Peuls

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Peuls
Fulɓe

Populations significatives par région
Drapeau du Nigeria Nigeria 16 800 000[1]
Drapeau de la Guinée Guinée 4 200 000[2]
Drapeau du Mali Mali 2 700 000[3]
Drapeau du Cameroun Cameroun 2 900 000[4]
Sénégal Sénégal 3 600 000[5]
Drapeau du Niger Niger 1 620 500[6]
Drapeau du Burkina Faso Burkina Faso 1 200 200[7]
Drapeau de la Mauritanie Mauritanie 400 000[8]
Drapeau de la Guinée-Bissau Guinée-Bissau 320 000[9]
Drapeau de la Gambie Gambie 324 000[10]
Drapeau de Sierra Leone Sierra Leone 310 000[11]
Drapeau du Tchad Tchad 580 000[12]
Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire 423 000[13]
Population totale de 35 à 40 millions[14]
Autres
Langues

Peul (également appelée Poular, fulfulde ou pulaar)

Religions

Islam (sunnisme prédominant)

Ethnies liées

Toroobés,Subalbés,Awlubés,Waylubés,Ganllunkoobés,Sakkébés,Lawbés,Wodaabes, Haoussas, Songhaïs

Les Peuls (peul : Fulɓe, singulier Pullo; anglais : Fula ou Fulani; portugais : Fulas) sont traditionnellement des pasteurs de la région sahélo-saharienne qui se répartissent dans une quinzaine de pays[15], en Afrique de l'Ouest, mais également au Tchad, en République centrafricaine et au Soudan. D'abord nomades, beaucoup se sont sédentarisés. Ils sont majoritairement musulmans ainsi qu'une minorité de bahá’ís. Leur dispersion et mobilité ont favorisé les échanges et les métissages avec d'autres populations. Leur origine et celle de leur identité, pas uniquement liée à la langue peule (pular ou fulfulde) a longtemps fait débat. Les Wodaabe, notamment connus pour la fête du Geerewol, sont un des groupes peuls. Les Peuls constituent une minorité dans tous les pays qu'ils habitent. Ils sont cependant le principal groupe ethnique en Guinée (40 %)[16].

Dénomination[modifier | modifier le code]

Selon les sources, on observe de très nombreuses variantes : Adamawa Fulani, Adamawa Fula, Afuli, Felata, Fellaata, Fellah, Fellani, Fellata, Filani, Foulah, Foulani, Foulanis, Foulanke, Foulankunda, Foula, Foulbé, Foulbés (Foules dans l'Encyclopédie de DIDEROT), Fufulde, Fulah, Fulakunda, Fulani, Fulanis, Fulanke, Fula, Fulata, Fulbe, Fulbes, Fulfede, Fullah, Ful, Futa, Fuulbe, Hilani, Peuhl, Peul, Peuls Pandé, Poular, Pulaar, Pulli, Pullo, Pulo, Toroobe[17].

Le terme « Peul » est la transcription française du mot wolof pë'l qui désigne ce peuple.

Les natifs se nomment eux-mêmes «Pullo» (sing.) prononcez [poullo], pluriel «Fulɓe»[18] [Foulb'é]. Nom propre : un Peul, une Peule, des Peuls.

Les termes fula, fulbé, foulbé, fulani, foute sont des termes attribués par d'autres ethnies d'après les Peuls eux-mêmes. Fulla « errants » (Pullo au singulier). On rencontre aussi d'autres graphies en français, telles que poular ou peulh.

L'ethnonyme apparaît parfois sous la forme de Foulhs, Phouls, Poules, Pouli, (pouli terme qui au fouta djalon islamisé désignait les peuls non converis à la religion islamique) Fouli, foullah, Poullôri - en angl. germ. arab. ful, fula, fulani. « Peul » est le terme le plus utilisé dans les textes contemporains en français. Dans le passé, on l'orthographiait plutôt « Peulh » mais cette forme subsiste parfois et l'on rencontre également « Peuhl ».

En allemand, Ful ou Fulen ; en anglais, Fulani ; en arabe, Fulani ; en wolof, pë'l [19].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Selon certains, le mot « Pullo » viendrait du verbe « fullade » (éparpiller, disperser au souffle)[20]. Cependant il s'agit sans doute là d'une étymologie populaire, sans validité scientifique.

D'autres sources, mentionnent que le mot Peuls provient de la déformation du nom d'un célèbre explorateur africain : Brice.

À l'heure actuelle, il n'existe aucun consensus quant à l'étymologie du nom ou de ses dérivés[21]. Dr Cheikh Anta Diop a lié les Peuls à l'Égypte, comme il l'a fait pour les Sérères et Wolofs[22]. La théorie de Diop a cependant été réfutée par d'autres chercheurs dont le professeur Schuh[23]. Les chercheurs conviennent aujourd'hui que les Peuls sont plus proches des Sérères et Wolofs, à la fois linguistiquement et culturellement[24],[25].

Population[modifier | modifier le code]

Éleveurs peuls du Gourma, Sud de Gao, Mali

Les Peuls, ainsi que les Wodaabes (Bororos), sont une ethnie de nomades et semi-nomades vivant en Mauritanie, au Sénégal, en Guinée, au Mali, au Burkina Faso, au Niger, au Tchad, au Soudan mais on les retrouve également au Nigeria, au Cameroun, au Togo.

Au Mali, les Peuls, principalement implantés dans la région de Mopti, constituent la deuxième ethnie après les Bambaras. Au Sénégal, les Haalpulaar (population peule et toucouleur) constituent le deuxième groupe ethnique après les Wolofs. La Mauritanie, le Mali, le Sénégal, le Niger et la Guinée sont des pays à forte population peule.

Les Peuls sont traditionnellement des nomades. Ceux qui parlent la langue des peuls comprennent également les Toucouleurs et les Haoussas.

Origine des Peuls[modifier | modifier le code]

Les peuls sont un peuple de pasteurs de la région du sud du Sahara, qui ont été souvent rapprochés des Touaregs ou des Maures (p. 75-76 in Figures peules).

L'origine (ou les origines) des Peuls a donné naissance à une littérature abondante de qualité inégale, qu'il est difficile de résumer.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Peuls viennent de l'Égypte antique. André Arcin les fait venir de la lisière nord du Sahara jusque dans le sud Marocain. Tauxier préconise la route du sud de l'Algérie et les ferait émigrer de leur pays d'origine (moyenne Égypte) vers le VIe siècle avant l'ère chrétienne. Béranger-Féraud, Verneau et d'autres indiquent, également la route septentrionale comme étant celle de leurs migrations[26]. Le Sahara est exclu car jugé comme étant un pays désertique et inhabitable difficile à traverser pour une population dont l'économie principale est l'élevage. Seul Motel les fait venir du sud Sahara[27]. Cette première migration d'est en ouest leur fera atteindre la vallée du fleuve Sénégal vers le VIIIe siècle de notre ère (Lhote). Le peuplement Peul s'est par ailleurs effectué par vagues successives, dans différentes régions, à différentes époques[28]. Tous les historiens cependant soulignent l' importance historique de cette population en Afrique de l'Ouest où certains s'étant sédentarisés vont créer de petits États théocratiques  : le Macina au Mali, le Fouta-Toro et le Fouta Djalon en Moyenne-Guinée.

À l'Ouest région du Sahel…

  • VIe siècle av.J.C ? - VIIIe siècle ap.J.C -Arrivée de pasteurs Peuls dans le Hodh de la Mauritanie actuelle en passant par le nord du Sahara encore vert (gravures rupestres du Tassili et du Hoggar).
  • IXe siècle de notre ère - Dans la légende Futanke, le royaume des Dia Ogo.

De l'autre côté du Fleuve Niger…

XIe siècle-Fondation de l'empire almoravide englobant le Maroc et la Mauritanie, les tribus Peules qui s'étaient converties mais avaient abandonné la religion musulmane, furent contraintes de se convertir à nouveau. Persécutées par ces religieux, elles durent fuir vers le sud ; un premier groupe trouva refuge en Sénégambie et au Boundou, un second groupe se réfugia dans le Bas-Sénégal créant par la suite l'empire du Tekrour, futur Fouta Toro. Le troisième groupe gagna le Macina et fut rejoint par les tribus foulas qui s'étaient dirigées vers le Nil[29].

