Guerre du Mali

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Guerre du Mali
Carte de l'extension maximale (courant janvier 2013) des territoires contrôlés par les rebelles touareg et les djihadistes (contour rose).
Carte de l'extension maximale (courant janvier 2013) des territoires contrôlés par les rebelles touareg et les djihadistes (contour rose).
Informations générales
Date - en cours
Lieu Mali, principalement sa partie nord aussi appelée Azawad.
Issue En cours
  • Victoire des forces maliennes, françaises et de la MISMA contre les djihadistes
  • Cessez-le-feu du MNLA
  • Guérilla des djihadistes
Belligérants
Drapeau du Mali Mali
Drapeau de la France France
MISMA, puis
Drapeau des Nations unies MINUSMA


Groupes loyalistes maliens :
Drapeau du Mali Ganda Izo
Drapeau du Mali Ganda Koy
Drapeau du Mali CM-FPR
Drapeau GATIA.JPG GATIA
Flag of the Arab Movement of Azawad.svg MAA loyaliste
texte= MPSA

texte= Ansar Dine
texte= AQMI
texte= MUJAO
texte= Les Signataires par le sang
texte= Al-Mourabitoune
texte= Boko Haram
ShababFlag.svg Force de libération du Macina
Drapeau de l'État islamique État islamique
texte= MNLA
MIA
texte= HCUA
texte= FLNA
texte= MAA
texte= CPA
Commandants
Drapeau du Mali Amadou Toumani Touré

Drapeau du Mali Sadio Gassama
Drapeau du Mali Amadou Haya Sanogo
Drapeau du Mali Dioncounda Traoré
Drapeau du Mali Didier Dacko
Drapeau du Mali El Hadj Ag Gamou
Drapeau du Mali Mohammed Ould Meydou
Drapeau de la France François Hollande
Drapeau de la France Jean-Yves Le Drian
Drapeau de la France Édouard Guillaud
Drapeau de la France Grégoire de Saint-Quentin
Drapeau de la France Marc Foucaud
Drapeau de la France Bernard Barrera
Drapeau du Nigeria Shehu Abdulkadir
Drapeau du Tchad Idriss Déby
Drapeau du Tchad Oumar Bikimo
Drapeau des Nations unies Bert Koenders
Drapeau des Nations unies Mongi Hamdi
Drapeau des Nations unies Jean Bosco Kazura
Drapeau des Nations unies Michael Lollesgaard

texte= Iyad Ag Ghali

texte= Cheikh Aoussa
texte= Haroune Ag Saïd
texte= Abdelkrim Kojak †
texte= Ibrahim Ag Inawalen
texte= Abdelmalek Droukdel
texte= Nabil Abou Alqama
texte= Djamel Okacha
texte= Abou Zeid
texte= Mohamed Lemine Ould El-Hassen
texte= Abdelkrim al-Targui
texte= Mokhtar Belmokhtar
texte= Hamada Ould Mohamed Kheirou
texte= Ahmed al-Tilemsi
texte= Oumar Ould Hamaha
texte= Abou Bakr Al-Nasr
texte= Adnane Abou Walid Al-Sahraoui

texte= Bilal Ag Acherif

texte= Mahamadou Djéri Maïga
texte= Mohamed Ag Najem
texte= Bouna Ag Attiyoub †
texte= Machkanani Ag Balla
texte= Mohamed Ag Intalla
texte= Alghabasse Ag Intalla
texte= Mossa Ag Jikod
texte= Cheikh Ag Aoussa
texte= Ahmed Ould Sidi Mohamed
texte= Sidi Ibrahim Ould Sidatt
texte= Housseine Ould Ghoulam

Forces en présence
Drapeau du Mali 20 000 à 22 000[2],[3]

Drapeau de la France 4 500[4]
Drapeau du Tchad 2 400[5]
Drapeau du Nigeria 1 200[6]
Drapeau du Niger 500[7],[8],[9]
Drapeau du Burkina Faso 500[8],[9]
Drapeau du Togo 500[8],[9]
Drapeau : Sénégal 406[10]
Drapeau du Bénin 650[11],[8],[9]
Drapeau de la Guinée 500[12]
Drapeau du Ghana 120[13]
Drapeau des États-Unis 100 (renseignement)[14]
Drapeau de la Gambie[10]?
Drapeau du Cap-Vert[10]?
Drapeau de la Guinée-Bissau[10]?
Drapeau du Burundi[15]?

Drapeau du Libéria[16]?

Drapeau : Côte d'Ivoire 500 (bataillon logistique)[17]
Drapeau de l’Union européenne Union européenne 450 (formateurs)
Total : environ 30 000 à 40 000

texte= Ansar Dine :
3 000 à 10 000[18],[19]

texte= AQMI :
1 000 à 1 500[19],[20]
texte= MUJAO :
500 à 1 000[19],[21]
texte= Signataires par le sang :
200 à 300[22]
texte= Boko Haram :
200[21]
texte= Mercenaires du Front Polisario
300[21] à 700[23]
Total : 5 000 à 10 000 hommes[19]

texte=
3 000 à 10 000[24]

texte=
500[25],[26]
Pertes
Drapeau du Mali
~ 300 à 500 morts[27],[28],[29]

Drapeau de la France
10 morts[30]
~ 300 blessés[31],[32]

Drapeau du Tchad
54 morts
107 blessés
(de janvier 2013 à octobre 2014)[33]

Drapeau du Niger
10 morts

Drapeau du Togo
2 morts[34]

Drapeau du Burkina Faso
4 morts[35]

Drapeau : Sénégal
3 morts

Drapeau des Pays-Bas
2 morts
texte= texte=
inconnues
(en 2012)

600 à 700 morts[36],[37]
480 prisonniers[38],[39]
(en 2013)

~ 200 morts ou prisonniers[40]
(en 2014)
texte=
~ 100 à 500 morts

texte=
~ 10 à 100 morts
Déplacés: ~150 000 réfugiés à l'étranger
230 000+ déplacés internes
Total: 380 000+
Batailles
Rébellion touarègue de 2012

Ménaka (1re) · Tessalit · Aguel'hoc · In Emsal · Andéramboukane · Niafunké · Tinzawatène · Tinsalane · Goumakoura · Tessit · Soudere · Tin-Hama (1re) · Kidal (1er)

Coup d'État militaire de 2012 au Mali
Kati · Djicoroni


Conflit entre les islamistes et le MNLA

Tombouctou (1re) · Gao (1re) · Tagarangabotte · Idelimane · Ménaka (2e)

Intervention militaire au Mali
(Opération Serval, puis Force Barkhane au Mali
MISMA, puis MINUSMA)

Konna · Gao (bombardement) · Diabaly · Gao (2e) · Gao (3e) · Gao (4e) · In Khalil · Tigharghâr · Timétrine · Imenas · Tin Keraten · In Zekouan et Teurteli · Tombouctou (2e) · Gao (5e) · Teghboubinene · In Arab · Tombouctou (3e) · Ber· Anéfis (1re) · Anéfis (2e)

Accord de Ouagadougou


Bordj Badji Mokhtar et In Farah · Fooïta · Douaya · Amazragane · Tin-Hama (2e) · Araouane · Kondaoui · Tamkoutat (massacre) · Labbezanga · Ametettaï (bombardement) · Dayet en Maharat · Inabohane-Ebahlal · Kidal (2e) · Kidal (3e) · Anéfis (3e) · Tabankort (1re) · N'Tillit · Ametettaï · Tabankort (2e) · Nampala · 1er Ténenkou · Tabankort (3e) · Tabrichat · Abeïbara · Léré · 2e Ténenkou · Tin Telout

Attentats de la guerre du Mali

La guerre du Mali est un conflit armé qui a lieu dans le nord du Mali depuis 2012, à la suite d'une insurrection de groupes armés salafistes et indépendantistes. Le nom de guerre de l'Azawad est également parfois utilisé selon le point de vue des indépendantistes revendiquant l'autodétermination du territoire de l'Azawad. Elle prend place dans le contexte de la rébellion touarègue.

La guerre au Mali est une des conséquences de la guerre civile libyenne. Après le renversement du régime de Kadhafi, des arsenaux militaires sont pillés par des groupes armés, tandis que des mercenaires touaregs au service de la Jamahiriya arabe libyenne fuient vers le Sahara et rejoignent des mouvements rebelles avec armes et bagages.

Le , les rebelles touaregs du MNLA (indépendantiste) et d'Ansar Dine (salafiste) déclenchent la cinquième rébellion touarègue contre le Mali. Bientôt rejoints par les djihadistes d'AQMI et du MUJAO, ils prennent Aguel'hoc, Ménaka et Tessalit. À la suite de ces défaites, une partie de l'armée malienne tente un coup d'état en mars qui provoque des affrontements entre « bérets verts » et « bérets rouges » et désorganise les opérations au nord. Les rebelles en profitent et s'emparent de Kidal, Tombouctou et Gao. Le 6 avril, le MNLA annonce la fin de son offensive et proclame l'indépendance de l'Azawad. Les combats ont alors fait des centaines de morts et des centaines de milliers de réfugiés.

Cependant les rebelles se déchirent à leur tour. Les divergences entre le MNLA et Ansar Dine brisent leur alliance et en juin, les indépendantistes sont chassés de Gao par le MUJAO et AQMI et doivent abandonner Tombouctou. En novembre le MNLA tente une contre-attaque, mais il est repoussé près d'Ansongo, puis il perd le contrôle de Ménaka.

Fin 2012, les négociations échouent et en janvier 2013, les djihadistes salafistes lancent une offensive sur Ségou et Mopti au sud du Mali. Cette attaque provoque l'entrée en guerre de la France, avec le lancement de l'Opération Serval, et de plusieurs pays africains de la CEDEAO dans le cadre de la MISMA. En quelques jours, les islamistes sont repoussés à Konna et Diabaly, puis Gao et Tombouctou sont reprises. Les forces djihadistes en déroute abandonnent les villes, dont certaines comme Kidal sont reprises par le MNLA, et se retranchent dans l'Adrar Tigharghar, situé dans l'Adrar des Ifoghas. En mars, Tigharghar, la principale base djihadiste au Mali, est conquise au terme d'une offensive franco-tchadienne.

La plupart des combattants islamistes désertent, changent de camp ou fuient à l'étranger. Quelques-uns cependant, en particulier des vétérans d'AQMI et du MUJAO, tentent de poursuivre une guérilla et lancent quelques attentats-suicides. De fortes tensions et quelques heurts opposent également le gouvernement malien aux indépendantistes qui refusent la venue de l'armée malienne dans la région de Kidal. Finalement le , après deux semaines de négociations, le gouvernement de transition malien et les rebelles du MNLA, du HCUA et du MAA signent un accord de cessez-le-feu qui permet le retour des autorités maliennes à Kidal et la tenue de l'élection présidentielle le dans le nord du pays.

Des affrontements inter-communautaires se greffent également au conflit. Des combats ont ainsi lieu à In Khalil et Bordj Badji Mokhtar entre Touaregs idnanes (proches du MNLA) et Arabes bérabiches (proches du MUJAO, puis du MAA), à Anéfis et Tabankort entre Arabes lamhar (proches du MUJAO, puis du MAA) et Arabes kountas (proches du MNLA) et à Tin-Hama et Anchawadi entre Touaregs imghad (généralement loyalistes maliens) et Peuls (en partie proches du MUJAO).

De son côté l'ONU prend le relais de la MISMA et met en place la MINUSMA, tandis que l'Union européenne engage la mission de formation de l'Union européenne au Mali.

Les affrontements reprennent en entre les forces maliennes et les groupes armés autonomistes. Les Maliens sont vaincus à Kidal et chassés de la ville par les rebelles qui reprennent le contrôle de la quasi-totalité de la région de Kidal et de la plus grande partie de la région de Gao.

Sommaire

Contexte[modifier | modifier le code]

Géographie humaine et rébellions touarègues[modifier | modifier le code]

Les Touaregs appartiennent à l'ensemble ethno-linguistique amazigh (Berbères). Leur population générale est difficile à évaluer et serait aux alentours de 1,5 million, dont 550 000 au Mali, (soit à peine 8,6 % de la population totale) 800 000 au Niger, 50 000 en Algérie et au Maroc, le reste au Burkina Faso et en Libye[41].

Ce conflit s'inscrit dans une suite d'insurrections généralement baptisées « rébellions touarègues », qui a non seulement opposé certains membres du peuple touareg aux gouvernements du Mali et du Niger, mais aussi les Touaregs entre eux et les Touaregs avec les autres populations (Songhaï, Peul, Sahraoui, Arabe...).

Depuis 1916, on compte plusieurs conflits principaux :

  • La rébellion touarègue de 1916-1917 au Niger.
    À partir de 1958, le Mouvement populaire de l'Azawad (MPA), revendique la constitution d'un État touareg[41].
  • La rébellion touarègue de 1962-1964 au Mali, généralement appelé "première rébellion touareg", qui fut très durement réprimée par l'armée malienne[41].
    Frappés également par la sécheresse des années 1970, les Touaregs se réfugient en Algérie et en Libye où dans les camps les jeunes sont entraînés et enrôlés par l'armée[41].
    En 1988, le Mouvement populaire de libération de l'Azawad (MPLA) est créé[41].
  • La rébellion touarègue de 1990-1995 au Mali et au Niger. Elle débuta en 1990, deux ans après la création du Mouvement populaire de libération de l'Azawad. Au Mali, une première période de conflit (octobre-décembre 1990) aboutit à la signature des Accords de Tamanrasset en 1991 et du Pacte national en 1992[42], mais qui ne marqua pas la fin définitive des hostilités. Des conflits réapparurent en 1994-1995 et la paix fut finalement scellée le 27 mars 1996 à Tombouctou lors de la cérémonie de la Flamme de la Paix, durant laquelle les rebelles touaregs brûlèrent 3 000 armes utilisées durant la rébellion.
  • Le soulèvement touareg du 23 mai 2006 au Mali, aboutissant aux accords d'Alger (signés le 4 juillet 2006)[41].
  • La rébellion touarègue de 2007-2009, au Niger et au Mali.

Conséquences de la guerre civile libyenne[modifier | modifier le code]

Dans les mois suivant la guerre civile libyenne, le Niger et le Mali voient revenir 2 000 à 4 000 soldats touaregs ayant servi dans l'armée de Khaddafi. Certains rejoignent l'armée malienne mais d'autres contribuent à la formation du MNLA[43]. Natie Pléa, alors ministre malien de la Défense, précise que le risque qu'une organisation comme Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) se saisisse d'un arsenal pouvant servir à des fins terroristes était une « vraie source d'inquiétude » pour les pays de la région, inquiétude partagée par l'envoyé des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest[44],[45]. Les services secrets algériens préviennent qu'AQMI prévoit une série d'enlèvements d'Occidentaux en profitant de l'instabilité de la région à la suite des événements du Printemps arabe[46]. Le 23 novembre 2011, deux Français sont enlevés au nord du Mali[47]. Le 25 novembre, un Néerlandais, un Sud-Africain et un Suédois sont enlevés et un Allemand tué à Tombouctou[48]. AQMI revendique les deux actions[47],[48].

Forces en présence lors du conflit[modifier | modifier le code]

Les rebelles indépendandistes de l'Azawad[modifier | modifier le code]

Combattants du MNLA, vers fin 2011, peu avant la rébellion.

Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) est le premier groupe armé indépendantiste créé peu avant le début du conflit. Il se forme le par la fusion du Mouvement national de l'Azawad (MNA) et de l'Alliance Touareg Niger-Mali (ATNM). Des soldats touaregs, déserteurs de l'armée libyenne, rejoignent le mouvement après la chute de Kadhafi[41]. L'objectif du MNLA est la création d'un état indépendant au nord du Mali, appelé l'Azawad, qui correspond à trois régions administratives maliennes, celles de Tombouctou, de Gao et de Kidal[41],[49],[50].

Le MNLA a installé son quartier général dans les collines autour de Zakake, au nord de Kidal. En janvier 2012, il revendique un millier d'hommes dont 400 anciens soldats de Kadhafi, six mois plus tard, il revendique 10 000 combattants[51]. Le secrétaire-général du mouvement est Bilal Ag Cherif et Mohamed Ag Najem est le chef de la branche militaire[52],[53],[43],[54]. La majorité des combattants du groupe sont des Touaregs issus de la tribu des Idnanes, des Chamanamasses et d'une partie des Ifoghas[55],[56].

En janvier 2013, à la suite de l'Opération Serval, un groupe de transfuges d'Ansar Dine fonde le Mouvement islamique de l'Azawad (MIA). Il se démarque des djihadistes et se rapproche du MNLA. Le 19 mai, le mouvement est dissous et rallie le Haut Conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA), fondé par Mohamed Ag Intalla. Alghabasse Ag Intalla devient par la suite secrétaire-général du mouvement et Cheikh Ag Aoussa, le chef de la branche militaire. La majorité des combattants du HCUA sont issus de la tribu touarègue des Ifoghas[55].

Le , des combattants arabes forment le Front de libération nationale de l'Azawad (FNLA), qui change de nom quelques mois plus tard et devient le Mouvement arabe de l'Azawad (MAA). Initialement lié au MNLA, des affrontements opposent cependant les deux groupes au début de l'année 2013. Ils se réconcilient en mai au moment de l'accord de Ouagadougou, mais à l'été 2014, le MAA se sépare en deux tendances, l'une proche des rebelles et l'autre loyaliste, qui se rapproche du gouvernement malien.

À l'été 2014, le MNLA, le HCUA et le MAA rebelle forment une alliance baptisée la « Coordination des mouvements de l'Azawad » (CMA).

Les djihadistes salafistes[modifier | modifier le code]

Combattants d'Ansar Dine, début 2012.

Plusieurs groupes armés jihadistes sont actifs pendant la guerre du Mali : Ansar Dine, AQMI, le MUJAO. Le nombre total des rebelles jihadistes est estimé entre 5 000 et 10 000, dont 3 000 combattants aguerris[19]. L'Union africaine estime leurs forces à 6 500 hommes[57]. Leur objectif est d'établir un État islamique au Mali régi par la charia.

Ansar Dine est créé par Iyad ag Ghali, une ancienne figure des rébellions touarègues maliennes des années 1990. Abou Mohame, dit Cheikh Oussa et Haroune Ag Saïd, dit Abou Jamal, sont considérés comme faisant partie de ses plus proches lieutenants[58],[59]. Alghabasse Ag Intalla, fils de l'amenokal des Ifoghas, est le principal responsable diplomatique d'Ansar Dine[60]. Celui-ci rompt cependant avec Ansar Dine, en janvier 2013 pour fonder le MIA[61]. Le principal porte-parole du mouvement est Senda Ould Boumama[62]

Les forces d'AQMI au Sahara sont initialement dirigées par Nabil Abou Alqama, émir d'AQMI pour le Sahara et le Sahel, cependant ce dernier trouve la mort le 9 septembre 2012 dans un accident de voiture dans la région de Gao au Mali[63]. Djamel Okacha, dit Yahia Abou el Houmâm lui succède. Celui-ci dispose sous ses ordres d'environ 1 000 hommes[19] répartis dans quatre à cinq brigades[64] : la katiba Al Ansar, commandée par Hamada Ag Hama ; la katiba Tarik Ibn Ziyad, commandée par Abou Zeid ; la katiba Al Fourghan, commandée initialement par Djamel Okacha, puis par Mohamed Lemine Ould El-Hassen ; la katiba Al-Mouthalimin, commandée par Mokhtar Belmokhtar, qui rompt cependant avec AQMI en décembre 2012 pour former le mouvement indépendant des Signataires par le sang ; et la katiba Youssef Ibn Tachfin, créée plus tardivement en novembre 2012, commandée par Abou Abdel Hakim Al Ghairawany[65].

Le haut commandement du MUJAO n'est pas connu avec précision, le fondateur et chef du mouvement est Hamada Ould Mohamed Kheirou, son porte-parole est Walid Abou Adnan Sahraoui[66] et Abdel Hakim est présenté comme le chef du MUJAO à Gao[67]. Le mouvement compte de son côté environ 500 à 1 000 combattants[19],[21] répartis dans quatre brigades[68],[53],[57] : la katiba Oussama ben Laden, commandée par Ahmed al-Tilemsi[69] ; la katiba Ousmane Dan Fodio, commandée par Hicham Bilal, puis remplacé par un Béninois nommé Abdoullah[70],[71] ; la katiba Salah Dine, commandée par Sultan Ould Bady ; et la katiba Ansar Suna, créée vers fin décembre 2012.

Le mouvement nigérian Boko Haram est également présent à Gao avec 100 à 200 combattants[72],[21]. Par ailleurs des soldats du Front Polisario sont venus servir parmi les jihadistes en tant que mercenaires. Leurs forces sont estimées être de 300 à 700 hommes[21].

Le , le MUJAO et Les Signataires par le sang annoncent leur fusion en un seul mouvement qui prend le nom d'Al-Mourabitoune[73].

Forces armées maliennes[modifier | modifier le code]

Soldats maliens à l'entrainement à Tombouctou en 2007 lors de l'Opération Enduring Freedom - Trans Sahara.

L'armée malienne a installé son quartier général à Gao. Le général Poudiougou, chef d'État-major général des armées, installé à Bamako coordonne la lutte contre la rébellion. Fidèle du président Amadou Toumani Touré, il connaît bien la région de Kidal pour y avoir été en poste. Les généraux Kalifa Keïta, chef d'état-major de l'armée de terre, et Wali Sissoko, adjoint au chef d'état-major de l'armée de l'air sont sur place à Gao, ainsi que les colonels-majors Didier Dacko, El Hadj Ag Gamou, Touareg de la tribu Imghad qui a été commandant de la région militaire de Gao et Mohamed Ould Meidou, Maure, ancien commandant de la région militaire de Mopti.

Un millier d'hommes déployés fin décembre sont sous leurs ordres. Ils ont le soutien de milices arabes et touarègues ralliées aux autorités maliennes. L'armée est équipée de 4×4, de blindés de reconnaissance de type BRDM, de véhicules de transport de troupes de fabrication sud-africaine (RG-31 Nyala) et de blindés légers ainsi que de deux hélicoptères de combat Mil Mi-24, entretenus et pilotés, pour certains, par des Ukrainiens, et d'avions de reconnaissance. Les États-Unis fournissent un léger soutien logistique aux forces armées et à la population civile. Certains militaires maliens touaregs ont déserté et ont rejoint le MNLA, comme le lieutenant-colonel Mbarek Ag Akly, le colonel Iba Ag Moussa ou le colonel Hassan Ag Mehdi, haut fonctionnaire au ministère malien de la Défense[51].

