Blaise Compaoré

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Blaise Compaoré
Blaise Compaoré en août 2014.
Blaise Compaoré en août 2014.
Fonctions
3e président du Burkina Faso[1]
(6e chef de l'État)
15 octobre 198731 octobre 2014
(27 ans, 0 mois et 16 jours)
Élection 1er décembre 1991
Réélection 15 novembre 1998
13 novembre 2005
21 novembre 2010
Premier ministre Youssouf Ouédraogo
Roch Marc Christian Kaboré
Kadré Désiré Ouédraogo
Paramanga Ernest Yonli
Tertius Zongo
Luc-Adolphe Tiao
Prédécesseur Thomas Sankara
Successeur Yacouba Isaac Zida
(chef de l'État de transition)
Michel Kafando (transitoire)
Biographie
Date de naissance 3 février 1951 (63 ans)
Lieu de naissance Ouagadougou,
Haute-Volta
Nationalité burkinabé
Parti politique Congrès pour la démocratie et le progrès
Résidence Palais de Kosyam

Blaise Compaoré Blaise Compaoré
Présidents du Burkina Faso

Blaise Compaoré, né le 3 février 1951 à Ziniaré, ville au nord de Ouagadougou[Note 1] est un homme d'État burkinabé.

Il est arrivé au pouvoir le 15 octobre 1987 à la suite d'un sanglant coup d’État contre Thomas Sankara. Il est le fondateur de l'Organisation pour la Démocratie populaire-Mouvement du travail (ODP-MT) qui fusionne avec douze autres partis politiques pour donner le 5 février 1996 le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), ancien parti au pouvoir. Il a été impliqué dans le meurtre de Thomas Sankara, son prédécesseur, survenu lors du coup d'État de 1987. Élu président du Faso en 1991 à la suite d'un scrutin contesté et boycotté par l'opposition, il est réélu en 1998, 2005 et 2010. Le 31 octobre 2014, après 27 ans au pouvoir, il doit démissionner à la suite d'un soulèvement populaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

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Blaise Compaoré est né le 3 février 1951 à Ouagadougou. Il est l’aîné des sept enfants de Bila Maurice Compaoré et de Tiga Thérèse Bougouma[2]. Engagé dans l’Armée française en tan que tirailleur sénégalais en 1934, le père rentrera au pays en 1947, où il exercera la fonction de garde républicain. Avec ses frères et sœurs, Blaise Compaoré passe une enfance heureuse entre Ziniaré et Boromo. Il se souvient encore des parties de chasse qu’il effectuait avec son père, et de la grande affection dont la mère entourait ses enfants[3].

Blaise Compaoré entame l’école primaire à Guilongou (Ziniaré). Plus tard, il entre au Collège Saint-Joseph des missionnaires à Fada N’Gourma, puis à l’École normale de Ouagadougou, à partir de la seconde. Brillant, il décroche le Bac D en 1972. Les succès scolaires du jeune Blaise cachent mal son tempérament quelque peu turbulent. Il s’est souvent retrouvé à la tête de mouvements de défense des droits des élèves. À la suite d’une manifestation de collégiens en 1971, il est enrôlé d’office dans le contingent spécial de l’Armée, en guise de correction. Il se retrouvera très rapidement affecté à la garde du domicile du Président de la République, Aboubacar Sangoulé Lamizana[4].

La punition sera plutôt une aubaine pour le garçon qui, depuis longtemps, rêvait du métier des armes - influence de son père oblige. En septembre 1973, il réussit au concours d’entrée à l’École militaire Interarmes du Cameroun. Pendant les années suivantes, son activité professionnelle au pays sera entrecoupée par de nombreux stages à l’extérieur : spécialisation à l’École d’infanterie de Montpellier ; stages d’instructeur commando à Montlouis, à Collioures et à Munsinghem en Allemagne, à Briançon et à Montgenèvre ; stage dans les Troupes aéroportées de France ; stage d’instructeur parachutiste à Rabat[5].