XIIe siècle - des Peuls refusant l'islamisation de l'empire du Ghana, suite a la pression des Almoravides, fuient vers la région du Fouta-Djalon, puis vers le Macina et enfin au nord du pays Haoussa.

XIIIe siècle - Dans le Tekrour, d'autres Peuls, se mêlent surtout aux Sérères et aux Tekrouri. Les Peuls avec le nomadisme ouest-est, atteignent les régions du Foutah Djallon en Guinée, jusqu'à atteindre les régions du lac Tchad et le nord du Cameroun. C'est ainsi qu'ils se sont étendus sur une bonne partie de la bande sahélienne, du Sénégal au Soudan.

XIIIe siècle - XIVe siècle - L'Empire du Mandé, intègre dans la paix, des ethnies aussi diverses que sont les Touaregs, Wolofs, Bambara, Songhaï, Tekrours, Dialonké, Malinké, Dogons, etc. Toutes ces populations ayant adhéré a la Charte du Manden.

XVe siècle - Sonni Ali Ber empereur de l'Empire songhaï de Gao, grand maître du Soudan Occidental, rattache le Macina, territoire a majorité Peulh, à l'empire de Gao.

XVIe siècle - Koli Tenguella dit Puli, à la fois Peulh et Malinké, à la tête de son armée, repousse les Maures, soumet l'État du Fouta-Toro après plusieurs tentatives, soumet également les Wolofs et les Sérères, annexe l'empire toucouleur (Tekrour), conquiert toutes les contrées s'étendant entre le Haut-Niger à l'est, le Bas-Sénégal au nord et à l'ouest, le Fuuta Jaloo au sud[30]. Koly Tenguella une fois roi (Silatigui) du Fouta-Toro, installe sa dynastie, les Deniankobé.

XVIIIe siècle - Création de l'État théocratique du Fouta Djalon en Moyenne-Guinée.

XVIIIe siècle - Arrivée de tribus Maures arabisées Brakna et Trarza au Futa-Toro, le Walo et le Cayor. Les troupes de Tashomba, appuyées de Marocains et de Hormans (métis de Marocains et de noirs), mettent à sac le Futa-Toro et renversent le régime des Dényankobe. Ils le remplacent par un régime maraboutique (tribus Zénaga). Guerres intestines entre les différents membres de la famille régnante, pillages et razzia fréquentes dans les villages agricoles, appauvrissent rapidement le pays. Mise en place de différents Syratiks au profit soit des Brakna, soit des Trarza.L'action des Maures dans cette région est un échec économique et social. Sous l'influence grandissante des tribus maraboutiques, retrait des Maures en 1786[31].

XVIIIe siècle - Les Diallubé (pluriel de Diallo) gouvernent les Peuls du Macina. Amadu Bari reçoit la bannière de la djihad, la guerre Sainte islamique, des mains du toucouleur Ousman Dan Fodio, et le titre de "cheikou"[32].

Sokoto caliphate.png

XIXe siècle - L'empire peul du Macina avec Amadu Bari à sa tête conquiert Tombouctou, contrôle Jelgooji, Liptaako, ainsi que le confluent du Sourou et de la Volta Noire au Sud-Ouest de l'actuel Burkina-Faso. Le XIXe siècle verra les conversions de Sékou Amadou et cette islamisation leur permettra d'avoir une certaine unité politique. Seuls les Peuls Bororos, Wodaabe « les bannis », en réchapperont. Les « convertis » fonderont alors un empire, l'Empire peul du Macina au Mali, le royaume Peul et Mandingue du Fouladou, en Guinée le Fouta-Djalon et au Nigeria l'Empire de Sokoto. Tous les États à part les deux Fouta, nés au XIXe siècle, ont été très éphémères, malgré cela c'est ce qui leur a permis durant ce siècle, d'établir une certaine unité des fulbé, ce qui n'avait jamais été le cas avant.

1811 - Les Peuls remportent une grande victoire sur les Gourmantché, à Dori. Dix ans plus tard, Ilorin sur la côte du Bénin devient un émirat peul, après la lutte menée par Mallam Alimi. En revanche battus à Kissi par les Touaregs en 1827, les Peuls doivent abandonner l'Oudalan, région située au Nord-Est du Burkina Faso.

1868 - Écrasement de l'État païen rival du Ngaabu (actuelle Guinée-Bissau) par al-hajj Umar puis Samori.

La période coloniale…

XXe siècle - L'arrivée des Européens, dans la région de la Guinée stoppa les grands mouvements cavaliers à la lisière des forêts du sud de l'Afrique occidentale et centrale. L'établissement des Européens stoppa également les échanges commerciaux entre États et radicalisa dans l'ouest africain, la pratique déjà ancienne de l'esclavage. Les Peuls constituèrent un mystère pour les Européens incapables de distinguer les alliances et échanges inter-ethniques instaurés par leur économie[33]. Durant tout le XX e siècle ceux-ci les considéreront pour certains, comme des Mahométans armés (élites, nobles) et par conséquent non soumis à l'esclavage (comme les Maures ou les Touaregs), pour d'autres comme des barbares soumis au travail forcé (code de l'Indigénat).

La résistance Peule.

La colonisation fut tardive (Haut-Niger 1854, le Fuuta-Djalon 1896 ; Rivières du Sud 1866) et elle fut relativement brève (à peine 100 ans). Le Gouverneur de la Guinée française était Faidherbe. D'emblée, les Peuls apparaissent aux yeux des Européens comme des Mahométans armés, au même titre que leurs voisins Maures et Touaregs. Leur société extrêmement hiérarchisée parut dès l'abord, trop complexe aux yeux des Européens et difficile a percer (problème de la langue). La France engagea une politique "diplomatique" et commerciale avec les différents États Peuls indépendants.Création d'un Gouvernement général de l'Afrique occidentale française visant à harmoniser la politique française, les trois colonies concernées par le Fouta Djalon étaient le Sénégal, le Soudan et la Guinée. On assiste dès lors à une résistance diplomatique : Plusieurs traités furent signés[34], notamment le "traité de commerce et d'amitié" 1881 entre les almami et Bayol qui marqua la première tentative directement impérialiste de la France à l'égard du Fuuta Djaloo : Principalement pour contrer le intérêts Anglais dans la région de la Sierra Leone[35]. En signant des traités avec la France et l'Angleterre à la fois, en 1881, en leur refusant de ce fait l'exclusivité du commerce, les dirigeants du pays, les almami, affichaient leur indépendance à l'égard des deux puissances impérialistes et du même mouvement, tentaient de les neutraliser : d'abord en rejetant la version française du traité[36]. La récusation de toute notion de contrôle et d'ingérence, le refus opiniâtre de laisser une puissance étrangère empiéter sur la souveraineté de l'État, non seulement en 1881, mais également lors de tentatives expansionnistes ultérieures, (colonne Plat 1887-1888, colonne Levasseur 1888, colonne Audéoud 1888 )[37], la mission Briquelot en 1888-1889, à l'initiative d'Archinard, tentera vainement de convaincre les almami des intentions pacifiques de la France. Cette résistance s'appuyait sur un concept lapidaire mais clair : "Le Fuuta Djaloo doit être aux Peuls et la France aux français". Ce principe nationaliste réitéré privait la France d'une base "légale" d'intervention.Le rejet par les almami de toute notion de protectorat s'accompagnait d'une résistance militaire, consistant à entraver l'expansion de la France au Soudan en s'alliant à Samori, le principal adversaire de la France. En cela, la France se révéla à peu près impuissante à peser sur les relations entre Samori et les almami. D'autant plus, que depuis l'autonomie des Rivières du Sud (août 1889), celle-ci menait une politique d'expansion pacifique à l'égard du Fuuta Djaloo, remettant à plus tard l'éventualité d'une occupation militaire, tandis qu'Archinard multipliait les lettres d'apaisement à l'égard des almami. Pour préserver sa souveraineté, le Fuuta Djaloo sut aussi habilement exploiter les conflits franco-français et franco-anglais.Jusqu'au décret du 11 juin 1865 instituant le Gouvernement général de l'Afrique occidentale française, explicitement voulu pour harmoniser la politique française, trois colonies étaient concernées par le Fuuta Djalon : Le Sénégal, le Soudan et la Guinée. Chacune d'entre elles, activait sa propre politique à l'égard de l'État peul encore indépendant. Frictions et conflits divisaient en permanence les trois colonies. Si les almami firent parfois preuve de naïveté en politique, ils surent très bien tirer avantage de ces mésintelligences. Ils instrumentalisaient les contradictions franco-françaises pour retarder la mainmise sur leur pays - On assiste également chez le "petit peuple" peul à une résistance sociale : Comme le "rachat" de captifs ou l'interception des caravanes - La politique de la France à l'égard des captifs sera faite d'ambiguïté.Elle consiste en particulier à inciter les captifs à s'enfuir de chez leurs propriétaires Peuls, pour les détourner à son propre profit: Beeckman : "Il serait indispensable de prévenir aux commandants du Soudan de ne pas recevoir aussi facilement les fugitifs du Fuuta Djallon qui servent à peupler les villages de liberté au détriment de notre nouvelle possession, qui a cependant besoin de tous ses bras pour la culture."[38]Las, les Français fourbirent le concept de féodalité, inadapté mais commode, paradigme négatif pour stigmatiser, ouvrir le procès du régime, justifier l'intervention militaire et l'occupation du pays, en se servant des rancœurs et des frustrations du petit peuple opprimé[39]. Le 14 novembre 1896, les Français défaisait Bokar Biro le neveu de Soriya Ibrahima qui lui avait succédé après sa mort en juillet 1890 (alternance Amadu / Bokar Biro, 1891-1896) à la bataille de Poredaka[40]. Contrairement aux autres colonies françaises, ils ne seront pas intégrés dans l'armée. Officiellement pour des raisons "physiques"[41].La résistance peule est notée sur le plan historique par un certain nombre d'études et d'ouvrages, textes, lettres manuscrites par des Peuls eux-mêmes et archivées, au Archive Nationales du Sénégal (ANS) et en France[42],[43]. Le référendum du 28 septembre 1958 la Guinée, sonnera la fin de la période coloniale.