Au début de l'année 2012, les effectifs de l'armée malienne, en incluant les paramilitaires et les milices d'auto-défense, sont d'environ 22 000 à 26 000 hommes[2],[74],[3].

L'armée de terre compte 7 000 à 7 800 hommes[74],[3]. Concernant les chars et les blindés, l'armée malienne stocke bon nombre de vieux véhicules inutilisables et hors de service comme des T-34/85, des Type 62, des BTR-40 et des BTR-152. Elle possède 14 chars moyens T-54/T-55, handicapés cependant par de nombreux problèmes techniques, 18 chars légers PT-76, 55 automitrailleuses BRDM-2, 44 véhicules de transport de troupes BTR-60PB, 18 camions Lance-roquettes multiples BM-21, trois ou quatre ZSU-23-4, 800 à 1 000 pick-up, dont 192 avec mitrailleuses, 140 camions militaires pour le transport des troupes et peut-être un BTR-152 en état de marche[74],[3]. Pour les pièces d'artillerie, elle compte 8 canons tractés de 122 mm, 60 canons-mitrailleurs bitubes 23 mm sur camionnettes et 92 mortiers[74].

Plusieurs des blindés BRDM-2 et BTR-60 et 11 chars PT-76 sont capturés par la rébellion en 2012[2],[75].

L'armée de l'air est forte de 1 000 hommes, en comptant les pilotes, les techniciens, le personnel administratif, une ou deux compagnies de fusiliers commandos de l'air et le groupe de défense aérienne[3]. Sa force principale est ses quatre hélicoptères Mi-24, cependant l'un d'eux sert de stock pour pièces de rechanges. Un autre hélicoptère est capturé par les rebelles à Gao en avril 2012. Fin 2012, seul deux des quatre hélicoptères Mi-24 sont utilisables mais sans pilote depuis le départ des Ukrainiens qui les pilotaient, dans le contexte du coup d'État du 22 mars 2012[2]. Par la suite des Maliens sont formés, bien qu'inexpérimentés, et les Mi-24 sont à nouveau engagé en janvier 2013.

Pour l'aviation, le Mali possède trois chasseurs MiG-21, deux avions SIAI Marchetti SF.260 offerts par la Libye en 2010, mais aucun n'est opérationnel[2],[3]. L'armée de l'air a également 11 avions légers Tetras, un avion léger Cessna 185 et d'un avion de transport Basler BT-67[74].

Le Mali dispose également d'environ 13 500 à 14 600 paramilitaires, dont 3 500 à 4 600 gendarmes, 3 000 gardes nationaux et 7 000 policiers[3]. Des groupes d'auto-défense, comme Ganda Izo, avaient également été constitué avant le conflit, ses membres sont estimés au nombre d'environ 3 000[3].

Trois ans plus tard, au 1er janvier 2015, l'armée malienne compte entre 8 000 et 8 200 soldats dont 3 400 ont suivi le programme de la Mission de formation de l'Union européenne au Mali[76].

Forces internationales[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

La France intervient militairement au Mali à partir de janvier 2013, ses objectifs sont de sécuriser les 6 000 ressortissants français au Mali et de protéger les exploitations françaises des mines d'uranium, à Arlit au Niger[77],[78],[79].

Du 11 janvier 2013 au 1er août 2014, la France intervient, dans le cadre de l'opération Serval, sous mandat de l'ONU (résolution 2085 de l'ONU)[80],[81],[82],[83].

L'armée française engage 1 448 véhicules, dont plus de 450 blindés avec notamment : 216 VAB, 36 VBCI, 25 AMX-10 RC, 9 ERC-90 Sagaie, 58 PVP, 127 VBL[74]. Les effectifs en véhicules non blindés sont de : 12 PEB, 16 CLD, 22 LOT 7, 9 KERAX, 79 VTRL, 36 TRM 10000, 22 CCP 10, 305 GBC 180, 36 TRM 2000, 13 VLRA, 205 P4, 20 SURFELD, 37 VLTT[74]. Pour les pièces d'artillerie, 4 CAESAR et 8 MO 120 sont engagés[74]. Pour les aéronefs, l'armée déploie 6 hélicoptères Gazelle, 6 hélicoptères Puma, 4 hélicoptères Tigre et 1 Pilatus[74].

Tchad[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armée nationale tchadienne.

Une force tchadienne prépositionnée au Niger, qui compte 550 hommes le 24 janvier[84], intervient au Mali en ouvrant une route par l'Est vers Gao. Elle a pour commandant en chef le général Oumar Bikimo, basé à Bamako, où il assure la coordination avec la MISMA[85]. Elle se compose de l'unité antiterroriste commandée par le général Abdérahmane Youssouf Meïry, de la force de la direction générale des services de sécurités des institutions de l’État (DGSSIE) dirigée par le général Mahamat Idriss Déby Itno, fils du président Idriss Déby, et de la garde présidentielle[85]. Cette force, commandée par le général Oumar Bikimo, est nommée « forces armées tchadiennes d'intervention au Mali » (FATIM)[86].

Les forces militaires occupant Kidal le 30 janvier 2013 sont composées, outre des forces françaises, de 1 800 soldats tchadiens, soit la quasi intégralité du contingent fourni par N'Djamena[87]. Partis de Kidal le , ces derniers renforcent le dispositif français à la suite de la prise de Tessalit et participent aux opérations françaises dans le nord-est du Mali, à proximité de l'Adrar des Ifoghas[88].

Le 9 mars 2013, ce contingent intègre la MISMA et obtient une de ses deux vice-présidences[89]

Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest[modifier | modifier le code]

La Force internationale africaine[90],[91],[83] de l'Union africaine[92] et de la CEDEAO, dans le cadre de la Mission internationale de soutien au Mali (MISMA), comprend des contigents du Sénégal[81],[82], du Nigeria[81],[82], du Niger[7], du Burkina Faso[93],[94], de Togo[90],[9] et du Bénin[90],[9].

Outre son soutien logistique avec l'envoi d'un appareil C-130 au Mali[80],[95],[91],[83], le Royaume-Uni a annoncé l'envoi de 240 soldats pour former l'armée malienne et aider les troupes françaises[96].

Fin janvier 2013, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest décide d'engager plus de 4 000 hommes dans le cadre de la Résolution 2085 du Conseil de sécurité des Nations unies du 20 décembre 2012 pour la création de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA)[97] : avec notamment 1 200 hommes pour le Nigeria[98], 650 pour le Bénin[98], 500 pour le Sénégal[99], le Niger[100], le Togo[100], le Burkina Faso[100], 144 pour la Guinée[101], 120 pour le Ghana[101], une section pour le Liberia[102] et une compagnie de maintenance pour la Sierra Leone[103].

Au , les contingents africains atteignent l’effectif de 2 900 hommes déployés au Mali avec notamment plus de 500 Nigériens, près de 400 Togolais, près de 200 Nigérians, plus de 150 Burkinabés, une centaine de Béninois et une cinquantaine de Sénégalais. La MISMA doit à terme mettre sur pied une force de 4 bataillons de 500 hommes chacun ainsi que les appuis et soutiens associés.

Le 10 mars 2013, avec l'intégration du contingent tchadien de 2 000 hommes, les effectifs sur place se montent à 6 300 hommes.

Depuis le , la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine est devenue une force de maintien de la paix des Nations unies[89] sous le nom de Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali.

En septembre 2013, la Mission engage 6 010 personnels (5 201 militaires et 809 policiers) provenant de trente pays. Son budget approuvé, sur la période du 1er juillet au 31 décembre 2013, est de 367 millions de dollars américains[104]

Union européenne[modifier | modifier le code]

Une mission de formation de l'Union européenne au Mali a été lancée en décembre 2012 pour former les militaires maliens. Cette mission est commandée par un général français.

Soutien international[modifier | modifier le code]

Plusieurs pays ont confirmé leur soutien logistique, d'informations, médical et/ou humanitaire. Parmi ceux-ci, les États-Unis[80],[105],[106],[83] ont annoncé qu'ils partageraient leurs informations et participeront aux ravitaillements aériens des appareils français[107],[95],[107],[91]. L'Allemagne[80],[83] a confirmé son soutien logistique et médical. La Belgique a annoncé la mise à disposition de deux avions de transport C-130 Hercules et deux hélicoptères Agusta A109 médicalisés (dont un de réserve)[108]. Le Canada[83] a annoncé l'envoi d'un avion de transport C-17 et le Danemark[83] l'envoi d'un avion C-130. Le ministère des affaires étrangères français affirme que l'Algérie a ouvert son espace aérien aux appareils français[95],[8] mais selon le journal Jeune Afrique les avions français sont en réalité passé par le Maroc et ces déclarations n'ont eu pour but que de forcer la main aux autorités algériennes[109].

D'autres pays fournissent une aide logistique, comme le Royaume-Uni, le Canada, la Côte d'Ivoire[1], le Maroc[110], la Turquie[111], l'Espagne[112],[113],[114] et la Russie[80],[115].

Le Conseil de sécurité de l'ONU et Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU, ont également soutenu l'action française selon Gérard Araud, ambassadeur de la France auprès des Nations unies[116].

Déroulement du conflit[modifier | modifier le code]

La quatrième rébellion touarègue contre le Mali[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rébellion touarègue de 2012.

Attaque de Ménaka, massacre d'Aguel'hoc et siège de Tessalit[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Ménaka (janvier 2012).
Une colonne de rebelles touaregs en 2012.

L'attaque de Ménaka le 17 janvier 2012 marque le début du conflit au Mali. Des combattants du MNLA s'emparent de la ville et de la caserne de l'armée malienne, puis attaquent le camp de la garde nationale. Ils sont sur le point de s'en emparer lorsqu'un hélicoptère malien intervient et les force à se replier[117],[118],[43],[119].

Le 18 janvier, les forces d'Ansar Dine, du MNLA et d'AQMI attaquent simultanément les villes de Tessalit et Aguel'hoc. Tessalit est rapidement conquise et sa population évacuée, en revanche les djihadistes et les rebelles se heurtent aux 800 soldats retranchés dans le camp militaire d'Amachach, situé près de l'aéroport à une quinzaine de kilomètres de la ville. Un siège long de près de deux mois commence alors[120],[121],[122],[123].

Articles détaillés : Bataille d'Aguel'hoc et Bataille d'In Emsal.

De son côté Aguel'hoc, défendue par une garnison de 200 hommes, tient six jours. Le 19 janvier, le colonel Mohammed Ould Meydou sort de Gao avec une colonne de militaires maliens et de miliciens arabes pour tenter de secourir les assiégés. Mais le 20 janvier, les Maliens tombent dans une embuscade au sud d'Aguel'hoc, près de l'oued d'In Emsal, et battent en retraite après avoir perdu environ 10 hommes d'après le gouvernement malien, 50 à 100 selon les rebelles. Le 24 janvier, à court de munitions, les défenseurs d'Aguel'hoc se rendent mais ils sont presque tous exécutés par égorgement ou d'une balle à la tête. Selon l'Association malienne des droits de l’Homme (AMDH) et Human Rights Watch, 153 militaires maliens ont été massacrés. Le 25 janvier, le colonel Ag Gamou arrive depuis Kidal avec plusieurs centaines d'hommes soutenus par des hélicoptères, les djihadistes et les rebelles préfèrent se retirer et les Maliens reprennent provisoirement le contrôle de la ville[124],[29],[125],[126],[127],[128],[129].

Le 26 janvier, le MNLA s'empare de la commune d'Andéramboukane, située sur la frontière nigérienne et défendue par seulement une quarantaine de soldats maliens qui pour la plupart sont faits prisonniers[130],[131],[129]. Le même jour, près de la frontière mauritanienne, Léré est également prise sans combat par le MNLA[132], qui le 31 janvier, attaque Niafunké, mais cette fois les Maliens repoussent les assaillants[133],[134].

Le 4 février, le gouvernement malien et l'Alliance démocratique du 23 mai pour le changement, lancent depuis Alger un appel urgent au cessez-le-feu. L'offre est rejetée par Bilal Ag Acherif, le secrétaire général du MNLA[135].

Combattants du MNLA avec le drapeau de l'Azawad.
Article détaillé : Bataille de Tinzawatène.

Le 7 février, les rebelles attaquent Tinzawatène et s'emparent le lendemain de la ville, abandonnée par les soldats maliens qui s'enfuient en Algérie. La prise de la localité est revendiquée tant par Ansar Dine que par le MNLA[136],[137],[138],[139],[140].

Article détaillé : Bataille de Goumakoura.

Le 12 février, l'armée malienne reprend sans combattre le contrôle de Léré[141], mais quatre jours plus tard, les rebelles du MNLA reprennent à leur tour la ville et l'armée malienne se replie en direction de Nampala[142]. En février, le forces du MNLA mènent également quelques raids au sud du Mali. Le 18, des combattants du mouvement indépendantiste pillent la gendarmerie de Hombori et sabotant le réseau téléphonique à Youwarou[142]. Le 24 février, le MNLA attaque le camp militaire de Goumakoura, près de Ségou. La victoire est revendiquée par les deux camps mais les Maliens conservent leurs positions[143],[144].

Articles détaillés : Combat de Tinsalane et Bataille de Tessalit.

Cependant les principaux combats de février et mars ont lieu dans les environs de Tessalit. Le 10 février, un convoi militaire commandé par le colonel Ag Gamou sort de Kidal et se porte sur Tessalit pour tenter de briser le siège du camp militaire d'Amachach. En chemin, le 11 février, les Maliens se heurtent aux forces rebelles à Tinsalane. Une fois encore les bilans sont contradictoires et la victoire est revendiquée par les deux camps[145],[146],[147]. Cependant l'armée malienne parvient à atteindre la périphérie de Tessalit et le 14 février, elle affirme être entrée dans la ville et avoir ravitaillé le camp d'Amachach, ce que les rebelles démentent[148],. Du 28 février au 4 mars, les combats se poursuivent près de Tessalit mais les Maliens ne parviennent par à déloger les rebelles de la zone[149],[150],[151],[152]. Finalement, le 11 mars, le camp militaire d'Amachach, est abandonné aux rebelles après près de deux mois de siège. Les 800 soldats de la garnison malienne se replient sur Gao. Les hommes d'Ansar Dine s'emparent d'armes, de munitions, de blindés et capturent une soixantaine de militaires maliens[121],[153],[120].

Par la suite, des escarmouches ont lieu près de la frontière burkinabè[154]. Le 15 et le 25 mars, deux combats opposent le MNLA et la milice loyaliste de Ganda Izo à Soudere, près de Tessit, puis à Tin-Hama, les bilans communiqué par les deux camps sont contradictoires mais le chef de Ganda Izo est tué au cours du deuxième affrontement[155],[156],[157],[158]. Le 22 mars, le MNLA prend possession du camp militaire d'Anéfis, abandonné par l'armée malienne qui s'est retirée à Gao[159]et le 25, le colonel de l’armée malienne Malick Ag Acherif et trente de ses hommes désertent pour rejoindre le MNLA[160].

Coup d'État militaire[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 21 au 22 mars, un coup d'État militaire renverse le président malien Amadou Toumani Touré. Le lieutenant Amadou Konaré, porte-parole du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État (CNRDR), présidé par Amadou Sanogo, annonce la suspension de la constitution et la dissolution des institutions de la République[161]. Il justifie le coup d’État par « l'incapacité du gouvernement à donner aux forces armées les moyens nécessaires de défendre l'intégrité de notre territoire national »[162].

Prise de Kidal, Gao et Tombouctou par les rebelles et les djihadistes[modifier | modifier le code]

Carte administrative de la région de Kidal
Pick-up d'Ansar Dine à Tombouctou, en août 2012.
Article détaillé : Première bataille de Kidal.

Le 26 mars, les rebelles d'Ansar Dine et du MNLA menés par Iyad Ag Ghali attaquent Kidal tenue par les forces du colonel Gamou. Le 30 mars, ce dernier abandonne la ville qui est conquise par les rebelles. Encerclé au cours de sa retraite par les hommes du MNLA, Gamou ruse en faisant croire qu'il se rallie au mouvement indépendantiste, puis il se réfugie au Niger avec ses 500 hommes[163],[164],[165],[166].

Le 31 mars, la junte militaire ordonne à l'armée malienne de cesser les combats et de laisser Gao « ville ouverte »[167],[168]. Sans rencontrer de résistance, les forces d'Ansar Dine, du MNLA, d'AQMI, du MUJAO et du FLNA s'emparent de Gao le 31 mars, puis de Tombouctou le 1er avril. Les rebelles et les djihadistes contrôlent alors tout le nord du Mali[169],[170],.

Le 4 avril, le MNLA annonce mettre fin unilatéralement aux opérations militaires à compter du 5 avril à minuit (TU)[171]. Le 6, par un communiqué publié sur son site, il déclare proclamer « irrévocablement, l’État indépendant de l’Azawad à compter de ce jour »[172],[173],[174].

Application de la charia[modifier | modifier le code]

Manifestation à Tombouctou, alors tenue par les djihadistes, dénonçant l'inaction du gouvernement malien au nord du pays.

Maîtres du nord du Mali, les djihadistes mettent en place l'application de la charia. La vente et la consommation d'alcool, de cigarettes ou de drogues est interdite, de même que la musique, le port du voile islamique est rendu obligatoire pour les femmes et des tribunaux islamiques sont instaurés. Les peines prévues sont le fouet en cas de consommation d'alcool ou de relations sexuelles hors mariage, l'amputation d'une main ou d'une jambe en cas de vol et la lapidation en cas d'adultère[175],[176].

De avril 2012 à janvier 2013, à Gao, neuf hommes accusés de vols sont condamnés à l'amputation d'une main ou d'une jambe par le MUJAO[177],[178]. Selon Human Rights Watch, deux hommes sont également exécutés dans cette ville début avril et des djihadistes coupent l'oreille d'une femme pour avoir porté une jupe courte[176].

À Tombouctou, une peine d'amputation est prononcée et en octobre Ansar Dine exécute par balle un de ses combattants, condamné à mort pour le meurtre d'un pêcheur[179],[180]. À Kidal, un homme du MNLA a la main tranchée par des hommes d'Ansar Dine[176]. Fin juillet 2012, à Aguel'hoc, un couple est mis à mort par lapidation pour avoir conçu plusieurs enfants hors mariage[181],[182],[183].

Les chrétiens ne font pas l'objet de menaces directes, cependant trois églises, une station de radio chrétienne et une école biblique sont pillées à Tombouctou et Gao au moment de la prise de ces deux villes[176].

Le 28 juin 2012, l'UNESCO classe Tombouctou sur la liste du patrimoine mondial en péril à la demande du gouvernement malien[184]. Visiblement en représailles contre cette décision, au moins une trentaine de membres armés d'Ansar Dine commencent le 30 juin à détruire trois mausolées qu'ils jugent impies, devant une population non armée déconcertée. Le 1er juillet, sept des seize mausolées érigés pour certains des 333 saints[185] que compte la ville sont déjà détruits. La procureure de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda qualifie les faits de « crime de guerre »[184]. L'islamologue Roland Marchal commente : « dans un moment de crispation, mettre l’accent sur la préservation des mausolées n’était peut-être pas la méthode la plus habile pour protéger ces sites »[186],[187],[188].

Tentative d'accord entre le MNLA et Ansar Dine[modifier | modifier le code]

Deux mois après le coup d'État, les autorités de transition peinent à restaurer l’intégrité territoriale du Mali. Le 21 mai, le président de transition Dioncounda Traoré est agressé et blessé à Bamako par des manifestants. Il est temporairement conduit à Paris pour des examens médicaux.

Le 24 mai, des rencontres sont organisées à Tombouctou entre les principaux responsables d'Ansar Dine et d'AQMI. Son chef Abdelmalek Droukdel conseille à ses combattants d'imposer « graduellement » la charia pour y « réussir la création d'un État islamique » dans un message rendu public[189].

Le 27 mai 2012, Ansar Dine et le MNLA annoncent leur fusion dans un « protocole d'accord » signé la veille et transmis à l'AFP. Celui-ci indique que « le mouvement Ansar Dine et le MNLA proclament leur auto-dissolution dans l'Azawad. Les deux mouvements créent le Conseil transitoire de l’État islamique de l'Azawad »[189]. Mais 24 heures après sa signature, l'accord est rompu par les cadres du MNLA[190].

Conflit entre les djihadistes et le MNLA[modifier | modifier le code]

Les délégués d'Ansar Dine et du MNLA à Ouagadougou le 16 novembre 2012. (De gauche à droite au premier rang : Alghabasse Ag Intalla, fils du chef des Ifoghas, représentant d'Ansar Dine et futur chef du MIA, Djibrill Bassolé, ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, Bilal Ag Acherif, secrétaire général du MNLA et Mahamadou Djéri Maïga, vice-président du MNLA.
Article détaillé : Combat de Tombouctou (2012).

Le premier affrontement entre Ansar Dine et le MNLA éclate pendant la nuit du 7 au 8 juin, à quelques kilomètres de Kidal, les combattants de deux véhicules se fusillent, faisant au moins trois blessés graves[191],[192]. Le 13 juin, une querelle éclate entre des hommes du MNLA et d'Ansar Dine à un poste de contrôle de Tombouctou, elle dégénère en fusillade faisant au moins deux morts et plusieurs blessés.

Article détaillé : Bataille de Gao (2012).

La situation bascule le 25 juin 2012, à Gao, lorsqu'un élu local et enseignant de la ville est abattu à bout portant par des inconnus à moto. Le lendemain, des centaines de personnes, excédées, manifestent en ville. La colère de la population de Gao, majoritairement hostile à l'indépendance du nord pays, accablée par les privations régulières d'eau et d'électricité et par l'insécurité, se tourne aussitôt contre le MNLA. Des combattants touaregs ouvrent alors le feu pour disperser les émeutiers, tuant une personne et faisant plusieurs blessés[193],[194],[195].

Le 27, les combats éclatent entre le MNLA et les djihadistes du MUJAO et d'AQMI menés par Mokhtar Belmokhtar. Au cours d'une violente bataille qui fait des dizaines de morts, les islamistes prennent d'assaut le gouvernorat et chassent les rebelles touaregs de la ville, à la satisfaction des émeutiers pro-Mali qui dans ce combat prennent le parti des djihadistes. Bilal Ag Acherif, le secrétaire-général du MNLA, est blessé au cours de la retraite. Le 28 juin, Alors que les combats se poursuivent près de l'aéroport, Iyad Ag Ghali arrive à la tête de soixante véhicules, le 30 il rencontre les chefs du MNLA et parvient à conclure un cessez-le-feu[194],[196],[197],[198]. Le MNLA abandonne ses positions à Tombouctou le 29 juin et se retire également de Gao[199].

