadarache.fr/
  28. Actualités Environnement - 3/3/2011 : ATPu à Cadarache : le recours déposé par le Collectif Anti-nucléaire a été accepté
  29. La Provence - 13/03/2011 : Cadarache(13): les anti nucléaires manifestent
  30. La Provence - 30 avril 2012 : Une chaîne humaine antinucléaire à Cadarache

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

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