  • 1958 - À partir des années 1960, la montée des nouvelles générations non soumises à l'esclavage, permirent aux jiyaabe et aux descendants des Bourouré d'autrefois, de jouer un rôle politique indéniable dans différents pays. Au Sénégal, Mamadou Dia, élu Président du Conseil de Gouvernement en novembre 1958, le demeura après la proclamation de l'indépendance du pays en 1960, mais, accusé d'une tentative de coup d'État en 1962, il fut destitué. Dès 1960, Ahmadou Ahidjo, se trouva à la tête du Cameroun. C'est aussi le temps de brefs sursauts nationalistes. De 1983 à 1987, Thomas Sankara présida aux destinées du Burkina-Faso. En Guinée, les opposants Peuls au régime politique dictatorial de Sékou Touré furent persécutés, entraînant au début des années 1970 un million de Peuls dans la diaspora. Aujourd'hui la diaspora peule concerne les États-Unis, le Canada, l'Angleterre, la France, le Portugal, les îles du Cap-Vert et les pays africains limitrophes.

Religions[modifier | modifier le code]

Les Peuls de nos jours sont presque tous musulmans. Une partie des Peuls d'Afrique de l'Ouest, ont été parmi les propagateurs de l'islam sunnite, notamment avec des personnages de l'ethnie Tekrour (TorooBé), comme Ousmane Dan Fodio, fondateur de l'empire de Sokoto (Dèm du Sokoto), Sékou Amadou, fondateur de l'empire Peulh du Macina, et Amadou Lobbo Bari "Emir du Macina", Muhammad Bello "sultan du Haoussa", Modibo Adama, fondateur du royaume Peulh de l'Adamaoua. Sur le plan socio-géographique, les Peuls conquérants pratiquant le djihad sont souvent des familles Peules sédentaires (en particulier en Afrique de l'Ouest) et métissées avec les populations avec lesquelles ils cohabitent. Création d'écoles coraniques, propagateurs de confréries soufies, soufisme[44].

Cependant, le syncrétisme d'Orient est toujours présent. Ainsi on peut trouver des Peuls musulmans, des Peuls chrétiens, des Peuls animistes parfois au sein d'une même famille.

Anthropologie sociale et culturelle[modifier | modifier le code]

Village peul aux environs de Ndioum (Nord du Sénégal)

Héritage culturel[modifier | modifier le code]

La transmission orale des traditions et des légendes est très importante chez les Peuls. Enseignée auprès des adolescents par les personnes les plus âgées et en particulier les femmes au travers de chants, de comptines. La langue est encore essentiellement orale et transmise par les femmes. Elles véhiculent l'histoire du peuple, ses exploits, ses rites et ses vertus.

Goût prononcé pour les langues, la poésie, les louanges, les épopées (joutes verbales : Kirlé au plur. ; Hiirdé au sing. ), développement d'une littérature. Dans cette transmission orale des traditions, n'oublions pas de mentionner le role important qu'y jouent les griots (historiens). La plupart des Peuls sont polyglottes. La beauté est recherchée, la probité, la sagesse, l'intelligence et la discrétion figurent parmi les règles à suivre du pulaaku, ces règles souples régissant la « pulanité ».

Artisanat[modifier | modifier le code]

L'artisanat peul est également important : couvertures munja. La manufacture est l'affaire des « actants ». Les nomades peuls ne sont pas artisans, ils passent des commandes chez les autochtones des pays qu'ils traversent. Les nomades fabriquent eux-mêmes les calebasses, les chapeaux coniques, leurs tabliers de cuir. Les Peuls sédentaires pratiquent l'artisanat, un artisanat typiquement peul, mais on peut trouver dans certaines zones des fusions de styles ethniques. Les Peuls sont d'excellents tisserands[45]. Ils tissent le coton et la laine avec un métier à tisser dont l'importation viendrait d'Asie d'après Henri Lhote. Ce sont, à l'image des Touaregs, des orfèvres. Ils sculptent des bijoux en or et en fer qu'ils associent au cuir et à des perles. Le sens esthétique chez les Peuls est très poussé et célèbre[46]. Chez les Peuls sédentaires, il existe des castes d'artisans : les maboulé, qui sont des tisserands ; les wailoubé, qui s'occupent des productions en métal, alors que leurs femmes pratiquent la poterie ; les garankobé, qui s'occupent du cuir; les laobés, qui travaillent le bois.

Parure d'une vieille femme peule (in Colonel Frey, Côte occidentale d'Afrique, 1890)

Habillement

On ne dispose d'aucune représentation en dehors de celle de Médinet-Habou sur l'habillement et l'allure générale des ancêtres des Peuls… Néanmoins, la plume d'autruche que l'on voit portée par des Wodaabe (Photo) durant certaines de leurs cérémonies n'est pas sans rappeler une célèbre et unique représentation d'un Libyen peinte sur la tombe de Séti 1er.(tunique fermée à l'épaule, tresse devant l'oreille et coiffure de plume). Les Peuls ont des tatouages faciaux qui leur sont propres. Les nomades portent également des tabliers de cuir colorés de dessins géométriques et des tuniques sans manches, les yeux sont cernés de khôl. Le "chapeau pointu" est également une exclusivité peule. Coiffures en gourdes, en cimier, à cadenettes sont visibles sur les peintures du Sahara relevées par Henri Lhote et sont dites "sahariennes".

Les hommes peuls nomades portent une tunique, le bolare, de couleur brune qui arrive à mi-mollet, un bâton, un chapeau de paille conique, un tablier de cuir, des boucles d'oreille. Ils ont la tête enturbannée, comparable au taguelmoust des Touaregs, et portent un pantalon bouffant. Le chapeau conique (typiquement peul) est porté, et souvent y est accrochée une plume d'autruche. Les talismans ou gris-gris, sont portés pour se protéger des djinns. Les femmes portent le pagne, bleu indigo, et le boubou de couleur très foncée, parfois noire. Les Peuls sédentaires adoptent parfois le style des ethnies avec lesquelles ils cohabitent. Chez les hommes le chapeau conique est porté, ou bien aussi un bonnet souvent de couleur blanche, le couffouné, parfois rond ou carré. Ils portent une courte tunique, par dessus laquelle ils mettent un grand boubou, souvent de couleur blanche, bleu foncé, le doloké. Les femmes portent le pagne, et le boubou, et attachent sur leurs têtes un morceau de tissu qui est la version féminine du turban, moussor.