Douentza est également abandonnée par le MNLA et brièvement occupée par les miliciens de Ganda Izo. Mais le 1er septembre les hommes du MUJAO menés par Omar Ould Hamaha viennent occuper la ville. Les miliciens n'opposent aucune résistance et sont désarmés[200],[201],[202].

Les affrontements reprennent le , lorsque le MNLA, basé à Ménaka, lance une offensive sur Ansongo tenue par le MUJAO. Les hommes du MNLA remportent d'abord un succès lors d'une embuscade à Tagarangabotte, mais le MUJAO reçoit le renfort d'une katiba d'AQMI menée par Mokhtar Belmokhtar. Le MNLA cède du terrain et le 19 novembre, la ville de Ménaka est prise par les jihadistes au terme de combats ayant fait, selon les déclarations, plusieurs dizaines ou plusieurs centaines de morts[203],[204],[205],[206].

Intervention militaire internationale (depuis janvier 2013)[modifier | modifier le code]

Offensive des jihadistes au sud du Mali[modifier | modifier le code]

Rafale B 113-HO de l'Escadron 2/92 "Aquitaine" de l'armée de l’air française à la sortie d'un ravitaillement en vol lors d'une opération au Mali le 17 mars 2013.
Articles détaillés : Bataille de Konna et Bombardement de Gao.

Le , un communiqué d'Ansar Dine signé par Iyad Ag Ghali annonce la rupture des négociations et déclare suspendre son offre de cessation des hostilités[207]. Depuis le 2 janvier, venus des régions de Gao et de Tombouctou, les forces jihadistes d'Ansar Dine, du MUJAO, d'AQMI et de Boko Haram se rassemblent à Bambara Maoudé[208],[209]. Le 7, ils dépassent Douentza[210], le 9 ils franchissent la ligne de démarcation à Dangol-Boré et engagent le combat avec l'armée malienne dans les envions de Konna[211]. Le 10, les jihadistes prennent l'avantage sur les soldats maliens qui se replient sur Sévaré, la ville de Konna est prise[212],[213],[214].

Les jihadistes, forts d'environ 1 200 hommes, menacent alors Mopti et Sévaré, dernier verrou avant la capitale, Bamako. Le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, appelle alors le président français, François Hollande, et lui demande une aide immédiate. Le président français décide dès le 11 janvier dans l'après-midi d'engager l'armée française : c'est le début de l'opération Serval. De l'aide logistique venant de plusieurs nations arrivent au fil des jours pour appuyer cette mission et le déploiement de la mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine.

Dès le premier jour de l'opération, des commandos des forces spéciales transportés par avions sont déposés à Sévaré[215],[216],[217] tandis que quatre hélicoptères français Gazelle du 4e régiment d'hélicoptères des forces spéciales engagent le combat. Les jihadistes se replient sur Konna après avoir perdu quatre véhicules, un pilote français est cependant mortellement touché[218]. Puis, dans la nuit du 11 au 12, les Mirages 2000D basés à N'Djamena bombardent les jihadistes entre Konna et Léré[219],[220].

Les moyens aériens français poursuivent leurs frappes dans les environs de Konna, Léré et Douentza. Des Rafale venus de France bombardent également plusieurs camps islamistes à Gao, où plus d'une soixantaine de rebelles salafistes sont tués. À partir du 13 janvier, les jihadistes abandonnent progressivement Konna, leurs derniers éléments quittent la ville le 18, le lendemain les soldats maliens et des Français des forces spéciales reprennent possession de la ville[221],[222]. Les combats à Konna ont fait une centaine de morts chez les salafistes, une douzaine de victimes civiles et officiellement onze tués du côté des militaires maliens[223].

Article détaillé : Bataille de Diabaly.

Cependant plus à l'ouest, le 14 janvier, une autre colonne islamiste de plus de 1 000 hommes contourne les lignes maliennes en passant par la Mauritanie et prend d'assaut la ville de Diabaly, à 400 km de Bamako. Riposte rapide : quelques heures après la prise de la ville, les jihadistes subissent les frappes de l'aviation française. Pendant trois jours, les positions salafistes sont bombardées par des avions Rafale et Mirage 2000D, ainsi que des hélicoptères Tigre et Gazelle[224].

Au sol, les forces maliennes se sont repliées à Markala, près de Ségou. Le 15 janvier, un premier sous-groupement tactique interarmes motorisé français fort de 180 hommes avec 18 chars et blindés ERC-90 Sagaie et VAB quitte Bamako et se positionne à Markala[225],[226],[227],[228],[229],[230],[231].

Impuissants contre les frappes aériennes, les islamistes abandonnent Diabaly le 17, et se replient sur Sokolo. Ils laissent derrière eux une cinquantaine de morts et plusieurs dizaines de leurs véhicules ont été détruits. Après quelques missions de reconnaissance, les forces franco-maliennes se mettent en mouvement. Dans la nuit du 19 au 20, une colonne de 30 blindés avec 200 soldats maliens et français quitte Markala et entre dans Niono. Le 21, les militaires reprennent Diabaly sans rencontrer de résistance. Le même jour, Douentza est également reconquise. Partout, les soldats maliens et français sont acclamés par la population[232],[233],[234],[235],[236].

Progressivement, les forces militaires sont déployées au Mali. Du côté des Français, si les forces spéciales sont engagées très rapidement sur le front, les soldats de la brigade Serval se rassemblent à Bamako transportés par avions depuis la France ou bien venus de Côte d'Ivoire. Le 15 janvier, 800 soldats français sont déployés au Mali, ils sont 1 400 le 17, 2 000 le 19, 3 500 le 30, début février ils sont près de 4 000. Le déploiement de la MISMA et de l'armée tchadienne se met également en place. Les forces africaines décident d'engager 7 700 hommes, ses premiers contingents arrivent au Mali le 17 janvier. Le 24 janvier 1 900 soldats sont déployés, mi-février 1 800 Tchadiens et 2 300 hommes de la MISMA sont au Mali, début mars, les forces africaines ont près de 6 000 soldats, dont 2 400 Tchadiens[237].

Reprise des villes du nord du Mali[modifier | modifier le code]

L'offensive jihadiste sur Mopti ayant été repoussée, l'état-major-français pense attendre l'arrivée des renforts et de toute la logistique avant de poursuivre vers le nord. Mais François Hollande, obsédé par le risque d'enlisement, ordonne que Tombouctou et Gao soient reprises avant fin janvier[36].

Article détaillé : Bataille de Gao (janvier 2013).

Les forces franco-maliennes poursuivent donc l'offensive, deux colonnes font mouvement sur Tombouctou et Gao. Le 25 janvier Hombori est reprise[238]. Dans la nuit du 25 au 26, les forces spéciales prennent le pont de Wabaria aux jihadistes du MUJAO, puis les Français s'emparent de l'aéroport de Gao sans rencontrer de résistance. Les islamistes prennent la fuite poursuivis par des hélicoptères qui leurs tuent quelques hommes. Environ 25 au total sont tués dans les combats près de Gao[239].

À l'extrême est, le colonel Gamou franchit la frontière nigérienne avec 500 soldats, 77 pick-up et 8 blindés BRDM-2. Il prend Ménaka sans combat le 15 janvier, puis il poursuit sur Gao[240].

Plus à l'ouest, une autre colonne forte de plusieurs centaines de soldats maliens et de 600 Français de l'infanterie de marine quitte Diabaly avec pour objectif de prendre Tombouctou. Le 25, elle réoccupe Léré[241]. Dans la nuit du 27 au 28, des parachutistes de la Légion étrangère sautent au nord de Tombouctou. Le 28 les forces franco-maliennes entrent dans la ville abandonnée par les jihadistes[242]. Quelques jours plus tard, le 2 février, accompagné du président malien par intérim Dioncounda Traoré, le président français François Hollande se rend à Tombouctou où il est accueilli en héros[243].

Le 28 janvier, les forces tchadiennes et nigériennes prennent le contrôle des villes d'Andéramboukane et Ménaka[244]. Ansongo est reprise le 29 janvier par des troupes nigériennes et maliennes venues du Niger[245].

Les jihadistes salafistes d'AQMI et d'Ansar Dine reculent sans opposer de résistance et se réfugient dans l'Adrar des Ifoghas. Le 27 janvier, l'aviation française bombarde des positions stratégiques islamistes sur Kidal et sa région, dans l'extrême Nord-Est du Mali. Les États-Unis ont par ailleurs accepté de ravitailler en vol les avions français[246]. De son côté, le MNLA se met également en mouvement et profite de la déroute des islamistes pour prendre le contrôle de plusieurs villes du Nord. Le 28 janvier, le mouvement indépendantiste déclare avoir pris sans combat les villes de Tessalit, Tessit, In Khalil, Tinzawatène, Léré, Anéfif, Talataye et Kidal. Il propose son alliance aux Français et aux Tchadiens, mais déclare qu'il s'opposera par les armes à la venue de l'armée malienne[247],[248],[249].

La progression se poursuit à l'extrême nord du Mali. Dans la nuit du 29 au 30 janvier, au cours d'une opération aéroportée, les forces spéciales françaises prennent position sur l'aérodrome de Kidal, situé au sud-est de la ville[250],[251]. Le 31, les Français sont rejoints à Kidal par les Tchadiens. Les militaires prennent également contact avec le MNLA avec qui ils partagent le contrôle de la ville[252].

Le 5 février, les troupes maliennes et françaises à Gao sont renforcées par les forces nigériennes de la MISMA venues de Ménaka. Cependant une quarantaine de combattants du MNLA profitent du départ des Nigériens pour prendre le contrôle de la ville[253],[254].

Enfin, dans la nuit du 7 au 8 février, les forces spéciales françaises s'emparent de l'aéroport de Tessalit. Elles sont renforcées le lendemain par une cinquantaine de chasseurs parachutistes avec qui elles prennent le contrôle de la ville, là encore sans rencontrer de résistance[255].

Guérilla dans la région de Gao[modifier | modifier le code]

Après la reconquête des villes du Nord du Mali les combats se poursuivent parallèlement sur deux fronts ; l'adrar des Ifoghas et la région de Gao. Plusieurs groupes islamistes restent présents dans cette dernière région principalement le MUJAO, mais aussi Les Signataires par le sang, Boko Haram et des mercenaires du Polisario. Contrairement à Ansar Dine ou AQMI, le MUJAO décide de ne pas battre en retraite vers le Nord et de tenir la zone où elle dispose du soutien d'une partie de la population. Début février, le mouvement annonce son intention de créer une « nouvelle zone de conflit », il promet d’attaquer des convois, de poser des mines, d’envoyer des kamikazes et « d’augmenter les attaques contre la France et ses alliés »[256].

Le 30 janvier, quatre soldats maliens sont tués et cinq autres blessés par l'explosion d'une mine entre Gossi et Hombori[257]. Le 6 février, un véhicule saute sur une mine entre Douentza et Gao, quatre civils sont tués[258]. Le MUJAO revendique la pose de mines dans le nord du Mali[259]. Le 8, un kamikaze touareg se fait exploser à proximité de soldats maliens, en blessant légèrement un[260].

De février et en mars, la ville de Gao est visée par trois attaques des rebelles salafistes ; la première le 10 février, les autres suivent le 20 février, et le 24 mars. Parfois précédés par l'envoi de kamikazes, des commandos d'une ou plusieurs dizaines de combattants tentent de s'infiltrer dans la ville pourtant tenue par plus d'un millier de soldats. Les islamistes sont à chaque fois détruits ou repoussés lors de ces attaques quasi suicidaires, une dizaine de civils, un soldat malien et environ 30 assaillants sont tués lors de ces combats[261],[262].

La progression des troupes alliées n'est cependant pas entravée. Le 12 février, les Maliens et les Français prennent le contrôle de la ville de Ménaka sans livrer de combats avec le MNLA qui abandonne la ville[263]. Le 17 février 2013, des troupes françaises, nigériennes, et maliennes entrent sans combattre à Bourem[264], des patrouilles sont organisées pour réduire les poches de résistance des groupes islamistes dispersés dans la région[265].

Le 27 février, les Français et les Maliens contre-attaquent face au MUJAO en lançant l'Opération Doro. Leur objectif étant de détruire les forces jihadistes et de fouiller le territoire pour trouver leurs caches d'armes. Le 2 mars, 100 à 200 jihadistes sont attaqués au village de Iminenas, par 400 soldats français et maliens. Au terme d'un combat acharné, 51 ou 52 rebelles sont tués contre un militaire malien blessé[266],[267]. Le 6 mars, à Tin Keraten, les forces franco-maliennes sont pris à parti par les islamistes, un soldat français est mortellement blessé, et une dizaines de rebelles tués. D'autres petits combats ont lieu dans les environs de Djebok du 12 au 17 mars, une quinzaine d'islamistes sont tués.

Conquête de l'Adrar des Ifoghas[modifier | modifier le code]

Dans le nord les rebelles salafistes d'AQMI et d'Ansar Dine tentent de résister dans l'Adrar des Ifoghas, principalement sur l'Adrar de Tigharghâr et la vallée de l'Ametettai, situé à l'est d'Aguel'hoc, entre Kidal et Tessalit. Cette zone fortifiée, déjà utilisée comme refuge par les rebelles touaregs lors de la rébellion de 1990-1995, est alors la base d'Al-Qaida au Maghreb islamique au Mali.

Ansar Dine est cependant grandement réduit. Fin janvier une partie de ses combattants, menés par Alghabasse Ag Intalla, font scission et créent le Mouvement islamique de l'Azawad (MIA). Ils se détournent des jihadistes et espèrent négocier une paix avec le gouvernement malien et les Français[268],[269]. D'autres combattants fuient à l'étranger, plusieurs centaines sont signalés au Darfour[270],[271]. Enfin, un troisième groupe reste sur place et continue de combattre dans l'Adrar des Ifoghas au côté d'AQMI.

Article détaillé : Bataille de Tigharghâr.

Le 18 février, les armées française et tchadienne, soutenues par quelques éléments de l'armée malienne, du MNLA et du MIA, lancent leur offensive sur l'Adrar de Tigharghâr, baptisée opération Panthère IV. Mille deux cents Français et 800 Tchadiens sont engagés dans la bataille. Les premiers attaquent par le sud-ouest, les seconds par le nord. Le 19 et le 20 janvier, l'affrontement commence du côté des Français, ces derniers ont un mort, tandis que les jihadistes perdent plus d'une trentaine d'hommes. Mais c'est les 22 et 23 février que les combats sont les plus sanglants. Le 22, une colonne de 200 Tchadiens est assaillie par les islamistes, parmi lesquels figurent plusieurs kamikazes. Les Tchadiens sont d'abord repoussés, puis contre-attaquent et prennent d'assaut les positions jihadistes. L'affrontement dure des heures et se poursuit dans les grottes. Au terme de la journée, 25 soldats tchadiens sont tués ou mortellement blessés et 93 rebelles salafistes sont morts. Parmi les tués figure Abdel Aziz Hassane Adam, le commandant des forces spéciales tchadiennes[272]. Le lendemain, dans la zone d'In Sensa, un groupe de véhicules rebelles est surpris et bombardé par l'aviation française, 43 combattants d'AQMI et d'Ansar Dine sont tués, dont Abou Zeid, le commandant d'AQMI au Mali. Sept survivants sont capturés par les forces spéciales françaises et des hommes du MNLA[273],[274],[275],[276].

Les Français et les Tchadiens poursuivent leur progression lentement et méthodiquement en fouillant le terrain conquis afin de déceler les pièges et les caches d'armes. Au nord, 500 parachutistes français, dont des légionnaires, effectuent une manœuvre de contournement et prennent les islamistes par surprise, à la suite d'une marche à pied de cinq à six jours. Le 2 mars, ils engagent le combat. Celui-ci dure deux jours, un parachutiste français est tué, les islamistes perdent une trentaine d'hommes et cinq autres se rendent. L'attaque s'avère cependant décisive et les islamistes commencent leur replis, les Français et les Tchadiens n'étant pas suffisamment nombreux pour effectuer un encerclement complet. Le 4 mars le Tigharghâr et la vallée de l'Ametettaï sont presque totalement conquis[277],[278],[279].

Quelques combats se poursuivent cependant dans les jours qui suivent avec de petits groupes de combattants. Un escadron blindé sur AMX-10 RC appuyé par des avions de chasse, est détaché pour effectuer une mission de reconnaissance vers le nord-est. Il gagne Boghassa et Tinzawatène. Le 12 mars, quatre islamistes sont tués par des légionnaires parachutistes, un autre est fait prisonnier. Le même jour un affrontement entre les Tchadiens et les jihadistes fait un mort chez les premiers, six chez les seconds. La dernière victime de la bataille de Tigharghâr tombe le 16 mars, lorsqu'un blindé français AMX-10 RC saute sur une mine, tuant l'un de ses occupants.

Finalement la bataille de Tigharghâr s'achève par la prise de la base principale d'AQMI au Mali, un important arsenal militaire est saisi ou détruit. Les pertes françaises sont de 3 morts et 120 blessés, dont un tiers au combat, et 27 morts et de nombreux blessés pour les Tchadiens. Les pertes des jihadistes sont estimées à environ 200 morts sur 500 hommes engagés[280],[281],[282].

Article détaillé : Bataille de In Khalil.

Parallèlement à la bataille de Tigharghâr, le MUJAO effectue des incursions dans le nord. Le 22 février, un nouvel attentat-suicide commis par deux kamikazes du MUJAO à In Khalil, près de Tessalit, tue trois combattants du MNLA et en blesse grièvement quatre autres[283]. Le lendemain, la ville est attaquée par les jihadistes. Le Mouvement arabe de l'Azawad (MAA) attaque le même jour. Ancien allié du MNLA, il accuse les touaregs Idnanes du MNLA d'avoir commis des exactions contre les populations arabes. Les attaques sont cependant repoussées par le MNLA qui bénéficie du soutien de l'aviation française[284].

Le 26 février, un kamikaze se fait exploser avec son véhicule piégé à un poste du MNLA : 7 combattants sont tués et 11 blessés[285].

Article détaillé : Attentat de Kidal du 12 avril 2013.

Après la prise de l'Adrar Tigharghar et de la vallée de l'Ametettai, les Français et les Tchadiens s'aventurent plus profondément dans l'Adrar des Ifoghas. Ils se portent jusqu'à Boghassa et Tinzawatène, puis Abeïbara, mais ils ne rencontrent aucune résistance. Les Français et les Tchadiens se retirent alors de l'Adrar, les premiers sont redéployés dans la région de Gao, tandis que les seconds regagnent Kidal. Cependant, dans cette ville le 12 avril, un kamikaze se fait sauter, tuant avec lui quatre soldats tchadiens.

Offensives au nord de Gao[modifier | modifier le code]

Soldats français en patrouille à Gao en mars 2013.

Fin mars, les jihadistes reprennent leurs attaques sur les villes malienne. Le 24 mars, Gao subit une troisième attaque d'un petit groupe d'hommes du MUJAO. Quatre islamistes, un soldat malien et un civils sont tués. Tombouctou est également frappée par deux attaques, la première le 20 mars, par le MUJAO, la seconde dix jours plus tard, cette fois-ci par AQMI. Environ 30 jihadistes sont tués, tandis que les pertes maliennes sont de 3 morts et 18 blessés, ainsi que 5 civils morts.

Articles détaillés : Combat de Teghboubinene et Combat d'In Arab.

Les combats se portent alors au nord de Gao. Entre le 24 et le 30 mars, des affrontements opposent des combattants du MNLA au MUJAO et aux Signataires par le sang entre Bourem et Anéfif. Ces combats font 5 morts chez le MNLA, 18 du côté des jihadistes.

Les Français contre-attaquent et lancent une vaste offensive sur la vallée d’Inaïs, au nord de Bourem, repérée comme étant un sanctuaire du MUJAO. Le 7 avril, l'armée française lance l'Opération Gustav, 800 soldats et 150 blindés appuyés par l'aviation encerclent la vallée. Trop tard pour intercepter les jihadistes qui parviennent à s'enfuir, néanmoins 18 tonnes de munitions, dont 700 obus, 51 roquettes, 16 bombes d’avion et 17 caisses sont saisies lors des fouilles[286],[287].

Diminution des combats[modifier | modifier le code]

Le 12 avril, 5 militaire maliens, dont un colonel, sont tués lors d'un accident d’hélicoptère[288]. Cependant les mois d'avril et de mai se passent sans affrontement majeur, les islamistes n'effectuent plus que quelques attentats-suicides. Deux attaque-suicides sont commises par le MUJAO les 4 et 10 mai à Tilemsi, Gossi et Ménaka contre des militaires maliens et nigériens. Une dizaine de kamikazes se font exploser, deux soldats maliens sont tués et une dizaine blessés. Cependant la majeure partie des forces jihadistes s'est repliée à l'étranger, principalement en Libye où un camp est établi à Ubari (Awbari)[289],[290], défendu par environ 400 hommes regroupés sous le nom de « brigade 315 »[291].

Le 25 avril, AQMI appelle au djihad contre la France[292]. Fin avril, une cellule jihadiste du MUJAO est démantelée à Bamako et sept personnes sont arrêtées[293]. Le 29 avril, un VBL de l'armée française saute sur une mine ou un engin explosif entre Tinzawatène et Boghassa, un soldat des forces spéciales est tué et deux autres sont grièvement blessés[294].

Parallèlement au conflit contre des islamistes, des affrontements opposent des rebelles arabes et touaregs. Le 21 avril, le MNLA est chassé de Ber par le MAA qui abandonne la ville quelques jours plus tard. Le 17 mai, les rebelles arabes attaquent Anéfif.

Accord de Ouagadougou et déploiement de la MINUSMA[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Accord de Ouagadougou (2013).
Ravitaillement de deux avions Rafale au dessus du Mali, le .

Malgré l'annonce de négociations les tensions restent très vives entre l'armée malienne et le MNLA basé à Kidal[295],[296]. Des personnalités politiques et une partie de la population malienne reprochent à la France d'empêcher l'armée malienne d'attaquer les rebelles à Kidal[297]. Le 30 mai, 3 000 Maliens manifestent à Gao pour dénoncer l'attitude jugée trop conciliante de la France vis-à-vis du MNLA[298]. Afin de négocier avec les rebelles de Kidal, le président malien par intérim Dioncounda Traoré nomme Tiébilé Dramé conseiller spécial[299].

