Tessalit

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Tessalit
Administration
Pays Drapeau du Mali Mali
Région Kidal
Cercle Tessalit
Maire Ousmane Ag Abdoula (Adéma-Pasj)
élu(e) en 2009[1]
Démographie
Population 5 739 hab. (2009)
Population précédent recensement 5 072 hab. (1998)
Taux de croissance annuel moyen 1.1 %
Géographie
Coordonnées 20° 15′ 26″ N 0° 59′ 28″ E / 20.2573, 0.991 ()20° 15′ 26″ Nord 0° 59′ 28″ Est / 20.2573, 0.991 ()  
Localisation

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Tessalit

Tessalit est une ville et une commune du nord-est du Mali, chef-lieu du cercle de Tessalit dans la région de Kidal.

Géographie[modifier | modifier le code]

La position géographique de Tessalit, au Mali.

Tessalit, est située au nord du Massif du Tighaghar, dans l'Adrar des Ifoghas.

Climat[modifier | modifier le code]

Tessalit est situé dans le désert du Sahara et, de ce fait, bénéficie d'un climat très aride avec un total annuel des précipitations de 68,5 mm. La pluie est rare et tombe de façon irrégulière. Quant aux températures, elles sont torrides une bonne partie de l'année. Les températures diurnes dépassent la barre des 40°C de mai à septembre. Durant les trois mois d'hiver, les températures sont plus supportables avec des températures diurnes ne dépassant pas les 30°C et des températures nocturnes descendant en dessous de 15°C.

Relevé météorologique de Tessalit-altitude : 491 m-latitude : 20°12'N
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 12,6 15 18 21,8 25,8 28,9 28,1 27,1 26,7 23,6 18,2 13,5 21,6
Température maximale moyenne (°C) 26,8 29,9 33,3 37 40,7 42,7 41,6 40,6 40,3 37,3 31,9 27,1 35,8
Précipitations (mm) 0,4 0,1 0,7 0,5 4,6 6,1 16,6 26,1 11,6 1,1 0,3 0,4 68,5
Source : Le climat à Tessalit (en ° C et mm, moyennes mensuelles) climate-charts.com


Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Tessalit.

Dès janvier 2012, le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) organise une nouvelle rébellion touareg contre le pouvoir central de Bamako et prend le 11 mars aux forces armées maliennes stationnées dans la ville, après avoir subi des pertes lors d'un précédent assaut en février[2], le contrôle d'un camp militaire[3] entraînant le repli de l'armée nationale. Cet assaut marque un tournant important dans la rébellion touarègue de 2012 et la prise de contrôle progressive du Nord Mali par le MNLA. Le mouvement est cependant rapidement débordé par des mouvements islamiques radicaux, principalement Ansar Dine et AQMI, qui, en avril 2012, supplantent le MNLA à Tessalit.

Suite à l'engagement militaire de la France dans l'opération Serval lancée au centre du pays le 11 janvier 2013, les troupes françaises et maliennes reconquièrent l'ensemble de la boucle du Niger à la fin janvier. Le 29 janvier 2013, le MNLA, déclarant désormais agir en coopération avec l'armée française[4], annonce que la ville de Tessalit serait repassée sous son contrôle[5]. À partir du 3 février, d'importants bombardements aériens de l'armée de l'air française sont entrepris dans la région de Tessalit où se seraient repliés une partie des militants islamistes[6],[7], afin également de préparer la reprise totale de la ville et de la région qui constituent une position stratégique et militaire majeure dans le Sahara[8]. Dans la nuit du 7 au 8 février 2013, des troupes françaises prennent, lors d'une opération aéro-terrestre, le contrôle de Tessalit et de son aéroport puis sont suivies par des éléments de l'armée tchadienne pour sécuriser la ville[9]. L'aéroport de Tessalit et la base militaire voisine constituent alors une base arrière pour les opérations menées par l'armée française dans l'Adrar des Ifoghas au printemps 2013.