Les femmes peules pratiquent le tatouage des lèvres et des gencives à l'indigo, des paumes de la main et des pieds. Elles percent leurs oreilles et y insèrent des anneaux d'or, ou des boucles d'oreille d'or imposantes et torsadées. Elles mettent un petit anneau en or ou en argent aux narines. Les jeunes filles ont à leurs poignets et à leurs chevilles, plusieurs anneaux d'argent ou de cuivre symbolisant leur richesse.

Les Peuls sont un peuple à cheveux longs, lisses à ondulés[47] permettant un type de coiffure particulier où les cheveux sont ramenés sur le sommet du crâne, formant une coiffure en "gourde" célèbre chez les Wodaabe et les Bororos. Les femmes bororos ramènent en chignon leurs cheveux à l'avant, le reste des cheveux est sectionné en plusieurs parties qu'elles tressent, et qui retombent sur les côtés de la figure et à l'arrière de la tête. Les métissages ont multiplié les styles de coiffures. Celles-ci sont nombreuses, en forme de losange, triangle, et plusieurs noms leur sont donnés. Malgré la diversité des coiffures chez les femmes peules, le plus souvent les hommes et les femmes sont coiffés de la même façon. Certains hommes (sédentaires ou nomades) laissent leurs cheveux longs, puis se rasent le crâne vers l'âge de 50 ans. Chez les femmes, l'art de la coiffure est très développé. Pour la coiffure elles se servent de pièces de monnaie, de cauris, de beurre de karité, de perles. Les femmes portent des Saris comme les femmes Touaregs au Sahel, des robes multicolores à volants, des pagnes et des blouses indigo clair au Burkina Faso. Chaque groupe possède ses propres couleurs à base d'indigo plus ou moins clair, ses propres liserés, le graphisme est souvent à base de frises, de triangles, de losanges colorés. Les femmes sédentaires réalisent des coiffures en cimier. Les Peuls rasent parfois leurs cheveux suivant la mode arabe de piété, les femmes portent deux ou trois nattes simples avec un voile fin à l'arrière de la tête, simple ou richement décoré. Le "cheveu" est très investi chez les Peuls, et si leur nature le permet, la femme préfère les porter aussi longs que possible. Cependant, la coiffure féminine sera toujours « nattée », richement décorée ou semi-couverte en public.

Le pulaaku[modifier | modifier le code]

Pulaaku ou Pulaagu dans certaines régions : « être Peul »[48]

Le pulaaku[49] est « un ensemble de règles très subtiles »[50], morales et sociales, un « code de comportements jugés spécifiquement Peul »[51], voire « l’idéal projeté dans la manière d’être peul »[52].

« Le pulaaku se retrouve chez tous les groupes Peuls, dans toutes les régions. C'est une preuve de stabilité de la catégorie et une première indication sur sa signification et sa fonction qui, manifestement ne relève pas seulement du besoin d'identification lié à des contextes historiques particuliers. Dans cette acception très générale, on peut parler de la « pulanité » en tant que conscience d'une identité durable, conscience unissant les Peuls, indépendamment de toute explicitation au niveau du contenu — Elizabeth Boesen[53]. »

L'indianiste Stein ajoutera une note enrichie à la notion de segmentary State élaborée par Aidan Southall, à propos du pulaagu comme critère de sélection à chaque niveau de pouvoir. Il note par exemple, l'absence de « séniorité » (contrairement aux successions et élections des groupes africains et au groupe de culture moyen-orientale proches) mais à « l'empilement d'élection » par le conseil de même niveau et de confirmation ou d'intronisation par le niveau supérieur.

« Dès lors, la langue elle-même, serait le pivot de plusieurs champs de signification, au tuilage des sons correspondants aux glissements de sens et le chevauchement des institutions et des groupes. En témoigne le fait que dans les sociétés peules où la « mise en caste » est la plus poussée, les groupes sociaux sont moins cloisonnés que ne le laissaient penser les taxinomies éthiques élaborées dans les années 1960[54]. »

Parmi ces valeurs peules figure la « suavité » (beldum) qui n’existerait que chez les Fulbe (bele sey to Pullo), et qui se concrétise non seulement dans leur hospitalité et leur générosité, mais dans tout leur comportement.

On observe également une réticence à dire « non » (e woodi). C’est ainsi qu’un Peul n’opposera jamais un « non » ferme, il dira "e woodi" (c'est bien). Or, quand un Peul donne gentiment son accord, cela ne veut souvent pas dire grand-chose. Ils décrivent leur comportement comme étant forcé : le sentiment de honte, leur pudeur (semteende) ne leur laisse pas le choix. Le comportement peul n'aurait en quelque sorte aucun rapport avec autrui, mais avant tout avec lui-même.

La vie nomade a développé un caractère indépendant et une hypersensibilité ne favorisant pas le contact avec autrui.

La société peule est fortement hiérarchisée : l'aîné est respecté et même craint.

Les formules de politesse et les règles du savoir-vivre sont nombreuses et très importantes : le vouvoiement est prédominant.

Enfin, savoir "tenir", "se tenir", le contrôle et la maîtrise de soi sont une part fondamentale de la bonne éducation peule : il est malséant de s'enthousiasmer, de manifester bruyamment, de réclamer et de quémander. Ce comportement différencie le Peul "noble" ou "libre" de celui d'origine servile (voir "Contes initiatiques Peuls" ou "Amkoullel, l'enfant Peul" de Amadou Hampâté Bâ).

Organisation politique et intégration spatiale[modifier | modifier le code]

On décrit parfois les Peuls comme « foncièrement individualistes ». « Être Peul », ce serait être libre. Se réaliser en effet, ne peut se faire ni sous le joug de, ni sous la séduction de, ni même sous les conseils de… La « pulanité » est autonome. Il n'y a pas de communautarisme chez les Peuls, mais il y a des revendications culturelles et identitaires, des clans, des individualités, des groupes épars. Le chef ou une autorité quelconque, est élu à la participation active. On observe ainsi une alternance politique ( Fouta-Djallon ) au XVIIe siècle - XIXe siècle et des audits sont réalisés dès le XVIe siècle pour certains groupes. Le Moyen Âge verra l'avènement des chefferies aux petits chefs autoproclamés : impérialismes, servitudes, multiplicité des contacts de populations ont favorisé des contextes d'acculturation, exclusion et / ou marginalisation chez certains groupes. Les actes délictueux sont sanctionnés par une radiation pure et simple de la sphère identitaire. Infiltrations et tactiques de replis : les Peuls se soumettent généralement aux lois des pays qu'ils traversent.

Une nourriture pastorale[modifier | modifier le code]

Souvent, ils pratiquent presque un lacto-végétarisme naturel sans prétentions idéologiques ou religieuses. La consommation de la viande de bœuf en particulier est prohibée, sauf en de rares occasions : mariage, naissance, visites importantes. Consommation de miel sauvage et consommation presque exclusive de lait de vache, jument, chamelle (rare) sous toutes ses formes hormis le fromage non acclimaté : kétugol : crème de lait ; kosam : lait caillé ; tiakuré : petit lait ; néba : beurre en motte ou clarifié ; komboïri : la soupe au lait est un plat peul.

Dans les villes, la nourriture est plus diversifiée : fruits secs, dattes, miel, riz, mil, couscous, fonio, maïs, taro, patates douces, manioc, oranges, mangues, légumes du jardin, poissons frais, viennent agrémenter des plats en sauces. Chaque groupe peul réparti par région, cuisine des plats locaux (plusieurs sortes de couscous ou lacciri en Guinée (préparé avec de la farine de maïs, de mil, ou de riz), des plats de céréales comme le fooyo préparé avec le grain de fonio, ou le kuuya préparé avec de la farine de manioc. Le petit gibier autrefois chassé à l'arc, petites perdrix sauvages gerlal, et pintades sauvages jongal, sont les viandes préférées des Peuls, largement devant le mouton consommé lors des fêtes musulmanes ou plus couramment le poulet. Néanmoins, la frugalité reste une valeur importante (pratique du jeûne), la consommation de viande est toujours rare et vue comme exceptionnelle - pas de consommation de porc. Les repas sont espacés d'un jour sur deux en moyenne et la journée elle-même peut ne comporter qu'un plat unique (même dans une société d'abondance). Le lait et le thé à la menthe sont les boissons les plus courantes et consommées tout au long de la journée.