Afin de favoriser les pourparlers, des représentants touaregs menés par Mohamed Ag Intalla décident de rejeter la lutte armée et de former le Haut Conseil de l'Azawad (HCA), bientôt renommé Haut Conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA). Mohamed Ag Intalla bénéficie rapidement du soutien de son père, l'Amenokal Intalla Ag Attaher, chef coutumier des touaregs Ifoghas qui quitte le MNLA pour rejoindre le HCUA, et de son frère, Alghabass Ag Intalla, qui le 19 mai, annonce la dissolution du MIA et son ralliement au HCUA. Le MNLA n'ose critiquer la décision de l'Amenokal et apporte son soutien au HCUA[300],[301],[302].

Les négociations s'ouvrent en mai à Ouagadougou, sous la médiation de Blaise Compaoré, président du Burkina Faso[303]. Fin mai, le MAA s'engage à son tour à prendre part aux pourparlers[304].

D'abord hostile à la tenue d'élections maliennes à Kidal, le MNLA accepte finalement de permettre la tenue de la présidentielle en juillet, cependant il refuse de laisser entrer l'armée malienne et propose que la sécurité des élections soit assurée par les troupes de l'ONU aussi bien à Kidal que dans l'ensemble de l'Azawad[305]. Cette proposition est rejetée par le gouvernement malien qui exige la présence de l'armée à Kidal[306].

Cependant le 2 juin, la situation s'aggrave à Kidal où le MNLA arrête 180 personnes, une trentaine est relâchée le lendemain mais environ 10 ou 20 prisonniers, accusés d'être des espions et des militaires maliens infiltrés sont maintenus en prison . De son côté, le gouvernement malien accuse le MNLA d'avoir commis des pillages contre les populations noires ; Songhaï, Peuls et Bellas. Selon des témoins, plus habitants noirs sont contraints de prêter allégeance au MNLA sous peine d'être chassés de Kidal et évacué vers Gao. Le lendemain, le MNLA déclare que les personnes interpellées qui ne sont pas originaires de l'Azawad vont être expulsées et reconduites jusqu'à Douentza[307],[308],[309].

Le 4 juin, l'armée malienne se met en mouvement et s'empare d'Anéfif après un combat contre le MNLA qui fait plusieurs morts[310]. La France intervient après le combat, elle envoie une centaine d'hommes à Anéfis et freine l'offensive malienne sur Kidal[311]

Le 18 juin, après deux semaines de négociations, le gouvernement de transition malien et les rebelles du MNLA et du HCUA (Haut conseil pour l'unité de l'Azawad) signent un accord de cessez-le-feu qui doit permettre la tenue de l'élection présidentielle le 28 juillet[312].

Afin d'éviter tout débordement entre les soldats maliens et les rebelles, des forces de l'ONU et de la MISMA sont également déployées à Kidal, ainsi le 4 juillet, une trentaine de véhicules guinéens gagne la ville[313].

Le 5 juillet, conformément aux accords signés, les forces du MNLA et du HCUA commencent leur retrait sur trois cantonnements, dont deux situés à Kidal, le troisième en périphérie. Le lendemain, 150 soldats maliens font leur entrée dans Kidal. La réaction de la population n'est pas unanime, des échauffourées opposent manifestants pro-Mali et manifestants pro-Azawad, elles font plusieurs blessés[314],[313],[315]. Le 18 juillet, de nouvelles émeutes éclatent entre des pro-Mali, en majorité des Songhaï et des pro-Azawad, majoritairement touaregs, elles font un mort et 7 blessés[316]. Le 20 juillet, cinq agents électoraux et un élu sont enlevés par des hommes armés à Tessalit[317]. Capturés par des hommes de Baye Ag Diknane, un officier du MNLA hostile à la tenue des élections, ils sont finalement relâchés le lendemain dans des circonstances mal éclaircies[318].

Le 31 juillet, un militaire français du 515e régiment du train est tué et un autre est blessé dans un accident de la route près de Douentza[319].

Les deux tours de l'élection présidentielle se déroulent sans incidents le 28 juillet et le 11 août. Ibrahim Boubacar Keïta est élu président avec 77,61 % des voix, contre 22,4 % pour Soumaïla Cissé, avec une participation de 48,98 % au premier tour, 45,78 % au deuxième[320].

Lors des négociations de Ouagadougou, les différents mouvements rebelles autonomistes parviennent à se réconcilier. Le 8 août, le MNLA, le HCUA et le MAA publient une déclaration commune où ils réclament l'autonomie des peuples de l'Azawad[321].

Le , selon un communiqué signé par Ahmed Ould Amer, dit Ahmed Telmissi, et Mokhtar Belmokhtar, le MUJAO et Les Signataires par le sang annoncent leur fusion en un seul mouvement[73]. Celui-ci prend le nom d'Al-Mourabitoune ("Les Almoravides")[322].

Le 19 septembre, au Stade du 26 mars à Bamako, une cérémonie est organisée pour marquer le début du mandat d'Ibrahim Boubacar Keïta et la victoire sur les forces jihadistes. Plusieurs chefs d'états sont invités, dont le président français François Hollande, le président tchadien Idriss Déby, le roi du Maroc Mohammed VI et le président ivoirien Alassane Ouattara, également président de la Cédéao[323].

Opérations et incidents après l'accord de Ouagadougou[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Accord de Ouagadougou (2013).

À partir de l'été 2013, les affrontements baissent en intensité mais des combats ponctuels continuent d'avoir lieu. Malgré la signature des accords de Ouagadougou, quelques incidents sanglants opposent l'armée malienne aux combattants du MNLA. Des affrontements intercommunautaires entre Touaregs et Arabes à l'extrême nord et Touaregs et Peuls dans la région de Gao éclatent occasionnellement et des combattants des divers groupes armés y prennent parfois part. De leur côté, les Français continuent de traquer les groupes djihadistes qui tentent d'organiser une guérilla.

Du 14 au 20 août à Bordj Badji Mokhtar, en Algérie, des affrontements opposant Arabes berabiches et Touaregs idnanes font plusieurs morts. Selon des témoins, des combattants du MAA et du MNLA prennent part aux affrontements bien que leurs commandements aient condamnés les violences officiellement[324],[325]. De plus, des habitants affirment que les brigandages des « coupeurs de routes » sont réapparus depuis le départ des islamistes, plusieurs convois sont dévalisés principalement sur les routes Anéfif-Kidal, Anéfif-Djebok et Kidal-Gao[326].

Article détaillé : Combat de Fooïta.

Le 11 septembre, à Foïta, près de Léré, un accrochage oppose des soldats maliens et des hommes du MNLA, plusieurs combattants sont tués ou blessés. Les deux camps se rejettent respectivement la responsabilité de l'attaque[327]. Le MNLA dénonce une violation des accords de Ouagadougou et déclare les engagements n'ont pas été respecté, selon lui le cantonnement des insurgés n'a pas été pris en charge par l'ONU, la MINUSMA est jugée « incompétente », les prisonniers de guerre n'ont pas été libérés et la commission d'enquête de la communauté internationale n'a pas été mise en place. Plusieurs membres du MNLA feraient pression sur Bilal Ag Acherif pour reprendre les armes[328]. De son côté, la presse malienne dénonce l'indiscipline des combattants du MNLA et affirme que plusieurs d'entre eux se livrent au banditisme[329].

Le 12 septembre, dans une forêt à 100 kilomètres à l'ouest d'Anéfif, les forces françaises découvrent et détruisent un camion contenant une tonne d'explosifs[330].

Le 16, 167 soldats tchadiens de la MINUSMA désertent à Tessalit et regagnent Gao. Ces derniers se plaignent de pas avoir reçu leurs primes et leurs salaires et de ne pas avoir été relevés après 9 mois de présence au Mali[331],[332]. Au moins quatre de ces soldats sont accusés de viols à Gao[333].

Le 17, des représentants de différents groupes armés ; le MNLA, le HCUA, le MAA et la Coordination des mouvements et fronts patriotiques de résistance (CM-FPR, réunissant principalement Ganda Koy et Ganda Izo), signent un accord à Bamako, ils annoncent « mettre en commun leurs efforts » pour mettre fin à la crise au nord du Mali. Cet accord est cependant critiqué par des responsables du MNLA et du MAA qui déclarent que les délégués n'avaient pas été mandatés par leurs hiérarchies[334].

Le 26 septembre, le MNLA, le HCUA et le MAA publient un communiqué commun dans lequel ils déclarent suspendre les négociations avec le gouvernement malien à la suite du refus du président d'Ibrahim Boubacar Keïta de négocier l'autonomie du nord du Mali[335],[336],[337]. Le 27, deux militaires maliens sont blessés à Kidal par des jets de grenades[338].

Article détaillé : Attentat de Tombouctou.

Le 28 septembre à Tombouctou, quatre kamikazes conduisant un véhicule piégé se font exploser devant une caserne, deux civils sont tués et six militaires blessés[339],[340]. Le lendemain, l'attentat est revendiqué par AQMI[341],[342]

Le 29, dans la soirée, une escarmouche oppose des soldats maliens à des combattants du MNLA, près du marché et du camp militaire à Kidal. La fusillade dure près d'une heure, mais finalement, les belligérants se replient sur leurs bases alors que Français et les casques bleus de la MINUSMA organisent des patrouilles[343]. Le lendemain, une nouvelle fusillade éclate à Kidal, plusieurs combattants sont blessés dans ces affrontements, les Français et les Casques bleus de la MINUSMA interviennent pour séparer les belligérants[344],[345]. Le 2, un homme du MNLA est tué par des habitants à Aguel'hoc[346]. Le 5 octobre, les groupes armés autonomistes reprennent les négociations avec le gouvernement malien[347].

Des troubles éclatent également à Kati où d'ancien putschistes bérets vert manifestent leur colère contre Amadou Haya Sanogo, promu général de corps d'armée le 14 août. Le 30 septembre et le 1er octobre, une trentaine de mutins réclament à leur tour des grades et des primes et tirent plusieurs coups de feu. Un lieutenant-colonel proche de Sanogo est blessé et retenu prisonnier pendant plusieurs heures[348],[349],[350]. Le 4 octobre, l'armée malienne reprend le contrôle du camp de Kati, une vingtaine de mutins sont arrêtés dont le capitaine Amadou Konaré et le colonel Youssouf Traoré[351],[352]. Quatre militaires maliens ont trouvé la mort dans ces événements[353]. Plusieurs autres sont portés disparus, dont le colonel Youssouf Traoré, ancien numéro quatre des putschistes, dont le corps est retrouvé près de Kati quelques semaines plus tard[354],[355],[356]. Le 27 novembre, le général Amadou Haya Sanogo, accusé de meurtre contre des prisonniers bérets rouges après le coup d'état de 2012 est arrêté à Kati[357].

Articles détaillés : Combat de Douaya et Attentat de Tessalit.
Combattants d'AQMI

Le 1er octobre, une dizaine de jihadistes sont tués par les Français lors du combat de Douaya[358]. Le 10 octobre, le MUJAO tire cinq obus sur la ville de Gao, quelques civils et deux soldats maliens sont blessés, l'un d'eux mortellement[359],[360],[361],[362],[363]. Le lendemain, un petit pont est dynamité à Bentia[364],[365]. Le 23 octobre, des kamikazes islamistes attaquent la garnison tchadienne à Tessalit, deux soldats tchadiens et cinq jihadistes sont tués[366].

Le 20 octobre, les forces franco-maliennes lancent l'Opération Hydre dans le nord-est du Mali. 700 soldats maliens, 500 à 600 soldats français du GTIA Désert, et près de 200 hommes de la MINUSMA sont engagés dans l'offensive[367]. Aucun combat n'a lieu, car les djihadistes évitent le forces militaires, cependant en dehors de l'opération dans la nuit du 13 au 14 novembre, à 200 kilomètres à l'ouest de Tessalit, un pick-up est surpris dans le désert par les Français, trois djihadistes sont tués, dont El-Hassen Ould Khalill, dit Jouleibib, lieutenant de Belmokhtar et ancien porte-parole des Signataires par le Sang[368],[369]. L'opération s'achève le 3 novembre[370], son principal bilan est la destruction d'un important dépôt logistique au nord-est de Tombouctou[371].

Article détaillé : Combat d'Amazragane.

Le 8 novembre, un nouvel accrochage oppose des soldats maliens et des hommes du MNLA à Amazragane, près de Ménaka, il fait au moins trois morts[372]. Le 16 novembre, à Kidal, le MNLA abandonne les bâtiments publics aux autorités maliennes, mais le 27 et le 28 alors que la visite du premier ministre Oumar Tatam Ly est attendue, l'aéroport de Kidal est envahi par des manifestants pro-Azawad malgré la présence de militaires maliens. Des coups de feu sont tirés, trois personnes sont blessées selon le gouvernement malien, d'après le MNLA un manifestant est tué et cinq autres sont blessés. Le 29 novembre, certains représentants du MNLA annoncent que le mouvement reprend la guerre contre le gouvernement malien, ces déclarations sont cependant contestées par d'autres responsables du mouvement[373],[374],[375].

Article détaillé : Combat de Tin-Hama (2013).

À la fin du mois de novembre, dans les environs de Tin-Hama et Djebok, des combats opposent les miliciens touaregs loyalistes du général Ag Gamou à des Peuls insurgés, accusés par les miliciens de faire partie du MUJAO. Les combats font plusieurs morts chez les Touaregs et 53 tués du côté des Peuls[376],[377],[378].

Le soir du 30 novembre, sept djihadistes sont repérés par des soldats français à Ménaka, près d'un camp où 500 à 700 soldats nigériens et 24 soldats français sont présents. L'un d'eux se fait exploser sans faire de victimes et les autres prennent la fuite[379],[380],[381]. Le , deux Casques bleus sénégalais sont tués par un kamikaze à Kidal[382]. L'attaque est revendiquée par Sultan Ould Bady[383].

Articles détaillés : Combat d'Araouane (2013) et Combat de Kondaoui.

En décembre, l'armée française lance une offensive importante dans la région de Tombouctou, 19 djihadistes sont tués le 10 près d'Araouane. Les Français se portent ensuite jusqu'à Taoudeni. Un camp est découvert, mais les islamistes réussissent à s'enfuir[384],[385]. Quelques jours plus tard, dans la nuit du 22 au 23 janvier, onze djihadistes sont tués par les Français lors du combat de Kondaoui au nord de Tombouctou[386].

En janvier 2014, l'Algérie propose sa médiation pour négocier avec les groupes armés. Une plate-forme est signée à Alger, mais cet accord est dénoncé par des membres du HCUA et du MAA, alors que le MNLA avait boycotté la rencontre[387],[388],[389].

Articles détaillés : Massacre de Tamkoutat et Combat de Labbezanga.

Le 6 février 2014, une trentaine de civils, majoritairement touaregs, sont massacrés près de Tamkoutat. Le gouvernement malien et le MNLA accusent le MUJAO d'être responsables de cette tuerie, d'autres témoins évoquent un conflit intercommunautaire entre Touaregs et Peuls[390]. En représailles, le MNLA attaque deux jours plus tard les auteurs présumés du massacre près de la frontière nigérienne, après le combat, le mouvement azawadien déclare que six djihadistes et un de ses combattants ont été tués[391].

Le 20 février, les 600 à 700 mineurs des mines de sel de Taoudeni sont chassés des lieux par des hommes armés et s'enfuient vers Tombouctou. Le groupe armé auquel ces derniers appartiennent n'est pas identifié. Accusés par certains, le MAA et le MNLA démentent et accusent les djihadistes[392]. Cependant quelques mois plus tard, le MAA affirmera contrôler les mines de Taoudeni[393].

En février, des habitants signalent de nombreux mouvements djihadistes au nord du Mali. Des familles abandonnent leurs villages, une dizaine de cadres du MNLA sont également assassinés par des hommes d'AQMI. Le 20 février, près de Tessalit un hélicoptère français Tigre est la cible de tirs qui blessent légèrement un pilote. Le retour de combattants d'Ansar Dine est également signalé à Abeïbara, où ils distribuent de l'argent à des habitants, et à Boghassa, où ils forcent les villageois qui ne leur sont pas favorable à s'exiler[394],[395].

Article détaillé : Bombardement de l'Ametettaï.

Quant à AQMI, des témoignages indiquent son retour dans les environs de l'Adrar Tigharghar, notamment à Telakak, Bakasso et dans la vallée de Dorayat[394]. Le 4 mars, des drones Reaper repèrent un groupe de djihadistes dans la vallée de l'Ametettaï. Les Français engagent des Mirage 2000D et des hélicoptères Tigre qui tuent 11 rebelles salafistes[396], dont Omar Ould Hamaha[397].

Le 15 mars, Abou Dardar, un chef djihadiste du MUJAO se rend aux Français qui le remettent aux autorités maliennes[398]. Le 20 mars, le ministre français Jean-Yves Le Drian annonce que 45 djihadistes ont été tués par les Français au Mali depuis décembre 2013, il déclare : « La guerre de libération du Mali est finie, elle a été gagnée »[399],[400].

Article détaillé : Combat de Dayet en Maharat.

Le , les Français repèrent et attaquent deux pick-up djihadistes au nord de Tombouctou. Une dizaine de combattants islamistes sont tués par les forces spéciales françaises qui délivrent également cinq humanitaires maliens pris en otages par le MUJAO depuis le 8 février[401],[402].

Selon RFI, une trentaine de combattants islamistes auraient été tués par les Français dans les trois première semaines du mois d'avril[403], dont Abou Bakr Al-Nasr, le chef de Al-Mourabitoune[404],[405].

Dans la nuit du 24 au 25 avril, un important chef d'Ansar Dine, Haroune Ag Saïd, dit Abou Jamal est tué au nord de Kidal par les forces spéciales française[59],[406].

Article détaillé : Combat d'Inabohane et Ebahlal.

Le 29 et le , un affrontement oppose des combattants du MNLA et d'Al-Mourabitoune qui se seraient rencontré par hasard près de Bourem. Selon le MNLA, le combat fait quatre morts du côté des autonomistes azawadi, sept tués et neuf prisonniers chez les djihadistes[407],[408].

La nuit du 6 au 7 mai, un légionnaire français est tué et deux autres blessés lorsque leur véhicule est touché par l'explosion d'un engin explosif improvisé lors d'une opération dans l'Adrar Tigharghar[409],[410].

Reprise des combats à Kidal entre le Mali et les groupes armés du Nord[modifier | modifier le code]

Le , la visite du Premier ministre malien Moussa Mara à Kidal provoque des affrontements entre les l'armée malienne et les rebelles du MNLA, du HCUA et du MAA. Les rebelles prennent l'avantage et s'emparent du gouvernorat après des combats qui font plusieurs dizaines de morts. La MINUSMA et les Français de l'opération Serval interviennent et parviennent à obtenir un accord de cessez-le-feu entre l'armée malienne et les rebelles[411],[412]. Le 19 mai, les groupes armés appellent à l'apaisement et « la relance du processus de paix »[413], mais le 18 à Gao, le Premier ministre Moussa Mara déclare que « La république du Mali est en dorénavant en guerre »[412].

Quatre jours plus tard, sans en avertir la France et la MINUSMA, l'armée malienne lance une offensive sur Kidal avec près de 2 000 hommes. Mais en quelques heures, les groupes armés du nord repoussent l'attaque malienne et s'emparent du camp malien. Les forces gouvernementales, en déroute, se replient sur Gao et le même jour, les rebelles prennent Ménaka, Andéramboukane et Anéfis sans avoir à combattre[414],[415],[416].

Le 22 mai, des négociations sont organisées à Kidal avec la médiation de Mohamed Ould Abdel Aziz, président de la Mauritanie et de l'Union africaine. Un accord de cessez-le-feu est conclu entre le gouvernement malien et les groupes armés du nord en vue de revenir à l'accord préliminaire de Ouagadougou. Les rebelles conservent toutefois leurs positions à Kidal et Ménaka[417],[418].

Après la chute de Kidal et la reprise d'Anéfis par les rebelles, des groupes armés loyalistes s'organisent et forment un rassemblement appelé la « plateforme du 14 juin », comprenant le Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (GATIA), l'aile loyaliste du Mouvement arabe de l'Azawad (MAA), la Coordination des Mouvements et Front patriotique de résistance (CM-FPR), le Mouvement populaire pour le salut de l'Azawad (MPSA) et une partie de la Coalition du peuple pour l'Azawad (CPA)[419]. Ils s'opposent alors aux rebelles regroupés sous la « Coordination des mouvements de l'Azawad » (CMA) qui comprend le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), le Haut Conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA) et une aile du Mouvement arabe de l'Azawad (MAA)[420].

Le 24 mai, une première escarmouche éclate entre les deux branches du MAA et fait sept morts à Tabankort, dans la région de Gao[421],[422],[423],[424],[425]. Quelques jours plus tard, un nouveau combat éclate à Tabankort, le 2 juillet, entre le MNLA et la faction loyaliste du MAA[426]. Le 11 juillet, les combats reprennent à Tabankort mais aussi à Anéfis que les loyalistes tendent de prendre sans succès, les affrontements font plusieurs dizaines de morts[427]. Du 19 au 22 juillet la bataille s'engage à nouveau entre les groupes armés dans les environs de Tabankort, au sud-est d'Anéfis, faisant encore des dizaines de victimes[428].

Finalement, le 16 juillet, les négociations s'ouvrent à Alger entre le gouvernement malien, les loyalistes de la Plateforme et les rebelles de la CMA[429],[430],[431],[432].

Fin de l'opération Serval et début de l'opération Barkhane[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Opération Barkhane.

Le soir du 9 juin, un Mirage 2000D de l'armée française de retour d'une mission au Mali s'écrase accidentellement au Niger à cause d'un problème technique alors qu'il regagnait sa base à Niamey. Les deux pilotes parviennent cependant à s'éjecter[433].

Article détaillé : Attentat d'Aguel'hoc.

Le 11 juin, quatre militaires tchadiens de l'ONU sont tués lors par un attentat à la voiture piégée à Aguel'hoc[434].

Le , le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian annonce la fin de l'Opération Serval et la mise en place dans les jours suivants de l'Opération Barkhane. Celle-ci prévoit le déploiement de 3 000 soldats dans l'ensemble du Sahel et du Sahara afin de mener des opérations de « contre-terrorisme »[435],[436].

