Taoudeni

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22° 40′ N 3° 59′ O / 22.67, -3.983

Localisation de Taoudeni au Mali

Taoudeni est une localité du nord du Mali située à peu près à 750 km au nord de Tombouctou et dans la partie sud du désert algéro-malien du Tanezrouft, qui est la partie méridionale du Sahara.

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Taoudeni n'est pas une ville à proprement parler, et actuellement ne subsistent que les ruines de l'ancien bagne abandonné il y a quelques années. Pendant longtemps cette zone était interdite.

Économie[modifier | modifier le code]

Les plaques de sel de Taoudeni, déchargées sur le port de Mopti (Mali)

La région de Touadeni est, depuis des siècles, le site d'une importante exploitation des mines de sel gemme. C'est à cet endroit que l'on confectionne les fameuses plaques de sel, qui font la réputation du site. Ce sel était transporté dans une grande partie de l'Afrique de l'Ouest, par des caravanes de dromadaires, appelés improprement au Sahara chameaux. Ces caravanes ainsi que les expéditions qu'elles forment sont appelées azalaï en langue tamasheq. Les caravanes sont formées d'une centaine ou plus de dromadaires, menées par le chef de clan. Les mineurs peuvent voyager avec l'Azalaï à condition de se débrouiller seuls. Les caravaniers se déplacent uniquement grâce au vent, aux dunes et aux étoiles et parcourent environ 40 km par journée d'environ 10 h de marche. Le chargement et le déchargement des dromadaires prend à chaque fois plusieurs heures. De plus en plus ce transport se fait par camions 4x4.

Il est actuellement dénombré environ une centaine de travailleurs exploitant le sel affleurant dans cette zone composée d'anciens fonds marins. La plupart d'entre eux travaillent pour rembourser des dettes contractées auprès des caravanes. Les « peines » vont de quelques mois à plusieurs années et malgré des conditions de travail épouvantables certains mineurs restent sur place et exploitent la mine pour nourrir leur famille, tout en étant obligés de passer par les azalaï pour vendre le sel, azalaï qui n'hésitent pas à garder les profits engendrés par les fluctuations du cours du sel et à faire payer les voyages (environ trois plaques).

Les conditions de vie des mineurs sont particulièrement éprouvantes dans cet environnement hostile. Ils sont entièrement dépendants des caravanes auxquelles ils troquent nourriture, eau, combustible… contre du sel (un litre d'huile pour trois plaques de sel par exemple, alors qu'un mineur doit extraire au moins 12 plaques par jour pour rembourser ses dettes). Les mineurs travaillent sans équipement de protection, souvent pieds nus, avec des outils rudimentaires identiques à ceux employés depuis des siècles. Les logements sont construits à l'aide de briques de terre sur place par les mineurs.

De récentes prospections ont mis en évidence des gisements pétroliers. Il s'agit probablement des mêmes gisements que ceux découverts en Mauritanie, non loin de la zone de Taoudeni. Des permis de prospection et d'exploitation ont été récemment délivrés. Un réaménagement des pistes de ce qui reste de l'aéroport est à l'étude pour permettre le développement de cette activité.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Un film, Azalaï, la caravane de l'or blanc de Joël Calmettes, témoigne de l'azalaï de Tombouctou à Taoudeni.