Habitat[modifier | modifier le code]

Les Peuls habitent dans plusieurs types d'« habitations » réparties suivant les zones géographiques et le type d'économie (sédentaires, semi-nomades ou nomades).

  • Chez les sédentaires

Les sédentaires habitent dans des quartiers appelés Wuro.

La maison ronde est appelée Suudu, (pl. Cuudi). Elle est à plan circulaire et dans la plupart des cas en paille tressée.

Les empires mauresques du Moyen Âge, les migrants en Europe, la colonisation ont amené d'autres types de construction. En Moyenne-Guinée, les Peuls vivent dans des maisons en ciment, au toit fait de briques, avec petit jardin attenant, et entourées de barrières ou d'une clôture formant une concession appelée galle.

L'élévation du site est aussi fréquente que significative. Autrefois, les nobles habitaient en hauteur sur une colline, tandis que les autres habitations étaient construites au flanc ou au bas des coteaux. De fait l'habitat du Peul sédentaire est souvent situé à flanc de colline, de montagne ou à leurs sommets.

  • Chez les nomades

Les groupes nomades vivent sous des huttes rondes de branchages recouverts de couvertures en laine, jamais sous une tente. Parfois il n'y a même pas de constructions, seulement une rangée de branchages rapidement liés, et plantés dans le sable du désert pour constituer une haie de fortune[55].

Élevage[modifier | modifier le code]

La plupart des Peuls en milieu rural sont essentiellement éleveurs et leur mode de vie est rythmé par les besoins saisonniers de l'élevage. La vache tient une grande place, non seulement dans l'alimentation et l'économie des ménages, mais aussi dans les relations sociales et dans la mythologie. La colonisation a entraîné une sorte de confusion sur l'économie pastorale. La vache fut considérée comme un animal de prestige par les occidentaux puisque chaque famille tentait d'en avoir le plus possible et refusaient de s'en séparer comme bêtes à viande, c'est-à-dire d'entrée dans une « économie rationnelle », de marché.

L'élevage de bovins zébu ( bos indicus ) est principalement pratiqué pour le lait. Il est extensif c'est-à-dire pratiqué avec un minimum d'investissement monétaire (avec dépenses limitées aux vaccins et aux médicaments) et par l'utilisation de pâturages librement accessibles. Dans un troupeau moyen l'effectif est de cinquante têtes environ, dont les trois quarts sont des femelles. Ces femelles permettent de reconstituer le troupeau rapidement en cas d'épidémie. C'est un type d'élevage « rationnel », mais multimillénaire de survie. Les taureaux mâles sont consommés lors de rites précis et constituent la dote traditionnelle. Les animaux d'une même ferme sont en général conduits ensemble aux pâturages. Cela ne signifie pas pour autant qu'ils soient la propriété collective des habitants de cette ferme - ni d'ailleurs la propriété privée d'une seule personne. Tous, femmes et enfants peuvent détenir des animaux dans un même troupeau. La descendance de la vache offerte comme don de naissance au mari par le grand-père maternel de l'épousée sera héritée par les enfants de celle-ci[56].

L'animal de prestige est le cheval.Il n'est présent que chez les Peuls sédentaires des bassins du fleuve Niger et Sénégal et autour du lac Tchad. Par son entretien délicat, le cheval demande du pâturage ou une coopération avec des céréaliers sédentaires. Le cheval peul est un petit cheval appelé aussi poney, dont la petite taille retint l'attention des premiers lettrés arabes qui visitèrent le Bilad-al-Sudan ( Cuoq 1975 ; Mauny 1961 ). Appelé parfois cheval steppique, il est pour beaucoup de spécialistes, le descendant des premiers chevaux attelés introduit dans l'Aïr et de l'Adrar des Ifora au premier millénaire de notre ère[57]. Rare à l'état "pur" aujourd'hui, nombre de ces chevaux sont croisés avec le barbe lourd et grand cheval rustique du Maghreb. Il sert au gardiennage des bœufs. D'autres croisements avec des pur-sangs arabes donnent des chevaux plus fins et racés pour la cavalerie ou la parade.

Sociétés[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas une société peule, mais des sociétés peules ; « Planète Peule ». Le corpus peul est dit « souple » et adaptable. Il est en évolution perpétuelle, tout en conservant ses traits caractéristiques initiaux.

Les Peuls sont endogames semi agnatiques. La femme n'est pas voilée et il n'y a pas de lévirat[58].

Il existe quatre mariages traditionnels peuls avec quatre divorces correspondants :

  • le premier mariage est décidé par les parents ; ce mariage (dewgal) a lieu vers 21 ans[59] ;
  • le deuxième, après un divorce ou un veuvage ;
  • le troisième, le « mariage-don » (politique) ;
  • enfin, le culnol, concubinage d'un noble avec une kordo, femme de condition servile, est d'importation arabe.

Un cinquième mariage islamique a été rajouté aux alentours du XVIe siècle. Il est rendu par le cadi, juge musulman, et possède deux divorces associés. Les « Peuls rouges » sont monogames[60]. Les Peuls sont monogames dans l'ensemble.

Il existe trois formes de divorce (cergal) chez les Peuls :

  • La répudiation (la femme retourne chez ses parents) ;
  • Le divorce par consentement mutuel ou arrangement familial (le plus fréquent) ;
  • Le divorce judiciaire (exceptionnel)[61].

Les Peuls peuvent divorcer plusieurs fois, et ils contractent souvent plusieurs mariages au cours de leur vie 2 ou 3 ; la polygamie est minoritaire et se rencontre surtout chez les Peuls urbains et islamisés[62]. Règles du cousinage (cousins de lait endam et cousins de noms, cousins de clans).
Chez les Peuls Wodaabe, les enfants sont mariés très jeunes car il existe un mythe fondateur du garçon et de la petite fille. Mais la jeune fille a le droit de vivre sa vie de célibataire jusqu'à ses dix-huit ans. Chez les Bororos, lors du worso « fêtes du Printemps », les hommes dansent le guerewol (photo) où elles peuvent choisir un fiancé. Les Wodaabe sont des monogames « successifs » avec nombreux divorces ou séparations. Le concubinage est interdit et rapidement scellé par un teegal, des « épousailles ». On note une survivance d'une ancienne gynécocratie, l'héritage est utérin (matrilinéaire).

Les pasteurs[modifier | modifier le code]

La diversité peule tient à un éclatement des cadres géographiques. Autrefois disposé en archipels[63] dans la zone sahélo-saharienne, le peuplement tend à se diffuser et à s'atomiser. Contesté par des cultivateurs et des agroéleveurs, le pastoralisme l'est également par d'autres pasteurs du Sahel : Touaregs, Toubous). Dernièrement, les Arabes du Tchad, descendus de façon massive dans les savanes de ce pays, ont poussé les pasteurs peuls à descendre en Centre-Afrique, Côte d'Ivoire, Cameroun, Nigeria) où la réussite de ce pastoralisme sur de nouvelles bases écologiques en savanes humides est le plus grand défi actuel des pasteurs peuls [64].

Castes[modifier | modifier le code]

La société peule est la plus hiérarchisée d'Afrique. Ces règles hiérarchiques sont aussi plus complexes et d'un abord plus difficile pour le regard extérieur, que celles que l'on peut voir dans les chefferies Touaregs ou Maures qui connaissent aussi le maquignonnage…

Dans les villes, il existe deux grandes classes sociales :
En fait, dans les villes, on assiste à la "disparition" des castes, au fur et à mesure que le "capitalisme" s'installe et "l'argent" devient roi.
Les castes dans la société féodale peule peuvent être déclinées ainsi (FT): - Les nobles ou rimɓe, la plupart de patronymes Kâ-Sow-Bâ: Dans le Fuuta Tooro, les rimɓe (sing. dimo) comprennent les castes suivantes :

  • les tooroɓɓe (sing. tooroodo), marabouts à l'origine ;
  • les seɓɓe (sing. ceɗɗo), guerriers ;
  • les subalɓe (sing. cubballo), pêcheurs ;
  • les Durnooɓe (sing. durnoowo), ou fulɓe aynaaɓe (peulhs éleveurs).