Affecté à la Compagnie d’intervention aéroportée (CIA) de Bobo-Dioulasso en mai 1978, Blaise Compaoré rejoint Ouagadougou deux ans plus tard, pour occuper la fonction d’aide de camp du chef d’État major des Armées. En janvier 1981, il prend la tête du Centre national d’entraînement commando (CNEC) de Pô. Au début de l’année 1982, il effectuera un nouveau stage à Pau (France), pour se perfectionner au métier d’officier para. La même année, il gagne ses galons de capitaine. Blaise Compaoré se marie en 1985 à une jeune métisse franco-ivoirienne, Chantal Terrasson de Fougères. Il est père d’une fille, Djamila Imani. Il est connu pour sa grande passion pour le sport, dont il a pratiqué plusieurs disciplines : le basket-ball, le football, le volley-ball. Il aime aussi la lecture, l’architecture, et les animaux sauvages[6].

Participation au coup d'État du 15 octobre 1987[modifier | modifier le code]

Après ses études militaires en Algérie, Blaise Compaoré, a pris le pouvoir le « Jeudi noir » 15 octobre 1987, lors d'un coup d'État sanglant au cours duquel Sankara, son prédécesseur à la tête de l'État, a été tué. Compaoré a décrit le meurtre de Sankara comme un « accident »[7] ; cependant, cette affirmation est largement contestée. Au moment de prendre la présidence, il a déclaré que Sankara avait « trahi l'esprit de la révolution »[8]. Il engage alors une politique de « rectification de la Révolution », en réalité un retour à la normale des relations avec la Côte d'Ivoire et implicitement de la France, qui s'étaient précédemment envenimées. En septembre 2008, le sénateur et ex-seigneur de guerre libérien, Prince Johnson affirmera que ses hommes avaient participé à l'assassinat de Thomas Sankara et cela sous l'instigation de Blaise Compaoré. Juste après son accession au pouvoir, il a éliminé deux chefs révolutionnaires Henri Zongo et Jean-Baptiste Boukary Lingani, accusés de comploter à l'encontre du régime. La responsabilité de Blaise Compaoré dans l'assassinat de Sankara a fait l'objet d'une plainte contre le Burkina Faso déposée par Mariam Sankara, la veuve de Thomas Sankara. En avril 2006, le Comité des droits de l'Homme des Nations unies a condamné le Burkina Faso pour refus d'enquêter sur les circonstances de la mort de Thomas Sankara (et d'en poursuivre les responsables)[9].

Élections de 1991 et de 1998[modifier | modifier le code]

Blaise Compaoré a été élu président de la République le 1er décembre 1991. Les principaux partis de l'opposition avaient boycotté cette élection pour protester contre sa prise de pouvoir illégale. Lors de cette élection, le taux de participation a été de 25 %, traduisant la très forte instabilité politique et la protestation dans la population. Il est réélu une première fois le 15 novembre 1998. Quelques jours après sa réélection, le célèbre journaliste Norbert Zongo est assassiné par des éléments de sa garde rapprochée sous l'instigation de son frère, François Compaoré.

Élection de 2005[modifier | modifier le code]

Le palais de Kosyam, siège de la présidence depuis 2005.

En août 2005, Blaise Compaoré a annoncé son intention de participer à la prochaine élection présidentielle. Les hommes politiques de l'opposition ont déclaré son souhait de se représenter en 2005 comme anticonstitutionnel à cause d'un amendement constitutionnel passé en 2000, limitant un président à deux mandats et réduisant la longueur d'un mandat de sept à cinq années, empêchant ainsi Compaoré d'entreprendre un troisième mandat. Les partisans de Compaoré ont contesté ceci, arguant que l'amendement ne pouvait pas être appliqué rétroactivement[10]. Malgré les objections de l'opposition, en octobre 2005, le conseil constitutionnel a jugé que Compaoré étant un président en exercice en 2000, l'amendement ne pouvait pas prendre effet avant la fin de son second mandat, l'autorisant ainsi à présenter sa candidature à l'élection de 2005. Le 13 novembre 2005, Compaoré est réélu face à 12 autres candidats en étant crédité de 80,35 % des votes. Bien que 16 partis de l'opposition aient annoncé une coalition pour empêcher Compaoré de garder le pouvoir, personne n'a finalement voulu abandonner son poste à un autre chef de la coalition et l'alliance a échoué. Compaoré a prêté serment pour un autre mandat présidentiel le 20 décembre 2005[11].