Jusqu'au mois de juillet 2013, les troupes tchadiennes sont chargées par la MINUSMA, avec des éléments français, de sécuriser la ville[10]. Durant la période des élections présidentielles, en accord avec les autorités militaires françaises et l'ONU, une compagnie du premier bataillon de l'armée gouvernementale malienne (formée par les instructeurs de l'Union européenne) reprend position aux abords de la ville pour la première fois depuis 2012 et la prise de contrôle de la ville par la rébellion touareg[11].

Économie[modifier | modifier le code]

La banque de céréales de Tessalit (association AIADD-Solidarité, décembre 2005).

Tessalit est une importante oasis du Sahara, constituant un point d'eau et de nourriture stratégique dans cette partie du désert[8]. Autrefois prospère, elle bénéficiait du passage touristique transsaharien, entre le sud de l'Algérie et le Mali. Un gisement de gypse, ainsi qu'une usine de plâtre contribuaient aussi à son essor. La zone présenterait également un potentiel en termes de différents minerais[12].

Ces deux éléments de ressource, ainsi que l'activité touristique ont été anéantis par les mouvements liés à la rébellion touarègue dans les années 1990, ainsi que par les activités terroristes en Algérie à la fin du XXe siècle.

Afin d'être prête à la reprise de l'activité touristique, la commune de Tessalit s'est dotée d'un camping de bonne qualité. Tessalit possède le seul aérodrome de la région avec une piste en dur, pouvant accueillir des gros porteurs[8]. Mais il est dépourvu d'aérogare et ne sert qu’à de rares vols militaires et civils privés.

En décembre 2005, il a été mis en place une banque de céréales, afin de conforter la sécurité alimentaire des populations locales.

Administration[modifier | modifier le code]

Année Maire élu Parti politique
2004 Abdalah ag Albakaye
2009 Ousmane Ag Abdoula Adéma-Pasj

Abdalah ag Alkaba, maire élu en 2004, ne pouvait pas se représenter aux élections municipales de 2009[réf. nécessaire]. Aux élections communales d'avril 2009, aucune des quatre listes ayant obtenu des élus n'a eu la majorité absolue.

Jumelage[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Le groupe Tinariwen, initiateur et leader du courant musical, le blues touareg, ainsi que le groupe Terakaft sont originaires de Tessalit, tout comme le poète contemporain Malien Souéloum Diagho[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Informations sur les élus », sur Ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales,‎ 12 août 2009 (consulté le 18 mars 2010)
  2. Nord-Mali : à Tessalit, l'armée frappe un grand coup contre les rebelles du MNLA dans Jeune Afrique du 15 février 2012.
  3. La ville de Tessalit, au nord du Mali, est aux mains des rebelles du MNLA sur le site de RFI le 12 mars 2012.
  4. Les rebelles touareg du MNLA assistent l'armée française dans Libération du 5 février 2013.
  5. L'annonce de "récupération" sur Temoust.org
  6. La France reprend ses frappes au Mali au lendemain de la visite de Hollande dans L'Express du 3 février 2013.
  7. Mali : près de 2 000 soldats tchadiens sont entrés dans Kidal dans Le Monde du 5 février 2013.
  8. a, b et c (en) Tessalit assumes vital importance in Mali's struggle against Islamist rebels dans The Guardian du 5 février 2013.
  9. Mali : un autre fief islamiste est tombé, remous à Bamako dans Le Figaro du 8 février 2013.
  10. Trois minutes pour comprendre les enjeux de l'élection au Mali dans Libération du 26 juillet 2013.
  11. L'armée malienne de retour à Aguelhok et Tessalit dans Libération du 28 juillet 2013.
  12. M. Leblanc et J. F. Sauvage, « Un gisement polymétallique en milieu volcanosédimentaire du Protérozoique supérieur : Tessalit (Adrar des Iforas, Mali) », in Journal of African Earth Sciences, (1983)1986, vol. 5, n° 3, p. 201-207
  13. Souèloum Diagho, le poète du désert.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]