Durnooɓe qui signifie qui "font paître" n'est pas en soi une caste. On peut les appeler les Fulɓe aynaaɓe (peulhs éleveurs). Ils sont nobles et de même rang que les tooroɓɓe (Au Fuuta Tooro, au moins). Le terme dimo désigne bien "noble".

- Les "non nobles" ou ñeeñɓe (sing. ñeeño) :

  • les Wayluɓe, Baylo, forgerons ;
  • les Lawɓe, labbo, bûcherons ;
  • les Sakkeeɓe, Sakke, cordonniers ;
  • les Maabuɓe, Maabo, tisserands ;
  • les Wammbaaɓe, bammbaaɗo, guitaristes ;
  • les Awluɓe, gawlo, griots ;
  • les Gallunkooɓe, gallunke, affranchis ;
  • les Jiyaaɓe (maccuɓe pour hommes et horɓe pour les femmes, sing. maccuɗo, korɗo), esclaves.

Les mariages entre les deux groupes ne sont pas acceptés. Aussi, ils sont rares entre les tooroɓɓe et subalɓe... Les mariages sont possibles et normaux entre les 4 premières castes des ñeeñɓe, entre les awluɓe et les wammbaaɓe aussi. Les jiyaaɓe, en bas de l'échelle sociale, ne peuvent se marier avec aucune autre caste...

L'ensemble comporte de nombreux homonymes suivant les parlers locaux ainsi que des articulations intercastes, mais relèvent toujours des mêmes distinctions sociales.

Les Peuls, hormis les castes, sont regroupés en de nombreux clans ou tribus appelés legni:

  • Les fulbe ururbe ou worworbe : Présents partout, au Sénégal, Fouta-Djallon, Mali, Niger, Mauretanie, Burkina Faso, ce sont les Peuls de l'ouest, à l'est ils prennent le nom de burure ou bororo'en. Ils sont parmi les premiers Peuls qui se sont sédentarisés.
  • Les fulbe laace : Ce sont des Peuls qu'ont trouve spécialement au Sénégal, dans la région du djolof. Ils sont liés aux Wolofs avec qui ils cohabitent, (interpénétration linguistique), ils gardent les troupeaux des Wolofs, on les trouvait aussi dans le Sine-Saloum, et le Ferlo où ils nomadisaient. On les appelle aussi fulbe jeeri, nom qu'on donne en général à tous les fulbe de cette partie du Sénégal.
  • Les fulbe jaawBe : La plus grande des leyyi peules. Ils sont particulièrement présents au Sénégal, Mali, ils pratiquent l'élevage surtout ovin, mais aussi la pêche, pour les jaawBe dalli, ils se fixent parfois près des fleuves, il y a de nombreux sous-groupes jaawbe. Ils sont à l'origine de la caste peule des jaawamBe, réputés pour être de fins stratèges dans l'ancien Fouta-toro.
  • Les fulbe cuutinkoobe : Peuls originaires de l'ancienne région du Diara entre l'est Sénégalais, et l'ouest malien, ils sont un sous-groupe de la grande famille peule des raneebe, la plupart d'entre eux sont de patronymes Diallo, les cuutinkoobe, étaient à l’origine des jaawBe, ils sont présents au sud du Sénégal, Guinée-Bissau, Guinée.
  • Les fulbe yirlaabe : Ce sont les Peuls les plus à l'est, Tchad, nord-est Nigeria, Adamaoua dans le Nord du Cameroun. Les yirlaabe ou ngiril, sont très présents à l'Ouest également. Ils sont tous originaires du Fouta-Toro.
  • Les fulbe wodaabe : Surtout présents au Niger aujourd'hui et originaires du Diafunu, certains se nomment diafunu'en, ancienne région englobant le Sahel mauritanien, le Macina au Mali, le Nord-Est du Sénégal. Ce sont les Peuls ayant le plus conservé leurs traditions nomades et leur culture, ce sont également les plus rustiques, ils sont restés très proches de la nature, ils sont de grands bouviers, et même s'ils sont majoritairement musulmans, ils pratiquent un islam très sommaire. Ils sont présents au Sénégal où ils sont disséminés un peu partout et où l'on trouve de nombreux sous-groupes, au Fouta-Djalon, où beaucoup se sont sédentarisés. Dans cette leyyi, les sédentaires islamisés sont appelés wolarBe.

Ces clans sont parfois divisés en plusieurs fractions et sous-fractions appelées kinde, selon leurs patronymes, les régions où ils habitent, les animaux qu'ils élèvent bovin, ovin, l'ancêtre (chef clanique) dont ils se réclament. Il existe encore d'autres clans, dont les kolyaabe de koli Tenguella, les yaalalbe. Les castes sont les mêmes, pour toutes les leyyi. Certains clans peuls, sont liés par le jongu, un lien de parenté, qui les oblige à l'entraide, au respect mutuel.

Il existe 31 groupes nomades, 48 groupes semi-nomades et 29 groupes sédentarisés[65].

Personnalités Peul[modifier | modifier le code]

Nigeria[modifier | modifier le code]

Sénégal[modifier | modifier le code]

Guinée[modifier | modifier le code]

Mali[modifier | modifier le code]

Sierra Leone[modifier | modifier le code]

Burkina Faso[modifier | modifier le code]

Cameroun[modifier | modifier le code]

Gambie[modifier | modifier le code]

Guinée Bissau[modifier | modifier le code]

Mauritanie[modifier | modifier le code]

  • Souleymane Mamadou Kane, traducteur, premier président de l'Association pour la Renaissance du Pulaar en Mauritanie, Ancien directeur de l'Institut des langues nationales
  • Bâ Mamadou Silèye, ancien président de l'Association pour la renaissance du Pulaar en Mauritanie (1980-1985)
  • Bocar Amadou Bâ, professeur, chargé de Communication de l'Association pour la Renaissance du Pulaar en Mauritanie, directeur de publication de Fooyre Ɓamtaare, mensuel en Pulaar (le seul en langue nationale)
  • LO Gourmo Abdoul, professeur au Havre France, 1er vice président de l'UFP (Union des forces de progrès)
  • Ba Boubakar Moussa, sociologue, consultant international, président du Conseil national de l'UFP
  • Dia Amadou Oumar, professeur, chercheur, écrivain auteur de "Peuls et paysans, les Halayɓe de Mauritanie, président de l'Association pour la Renaissance du Pulaar en Mauritanie
  • Ba Mamadou dit Mbaré, ancien Président du Sénat (2e personnalité de L’État).
  • Dieng Boubou Farba, ancien Président du Sénat (2e personnalité de L’État)
  • Ba Ousmane, secrétaire général du Gouvernement
  • Thiam Diombar, Ministre des Finances
  • Kane Hamidou Baba, député et Président du Parti MPR
  • Sarr Ibrahima, Président de L'Ajd mr
  • Kadiata Malik Diallo, député
  • Maitre Fatimata Mbaye, avocate
  • Raby Haidara, maire sénatrice
  • Mamadou Demba Sy, journaliste
  • Diop Abdoulaye, Senateur
  • Tène Youssouf Guèye, écrivain, martyr de la campagne de purification ethnique des années 90
  • Djigo Tafsir, ancien ministre, martyr de la campagne de purification ethnique des années 90
  • Mamadou Samba Diop dit Mourtoudo, ancien homme politique et résistant au système discriminatoire mauritanien.
  • Mahamadou Sy, auteur de l'enfer d'inal.
  • NDiaye Saydou Amadou, auteur, professeur de peul et traditionnaliste.
  • Pr. Saydou Kane, historien, anthropologue, égyptologue
  • Sy Dahirou Mary, ancien homme politique, philosophe
  • Harouna Rachid LY, écrivain
  • Amadou Yero Kiiɗe, Magistrat à la retraite, ancien président de la Cour d'Appel de Nouakchott, membre de la Commission de la transparence financière et du Haut Conseil Islamique.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Langue[modifier | modifier le code]

