Flagellation

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Cicatrices de flagellation sur un esclave à Baton Rouge, aux États-Unis, le 2 avril 1863.

La flagellation est un acte qui consiste à fouetter le corps humain avec un fouet, des lanières, ou une tige souple, ou encore tout autre objet du même type.

Comme méthode de torture[modifier | modifier le code]

Dans la torture, la flagellation est souvent un préliminaire à d'autres tortures. Le nombre de coups est généralement très élevé. Si les coups infligés sont trop nombreux, ils peuvent conduire à la mort.

Le fouet a été utilisé par toutes les civilisations et est encore employé dans certains pays ou régions, comme ceux appliquant la charia.

Les Romains utilisaient comme châtiment corporel la fustigation (par des verges et plus tard le fustis, « bâton »), peine appliquée aux citoyens car jugée moins infamante ; la flagellation avec un fouet (le flagellum[1]) ou le flagrum appliquée aux non-citoyens, libres ou esclaves qui ont commis des actes criminels ; la verberatio (littéralement « coup ») est le châtiment le plus sévère : administrée par le fustis ou le flagrum à une telle intensité qu'elle mutile le supplicié, voire le tue, cette torture est souvent le préliminaire à la peine de mort. Les définitions de ces châtiments ayant souvent tendance à se recouvrir, elles étaient rarement précisées par écrit dans les sentences de jugement[2]. Le droit romain ne fixait pas le nombre de coups donné (il dépendait bien souvent du caprice du bourreau ou de maintenir en vie le torturé avant qu'il ne soit crucifié[3]) alors que le droit hébraïque le limitait à 40 afin d'éviter la mort du supplicié[4].

Aux XVIIIe et XIXe siècles, la bastonnade, la flagellation avec une corde goudronnée, était une punition fréquemment pratiquée dans les bagnes et durant l'esclavage.

Comme moyen de faire pénitence[modifier | modifier le code]

La flagellation de notre seigneur Jésus-Christ (1880), de William Bouguereau

Dans la religion chrétienne, la flagellation est un symbole fort, car cette torture fut utilisée par les Romains sur Jésus-Christ avant sa crucifixion. C'est pour cette raison que des groupes de Flagellants se forment au Moyen Âge. Allant de ville en ville, ils s'autoflagellent avec des disciplines pour faire pénitence, en s'unissant de cœur et en esprit à la Passion de Jésus pour qu'Il leur permette, par ces souffrances semblables aux siennes, d'expier leurs péchés.

La flagellation se pratiquait et se pratique encore dans certains ordres religieux catholiques. Le pasteur H.J. Hegger, ancien rédemptoriste, nous livre ce témoignage dans son autobiographie Du couvent à l'Évangile (Paris, Bergers et Mages, 1959) :

« Deux fois par semaine, le mercredi et le vendredi soir, les Rédemptoristes s'infligent une flagellation en commun. Chacun se tient dans le corridor, à la porte de sa chambre. Après quelques prières, les lumières sont éteintes et chacun se déshabille. Au moment où est entonné le Psaume 51 (Miserere mei Deus), chacun s'administre sa raclée. Puis on récite le Salve Regina et quelques autres oraisons. Le tout dure environ dix minutes. Pendant le chant du cantique de Siméon, aux mots : «...lumière des Gentils», les lampes sont rallumées. La flagellation se pratique avec un faisceau de cordes, durcies à leurs extrémités par de la résine. »

De même, des chiites pratiquent l'autoflagellation pour commémorer la passion d'al-Husayn à l'occasion de la fête de l'Ashoura.

Objets utilisés[modifier | modifier le code]

Plusieurs objets peuvent être utilisés pour flageller une personne (voici une liste non exhaustive) :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Diminutif de flagrum, littéralement « petit fouet », ce diminutif s'applique non à sa taille mais à la finesse de ses cordes tortillées et nouées.
  2. Theodor Mommsen, Le droit pénal romain, Volume 3, A. Fontemoing,‎ 1907, p. 333
  3. (en) Frederick T. Zugibe, The Crucifixion of Jesus. A Forensic Inquiry, Rowman & Littlefield,‎ 2005, p. 20
  4. Pierre Barbet, La Passion de Jésus-Christ selon le chirurgien Pierre Barbet, Mediaspaul Editions,‎ 1997 (lire en ligne), p. 76