Le 14 juillet en fin d'après-midi, un pick-up piégé conduit par un kamikaze attaque une patrouille blindée française près d'Almoustarat, entre Bourem et Anéfis. Sept soldats français sont blessés dans l'explosion, dont un mortellement et deux autres grièvement[437],[438].

Le , la France lance l'Opération Barkhane qui n'est plus basée au Mali mais qui vise à lutter contre les groupes armés djihadistes salafistes dans toute la région du Sahel[439],[440].

Renouvellement du mandat de la MINUSMA[modifier | modifier le code]

Des soldats néerlandais de la MINUSMA au Mali, le .

Le , le Conseil de sécurité des Nations unies prolonge jusqu'au , le mandat de la mission de l'ONU au Mali (Minusma) en lui assignant comme priorités de faciliter un règlement politique et d'étendre sa présence dans le nord du pays[441]. Le 30 juin, un véhicule de la MINUSMA saute sur une mine entre Goundam et Tombouctou. Sept casques bleus du contingent Burkinakè sont blessés, dont trois grièvement et un mortellement[442].

Le 9 août, une escarmouche a lieu à Lerneb, près de la frontière mauritanienne, opposant les deux branches du MAA[443],[444]

Le 16 août, à Ber, deux soldats burkinabè sont tués et quatre autres blessés par l'explosion d'un pick-uo conduit par deux kamikazes[445],[446],[447],[448]. Le 18 août, deux soldats maliens sont tués accidentellement à Tessalit par l'effondrement d'un mur[449]. Le 2 septembre, quatre soldats tchadiens sont tués et quinze blessés, dont six grièvement, par l'explosion d'une mine entre Aguel'hoc et Kidal[450]. D'autres attaques suivent ; le 14 septembre, un véhicule saute sur une mine près d'Aguel'hoc, un soldat tchadien est tué et quatre autres sont blessés[451]. Puis le 18 septembre, cinq soldats tchadiens sont tués et trois blessés entre Aguel'hoc et Tessalit par un engin explosif[452]. Deux civils maliens sont également tués presque au même endroit la nuit du 18 au 19[453].

Le 16 septembre, cinq Touaregs sont enlevés à Zouéra, au nord de Tombouctou par des hommes d'AQMI. Quatre des otages sont par la suite relâchés mais le cinquième, accusé par les djihadistes d'être un informateur de l'armée française, est retrouvé décapité le 23 septembre à Zouéra[454],[455],[456].

Le 3 octobre, deux djihadistes équipés de lance-roquettes RPG-7, tendent une embuscade à un convoi de la MINUSMA près d'Idelimane entre Ansongo et Ménaka. Neuf casques bleus nigériens sont tués dans l'attaque et deux véhicules sont détruits, ainsi qu'une citerne[457],[458],[459],[460]. Le 7 octobre, des islamistes tirent quatre ou cinq roquettes sur le camp de la MINUSMA à Kidal, un casque bleu sénégalais est tué et un autre blessé[461].

Recrudescence des affrontements entre loyalistes et rebelles et échec des pourparlers d'Alger[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Combat de N'Tillit.

Le 16 octobre, des Imghad du GATIA attaquent des Imghad du MNLA à N'Tillit, l'affrontement fait au moins sept morts et les loyalistes s'emparent de la commune[462],[463]. Le 26 octobre, les forces rebelles du MNLA, HCUA et MAA s'emparent de la localité d'In Afarak ou In Farah, près d'In Khalil, les miliciens loyalistes prennent la fuite sans combattre[464],[465].

Article détaillé : Combat de l'Ametettaï (2014).

La nuit du 28 au 29 octobre, les Français attaquent un campement d'une trentaine de djihadistes dans la vallée de l'Ametettaï, près de l'Adrar Tigharghar, au moins 20 djihadistes sont tués, ainsi qu'un soldat français[466],[467].

Le 2 novembre, deux soldats maliens sont tués et quatre autres blessés par un engin explosif près d'Almoustarat, au nord de Gao[468]. Le même jour à Boulekessi, un accrochage entre l'armée malienne et le HCUA fait au moins un mort chez les rebelles tandis que plusieurs autres sont faits prisonniers, ainsi que des civils[469],[468],[470],[471],[472],[473]. Le 20 novembre, les corps de deux Touaregs proches du HCUA sont retrouvés égorgés près de Kidal[474],[475]. Le 22 novembre, selon l'armée malienne, des combattants islamistes enlèvent 12 enfants entre Kidal et Aguel'hoc afin d'en faire des enfants-soldats et deux d'entre-eux sont tués en essayant de s'échapper[476]. Le 25 novembre, un véhicule de l'armée malienne saute sur une mine entre Gao et Bourem, faisant deux morts et cinq blessés, dont un mortellement[477],[478]. Le 30, un homme du MNLA est tué dans une embuscade au nord de Kidal[479].

Article détaillé : Deuxième combat de Tabankort.

La nuit 10 au 11 décembre 2014, l'armée française attaque un groupe de djihadistes dans la région de Gao. Ces derniers perdent une dizaine d'hommes dont Ahmed al-Tilemsi, un des principaux chefs d'Al-Mourabitoune[480].

Le 26 décembre, des hommes du GATIA et du MAA loyaliste prennent le contrôle de la ville de Bamba[481]. Trois jours plus tard ils attaquent un véhicule du MAA rebelle, les loyalistes revendiquent 5 ou 6 morts et 2 prisonniers chez les rebelles contre aucune perte dans leurs rangs, le MAA rebelle parle quant à lui d'un mort et un disparu parmi ses hommes[482],[483],[484],[485]. Le 2 janvier, les forces du MAA loyaliste et du GATIA arrivent en vue de la ville de Ber, tenue par le MAA rebelle et le MNLA. Les deux camps se font face et tiennent leurs positions[486]. Mais la MINUSMA menace d'ouvrir le feu si les loyalistes décident de lancer l'assaut, ces derniers prennent la menace au sérieux et se replient[487].

Le 5 janvier, la ville de Nampala est attaquée et prise pendant quelques heures par les djihadistes, onze militaires maliens sont tués, les autres prennent la fuite[488],[489]. Puis la nuit du 6 au 7 janvier, des djihadistes attaquent la localité de Djoura, dans la région de Mopti, ils incendient la mairie, tuent un civil, puis se replient[490]. Le 16 janvier, ils attaquent Ténenkou mais ils sont repoussés après un combat qui fait une dizaine de morts[491],[492],[493]. Plus au nord, à Kidal, la base de la MINUSMA est attaquée le 17 janvier par un camion-suicide et des djihadistes armés mais les casques bleus Tchadiens repoussent l'attaque, quelques assaillants sont tués, un militaire tchadien est tué et un autre blessé[494],[495],[496].

Le 16 et le 17 janvier, des escarmouches opposent loyalistes et rebelles à Tabankort, les échanges de tirs ne font cependant pas de victimes[497],[498]. Les rebelles maintiennent leurs forces près de la localité et demandent à la MINUSMA de se retirer, ce qu'elle refuse[499]. Le 20 janvier, un hélicoptère néerlandais de la MINUSMA intervient et ouvre le feu sur un véhicule du MNLA qui transportait de armes lourdes près de Tabankort, au moins onze rebelles sont tués et une vingtaine blessés[500],[501],[502]. La MINUSMA déclare dans un communiqué avoir été « contrainte de recourir à la force en réponse à des tirs directs à l'arme lourde sur ses Casques bleus » et précise avoir procédé à des tirs de sommation[503]. De son côté la coordination des Mouvements de l'Azawad accuse les forces de l'ONU d'« absence de neutralité », déclare « suspendre toute collaboration sur le plan sécuritaire » mais affirme demeurer « attachée au respect du cessez-le-feu »[504]. Le 24 janvier, la MINUSMA et les rebelles concluent un accord pour l'établissement d'une zone temporaire de sécurité près d'Anéfis et d'Almoustarat[505]. Cet accord est dénoncé par au moins un millier d'habitants de Gao qui manifestent violemment contre la MINUSMA le 27, des casques bleus rwandais ouvrent le feu, tuent trois manifestants et en blessent quatre autres[506],[507],[508],[509],[510]. Le 28, la MINUSMA annonce retirer son projet de sécurisation à Tabankort[511]. Le même jour, les loyalistes attaquent une position rebelle près de Tabrichat, les combats font une dizaines de morts. Des kamikazes auraient notamment pris part à l'attaque aux côtés des loyalistes[512],[513],[514].

Le 25 janvier, trois soldats maliens sont tués lors d'un échange de tirs avec des hommes armés entre Tombouctou et Goundam[515]. Le 26, à Bamako, le général malien Mohamed Abderrahmane Ould Meydou échappe à une tentative d'assassinat commise par deux hommes d'Al-Mourabitoune, il est cependant blessé par les tirs[516],[517].

Le 19 février, le gouvernement malien et les rebelles de la coordination des Mouvements de l'Azawad valident un nouveau document de cessation des hostilités alors que les négociations pour un accord de paix se poursuivent à Alger[518]. Le 1er mars, un accord de médiation est proposé par l'Algérie, le document est paraphé par le gouvernement malien et les groupes loyalistes mais les représentants de la CMA hésitent et demandent un délais avant de parapher le texte en raisons de l'hostilité d'une large partie de la base des mouvements rebelles à un texte qui ne prévoit ni autonomie ni fédéralisme pour le nord du Mali[519],[520],[521],[522],[523],[524],[525],[526],[527],[528]. Finalement, le 10 avril, la CMA annonce qu'elle refuse de parapher l'accord en l'état[529],[530].

Poursuite des opérations françaises et attaques djihadistes[modifier | modifier le code]

Du 26 février au 26 mars, 770 soldats français ratissent à nouveau l'Adrar Tigharghar. Le 2 mars, ils ont un accrochage avec un groupe de huit à dix djihadistes. Quatre sont tués, les autres parviennent à s'enfuir. Des stocks d'obus et de munitions sont saisis et détruits[531],[532].

Article détaillé : Attentat de Bamako du 7 mars 2015.

Le 7 mars, à Bamako, un commando de deux hommes ouvre le feu dans bar-restaurant-boîte de nuit, tuant cinq personnes, dont trois Maliens, un Français et un Belge, et faisant huit blessés. L'attaque est revendiquée par Al-Mourabitoune[533],[534],[535]. Le même jour à Gao, deux jeunes Arabes suspectés d'être des poseurs de bombes sont surpris par des habitants et lynchés à mort par la foule qui brûle ensuite leurs corps[536]. Le 8 mars, des tirs de roquettes et d'obus de mortier à Kidal, tuent un casque bleu tchadien et deux enfants[537].

Le 17 mars, un hélicoptère Apache néerlandais s'écrase accidentellement au nord de Gao, les deux pilotes sont tués[538],[539]. Le 19, un véhicule malien saute sur une mine près de Diabaly, deux soldats sont tués et cinq blessés[540]. Le même jour, à la foire de Tichift, au nord de Tombouctou, des hommes d'AQMI tuent puis décapitent publiquement un Touareg accusé d'être informateur au service des Français[541],[542]. Le 28 mars, cinq rebelles de la CMA un nombre inconnu de djihadistes d'Al-Mourabitoune sont tués dans un combat à Inazol, au sud-ouest de Ménaka[543]. Le 30 mars, un employé du CICR est tué dans une attaque d'Al-Mourabitoune au nord de Gao[544],[545]. Le 1er avril, l'armée malienne affirme avoir tué trois « bandits armés » près de la frontière avec le Burkina Faso[546],[547],[548]. Le matin du 6 avril 2015, les forces spéciales françaises mènent une opération dans la région de Tessalit. Deux djihadistes sont tués, deux autres faits prisonniers et l'otage néerlandais Sjaak Rijke, enlevé par AQMI à Tombouctou en 2011, est délivré[549],[550],[551],[552]. Le 12 avril, deux soldats maliens sont tués par une mine à Diabaly[553]. Le 15, un attentat-suicide à Ansongo tue trois civils et fait 16 blessés, dont neuf casques bleus nigériens[554]. Le 17 et le 20, des djihadistes assassinent trois chauffeurs civils de la MINUSMA près de Gao[555],[556]. Le 21, des hommes d'AQMI attaquent un poste du MNLA à Talabit, à 40 kilomètres d'Aguel'hoc, les rebelles ont deux tués et trois blessés tandis que les djihadistes se replient sans avoir eu de pertes[557],[558].

Le , une des deux composantes d'Al-Mourabitoune, celle du MUJAO, annonce prêter allégeance à l'État islamique dans un communiqué signé de l'émir Adnane Abou Walid Al-Sahraoui[559],[560],[561]. Mais deux jours plus tard, Mokhtar Belmokhtar dément l'allégeance d'Al-Mourabitoune à l'EI et déclare que le communiqué d'Al-Sahraoui « n'émane pas du Conseil de la Choura »[562].

Quatre djihadistes sont tués par les Français la nuit du 18 au . Parmi eux deux chefs : Hamada Ag Hama, dit « Abdelkrim al-Targui », chef d'une katiba d'AQMI et Ibrahim Ag Inawalen, dit « Bana », un chef d'Ansar Dine[563],[564].

Prise de Ménaka par les loyalistes et représailles des rebelles[modifier | modifier le code]

Les heurts reprennent fin avril entre les rebelles de la CMA et les forces gouvernementales. Le 27 avril, le GATIA et le MAA loyaliste prennent le contrôle de la ville de Ménaka. Peu nombreuses, les forces du MNLA se replient presque sans combattre, laissant au moins cinq prisonniers[565],[566],[567],[568],[569],[570]. Le matin 29 avril, à Goundam, deux gardes nationaux maliens et un enfant sont tués dans une attaque commise par des hommes du MNLA et du HCUA. Dans l'après-midi, les rebelles touaregs assaillent ensuite Léré. Les Maliens reçoivent cependant des renforts et repoussent les assaillants après des combats ayant fait au moins une vingtaine de morts de part et d'autres[571],[572]. Le 30 avril, une cinquantaine de combattants de la CMA font un raid sur Bintagoungou, des pillages sont commis, une personne tuée et huit membres du GATIA sont capturés[573],[574],[570]. Le même jour à Gao, un minibus saute sur une mine, trois civils sont tués et 28 blessés[575]. Le 2 mai, les hommes de la CMA prennent Diré avant d'en être chassé par une contre attaque de l'armée malienne, les rebelles auraient laissé deux tués et cinq prisonniers[576],[577]. Le 5 mai, Ténenkou est attaquée a son tour, mais là encore les rebelles sont repoussés, laissant 10 morts selon l'armée malienne[578]. Cependant le 11 mai, neuf soldats maliens sont tués dans une embuscade rebelle près de Tin Telout, entre Goundam et Tombouctou[579]. Malgré ces combats, la Coordination des mouvements de l'Azawad paraphe l'accord d'Alger le 14 mai[580], mais refuse de signer le texte[581]. Le 15 mai à Bamako, l'accord de paix est signé par le gouvernement malien et les groupes loyalistes ainsi que plusieurs états et organisations au nom de la médiation internationale : l'Algérie, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Tchad, l'Union africaine, l'ONU, la Cédéao, l'OCI, l'Union européenne et la France, mais sans la présence des représentants de la CMA[582],[583],[584].

Les violences se poursuivent également entre les loyalistes et la CMA. Le 18 mai, le MAA rebelle tue trois soldats maliens à Bambara Maoudé[585],[586],[587]. Le 21, la ville de Tin-Hama est attaquée par le MNLA, 3 à 16 civils sont tués. L'armée malienne et les rebelles s'accusent mutuellement d'être responsables de leur exécution[588],[589],[590],[591],[592]. Le 22, les rebelles s'emparent de Tessit, capturent 19 soldats maliens, puis se retirent du village le lendemain[593],[594],[595]. Le 23, les combattants de la CMA relâchent 10 prisonniers de Ganda Koy et les remettent à la MINUSMA à Ber[596],[595].

La nuit du 25 au 26 mai, pour la première fois à Bamako la MINUSMA est la cible d'une attaque meurtrière ; des hommes armés ouvrent le feu sur des casques bleus bangladais, l'un d'eux est tué, un autre blessé[597],[598]. Le 26, une importante manifestation a lieu à Bamako pour soutenir les accords de paix[599].

Bilan humain[modifier | modifier le code]

Pertes maliennes[modifier | modifier le code]

Le 26 février 2013, selon un premier bilan de la direction de l’information et des relations publiques de l’Armée malienne (DIRPA), 37 soldats maliens ont été tués et 138 blessés entre le 11 janvier et le 26 février 2013[600].

Dans un deuxième bilan publié le 27 mars 2013, la DIRPA déclare que 63 de ses soldats sont morts depuis le 11 janvier[601]. Le bilan de l'armée malienne étant aggravé par principalement par les décès de plusieurs blessés et par plusieurs accrochages[602]. Le 5 avril, le bilan de la DIRPA passe à 66 tués et près de 200 blessés[603].

Le 6 mai 2013, la DIRPA affirme que 208 soldats maliens ont été tués depuis le 12 janvier 2012, dont 75 depuis le 11 janvier 2013[27].

Cependant d'après l'Association malienne des droits de l’Homme (AMDH), le massacre d'Aguel'hoc a causé à lui seul la mort de 153 militaires maliens[124], soit un nombre plus important que celui donné par la DIRPA pour toutes les pertes de l'année 2012. Le bilan de l'AMDH est repris par Human Rights Watch[29].

Le 23 mars 2014, lors d'une cérémonie en mémoire des soldats tués lors de la guerre, le ministre malien de la défense et des anciens combattants, Soumeylou Boubèye Maïga, déclare que la reconquête du nord du Mali a fait 75 morts et 300 blessés dans les rangs de l'armée malienne[604]. Le 25 mai, il déclare qu'environ 50 soldats sont morts lors de la bataille du 21 mai à Kidal[605],[606]. Selon les communiqués du gouvernement malien, 30 soldats sont tués dans les combats contre les rebelles de la CMA entre le 27 avril et le 22 mai 2015[607].

Pertes françaises[modifier | modifier le code]

Le 20 et le 21 mars 2013, un bilan est effectué à la suite de la visite au Mali du général d'armée Bertrand Ract-Madoux, chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT). La brigade Serval compte 4 morts et 199 blessés, dont 62 au combat, 111 par accident ou en dehors des actions de combat et 26 victimes de troubles d'ordre psychologique. Les forces spéciales, engagées dans le dispositif Sabre, déplorent 1 mort et un nombre non communiqué de blessés[32].

Début juillet 2013, le général Barrera déclare que les pertes françaises sont de 6 morts, dont 4 pour la brigade Serval, et environ 300 blessés, dont la moitié ont été évacués. La majorité des blessures sont accidentelles, principalement des entorses, environ 50 hommes sont blessés au combat[31].

Le nombre des soldats français tués au Mali s'élève à 10, le dernier décès a lieu la nuit du 29 au 30 octobre 2014, lors du combat de l'Ametettaï[608].

Pertes tchadiennes[modifier | modifier le code]

À la mi-avril 2013, les pertes de l'armée tchadiennes sont de 36 morts[609]. Le 13 mai, les pertes de l'armée tchadienne sont officiellement de 38 tués et 84 blessés selon le gouvernement tchadien[610]. En octobre 2014, elles sont de 54 tués et 107 blessés[33].

Pertes des Nations Unies[modifier | modifier le code]

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali, intégrant les forces tchadiennes, à eu, au 10 janvier 2015, 43 soldats tués[611]. En 2014, elle a eu 28 morts et 75 blessés[612].

Pertes djihadistes[modifier | modifier le code]

Au 27 mars 2013, la DIRPA estime à environ 600 le nombre des rebelles salafistes tués en 2013[601]. En juin 2013, les Français estiment que les pertes djihadistes sont de 600 à 700 morts[36].

Fin avril 2013, le nombre des prisonniers djihadistes ou suspects est de 340 selon la gendarmerie malienne[613],[614]. Selon un reportage d'Envoyé spécial diffusé le 17 octobre 2013, 430 prisonniers ont été faits au cours des opérations[38].

De janvier à juin 2013, 47 islamistes ont été capturés par le MNLA et enfermés dans la prison de Kidal[39].

Selon des sources sécuritaires algériennes, 140 « terroristes » sont tués et 49 autres sont capturés au sud de l'Algérie, près des frontières maliennes, de janvier à septembre 2013[615].

Le 20 mars 2014, le ministre français Jean-Yves Le Drian déclare que 45 djihadistes ont été tués par les Français au Mali depuis décembre 2013[399],[400]. Par la suite, le 14 décembre, il affirme que 200 djihadistes ont été tués ou faits prisonniers en un an[40].

Réactions[modifier | modifier le code]

Réactions à l'intervention française[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Opération Serval#Réactions.

Dans l'ensemble, la majorité des États africains ainsi que les États occidentaux soutiennent l'intervention de la France[616]. En France, environ 55 % des Français déclarent soutenir l'intervention au Mali en janvier 2013[617]. Mais, ils ne sont plus que 45 % en mars[618].

Des critiques et doutes voient le jour dans l'opinion française, quand la presse s'interroge sur une attitude « néo-colonialiste » de la France[619]. Il s'agit de la 50e Opex (Opération extérieure de la France) en Afrique depuis 1958. Le terme de « guerre contre le terrorisme » est contesté[620]. De plus, un enlisement dans une guerre longue se profile comme ce fut le cas en Afghanistan[621]. La presse dénonce également le risque d'instrumentalisation de cette guerre à des fins partisanes[622].

Des critiques sont exprimées également au niveau associatif et international (Algérie)[623].

Reporters sans frontières dénonce, le 16 janvier 2013, l'impossibilité pour les journalistes de mener à bien leur travail sur le terrain : « En période de conflit, c’est aux journalistes et à leurs médias, et non aux militaires, de déterminer les risques qu’ils sont prêts à prendre dans la collecte de l’information »[624].

Situation des Droits de l'Homme[modifier | modifier le code]

Au nord du Mali[modifier | modifier le code]

L'organisation non gouvernementale Médecins du monde annonce le 6 février 2012 la suspension temporaire de « ses activités sanitaires et nutritionnelles dans le nord du Mali », alertant sur « la dégradation sécuritaire au Mali (qui) risque de priver les populations d'une aide indispensable »[625]. Le 5 avril, Amnesty International publie un communiqué que les régions du nord sont « au bord d'un désastre humanitaire majeur », précisant que « toute la nourriture et les médicaments stockés par les grandes agences humanitaires ont été pillés et la plupart des travailleurs humanitaires ont fui » avec comme conséquence des populations qui « font face à un risque imminent de graves pénuries alimentaire et médicale qui pourraient entraîner de nouvelles pertes humaines ». Amnesty International relate « dans les villes de Gao et de Ménaka, des femmes et des jeunes filles ont été enlevées de chez elles et auraient été violées »[626].