Article détaillé : peul.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nigeria
  2. Guinée
  3. Mali
  4. Cameroun
  5. Sénégal
  6. Niger
  7. Burkina Faso
  8. Mauritanie
  9. Guinée-Bissau
  10. Gambie
  11. Sierra Leone
  12. Tchad
  13. Côte d'Ivoire
  14. www.tlfq.ulaval.ca/axl/afrique
  15. Atlas des minorités dans le monde, 2008 / Cartes de la répartition géographique des Peuls, Roland breton, 2008 (ISBN 978-2-7467-10917)
  16. (en) CIA World Factbook, Guinea[1]
  17. Source RAMEAU, BnF [2]
  18. La lettre "ɓ" représente une consonne injective bilabiale voisée. Sa prononciation en peul se distingue de celle du b ordinaire dans cette langue. En Guinée, il existe une transcription alternative digramme, bh, qui donne par exemple Fulbhe.
  19. Linguistique - Arame Fal, Rosine Santos et Jean L. Doneux, Dictionnaire wolof-français, Karthala, Paris, 1990, p.169
  20. Jean-Marie Mathieu. note p.21 in Les Bergers du soleil, l'Or Peul, éd. DESIRIS, 1998,Paris
  21. (en) Shaw, Thomas McDonald. The Fulani matrix of beauty and art in the Djolof Region of Senegal. Edwin Mellen Press, 1994. pp 49-50 (ISBN 0773493956)
  22. (en) Cheikh Anta Diop. The African origin of civilization: myth or reality. L. Hill, 1974. pp 155-191. (ISBN 1556520727)
  23. (en) Schuh, Russell G. The Use and Misuse of language in the study of African history. 1997.
  24. (en)Niang, Mamadou Ousmane. Constraints on Pulaar phonology. University Press of America, 1997. pp 22-24. (ISBN 0761806113)
  25. Taal, Ebou Momar. Senegambian Ethnic Groups: Common Origins and Cultural Affinities Factors and Forces of National Unity, Peace and Stability. 2010
  26. L'extraordinaire aventure des Peuls, H. Lhote, Présence africaine/doc/1959
  27. Voir carte des différentes migrations peules, p. 93 in L'Afrique 50 cartes et fiches de Etienne Smith, éd. Ellipses, 2009
  28. Le peuplement du Niger actuel ne se rattache qu'en partie à la conquête musulmane: Leur pénétration pourrait se diviser en trois épisodes : fixation ancienne colonie de Say conquête guerrière et religieuse de l'empire de Sokoto sur les états noirs voisins, infiltration pacifique de groupes sédentaires et nomades. Les nomades actuels ne sont arrivés pour la plupart qu'au XXe siècle. Ainsi à l'époque de l'établissement des Français, il n'y avait que 1 200 Peuls dans la région de Tahoua. ( voir Peuls Nomades, M. Dupire, éd. Karthala, 1996- p.20-37 )
  29. p.12 Parlons Pular, Anne Leroy et Alpha Oumar Kona Balde, éd. L'Harmattan, 2002
  30. p.12 Parlons Pular
  31. Oumar Kane, Les Maures et le Futa-Toro au XVIIIe siècle, cahiers d'Études Africaines, 54, XIV-2 pp. 237-252
  32. Islam "Chef" en arabe, seeku en peul
  33. Histoire - Les Peuls sont fort mal connus en Europe avant la Révolution française, en témoigne ce que dit Diderot au mot "Foules" (Fulbé) dans son Encyclopédie : "Nous les connaissons si peu que quelques voyageurs nous assurent qu'ils sont mahométans et assez civilisés, tandis que d'autres prétendent qu'ils sont païens et sauvages" […]. cit. p.102 in Les Bergers du Soleil
  34. Histoire - Un traité avec les Anglais fut signé le 30 mars, avec les Français le 5 juillet de la même année…
  35. Archives nationales du Sénégal, 15 G 40. & p.101 in & p. 130 in Figures Peules
  36. Histoire - Sur la résistance à l'expansion française entre 1881 et 1896, à l'occupation militaire, voir McGowan Winston Franklin, Fula resistance to French expansion into Futa Djalon, 1889-1896, éd. Journal of African History, 22 (1),1981 ; et Barry Ismaël, Le Fuuta Djaloo face à la colonisation, Université Paris -VII, thèse de doctorat, éd. L'Harmattan, 1997 : p.95-149
  37. Histoire - note d'Audéoud concernant la politique agressive de Gallieni : "Elles visent à mettre au pas le Fuuta Djalon, et à braver en face ces Peuls plein de morgue et dont la suffisance envers les Officiers français dépasse toute borne"
  38. Histoire - R.de Beeckman Gouverneur de la Guinée française, Timbo, 20 novembre 1896, ANS, 7 G 78; demande réitérée le 12 décembre ( ANS, 7 G 83 )
  39. P.130 in Figure Peule
  40. p. 102-131 in Figures peules, Roger Botte, Jean Boutrais, Jean Schmitz, ed.Karthala, 1999
  41. Histoire - Les critères physiques pour entrer dans l'armée française sont ceux des mélano-africains ( voir Peuls nomades de Marguerite Dupire à ce sujet : p.12 cit. "Le recrutement militaire éliminait bon nombre de Peuls authentiques, en raison de facteurs inhérents à leur condition physique (leur gracilité leur conférait des indices corporels éliminatoires) […]Si bien que des observateurs peu avertis ont classé, sans réserve, sous des noms Peuls, des Mélano-Africains vivant au contact des Peuls, ressortissant peu ou prou de leur société, et se déclarant sous ce titre bien que n'ayant très peu ou pas, dans leurs veines, de sang Peul"). Ce sont les mêmes mesures que celles demandées par les Compagnies négrières. Les quelques éléments "Peuls" des fameux "tirailleurs Sénégalais" sont en majorité, des ethnies transversales Soninkés, Tekrours, Laobé.
  42. Ce sera par exemple, le refus de parader au nom du nouveau vainqueur.Ainsi, des journaux français relatent cette anecdote, concernant l'exposition coloniale de 1889 organisée par la France, (on y verra des Maures et des Touaregs en habits d'apparats), pas de Peuls, au grand dam des journaux de l'époque…anec.P.78 in Figures Peules & Une étude sociologique des Wodaabe Marguerite Dupire
  43. Histoire- Sur les variations d'appréciation des Français voir : Conakry, Rapport sommaire sur la situation politique […] du 20 octobre au 20 novembre 1892, ANS, 7 G 33 ; Faranah, Rapport politique du 31 juillet 1893, du 1er novembre 1893 et du 12 août 1894, ANS, 7 G 35 ; Heremakono, Bulletin politique, 5 juin 1895, ANS, 7 G 38 & sur la résistance de la population en général, Barry Koumba G., La conquête coloniale de l'émirat peul du Liptaako : conséquences sur la vie des populations, Université de Dakar, mémoire, 1984, Dakar
  44. Sociologie- L'Islam est un élément fondamental dans l'émancipation, le changement et l'évolution du statut des esclaves (jiyaabe) voir. p.151-157-158 in Figures Peules - Les Peuls du Macina, du Fouta-Toro et du Sahel ( Hodh ) soudés par leur foi musulmane commune nouvellement embrassée, et par les rites de la Qadiriya-Islam Qadiriya confrérie religieuse fondée à Bagdad au XIe siècle, prône une pratique rigoriste et mystique et l'extase y est considérée comme l'aboutissement d'une rythmique précise. Sa devise est "charité" (concerne les Peuls du Fuuta-Toro, du Sahel et du Macina au XVIIe siècle ( rite malékites, présent au Fuuta-Djalon dès 1725) p. 101 Les bergers du Soleil s'implantent solidement en Guinée, sous les ordres de chefs tels qu' Ibrahima Sambego, dit Sori et Karamoko Alfa, dit Alfa Bâ.
  45. p.2 Henri Lhote, L'extraordinaire aventure des Peuls/doc/ présence africaine/ 1959
  46. L'art Peul de Jacqueline Delange, Cahiers d'études africaines - 1963- /doc/no 13.
  47. H. Lhote, p.3 in L'extraordinaire aventure des Peuls/doc/ Présence africaine, 1959
  48. Sociologie - « être peul », titre du chapitre II dans Aboubacar Barry, « Le sujet nomade : lieux de passage et liens symboliques », Paris ; Budapest ; Turin, L'Harmattan, 2003, p. 66
  49. Linguistique- Le suffixe aaku (parfois aagu pour certaines régions ) est propre aux mots abstraits tels que sukkanaaku : « jeunesse » ou dimaaku : « noblesse »
  50. (A. Barry, « Le sujet nomade », op. cit., p. 69
  51. Sociologie - (José van Santen, « Garder du bétail, c’est aussi un travail » : les relations entre les pasteurs Peuls et agriculteurs, du centre Bénin et du Nord-Cameroun » in Youssouf Diallo et Günther Schlee (dir.), « L'Ethnicité peule dans des contextes nouveaux », Karthala, 2000, p. 146
  52. Sociologie - Alpha Ousmane Barry, « Mode d’expression poétique et stratification sociale dans l’État théocratique du Fouta Djallon », Presses universitaires de Franche-Comté, 2004, p. 140 [3]
  53. Sociologie- Elizabeth Boesen, « Pulaaku, Sur la foulanité » in Roger Botte et Jean Boutrais (éd.), « Figures peules », Karthala, 1999, 539 p.
  54. Sociologie - p.30 in « Figures peules »
  55. Culture - note p.208 Thomas Bierschenk in Figures Peules, ed. karthala, 1999
  56. Ethnologie- Le mode d'extraction du lait chez les Peuls est presque unique au monde. Cependant, il a été comparé à deux autres peuples :cit.p.527 ( IV : 3 ) "…la même coutume a été signalé ailleurs [que chez les Scythes], en Asie Centrale et chez les Peuls, peuple pasteur de l'Afrique" in Hérodote l'enquête, Livres I à IV, éd. Folio classique, 2006
  57. p.62-64 in Figures Peules
  58. "Le veuvage". p. 50-51 in Les Peuls du Dallol Bosso, coutumes et mode de vie de Boubacar Hama Beïdi, éd. Sépia, 1993
  59. Moyenne en zone urbaine établie par Marguerite Dupire Organisation sociale des peuls in Étude d'ethnographie comparée, ed.Plon, 1970, Paris. L'espérance de vie en Afrique étant de 53 ans en moyenne.Conséquence des difficultés économiques, les mariages surviennent de plus en plus tard. Autrefois ils arrivaient vers 15-17 ans
  60. Sociologie - p.392-393, Amadou Ampâté Bâ
  61. "Le divorce". p. 51-59 in Les Peuls du Dallol Bosso coutumes et mode de vie de Boubacar Hama Beïdi, éd. Sépia, 1993
  62. -p.249, Marguerite Dupire
  63. Sociologie - Botte & Schmitz 1994a
  64. Sociologie- p.49-50, Jean Boutrais, « Figures Peules », ed. Karthala, 1999, France.
  65. Marguerite Dupire, Peuls Nomades
  66. Cheikh Omar Tall
  67. Magatte Lô, Sénégal, le temps du souvenir, L'Harmattan, Paris, 1991, p. 66 (ISBN 2-7384-0766-8)
  68. Samya Yakoubaly, Omar Sy : 10 choses que vous ne savez pas sur lui, Pure People, 3/11/2011, article en ligne