Élections de 2010[modifier | modifier le code]

Le 25 novembre 2010, Blaise Compaoré est réélu dès le premier tour de scrutin à la tête du Burkina Faso, avec 80,15 % des suffrages exprimés, pour un dernier mandat[12].

Révolte de 2011[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Révolte de 2011 au Burkina Faso.

La révolte burkinabè commence le 22 février 2011, à la suite de la mort d’un élève battu par les policiers de Koudougou au Burkina Faso. Les manifestations, demandant une enquête sur sa mort et réclamant la fin de l’impunité pour les violences policières, sont réprimées dans le sang en février, et s’amplifient en émeutes au mois de mars. En avril, de nombreuses mutineries éclatent dans les forces de l’ordre, armée et CRS. En mai, la contestation se maintient de façon diffuse.

Révolution de 2014 et démission[modifier | modifier le code]

Le 30 octobre 2014, Blaise Compaoré fait face à un soulèvement populaire contre son projet de modification de l'article 37 de la loi fondamentale limitant le nombre de mandats présidentiels, afin de se représenter en 2015[13]. À la suite des émeutes, Blaise Compaoré quitte le pouvoir et le chef d’état-major des armées, Honoré Traoré, annonce la création d’un « organe de transition », chargé des pouvoirs exécutif et législatif, dont l’objectif est un retour à l’ordre constitutionnel « dans un délai de douze mois »[14]. Exfiltré par les Français, Blaise Compaoré trouve refuge en Côte d'Ivoire le 31 octobre[15],[16]. puis trouve refuge en Maroc le 20 novembre

Rôles internationaux et régionaux[modifier | modifier le code]

Les délégués d'Ansar Dine et du MNLA à Ouagadougou, avec des représentants de Compaoré, le 16 novembre 2012.

En 1993, le président Compaoré était à la tête de la délégation du Burkina Faso qui a participé à la première Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique[17].

À l’issue de la 6e conférence des chefs d’État de l’Autorité de Liptako-Gourma réunie à Gao (Mali) les 25 et 26 avril 2005, Blaise Compaoré, est reconduit comme président de cette organisation internationale.

Lors du sommet des chefs d'États à Ouagadougou les 1er et 2 juin 2005, Blaise Compaoré succède au président malien Amadou Toumani Touré comme président en exercice de la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-Sad).

Compaoré a joué un rôle de médiateur dans des problèmes régionaux. Le 26 juillet 2006, il a été désigné comme le médiateur du Dialogue intertogolais, qui s'est tenu à Ouagadougou en août 2006[18] et qui a abouti sur un accord entre le gouvernement et les partis de l'opposition[19]. Il est aussi intervenu comme médiateur dans la crise ivoirienne qui a opposé le président ivoirien Laurent Gbagbo et le chef des Forces nouvelles Guillaume Soro. Un accord de paix signé par les deux partis a été signé à Ouagadougou, le 4 mars 2007[20].

En tant qu'intervenant dans des médiations, la crédibilité de Blaise Compaoré est notamment contestée par Louise Arbour, présidente de l'ONG International Crisis Group (ICG), qui a déclaré à The International Herald Tribune : « M. Compaoré, qui a été militaire, meneur d'un coup d'État et parrain politique de Charles Taylor (ex-chef rebelle et ancien président du Liberia, actuellement jugé pour crimes contre l'humanité, ndlr), n'est pas l'homme le plus fiable pour prêcher la démocratie et (favoriser) le pouvoir civil »[21].

Assassinat de Norbert Zongo[modifier | modifier le code]

Le président Compaoré et sa garde présidentielle ont été impliqués dans la mort du journaliste Norbert Zongo en décembre 1998[22],[23]. Les allégations de meurtre de Norbert Zongo ont été une des rares fois où le pouvoir de Compaoré a été vraiment contesté et inquiété. Depuis, l'opposition et le milieu estudiantin rappellent chaque année dans un évènement d'une grande ampleur, l'impunité des responsables.