L’Agence France-Presse relate des témoignages d'habitants et d'organisations non gouvernementales faisant état d’enlèvements et de viols de femmes, de saccages et de pillages d’édifices publics et privés à Gao et Tombouctou[627].

Le 8 avril, Maliki Alhusseini Maiga, président du Collectif des ressortissants du Nord-Mali (Coren) dénonce lors d’une conférence de presse tenue à Bamako les exactions des rebelles dans le nord du pays : « Aujourd’hui, nous faisons face à un désastre humanitaire parce que notre pays est occupé par des terroristes et des extrémistes islamistes qui ont tué des centaines de nos frères à Gao, Kidal et Tombouctou (...) Ils ont violé nos sœurs, ont brûlé les bâtiments administratifs. Ils ont détruit nos villes et ils terrorisent la population ». Il demande la mis en place d’un corridor humanitaire afin de secourir les maliens bloqués dans la région[628].

Entre mars 2012 et mai 2013, le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés a recensé au moins 2 785 cas de violences sexuelles dans le nord du Mali (viols, mariages forcés et commerce sexuel)[629]. En novembre 2014, 80 victimes de violences sexuelles portent plainte[630].

Le 30 novembre 2013, Amnesty International publie un rapport de 47 pages sur les exactions commises de la guerre du Mali[631],[632].

Populations déplacées et réfugiées[modifier | modifier le code]

Le , l'OCHA estime qu'il y a eu « plus de 268 000 déplacés à la suite de la crise au nord du Mali, dont plus de 161 000 réfugiés au Niger, au Burkina Faso, en Mauritanie et en Algérie »[633].

Le , le Bureau des Nations unies pour la coordination des Affaires humanitaires (Ocha) publie un rapport faisant état au 10 août de 261 624 réfugiés maliens enregistrés dans les pays voisins et 174 000 déplacés à l’intérieur du territoire malien[634].

Le 15 janvier 2013, l'ONU estime à près de 150 000 le nombre de Maliens réfugiés dans les pays voisins, et à 230 000 le nombre de personnes déplacées dans le pays. On compte 54 100 réfugiés en Mauritanie, 50 000 au Niger, 38 800 au Burkina Faso, et 1 500 en Algérie[635].

Les prisonniers de guerre[modifier | modifier le code]

Le 24 janvier 2012 après la bataille d'Aguel'hoc, les prisonniers maliens sont massacrés par les assaillants. Si plusieurs groupes rebelles (le MNLA, Ansar Dine et AQMI), ont pris part au combat contre l'armée malienne, le gouvernement malien accuse principalement les combattants d'AQMI[636],[637].

Début mars 2012, trois soldats maliens capturés à Léré par le MNLA sont relâchés et remis au CICR[638].

Le 14 avril 2012, les islamistes d'Ansar Dine relâchent 169 prisonniers militaires maliens, ainsi que 14 civils appartenant à des familles de soldats[639],[640],[641],[642].

Dans une vidéo publiée le 11 juillet par Ansar Dine, le mouvement islamiste affirme avoir fait prisonnier 560 soldats maliens lors des batailles d'Aguel'hoc, de Tessalit et de Kidal. La vidéo fait notamment mention de 9 rescapés d'Aguel'hoc. Les prisonniers sont libérés après avoir « donné leur parole de ne plus jamais combattre la charia de l’islam »[643].

En avril 2012, un premier échange de prisonniers est effectué entre le gouvernement malien et le MNLA, le premier relâche deux femmes militantes du MNLA, les seconds libèrent de leur côté 29 soldats maliens[644].

Le 24 mai 2012, le gouvernement malien libère 8 prisonniers rebelles, dont des membres du MNLA et d'autres groupes armés, ils sont remis au CICR[645].

Après le combat de Kati, et la tentative manquée d'un contre-coup d'état par les Bérets rouges, au moins 80 personnes, majoritairement des parachutistes, sont arrêtées. Le 24 juin 2012, à la suite de pressions exercées par les familles des détenus et leurs avocats, par des organisations locales et internationales de défense des droits humains dont Amnesty International, et par le ministre malien de la Justice, 43 détenus sont transférés au camp 1 de la gendarmerie, où leurs conditions de détention s'améliorent. Cependant, en juillet 2012, selon Human Rights Watch, au moins 20 soldats prisonniers ont disparu et des dizaines d'autres ont été torturés par les « Bérêts verts ». Les prisonniers ont subi des passages à tabac, des viols et des brûlures[646]. Le 18 janvier, le juge d'instruction chargé du dossier ordonne la remise en liberté de 29 prisonniers, dont 26 « bérets rouges » parachutistes et trois civils, parmi lesquels Malamine Konaré, fils d'Alpha Oumar Konaré[647]

En août 2012, selon le MNLA, au moins 13 azawadiens sont emprisonnés par le gouvernement malien[648].

En août 2012, 79 soldats maliens sont détenus dans les environs de Tinzawatène par le MNLA comme prisonniers de guerre, l'un d'eux, malade, est relâché et remis au CICR[649],[650],[642]. Le MNLA a déclaré respecter la Conventions de Genève de 1949[651],[652],[653],[654].

De janvier à début avril, 200 personnes, jihadistes ou suspects, sont emprisonnés sur Bamako. Selon les données des organisations internationales de défense des droits de l'homme et des organismes humanitaires, une quarantaine sont cependant signalés comme introuvables. Sur les prisonniers recensés, âgés de 20 à 76 ans, 80 % sont des Songhaïs ou des Peuls, les autres sont des Touaregs, des Arabes et quelques étrangers, dont quatre Nigérians suspectés d'être de Boko Haram. Dans un accord signé le 8 mars, le gouvernement malien s'engage à éviter « tout acte de torture » ainsi que l'application de la peine de mort contre les jihadistes[655].

Lors de la bataille de Tigharghâr, les Français capturent au moins 13 jihadistes[656],[657],[658]. Considérés comme des terroristes par la France, ils ne bénéficient pas du statut de prisonnier de guerre régi par les Conventions de Genève[659]. Deux prisonniers, de nationalité française, sont extradés vers la France[660],[655]. Officiellement, la France remet 16 prisonniers au Mali, dont 6 mineurs. Ces derniers sont placés dans un centre de rééducation, et assistés par l'Unicef et le Comité international de la Croix-Rouge[655]. Certains prisonniers sont cependant torturés selon Human Rights Watch, deux touarerg meurent dans la nuit 6 au 7 avril, à la suite de blessures dues à leur mauvais traitement[661].

Selon la gendarmerie malienne, à la date du 24 avril 2013, 340 jihadistes ou suspects ont été faits prisonniers dans le nord du Mali et transférés à Bamako[613],[614].

Le 5 janvier 2012, 14 combattants du MNLA sont arrêtés par des soldats algériens près de Djanet. Venus de Libye, ils transportaient une cargaison d'armes dans quatre pick-up. Ils sont jugés à Ouargla et sont condamnés, le 19 mai 2013, à 20 ans de prison pour trafic d’armes[662].

En février le MNLA capture une trentaine de jihadistes dans l'Adrar des Ifoghas, ceux-ci sont détenus Kidal. Le 24 septembre, ils sont libérés par le MNLA et conduits à Mopti avec le concours des hommes de la MINUSMA où ils sont remis à des notables maliens. Les mineurs sont remis au Comité international de la Croix-Rouge qui les rendent à leurs familles à Gao[663].

Le 2 octobre, le gouvernement malien libère 23 hommes du MNLA capturés entre mars et août 2013[664].

Exactions lors du conflit[modifier | modifier le code]

Accusations contre les islamistes[modifier | modifier le code]

82 soldats maliens ont été égorgés ou tués d’une balle dans la tête le 24 janvier 2012 après la bataille d'Aguel'hoc par des combattants d'Al-Qaida au Maghreb islamique[637].

D'après, Human Rights Watch, 7 soldats maliens, dont 5 blessés, sont exécutés sommairement par des islamistes lors de la prise de la ville de Konna. Selon un rapport d'Amnesty International, cinq soldats maliens blessés et un civil ont été exécutés sommairement par les islamistes le 14 et le 15 janvier à Diabaly[665].

Le 11 mars 2013, quatre commerçants sont égorgés par des hommes armés entre Tonka et Bintagoungou. La presse malienne accuse les jihadistes[666],[667].

Le 2 novembre, deux journalistes français de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, sont enlevés à Kidal par des hommes armés et exécutés quelques heures plus tard à l'extérieur de la ville[668]. Trois des quatre ravisseurs sont identifiés par les services de renseignement français, il s'agit de djihadistes d'AQMI ayant servi dans la katiba d'Hamada Ag Hama, dit Abdelkrim Taleb, avant de rejoindre le forces du MIA puis du HCUA après la défaite des islamistes[669].

D'après Iknane Ag Attaher, un cadre du MNLA, trois membres de son mouvement sont assassinés par des djihadistes dans la région de Kidal vers fin octobre 2013 pour avoir informé les Français sur l'action des groupes islamistes[669].

Dans la nuit du 18 au 19 novembre dans le village d’Intakabar, à Djebok, un vieillard de 70 ans et une petite fille de 3 ans sont assassinés par des hommes armés. Une femme d'environ 70 ans et une petite fille d'une dizaine d'années sont également blessées. Les victimes font partie de la famille du général touareg loyaliste Alhaji Ag Gamou, ce dernier affirme que les meurtriers sont des Peuls du MUJAO[670].

Le 16 janvier 2014, Ghousmane Ag Amadade, un sous-officier du MNLA est assassiné par des hommes d'AQMI près d'Abeïbara[671],[672].

Le gouvernement malien et le MNLA accuse le MUJAO d'être l'auteur du massacre de Tamkoutat commis le , au cours duquel environ 30 marchands, majoritairement Touaregs, avaient été tués, dont une femme et un enfant[390]

En mai 2014, selon RFI, 11 personnes accusées de servir d'informateurs pour les militaires français ou les hommes du MNLA ont été assassinées en une année par les islamistes d'AQMI et du MUJAO[673].

Accusations contre le MNLA[modifier | modifier le code]

Les combattants indépendantistes du MNLA ont été accusés d'exactions à plusieurs reprises. Selon la presse malienne et des réfugiés, les combattants du MNLA, en partie constitués de mercenaires, ont commis des exactions contre les populations civiles, notamment des meurtres, viols, tortures, destructions de biens, et vols[674].

Selon Human Rights Watch, en mars et avril 2012, essentiellement à Gao, Tombouctou, Niafunké et près de Diré, les combattants du MNLA ont commis de nombreuses exactions contre les populations, notamment par des viols, enlèvements et pillages d'une ampleur supérieure à celles commises par les islamistes. Des civils auraient même bénéficié de la protection de combattants d'Ansar Dine. Selon des témoignages, au moins 17 femmes et adolescentes, sont enlevées et violées par des rebelles, presque tous issus du MNLA. Quatre patients de l'hôpital de Gao décèdent également à la suite du pillage du bâtiment. Des témoins ont également fait mention de la présence d'enfants soldats de 13 ans parmi les indépendantistes[176].

Le 23 février 2013, le MAA accuse le MNLA d'exactions contre les Arabes à In Khalil, notamment des saisies de véhicules, pillages de commerces et viols sur des femmes[675]. Selon la presse malienne, ces exactions ont lieu à In Khalil, au cours d'une manifestation du MNLA visant à réclamer l'autonomie. Des commerçants arabes ayant refusé de se joindre à la marche auraient alors été agressés par les rebelles, et leurs boutiques pillées. Des combattants du MNLA se seraient également porté à un campement où trois femmes auraient été victimes de viols collectifs[56]. En mars, dans un communiqué, une commission de notables arabes déclare que : « Des Idnanes agissant au nom du Mouvement National de libération de l’Azawad (MNLA) se sont rendus responsables à El khalil d’extorsions de fonds, braquages, tortures, assassinats, viols, enlèvements et livraison d’Arabes aux forces françaises sous des prétextes fallacieux »[676]. Ces exactions brisent l'alliance entre le MNLA et le MAA et provoque en partie la bataille d'In Khalil.

Début 2013, un officier français à Kidal affirme que « la fiabilité du MNLA est très moyenne, et c'est exact qu'il y a parmi eux de vrais bandits »[677].

Le 20 mars, le village de Bougoumi, dans la commune de Ténenkou, est attaqué par des hommes armés. 20 personnes sont tuées, des viols et des vols sont commis. Le ministre malien de la Défense, le général Yamoussa Camara, accuse les rebelles du MNLA. Ces derniers démentent et affirment ne pas avoir de troupes dans cette partie du Mali[678],[679]. En février 2014, Timoré Tioulenta, ancien député de Ténenkou, parle de son côté d'un massacre ou une vingtaine de passagers auraient été ligotés, les yeux bandés, égorgés ou fusillés et drainés dans les profondeurs d’un puits le 18 mars 2013 à Doungoura[377],[680].

Les 24 et 25 avril, des exactions sont commises à Anéfif par des hommes du MNLA contre des civils arabes, selon différents témoignages, il y aurait eu 4 à 7 victimes, dont un enfant[681],[682],[683].

Le 2 juin 2013, le MNLA effectue environ 100 à 180 arrestations parmi les populations noires, la plupart des peronnes arrêtées sont relâchées, mais environ 10 ou 20 prisonniers, accusés d'être des espions et des militaires maliens infiltrés sont maintenus en prison. Le gouvernement malien réagit et accuse le MNLA d'avoir commis des pillages contre les populations noires ; Songhaï, Peuls et Bellas. Selon des témoins, plusieurs habitants noirs sont contraints de prêter allégeance au MNLA sous peine d'être chassés de Kidal et évacués vers Gao. Le lendemain, le MNLA déclare que les personne interpellées qui ne sont pas originaires de l'Azawad vont être expulsées et reconduites jusqu'à Douentza. Selon Human Rights Watch, de nombreux prisonniers ont été frappés et roués de coups par les hommes du MNLA[307],[308],[684].

Accusations contre l'armée malienne[modifier | modifier le code]

En février 2012, près d'Anéfif, une tribu marabout des Kal-Assouk est bombardée par des hélicoptères pilotés par des mercenaires ukrainiens au service de l'armée malienne[685]. Selon le MNLA, entre une et quatre personnes ont été tuées par ce bombardement et 13 blessées, majoritairement des vieillards, des femmes et des enfants[686]. D'après Médecins sans frontières qui a pris en charge les blessés avec une équipe du ministère de la Santé malien, une petite fille a été mortellement blessée dans le bombardement et 10 personnes sont blessées, dont 9 femmes et enfants et 3 grièvement[687].

Selon Human Rights Watch, le 2 avril 2012, à Sévaré, quatre touaregs, dont deux gendarmes, un gendarme cadet et ancien soldat, sont exécutés par des militaires maliens[176].

Après le combat de Kati, 21 prisonniers bérets rouges sont assassinés par les bérets verts. Le 4 décembre 2013, leurs corps sont retrouvés dans un charnier à Diago, à 5 kilomètres de Kati[688].

Le 9 septembre 2012, le MNLA accuse l'armée malienne d'avoir exécuté 16 civils de l'Azawad le 8 septembre à Diabaly[689]. Toujours d'après le MNLA, 9 autres civils sont exécutés par des soldats maliens près de Sokolo le 22 octobre[690] et 52 autres sont exécutés le 25 octobre à Tolletene près de Djoura, dans la Région de Mopti[691].

En janvier 2013, le MUJAO accuse l'armée malienne d'avoir massacré 40 Peuls soupçonnés de liens avec les Islamistes[692].

Selon des habitants, après la bataille de Konna, plusieurs prisonniers islamistes ou des suspects sont exécutés sommairement par des soldats maliens dans des camps militaires à Sévaré, parmi lesquels des blessés pris à Konna, des témoins évoquent notamment un charnier de 25 à 30 corps ou des cadavres jetés dans des puits[693].

Selon la FIDH, les forces de sécurité maliennes auraient arrêté et sommairement exécuté des citoyens maliens accusés d'« intelligence » avec les islamistes. La FIDH parle d'une dizaine de cas présumés à Sévaré. Selon un habitant de Mopti, d'autres arrestations et exécutions auraient eu lieu dans cette ville. Le FDIH met en garde contre les tensions ethniques et les sentiments de vengeance nés du conflit[694]. D'après un rapport d'Human Rights Watch, au moins 13 personnes ont été exécutés sommairement par des soldats maliens et 5 autres ont disparu entre le 9 et le 18 janvier à Sévaré, Konna et les villages environnants[665].

Selon l'agence d'informations en ligne mauritanienne ANI qui cite des témoins oculaires, les corps de plusieurs personnes, dont trois commerçants arabes arrêtés par l'armée malienne, sont découverts dans le désert près de Tombouctou 8 février, information non confirmé selon Jeune Afrique[695].

Des médecins et militaires maliens, des soldats français rapportent que les soldats maliens, mal contrôlés par leurs officiers, ont régulièrement recours à la torture et au meurtre contre les suspects. Un soldat français en poste à Gao ou Tombouctou déclare notamment que les soldats maliens « traitent leurs prisonniers comme des chiens »[696].

L'Association des Réfugiés et Victimes des Répressions de l’Azawad (ARVRA), proche indépendantistes touareg, accuse l'armée malienne d'avoir exécutée ou enlevée 200 personnes entre le 11 janvier et le 15 février 2013. Elle cite comme exemple l'exécution d'une vingtaine de personnes dans région de Tombouctou, 12 touaregs tués à Léré, 3 personnes à Echel, près de Tonka, 9 personnes dont 6 d’une même famille à Tintaboraghen[697].

Le 14 février, au moins 5 personnes, dont quatre Arabes et un Songhaï, sont enlevées à Tombouctou et portées disparues depuis. Human Rights Watch déclare : « Notre recherche suggère que les hommes ont été arrêtés par des soldats. Et il semblerait qu'ils aient été tués quelques jours plus tard alors qu'ils se trouvaient sous leur contrôle. » Par la suite six soldats maliens sont arrêtés à Tombouctou et rappelés à Bamako où une enquête est ouverte[698].

Le 25 février 2013, le capitaine Modibo Naman Traoré, de la direction de l'information publique des armées maliennes, fait savoir que plusieurs soldats maliens accusés d'exactions ont été arrêtés et conduits à Bamako pour être « mis à la disposition des autorités judiciaires »[699].

Le 23 avril 2013, le MNLA accuse l'armée malienne de massacres et déclare que « depuis le déclenchement de cette opération, plus de 380 azawadiens ont été assassinées par l'armée malienne au vu et au su de l'armée française »[700].

Selon un communiqué du MNLA, daté du 30 mai, l'armée malienne exécute un touareg à Douentza le 25 mai et deux autres à Gossi le lendemain[701].

L'Association malienne des droits de l’homme (AMDH) affirme que des militaires maliens ont commis des exactions à Gao : « Selon nos enquêtes, nous pouvons établir que, de janvier à mai, les militaires ont tué au moins une dizaine de civils, torturé une vingtaine de personnes, violé au moins une femme. Et on leur attribue au moins deux disparitions. Nous avons les preuves, les images, les films. » Ce bilan est appuyé par Human Rights Watch qui déclare que « ce bilan est conforme à nos enquêtes ». Selon un témoin : « À Gao sévissait il y a quelque temps un capitaine qui se baladait avec un collier de doigts humains. Il a été rapatrié, mais pas puni pour autant ». Les wahhabites et les membres de la secte Adawa accusés de soutenir le MUJAO sont le principales cibles de ces exactions[702].

Dans un rapport publié le , Amnesty International estime que plusieurs dizaines de personnes ont été tuées, torturées ou victimes de « disparitions » depuis le début de l'Opération Serval. Selon l'organisation, il y a eu plus de 20 cas d'exécution extrajudiciaire ou de disparition forcée commises par l'armée malienne. De plus, plusieurs des 80 à 200 personnes emprisonnées à Bamako ont été torturés, au moins cinq prisonniers sont morts en avril, à la suite de mauvais traitements[703]. Le même jour, Human Rights Watch publie également un rapport dans lequel l'association affirme qu'au moins 24 peronnes, rebelles présumés ou simples villageois, ont été torturés ou roués de coups par des militaires maliens dans la région de Mopti[684]. Selon les ONG des droits de l'homme, 24 civils ont été assassinés au Mali lors de l'année 2013 et 11 autres sont portés disparus[704]. Dans un communiqué publié le , Human Rights Watch estime qu'en 2013, dans le nord du Mali, les militaires maliens ont commis « 26 exécutions extrajudiciaires, 11 disparitions forcées et plus de 70 instances de torture ou de mauvais traitements de personnes soupçonnées d’être des rebelles islamistes ». L'organisme ajoute que « pratiquement aucun de ces dossiers n'a toutefois fait l’objet d’une enquête, et aucune des personnes présumées responsables des crimes n’a été traduite en justice »[705].

Accusations contre l'armée française[modifier | modifier le code]

Selon le journal britannique The Independent, 12 civils maliens, dont trois enfants, ont été tués par des bombardements français lors de la bataille de Konna[706]. Selon Amnesty International au moins 5 civils dont 3 enfants ont été tués dans les bombardements du 11 janvier à Konna[707]. Cependant selon Jean-Christophe Notin, ces cinq civils n'ont pas été tués par les frappes aériennes françaises mais ont en réalité été victimes de tirs d'hélicoptères Mi-24 de l'armée malienne[708].

En mars 2013, lors de la bataille de l'Adrar de Tigharghâr, Ansar Dine accuse les armées françaises et maliennes d'avoir utilisé des bombes d'uranium appauvri et d'avoir empoisonné les puits dans des zones proches de l'Adrar des Ifoghas[709].

Les otages pendant le conflit malien[modifier | modifier le code]

Au début de la guerre du Mali, sept civils français sont retenus comme otages par les islamistes, dont six détenus par AQMI et un autre par le MUJAO. Le , sept employés d'un site d'extraction d'uranium d'Areva sont capturés à Arlit au Niger. Une Française, malade, et les deux otages malgache et togolais sont relâchés le . Le , deux autres français sont capturés à Hombori. Le , un septième français est enlevé près de Kayes[710].