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Les Peuls du Manding, Organisation de l'unité africaine. Centre d'études linguistique et historique par tradition orale / 19XX
  • (fr) Cheikh Ba, Les Peuls du Sénégal : étude géographique, Paris, université de Paris-VII, 1982, 541 p. (thèse d'État, publiée)
  • (fr) Oumar Ba, Les Peuls du Fouta Toro à travers leur tradition nationale orale et écrite, Paris, université de Paris, 1973, 1724 p. (TDU)
  • (fr) Bonfilioli Angelo Maliki, Bonheur et souffrance chez les peuls nomades, Conseil international de la langue française, 1984
  • (fr) Boubacar Hama Beïdi, Les Peuls du Dallol Bosso : coutumes et mode de vie, Sépia, 1993, 188 p.
  • (fr) Philippe Bernardet, Association agriculture-élevage en Afrique : les Peuls semi-transhumants de Côte d'Ivoire, Éd. l'Harmattan, 1984
  • (fr) Youssouf Tata Cissé, L'Empire du Mali : Les Peuls du Manding, Fondation SCOA pour la recherche scientifique en Afrique noire, s.d.
  • (fr) Issaga Corera, Le Mythe du héros dans la geste pular, Nouakchott, mémoire ENS, 1980, 126 p.
  • (fr) Alain Daniélou, La Civilisation des différences, Kailash, 2004 ((ISBN 2842680979)
  • (fr) Bernard Descamps, Le Don du fleuve : Poèmes Peuls, Filigranes, 1999, 124 p. (ISBN 2910682560)
  • (fr) Thierno Diallo, Sur l’origine et la dispersion du peuple peul avant le XIXe siècle, Paris, université de Paris, 1964 (diplôme d’études supérieures, publié en 1972, Dakar, université de Dakar, Annales Faculté des Lettres, no 2, p. 118-193
  • (fr) Marguerite Dupire, Organisation sociale des Peul. Étude d’ethnographie comparée, Paris, Plon, 1970, 624 p. (thèse de doctorat)
  • (fr) Pierre Gourou, Les Aventures de Kataboum (conte bilingue), L'Harmattan, 1997, 24 p. (ISBN 2-7384-5020-2)
  • (fr) Henri Lhote, « L'extraordinaire aventure des Peuls », Présence africaine, no 22, octobre-novembre 1958, p. 48-57 [4]
  • (fr) Aboubacry Moussa Lam, De l'origine égyptienne des peuls, Présence africaine, 1993, 463 p. (ISBN 2708705709)
  • (fr) Alain Le Pichon, Souleymane Balde et Diawne Diamanka, Le Troupeau des songes. Récits, Maison des Sciences de l'Homme, mai 1991 (ISBN 2735104117)
  • (fr) Sandrine Loncke, Les peuls Bororos : nomades du Sahel, Vilo, 2000
  • (fr) Lugan, Bernard, Histoire de l'Afrique. Des origines à nos jours, Paris, Éd. Ellipses, 2009, p. 11 et p. 431-440.
  • (fr) Mathieu, Jean-Marie, Les Bergers du Soleil, l'Or peul, préface du Dr Boubacar Sadou Ly, Postface de Dominique Tassot, éd. DésIris, 1998, ouvrage couronné par l'Académie française
  • (fr) Siré Mamadou Ndongo, La création culturelle dans le Fantang (texte épique et mythique peul), Dakar, université de Dakar, 1977, 223 p. (mémoire de maîtrise)
  • (fr) Siré Mamadou Ndongo, Le Fantang. Poèmes mythiques des bergers peuls, Paris, Karthala/UNESCO/IFAN, 1986, 204 p. (mémoire de maîtrise publié)
  • (fr) Seydi Sarr, Le Pékane des Cubalbé peul, Dakar, université de Dakar, 198?, (Mémoire de maîtrise)
  • (fr) Abdoulaye M. Tall, Fécondité rurale et fécondité urbaine en milieu poular sénégalais, université de Montréal, 1988 (M. Sc.)
  • (fr) Oussouby Touré et Joël Arpaillange, Peul du Ferlo, Paris, L’Harmattan, 1986, 77 p.
  • (fr) Gilbert Vieillard, Notes sur les Peuls du Fouta-Djallon (Guinée française), Institut français d'Afrique noire, 1940
  • (fr) Roger Botte, Jean Boutrais, Jean Schmitz Figures Peules, Karthala, 1999
  • (fr) Alain Anselin, La Question Peule, Karthala
  • (fr) Jacques Frin, Histoire du Mitanni, L'Harmattan, 2000
  • (ja) Ryo Ogawa (musée d'ethnologie d'Osaka) Itinéraires - Ethnic identity and social interaction. A reflexion on Fulbe identity - Mémoires de la Société des africanistes (t-2,1981), éd. Le courrier- l'Unesco ; in P. Eguchi & V. Azarya, éd. Unity and diversity of a people, 1993

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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