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

Blaise Compaoré est récipiendaire de plusieurs distinctions, parmi lesquelles[24] :

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Richard Thomas, Profiles of people in power: the world's government leaders, Routledge,‎ 2003 (ISBN 185743126X, présentation en ligne, lire en ligne), pp.76-77
  1. Président du Front populaire du 15 octobre 1987 au 24 décembre 1991.
  2. Bamba Alex Souleymane, Blaise Compaoré, la réincarnation du renouveau, Éditions Dunuya,‎ 1993, p. 31
  3. Bamba Alex Souleymane, op. cit., p. 31
  4. Bamba Alex Souleymane, op. cit., p. 32
  5. (en) Burkina Faso Foreign Policy and Government Guide, International Business Publications,‎ 2007, p. 38
  6. Bamba Alex Souleymane, op. cit., p. 33
  7. (en) Andrew Sardanis, A Venture in Africa, I.B.Tauris,‎ 2007, p. 93
  8. José María Aresté Pifarré, La francophonie, Editorial UNED,‎ 2010, p. 102
  9. (en) « Communication No. 1159/2003 : Burkina Faso. 11/04/2006. CCPR/C/86/D/1159/2003. (jurisprudence) », United Nations High Commissioner for Human Rights (consulté le 16 juin 2009)
  10. (en) « BURKINA FASO: Compaore's decision to bid for re-election raises opposition hackles », IRIN,‎ 11 août 2005
  11. (fr) « Mme Brigitte Girardin a représenté la France à la cérémonie d’investiture de M. Blaise Compaoré (Ouagadougou, 20 décembre 2005) », Ministère des affaires étrangères et européennes (consulté le 16 juin 2009)
  12. « Le président Compaoré réélu dès le premier tour au Burkina Faso » L'Express.fr, mis en ligne le 25 novembre 2010
  13. Burkina Faso : Blaise Compaoré ne démissionne pas mais lève l'état de siège
  14. Blaise Compaoré quitte le pouvoir
  15. Jeune Afrique : Exclusif. Burkina : comment la France a exfiltré Blaise
  16. RFI : Burkina Faso: la France a bien exfiltré Blaise Compaoré
  17. (en) « List of the Participating Delegations of the Tokyo International Conference on African Development (October 5-6, 1993, Tokyo, Japan) », Ministry of Foreign Affairs of Japan (consulté le 16 juin 2009)
  18. (en) Etienne Bassot, « The situation in Togo on the eve of the 2007 parliamentary elections », European Parliament (consulté le 16 juin 2009)
  19. (en) « TOGO: Political agreement aims to end 12-year feud », IRIN,‎ 21 août 2006 (consulté le 16 juin 2009)
  20. (en) « COTE D'IVOIRE: New peace agreement », IRIN,‎ 5 mars 2007 (consulté le 16 juin 2009)
  21. Citation de la déclaration de Louise Arbour
  22. (fr) « RSF porte plainte contre Blaise Compaoré », RSF,‎ 10 octobre 2001 (consulté le 20 juin 2009)
  23. (fr) « Blaise Compaoré en visite risquée. », Libération,‎ 11 octobre 2001 (consulté le 20 juin 2009)
  24. Calixte Baniafouna, Les Noirs de l'Élysée : Un palais pas comme les autres, vol. 1, Éditions L'Harmattan, coll. « Études africaines »,‎ 2010, 360 p. (ISBN 2296249892, lire en ligne), p. 58
  25. Ismaël Bicaba, « Blaise Compaoré fait commandeur de l’ordre des palmes académiques du CAMES », sur http://www.lefaso.net,‎ 3 mai 2005 (consulté le 16 mars 2014)
  26. Direction de la communication de la présidence du Faso, « Blaise Compaoré, Grand-Croix de l’Ordre international des Palmes académiques du CAMES », sur http://www.fasozine.com,‎ 20 avril 2012 (consulté le 16 mars 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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