Le 19 mars 2013, dans un communiqué, AQMI déclare avoir exécuté un otage français, Philippe Verdon, dix jours plus tôt, par décapitation[711],[712],[710]. Cependant selon le général Puga, chef d'état-major particulier du président de la République, des écoutes téléphoniques laissent à penser que Philippe Verdon serait mort de maladie[713]. Au début du mois de juillet, le corps de Philippe Verdon est retrouvé par les Français dans le nord du Mali, selon les conclusions de l'autopsie effectuée à Paris, l'otage a été exécuté d'une balle à la tête[714]. Un sous-officier du MNLA affirme avoir découvert le corps de Philippe Verdon dans la vallée de Tahort, près de l'Adrar de Tigharghâr, à 40 kilomètres au sud de Tessalit lors d'une patrouille effectuée à la demande des forces spéciales françaises, par 14 hommes sur deux pick-up. L'otage français aurait été tué par des jihadistes en repli lors de la bataille de Tigharghâr[715]. L'Agence de presse mauritanienne Sahara Media estime que selon des informations d'individus proches d'AQMI, Philippe Verdon aurait été tué près de Tigharghâr lors d'une tentative d'évasion[716].

Le , quatre européens sont attaqués à Tombouctou par des hommes d'AQMI. Un Allemand, qui tente de résister, est tué, et un Suédois, un Néerlandais et un homme de nationalité britannique et sud-africaine sont faits prisonniers[710].

Le 5 avril 2012, sept diplomates algériens sont capturés à Gao par le MUJAO. À la suite de négociations secrètes, trois d'entre-eux sont libérés en juillet. Cependant, à la suite de l'arrestation de trois membres d'AQMI par les forces spéciales algériennes, et au refus du gouvernement algérien de les libérer, le MUJAO déclare le 1er septembre que l'un des otages, Taher Touati, a été exécuté[717],[718]. Par la suite, un autre captif, le consul Boualem Saïes, meurt en détention des suites d'une maladie. Les deux derniers otages sont finalement relâchés près de Bordj Badji Mokhtar le [719].

Le , une otage italienne, enlevée par AQMI le en Algérie, est libérée à Tessalit et conduite par avion au Burkina Faso[720].

Le , une Suissesse est enlevée à Tombouctou par des hommes armés ayant l'intention de la revendre à AQMI. Le lendemain, poursuivis par des combattants d'Ansar Dine, ils abandonnent l'otage après des échanges de coups de feu. Le 24 avril, à Tombouctou, la Suissesse est libérée par Ansar Dine et remise à un général burkinabé et deux diplomates suisses venus par hélicoptère du Burkina Faso[721],[722].

Le , trois otages européens sont relâchés près de Gao par le MUJAO. Ces trois otages, un homme, une femme espagnols et une femme Italienne avaient été capturés dans un centre de réfugiés près de Tindouf, en Algérie, le . Ils sont relâchés en échange de la libération de trois jihadistes, ainsi que du versement d'une rançon de 15 millions d'euros d'après le MUJAO[723],[724].

Le 29 octobre 2013, les quatre derniers otages d'Arlit ; Pierre Legrand, Daniel Larribe, Thierry Dol et Marc Féret, sont libérés. 20 à 25 millions d'euros auraient été dépensés pour payer la rançon et les intermédiaires[725],[726],[727].

Le 14 janvier 2014, Abounehiya Ag Attayoub, responsable du MNLA à Tessalit, est enlevé chez lui probablement par des djihadistes[728],[729].

Le 8 février 2014, un véhicule du Comité international de la Croix-Rouge transportant cinq employés maliens (dont quatre du CICR et un vétérinaire d'une autre organisation humanitaire) disparaît au sud d'Anéfif, sur la route de Kidal à Gao[730]. Le 11, leur enlèvement est revendiqué par Yoro Abdoulsalam, un chef du MUJAO[731]. Ils sont délivrés par les forces spéciales française le lors d'un combat près de Tombouctou[402].

Le 22 avril 2014, Yoro Abdoul Salam, un commandant du MUJAO, annonce à l'AFP la mort de l'otage français Gilberto Rodrigues Leal, 62 ans. Aucune information n'est cependant donnée sur les circonstances et la date de sa mort[732].

Le dernier otage français, Serge Lazarevic, est relâché par AQMI le 9 décembre 2014. Quatre hommes d'AQMI sont libérés en contrepartie[733],[734],[735],[736],[737],[738],[739].

Le matin du 6 avril 2015, lors d'une opération dans la région de Tessalit, très au nord du Mali, les forces spéciales françaises délivrent l'otage néerlandais Sjaak Rijke[549],[550].

Alors que Sjaak Rijke apparaissait une fois par an dans des vidéos d'AQMI, les deux derniers otages - le sud-africain Stephen Malcolm et le suédois Johan Gustafsson, tous deux enlevés en même temps que lui - ne sont plus apparus depuis 2012.

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b LS/cat/APA, « La Côte d'ivoire participera à la guerre au Mali avec un bataillon logistique (Désiré Kadré Ouédraogo) », @bidj@n.net,‎ (consulté le 22 janvier 2013)
  2. a, b, c, d et e Baba Ahmed, Mali : quelle armée pour la reconquête du Nord ?, Jeune Afrique, 16 avril 2012
  3. a, b, c, d, e, f, g et h Jeune Afrique : Armée malienne : le difficile inventaire
  4. RP Defense : Opération Serval : retour sur un an d’opération
  5. France 24 : Reportage : les troupes tchadiennes de retour à Kidal, bastion des Touareg
  6. http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/en-direct-mali-nouveau-conseil-de-defense-a-l-elysee_1211046.html
  7. a et b « Niger says sending 500 soldiers to Mali operation », Reuters, 12 janvier 2013.
  8. a, b, c, d et e « Mali: la France "en guerre contre le terrorisme", bombarde le nord », M6 & MSN Actualités, 13 janvier 2013.
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  232. Francetvinfo : VIDEO. Les premières images de Diabali, la ville sur la ligne de front
  233. Le point : Mali : les soldats français sont entrés dans Diabali
  234. Le Nouvel Observateur : Mali: soldats français et maliens entrent à Diabali et Douentza
  235. Ministère de la Défense : Opération Serval : point de situation du 20 janvier 2013
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  238. Mali. L'armée française a repris une ville sur la route de Gao
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  243. Le Monde : François Hollande, héros de Tombouctou "libérée"
  244. Le point : Des soldats français et maliens contrôlent les accès de Tombouctou
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  247. Le Figaro : Mali : les Touaregs laïques disent avoir repris Kidal
  248. Siwel : Mali/Azawad : plusieurs villes reprises par les Touaregs laïques du MNLA (porte-parole)
  249. MNLAMOV : Communiqué de presse /Récupérations des villes
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  251. Mali : les soldats français sont à Kidal
  252. Mali: l'armée tchadienne prend position à Kidal
  253. Mali: le MNLA entre à Ménaka après le départ des soldats nigériens (sources concordantes)
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  267. Le Figaro : Mali : le récit d'une bataille entre Français et djihadistes
  268. ROP : MALI : LE MNLA ET LE MIA AFFIRMENT CONTRÔLER KIDAL
  269. Huffingtonpost : Mali: rebelles touareg et islamistes dissidents affirment contrôler Kidal
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  271. Libération : Darfour, juste un mot, ils tuent et ils violent, par Richard Rossin.
  272. Jeune Afrique : Mali : comment les Tchadiens se sont fait piéger
  273. Le Monde : Un chef d'AQMI a été tué par l'armée française au Mali
  274. RTL : Le dirigeant d'Aqmi Abou Zeïd tué dans le nord du Mali selon la télévision algérienne
  275. Paris Match : ABOU ZEID, L'ÉMIR D'AQMI SERAIT MORT
  276. Saharanews : Mali: un combattant du Polisario fait prisonnier parmi six jihadistes
  277. Ouest-France, Philippe Chapleau : Au combat dans la vallée d’Amettetaï: retour sur le triple mouvement offensif
  278. Ouest-France, Philippe Chapleau : Thierry Burkhard, dans "Stratégies", sur Serval, la communication militaire et les médias
  279. Mali Actualités : Les jihadistes encerclés dans l’Adrar des Ifoghas : Il faut plus d’hommes pour les déloger !
  280. Ouest-France : Philippe Chapleau, Lignes de Défense : Les pertes de la brigade Serval: 4 tués et 199 blessés au 20 mars
  281. RFI : Mali: dans le massif de Tigharghar, les militaires français ratissent les caches d'Aqmi
  282. 20 Minutes : Mali: L'offensive des Ifoghas finie dans trois semaines, dit Le Drian
  283. Le Point : Un attentat suicide fait au moins cinq morts au Mali
  284. RFI : Mali: ce que l'on sait des affrontements entre Touaregs et groupes armés à Il Khalil
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  286. Slate Afrique : Au Mali, les soldats français ratissent la vallée du Mujao
  287. Libération : Dans le Nord du Mali, le Mujao a fui l’armada française
  288. VOA : Mali : 5 militaires maliens dont un colonel tués dans un accident d’hélicoptère
  289. Carte Libye, Awbari
  290. Carte Libye, Awbari Google Map
  291. Ouest-France : Les islamistes battus au Mali se refont une santé en Libye
  292. Le Figaro : Aqmi appelle à la guerre sainte contre la France
  293. Mali Actualités : Mali: une cellule d’un groupe jihadiste démantelée à Bamako (source policière)
  294. Ouest-France - Lignes de défense, Philippe Chapleau : In memoriam: caporal-chef Stéphane Duval, du 1er RPIMa
  295. Jeune Afrique : Mali : Bamako et le MNLA se préparent à négocier
  296. Le Point : Mali : Traoré convaincu que le MNLA est "prêt" au dialogue
  297. Journal du Mali : Absence des militaires maliens à Kidal : les Maliens entre confusion et exaspération
  298. France 24 : À Gao, la joie de la libération a laissé place à la déception
  299. RFI : A la Une : le dialogue avec le MNLA
  300. RFI : Mali: le Haut Conseil de l’Azawad met en place ses instances
  301. RFI : Azawad: le chef coutumier de l'Adrar des Ifoghas quitte le MNLA et rejoint le HCA
  302. MNLAMOV : Communiqué du MNLA relatif aux combats d'Anefis et au HCUA
  303. RFI : Au Mali, les négociations entre l’État et les indépendantistes touaregs sont dans l’impasse
  304. ROP : MALI : LE MOUVEMENT ARABE DE L’AZAWAD PRENDRA PART AUX NÉGOCIATIONS SUR LA SITUATION À KIDAL
  305. Le Figaro : Mali: le MNLA dit oui à une présidentielle
  306. RFI : Mali: Dioncounda Traoré affirme que l'armée doit être à Kidal avant le premier tour de l'élection
  307. a et b rfi : Mali: la situation s'envenime à Kidal
  308. a et b rfi : Mali: la tension est un peu retombée à Kidal
  309. MNLAMOV : Expulsion des infiltrés maliens et relations de l'armée malienne avec les réseaux terroristes
  310. Le Figaro : Mali : des soldats en route vers Kidal
  311. rfi : Mali: après les affrontements d'Anéfis, le MNLA et l'armée attendent les pourparlers de Ouagadougou
  312. Arielle Thedrel, « Mali : accord entre Bamako et les rebelles touaregs », sur Le Figaro.fr,‎
  313. a et b rfi : Mali: à Kidal, le cantonnement des groupes armés touaregs entre en vigueur ce vendredi
  314. rfi : Le retour de l'armée malienne diversement apprécié à Kidal
  315. Mali Actualités : Kidal : le MNLA blesse 3 militaires de la MINUSMA et caillasse trois véhicules de l’armée malienne dont une ambulance
  316. rfi : Mali: un mort après un fort regain de tension à Kidal
  317. Le Monde : Mali : cinq personnes enlevées dans la région de Kidal
  318. rfi : Mali: le point sur la libération des six otages enlevés samedi à Tessalit
  319. « La biographie du brigadier chef Martin-Vallet mort en mission au Mali » Ouest-France, Ligne de Défense, Philippe Chapleau, 31 juillet 2013
  320. « Mali : Ibrahim Boubacar Keïta élu avec 77,61 % des voix », Le Point, 15 août 2013
  321. Jeune Afrique : Au Nord-Mali, les groupes armés touaregs et arabes font un pas vers l'unité
  322. Jeune Afrique : Terrorisme : le groupe de Mokhtar Belmokhtar et le Mujao annoncent leur fusion
  323. rfi : Mali: un grand jour pour le président Ibrahim Boubacar Keïta
  324. Le Monde : Affrontements mortels entre communautés arabe et touareg à la frontière algéro-malienne
  325. Alakhbar : Mali: des mouvements de l'Azawad dénoncent les affrontements entre Azawadis en Algérie
  326. Jeune Afrique : Insécurité : le nord du Mali face aux coupeurs de routes
  327. rfi : Mali: accrochages entre l’armée malienne et des touaregs
  328. Le Nouvel Observateur : MALI. Au Nord du pays, on reparle déjà de guerre
  329. L'Indépendant : 11 combattants du MNLA arrêtés à Tombouctou
  330. « Mali : un véhicule avec près d'une tonne d'explosifs détruit » RTL 12 septembre 2013
  331. rfi : Au Mali, près de 160 soldats tchadiens désertent leur position à Tessalit
  332. rfi : Mali: Idriss Déby rejette la faute sur l'ONU après la défection de 160 soldats tchadiens
  333. rfi : Mali: une enquête ouverte pour viol à l'encontre de soldats tchadiens de la Minusma
  334. rfi : Mali: accord inédit entre les groupes armés du Nord
  335. Le Monde : Négociations suspendues au Mali entre Bamako et les rebelles
  336. Jeune Afrique : Mali : les négociations avec les rebelles achoppent sur l'autonomie du Nord
  337. Xinhua : Mali - Tout est négociable sauf l'autonomie des régions du nord (Boubacar Kéita)
  338. BFM TV : Mali: deux militaires maliens blessés à Kidal dans un attentat à la grenade
  339. rfi : Mali : attentat-suicide meurtrier contre un camp de l’armée à Tombouctou
  340. Le Parisien : Mali : deux civils tués et six soldats blessés dans un attentat suicide
  341. France 24 : Mali: Aqmi revendique l'attaque suicide de Tombouctou
  342. rfi : Mali : Aqmi revendique l'attentat suicide à Tombouctou (média mauritanien)
  343. rfi : Mali: situation tendue à Kidal après des échanges de tirs entre l'armée et le MNLA
  344. rfi : Mali: de nouveaux tirs à Kidal ce lundi matin entre le MNLA et l’armée malienne
  345. rfi : Mali: nouvelles tensions à Kidal entre le MNLA et l'armée malienne
  346. Koaci : Mali : Un membre du MNLA tué au nord et 23 autres libérés à Bamako
  347. rfi : Mali: reprise du dialogue entre les groupes armés du Nord et le pouvoir
  348. Le Figaro : Au Mali, l'accès de fièvre des Touaregs et des militaires
  349. Francetvinfo : Non, le Mali n'est pas sorti de la tourmente
  350. Mali Actualités : Kati : Mutinerie des éléments du capitaine Amadou Konaré
  351. rfi : Mali: détente à Kati mais toujours pas de solution pour les soldats mécontents
  352. rfi : Mali: les mutins de Kati neutralisés par l’armée
  353. rfi : Mali: après les évènements de Kati, l’inquiétude des proches des disparus
  354. RFI : Mali: après les évènements de Kati, l’inquiétude des proches des disparus
  355. RFI : Mutinerie contre Sanogo: le corps du colonel Youssouf Traoré identifié
  356. RFI : Mali: trois ans après, que sont devenus les acteurs du coup d'Etat?
  357. Jeune Afrique : Mali : Amadou Haya Sanogo, du coup d'État à la prison
  358. Libération : Mali: une dizaine de combattants islamistes tués début octobre
  359. Malijet : GAO : 2 militaires blessés dans l’attaque du Mujao
  360. rfi : Mali: des tirs d'armes lourdes visent la ville de Gao
  361. rfi : Mali : la ville de Gao visée par des tirs à l'arme lourde
  362. rfi : Mali: enquête à Gao pour déterminer la provenance des tirs d’armes lourdes
  363. TV5 Monde : Mali: les soldats maliens et français sur le pied de guerre à Gao
  364. France 24 : Mali : les islamistes du Mujao dynamitent un pont au sud de Gao
  365. Libération : Mali: le Mujao revendique le dynamitage d’un pont à Gao
  366. [4] AFP : Mali: nouvelle attaque jihadiste meurtrière, les soldats tchadiens visés
  367. L'Express : Mali : l'armée déclenche une vaste opération contre les réseaux djhadistes
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  372. rfi : Paix fragile au Mali: accrochage entre soldats maliens et combattants du MNLA
  373. Mali Actualités : INCIDENTS DE KIDAL : Le communiqué du Gouvernement
  374. Jeune Afrique : Rébellion touarègue : le MNLA veut reprendre la guerre
  375. RFI : Mali: remous et tensions après la fusillade de Kidal
  376. RFI : Mali: un leader peul plaide l’apaisement après les affrontements
  377. a et b L'Indicateur du Renouveau : Nord-Mali : La communauté peule indignée par les rébellions touarègues
  378. aBamako : Peulh au Nord du Mali : De la frustration au Mujao ?
  379. TF1 : Mali : attentat-suicide raté près de soldats français
  380. L'Express : Mali: attentat-suicide près d'une position française
  381. RFI : Mali : attentat-suicide près d'une position française au Nord
  382. RFI : Mali: attentat meurtrier à Kidal contre des forces de la Minusma
  383. Le Parisien : Mali : l'attentat contre les soldats de l'ONU revendiqué par un jihadiste du MUJAO
  384. RFI : Mali: vaste opération de l'armée française dans la région de Tombouctou
  385. Libération : Au Mali, les militaires français toujours sous la menace jihadiste
  386. AFP : Mali: 11 jihadistes tués dans une opération de «contre-terrorisme»
  387. RFI : Mali: l’Algérie propose sa médiation dans les négociations avec les groupes armés
  388. RFI : Mali: une fraction du HCUA dénonce l’accord conclu entre plusieurs mouvements armés du Nord
  389. Le Républicain : Médiation à Alger de la crise du nord malien / Le désaccord des groupes armés
  390. a et b Mali Actualités : http://maliactu.net/des-civils-tues-au-nord-mali-polemique-sur-lidentite-des-victimes-et-des-assaillants/
  391. Kabyles.Net : Combats et bilan des affrontements contre les terroristes du MUJAO
  392. RFI : Au Mali, les mineurs de Taoudeni chassés par des hommes armés
  393. Sahelien : Taoudéni sous le contrôle des indépendantistes du MAA
  394. a et b Le Monde : Un an après « Serval », les djihadistes sont de retour au Mali
  395. RFI : Les jihadistes toujours présents dans le nord du Mali
  396. Le Parisien : Mali : une dizaine de combattants d'Aqmi tués par les forces françaises
  397. RFI : Mali: mort d'un important jihadiste
  398. RFI : Mali: l’islamiste Abou Dardar aux mains des forces maliennes
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  401. RFI : Au Mali, la libération de cinq humanitaires locaux
  402. a et b AFP : Paris annonce la libération de cinq humanitaires maliens capturés le 8 février au Mali
  403. RFI : Mali: une trentaine de jihadistes tués par l’armée française en avril
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  405. RFI : Mali: qui sont les nouveaux chefs des katibas jihadistes?
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  407. RFI : Mali: des combats auraient opposé le MNLA au Mujao dans le Nord
  408. MNLAMOV : le MNLA affronte durant deux jours les hordes terroristes du mujao
  409. AFP : Un sous-officier français tué en opération au Nord du Mali dans la nuit
  410. Mali Actualités : Un légionnaire français de 25 ans tué en opération au Nord du Mali
  411. RFI : Combats à Kidal: une trentaine de fonctionnaires portés disparus
  412. a et b RFI : Les autorités maliennes déclarent être «en guerre»
  413. MNLAMOV : Communiqué conjoint des mouvements de l’Azawad
  414. AFP : Au Mali, Kidal et Ménaka sous contrôle des rebelles
  415. RFI : Chassé de Kidal, le gouvernement malien décrète un cessez-le-feu
  416. Jeune Afrique : Bilal Ag Acherif : "C'est l'armée malienne qui a attaqué le MNLA"
  417. RFI : Mali: trois groupes armés à Kidal acceptent un accord de cessez-le-feu
  418. AFP : Mali: les groupes armés à Kidal acceptent un cessez-le-feu avec Bamako
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  423. Maliweb : Querelle de leadership entre groupes armés dans la région de Gao : Les affrontements entre deux factions du MAA à Tabancort font 7 morts et 15 blessés
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  425. L'Indicateur du Renouveau : Tabankort : Affrontements entre factions rivales du MAA
  426. Mali Actu : Nord – Mali : quand le MNLA confond le MAA avec le MUJAO - See more at: http://maliactu.net/nord-mali-quand-le-mnla-confond-le-maa-avec-le-mujao/#sthash.NCYA1vbJ.dpuf
  427. RFI : Retour des violences et des jihadistes au nord du Mali
  428. RFI : Alger: pendant les négociations, les combats continuent au Mali
  429. RFI : Le dialogue inter-malien d'Alger s'ouvre dans un climat de méfiance
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  431. RFI : Négociations compliquées pour un accord de paix malien à Alger
  432. RFI : L’Algérie médiateur du dialogue inter-malien ?
  433. AFP : Un Mirage 2000D français s'écrase au Niger
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  442. AFP : Crise du nord : Un véhicule de l’ONU saute sur une mine , un soldat burkinabè tué
  443. MINUSMA : La MINUSMA préoccupée par de possibles violations de l’Accord de cessez-le-feu à Lerneb
  444. MNLAMOV : Frappes françaises au Nord de Tombouctou et combats à Lerneb
  445. AFP : Nord du Mali: deux soldats burkinabè tués, 4 blessés dans un attentat suicide
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  448. RFI : Nord du Mali: attaques répétées contre les forces de la Minusma
  449. Malijet : Tessalit : deux soldats maliens tués suite à l’effondrement d’un mur d’enceinte
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  451. RFI : Au Mali, la Minusma en première ligne
  452. RFI : Mali: la Minusma à nouveau endeuillée
  453. Jeune Afrique : Carte interactive - Mali : la Minusma et les forces françaises en terrain miné
  454. RFI : Mali: cinq Touaregs enlevés dans le Nord
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  456. Reuters : Un otage touareg décapité par des islamistes au Mali
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  461. AFP : Mali: le camp de l'ONU à Kidal attaqué à la roquette, un Casque bleu sénégalais tué
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  463. MNLAMOV : Violation du cessez-le-feu par le Mali
  464. Mali Actu : Mali : Le MNLA annonce avoir pris le contrôle d’In Afarak, localité frontalière avec l’Algérie - See more at: http://maliactu.net/mali-le-mnla-annonce-avoir-pris-le-controle-din-afarak-localite-frontaliere-avec-lalgerie/#sthash.gWvB8BAR.dpuf
  465. MNLAMOV : Prise d’Inafarak à la frontière algérienne tôt ce matin
  466. Ministère de la Défense  : Barkhane : décès d'un soldat français
  467. L'Obs : Un soldat français tué dans le nord du Mali
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  469. AFP : Attaque djihadiste et combats meurtriers dans le nord du Mali
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  471. MNLAMOV : Violation du cessez-le-feu et allégations de la part du Gouvernement malien
  472. 45enord.ca : Le nord du Mali, de mal en pire
  473. L'Express de Bamako : Infos FAMA : Bataille de Boulkessi, frontière burkinabé, 1 rebelle tué, 20 capturés et des armes saisies
  474. RFI : Mali: deux Touaregs retrouvés égorgés près de Kidal
  475. RFI : Mali: le véhicule des deux Touaregs tués près de Kidal retrouvé
  476. Reuters : Deux enfants tués, dix autres enlevés dans le nord du Mali
  477. RFI : Deux militaires tués dans l’explosion d’une mine au nord du Mali
  478. La Sentinelle : Attentat sur le convoi du ministre Bocari Tereta : Un 3ème militaire décédé
  479. MNLAMOV : Le MNLA victime d’une embuscade
  480. Jeune Afrique : Mali : l'armée française annonce avoir tué Ahmed Tilemsi, ex-chef militaire du Mujao
  481. RFI : Mali: deux milices alliées de Bamako prennent la localité de Bamba
  482. RFI : Nord du Mali: les accrochages se poursuivent à Bamba
  483. VOA : Mali : nouvelles violences des groupes armés
  484. AFP : Mali: attaque contre un camp militaire et affrontements entre groupes armés
  485. Oraweb ; Un responsable du Gatia affirme que son mouvement a infligé de lourdes pertes au MNLA ce lundi à Bamba : 6 morts, 2 prisonniers et un véhicule calciné
  486. RFI : Mali: à Ber, les groupes armés se surveillent mutuellement
  487. Jeune Afrique : Mali : la Minusma face au MNLA... et au Gatia
  488. AFP : Mali : nouvelle attaque d’une localité dans le centre, un civil tué
  489. Reuters : Sept soldats maliens tués dans un raid islamiste
  490. Le Monde avec AFP : Au Mali, une nouvelle attaque contre une localité près de la frontière mauritanienne
  491. RFI : Mali: des militaires maliens tués dans une attaque jihadiste
  492. AFP : Mali: deux militaires maliens tués dans une attaque jihadiste dans le Centre
  493. Jeune Afrique : Mali : au moins deux soldats maliens tués dans l'attaque contre Ténenkou, près de Mopti
  494. RFI : Mali: attaque terroriste contre la Minusma à Kidal
  495. Le Monde avec AFP : Mali : un casque bleu tué dans une attaque contre le camp de l'ONU à Kidal
  496. Reuters : Un casque bleu tué à Kidal, dans le nord du Mali
  497. RFI : Mali: combats pour le contrôle de la localité stratégique de Tabankort
  498. Malijet : Nord du Mali : des violents combats en cours entre les groupes armés à Tabancor
  499. RFI : Mali: la CMA demande le départ de l’ONU avant de prendre Tabankort
  500. RFI : Mali : manifestation de colère à Kidal
  501. RFI : Mali: la Minusma détruit un véhicule des rebelles, au moins 5 morts
  502. Sahélien : Mali : 4 morts dans un raid de la MINUSMA sur une position du MNLA au nord de Gao
  503. MINUSMA : La MINUSMA contrainte de faire usage de la force aujourd’hui à Tabankort
  504. MNLAMOV : Quand la Minusma bombarde la coordination
  505. Malijet : Accord pour l’établissement d'une zone temporaire de sécurité entre la MINUSMA et MNLA
  506. AFP : Mali : trois morts dans une manifestation à Gao contre la Minusma
  507. RFI : Mali: une manifestation à Gao contre la Minusma tourne mal
  508. L'Indicateur du Renouveau : Situation explosive à GAO : La population demande le départ du bataillon rwandais
  509. Soir de Bamako : Marche de protestation contre l’établissement d’une "zone temporraire de sécurité": Qui a tiré sur les manifestants à Gao ?Deux responsables de la Minusma se contredisent
  510. RFI : Mali: des casques bleus responsables de la mort de trois manifestants
  511. MINUSMA : COMMUNIQUE - La MINUSMA annonce le retrait de son projet de sécurisation à Tabankort
  512. RFI : Attaques et attentats-suicides meurtriers se succèdent au Mali
  513. AFP : Mali: une dizaine de morts dans une attaque contre les rebelles
  514. Le Figaro : Au Mali, les groupes touaregs s'entredéchirent
  515. Reuters : Trois soldats maliens tués dans le nord du pays
  516. RFI : Un général malien échappe à une tentative de meurtre à Bamako
  517. L'Express avec AFP : Attentat à Bamako: un groupe islamiste revendique l'attaque
  518. RFI : Mali: une déclaration signée à Alger lors des négociations de paix
  519. RFI : Accords inter-maliens à Alger: la CMA demande du temps
  520. Le Point avec AFP : Mali : un "accord de paix et de réconciliation" signé à Alger
  521. RFI : Mali: manifestations à Kidal contre les accords en vue à Alger
  522. Le Monde : Accords de paix d’Alger : une dernière chance pour le Mali, par Jean-Philippe Rémy.
  523. RFI : Mali: accord d'Alger, un mois pour convaincre
  524. RFI : Mali: comment le projet d'accord de paix est-il perçu sur le terrain?
  525. RFI : Mali: les discussions continuent dans le Nord autour de l’accord d’Alger
  526. RFI : Accord d’Alger: l’interminable indécision des groupes du nord du Mali
  527. RFI : Mali: poursuite des discussions à Kidal sur l'accord d'Alger
  528. RFI : Nord du Mali: le texte de l'accord ne changera pas, prévient la médiation
  529. MNLAMOV : La CMA déclare ne pas pouvoir parapher l'accord en son état actuel
  530. RFI : Nord du Mali: la CMA ne paraphera pas le projet d’accord de paix
  531. Ministère de la Défense : Barkhane : point de situation au 5 Mars
  532. L’indicateur du Renouveau : Mali : Révélation de la force barkhane : 100 et 200 jihadistes toujours dans l’Adrar des Ifoghas
  533. RFI : Au moins cinq morts dans une fusillade au cœur de Bamako
  534. RFI : Bamako frappée au cœur: une première depuis l'opération Serval
  535. Le Figaro : Un groupe islamiste revendique l'attentat de Bamako
  536. France 24 : À Gao, la foule lynche à mort puis brûle deux poseurs de bombes présumés
  537. RFI : Mali: trois morts dans une attaque contre la Minusma à Kidal
  538. MINUSMA : UN HÉLICOPTÈRE D’ATTAQUE DE LA MINUSMA S’ÉCRASE AU NORD DE GAO - DEUX MORTS
  539. Le Figaro avec AFP : Mali : deux Casques bleus morts en mission
  540. L'Indépendant : Mali: Axe Diabaly-Nampala-Léré : 2 militaires tués, 5 blessés dans l’explosion
  541. RFI : Mali: Aqmi accentue la pression dans la région de Tombouctou
  542. AFP : Mali: Aqmi décapite un civil malien accusé de travailler pour la France
  543. Sahélien : Mali : La CMA et le MUJAO se sont affrontés au sud-ouest de Ménaka
  544. Le Monde avec AFP et Reuters : Mali : des djihadistes revendiquent l'attaque d'un convoi humanitaire du CICR
  545. RFI : Mali: le Mujao revendique l'attaque d'un camion du CICR
  546. Le Figaro avec AFP : Mali: trois "bandits armés" tués par l'armée
  547. Xinhua : Mali : trois terroristes tués lors d’une attaque à Boulkessi
  548. Le Figaro avec Reuters : Mali: 3 tués dans l'attaque d'une base militaire
  549. a et b Le Monde avec AFP : Un otage néerlandais libéré au Mali
  550. a et b RFI : Encore trois otages étrangers détenus au Mali
  551. RFI : Mali: un otage néerlandais d’Aqmi libéré par l’armée française
  552. Mali: 1 otage libéré, 2 terros tués et 2 capturé par les FS françaises:, Philippe Chapleau, twitter.
  553. RFI : Deux soldats maliens tués dans une attaque dans le centre du pays
  554. MINUSMA : NEUF CASQUES BLEUS BLESSÉS, TROIS CIVILS TUÉS ET SEPT BLESSÉS LORS D’UNE ATTAQUE SUICIDE À ANSONGO
  555. RFI : Mali: un convoi de la Minusma attaqué près de Gao, deux civils tués
  556. Le Monde avec AFP : Mali : au moins un mort dans une nouvelle attaque contre un convoi de l'ONU
  557. Anadolu Agency : Mali: Deux combattants du MNLA morts dans une attaque terroriste à Kidal
  558. MNLAMOV : Un poste du MNLA a été attaqué par des éléments terroristes à Talabit
  559. Alakhbar : Le groupe El-Mourabitoune prête allégeance à l’Etat islamique
  560. Alakhbar : El-Mourabitoune appelle les autres groupes jihaidstes à prêter allégeance à l’Etat islamique (Audio)
  561. Wassim Nasr, twitter.
  562. Alakhbar : Bel Mokhtar dément l’allégeance du groupe El-Mourabitoune à l’Etat Islamique
  563. AFP : Mali: deux importants chefs jihadistes tués par l'armée française
  564. Reuters : Bourse de Paris : Quatre "terroristes" tués au Mali par l'armée française
  565. RFI : Mali: un groupe pro-Bamako prend Ménaka aux mains du MNLA
  566. Le Point avec AFP : Mali : un groupe pro-Bamako prend des positions rebelles
  567. RFI : Mali: les habitants de Ménaka saluent l’arrivée d’un groupe pro-Bamako
  568. Jeune AFrique : Mali - Fahad Ag Almahmoud (Gatia) : "Notre occupation de Ménaka n'a pas été préparée"
  569. France 24 : "Le MNLA a terrorisé la population de Ménaka pendant près de trois ans"
  570. a et b L'Indicateur du Renouveau : Fahad Ag Almouhamoud: 5 chefs militaires du MNLA ont été arrêtés à Ménaka
  571. AFP : Mali: combats entre rébellion et armée, 2 militaires et un enfant tués dans une attaque
  572. AFP : Mali: 10 rebelles et neuf militaires tués lors des derniers combats
  573. Le Figaro avec AFP : Mali: un mort dans une attaque
  574. RFI : Nord du Mali: groupes rebelles et milices pro-Bamako s'affrontent
  575. Le Monde avec AFP : Au Mali, l’explosion d’une mine fait trois morts
  576. RFI : Mali: manifestations à Bamako et combats dans le nord-ouest
  577. Reuters : Attaque rebelle contre la ville malienne de Diré
  578. RFI : Mali: combats meurtriers à Ténenkou entre armée et rebelles touaregs
  579. AFP : Mali: neuf militaires tués à quatre jours de la signature prévue d'un accord de paix
  580. RFI : Nord du Mali: les groupes armés ont paraphé l'accord de paix d'Alger
  581. Le Figaro : Mali : un accord de paix très fragile pour le Nord, par David Baché.
  582. Le Point avec AFP : Le Mali signe la paix, mais sans les Touaregs
  583. MNLAMOV : la CMA informe qu'aucun de ses membres n'est présent à la cérémonie de signature à Bamako
  584. RFI : Mali: signature de l'accord de paix, sans les principaux groupes rebelles
  585. RFI : Nouvelle attaque meurtrière contre l'armée malienne près de Tombouctou
  586. AFP : Mali: trois soldats maliens tués dans une attaque de la rébellion à dominante touareg
  587. Reuters : Mali-Au moins trois soldats tués dans une attaque rebelle
  588. Jeune Afrique : Mali : l'armée accusée d'avoir exécuté neuf personnes à Tin Hama
  589. MNLAMOV : l'armée malienne à procédé à l'exécution sommaire et publique de neuf (9) personnes dans la ville de Tinahima.
  590. Malijet : Le gouvernement dément toute implication de l’armée dans les exactions à Tin Hamma
  591. AFP : Civils tués dans le nord du Mali: l'ONU enquête
  592. RFI : Mali : l’ONU enquête sur la mort de civils à Tin-Hamma
  593. Reuters : Des rebelles touaregs disent avoir capturé 19 militaires maliens
  594. Reuters : Resume de l'actualite a 16H00 GMT (23/05)
  595. a et b RFI : Violences au nord Mali malgré la signature d’un accord de paix
  596. Studio Tamani : NORD DU MALI : UNE DIZAINE DE DÉTENUS LIBÉRÉS PAR LA CMA
  597. RFI : Mali: mort d’un casque bleu
  598. AFP : Mali: un Casque bleu tué par des tirs à Bamako, un autre blessé
  599. RFI : Mali: manifestation de soutien à l’accord d’Alger dans la capitale
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  603. L'Indépendant : Le bilan de l’attentat suicide survenu samedi et dimanche à Tombouctou revu à la hausse : Dix neuf terroristes abattus, deux soldats maliens tués et dix blessés
  604. La Sentinelle : Le bilan d’une guerre : 75 militaires tués, 300 blessés dont 3 civils
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  606. AFP : Mali: "une cinquantaine" de soldats tués lors des combats à Kidal
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  609. Philippe Chapleau, « Le Tchad au Mali, c'est 36 tués, 2 250 hommes, 240 véhicules et 87 millions d'euros », sur http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr//,‎ (consulté le 18 avril 2013)
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  650. DiasporAction : Nord Mali / Un militaire malien libéré par le Mnla
  651. MNLAMOV : Communiqué n° 09 -12/03/2012-MNLA-Bilan d'Amachach
  652. La Dépêche : Les Soldats Maliens retenus prisonniers par le Mnla s’échappent
  653. Le Zénith Balé : Retour au mali des ex- prisonniers du MNLA : La déception à Bamako
  654. Le Progrès : 53 militaires maliens évadés des mains du MNLA : Les révélations d’un ex-prisonnier
  655. a, b et c Le Monde : L'avenir judiciaire incertain des djihadistes arrêtés au Mali
  656. Sahara NewsMali: un combattant du Polisario fait prisonnier parmi six jihadistes
  657. France 24 : Exclusif : sous le feu des djihadistes du Nord-Mali avec les légionnaires français
  658. 20 minutes : La France fait ses premiers prisonniers au Mali
  659. Europe 1 : Mali : que vont devenir les prisonniers ?
  660. Le Monde : Le djihadiste français arrêté au Mali est extradé vers Paris
  661. Ouest-France : Mali. Deux Touaregs morts en détention après avoir été torturés
  662. Algérie: 14 Maliens de l’Azawad condamnés à 20 ans de prison pour trafic d’armes
  663. rfi : Mali: libération de trente ex-combattants du Mujao à Kidal
  664. rfi : Mali: libération de 23 prisonniers
  665. a et b Europe1 : Ce qu’on sait des exactions au Mali
  666. Mali Actualités : Quatre civils tués par des bandits armés : TONKA SOUS LE CHOC
  667. La Voix de l'Amérique : Mali: le retour à la normale? pas pour demain!
  668. rfi : RFI sous le choc après l'assassinat de deux de ses envoyés spéciaux au Mali
  669. a et b Le Monde : Mali : trois des ravisseurs des journalistes de RFI étaient connus des services de renseignement français
  670. RF§I : Mali: au moins deux membres de la famille du général Ag Gamou tués
  671. RFI : Mali: Aqmi exécute un jeune combattant du MNLA
  672. MNLAMOV : Urgent!Assassinat d'un jeune sous-officier du MNLA
  673. RFI : Au Mali, les islamistes abattent ceux qu'ils accusent de «collaborer»
  674. MaliActu : Exactions du MNLA au nord Mali : témoignages de réfugiés en Mauritanie
  675. Mali Actualités MaliActualités : Mali: un mouvement d’Arabes dit combattre des rebelles touareg dans le Nord
  676. Mali Actualités : Mali : Des Arabes maliens comptent les dégâts et indexent les Idnanes
  677. FranceTVvinfo : Mali. L'alliance des Français avec les ex-rebelles du MNLA sème le trouble
  678. Mali Actualités : Mali : 20 morts dans une attaque perpétrée par des éléments du MNLA
  679. MNLAMOV : Combats contre le MUJAO à Anefis
  680. L'Indépendant : Terrorisme et insécurité dans la région de Mopti : Le député Témoré Tioulenta s’insurge contre le grand banditisme à Ténenkou
  681. Arawanexpress : Kidal : Le Mnla signe le massacre de Anafif
  682. Info-Matin : CRIMES ATROCES A KIDAL : le MNLA massacre à Anefis
  683. Xinhua : Mali - Affrontement entre Arabes Kounta et arabes du Tilemsi à Anefis
  684. a et b Human Rights Watch : Mali: Les rebelles touaregs et les militaires ont commis de nouvelles exactions
  685. ToumastPress : Attaque du MNLA à Goumakoura pour signifier que tout le territoire Malien sera touchable
  686. ToumastPress : L'aviation Malienne bombarde un campement de marabouts Kal-Assouk
  687. Afrique Actu : MALI : Un mort et 10 blessés dans un attentat
  688. RFI : Bérets rouges tués au Mali: un charnier découvert près de Kati
  689. MNLAMOV : COMMUNIQUÉ n° 28 du 9 septembre 2012
  690. MNLAMOV : COMMUNIQUÉ no 34 DU 24 OCTOBRE 2012
  691. MNLAMOV : Le Mali renoue avec le génocide dans l’Azawad
  692. ALAKHBAR : Mali: Le MUJAO accuse l’armée malienne d’avoir massacré 40 Peuls
  693. L'Express : Les militaires maliens coupables d'exactions à Sévaré
  694. Les allégations sur des exactions de l'armée malienne se multiplient
  695. « Un nouvel attentat suicide déjoué à Gao par des soldats maliens », jeuneafrique.com,‎
  696. L'Express : Mali: des soldats maliens accusés de torture
  697. Siwel : Mali/ Azawad : L'ARVRA fait état de 200 personnes tuées par l'armée malienne depuis le déclenchement de l'opérartion Serval
  698. RFI : Disparus de Tombouctou: l'armée malienne pointée du doigt
  699. Le Monde : Mali : accusés d'exactions, des militaires maliens rappelés du front
  700. MNLAMOV : Mise au point du MNLA, mardi, 23 avril 2013 16:59
  701. MNLAMOV : Communiqué du MNLA relatifs aux exactions et aux négociations
  702. La Croix : Dans le nord du Mali, des exactions se poursuivent
  703. Amnesty International : Les violations graves des droits humains se sont multipliées au Mali depuis l'intervention de la France, il y a cinq mois
  704. France 24 : Reportage sur les corps retrouvés à Tombouctou. "La justice ouvrira un dossier sous peu" (gouvernement)
  705. Human Rights Watch : Mali: Il faut que justice soit rendue pour les graves violations des droits humains
  706. Mediapart : Mali : 12 civils, dont 3 enfants, tués dans un raid français
  707. Europe 1 : Ce qu’on sait des exactions au Mali
  708. Jean-Christophe Notin, ((La guerre de la France au Mali, p. 174
  709. Maliweb : Ansar Dine accuse les Français de polluer les puits du Nord Mali
  710. a, b et c Le Nouvel Observateur : Au Mali, 13 otages dans les mains d'Aqmi
  711. France 24 : Otages français au Mali : pourquoi les djihadistes n'ont pas besoin de les utiliser
  712. France 3 : Aqmi annonce l'exécution de Philippe Verdon, l'otage bordelais enlevé au Mali, Paris ne confirme pas
  713. Le Parisien : L’otage Philippe Verdon serait mort de maladie
  714. Le Parisien : Otages au Mali : Philippe Verdon a été «assassiné d'une balle dans la tête»
  715. rfi : Philippe Verdon a-t-il été retrouvé par des éléments du MNLA?
  716. Sahara Media : Nord Mali: Un otage français tué alors qu’il tentait de s’enfuir
  717. Le MatinDZ : Tahar Touati, un des otages, exécuté par les tueurs du Mujao
  718. Le MatinDZ : Les trois diplomates algériens otages du Mujao sont en vie
  719. RFI : Mali : deux diplomates algériens libérés par le Mujao
  720. RFI : Mali: le récit de la libération de l'otage italienne Maria Sandra Mariani
  721. L'Express : Mali: l'otage suisse a été libérée
  722. RFI : Mali : Ansar Dine libère l'otage suisse à Tombouctou
  723. Le Parisien : Nord-Mali : trois otages européens échangés contre trois islamistes
  724. RFI : Trois otages européens libérés dans le nord du Mali
  725. rfi : Niger: les quatre otages français d'Arlit sont libres
  726. Le Monde : Les quatre otages français enlevés au Niger libérés
  727. Le Monde : Otages d’Arlit : une rançon a été versée
  728. Mali Actu : Règlement de compte : Abounehiya Ag Attayoub du MNLA enlevé par Aqmi pour trahison
  729. MNLAMOV : Urgent! Enlèvement d'un responsable politique du MNLA à Tessalit
  730. RFI : Mali : disparition de cinq employés du CICR
  731. RFI : Le Mujao revendique l’enlèvement de l’équipe du CICR
  732. Le Monde : Un groupe djihadiste annonce la mort de l'otage français Gilberto Rodrigues Leal
  733. Libération et AFP : Serge Lazarevic : «La vie est belle de retrouver la liberté»
  734. L'Obs et AFP : Serge Lazarevic, dernier otage français dans le monde, est libre
  735. France 24 : Serge Lazarevic, dernier otage français, est libre
  736. France 24 : Mali : quatre jihadistes ont été libérés en échange du Français Serge Lazarevic
  737. Soir de Bamako : On en parle dans les coulisses… Ça bouillonne à Bamako
  738. RFI : Qui sont les jihadistes libérés en échange de Serge Lazarevic?
  739. L'Indicateur du Renouveau : Mohamed Akotey, négociateur nigérien tranche : « J’ai négocié avec Aqmi, pas avec Iyad Ag Ghali »

Annexes[modifier | modifier le code]

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Reportages vidéos[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]