Tombouctou

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Tombouctou
La mosquée Sankore
La mosquée Sankore
Administration
Pays Drapeau du Mali Mali
Région Tombouctou
Cercle Tombouctou
Maire Hallé Ousmane (Adéma-Pasj)
élu(e) en 2009[1]
Démographie
Population 54 453 hab. (?)
Densité 368 hab./km2
Population précédent recensement 29 732 hab. (1998)
Taux de croissance annuel moyen 5.7 %
Géographie
Coordonnées 16° 46′ 00″ N 3° 00′ 00″ O / 16.766667, -316° 46′ 00″ Nord 3° 00′ 00″ Ouest / 16.766667, -3  
Altitude 263 m
Superficie 14 789 ha = 147,89 km2
Localisation

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Tombouctou

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Tombouctou

Tombouctou (Timbuktu ou Tin-Buktu en tamasheq) est une commune du Mali, située sur le fleuve Niger et chef-lieu du cercle de Tombouctou et de la région de Tombouctou.

Surnommée « la ville aux 333 saints » ou « la perle du désert », sa visite en 1828 par le Français René Caillé a fait grand bruit à l'époque en Europe. Elle est aujourd'hui classée par l'UNESCO à plusieurs titres au patrimoine mondial de l'humanité.

Géographie[modifier | modifier le code]

Tombouctou sur le fleuve Niger.

Tombouctou est située au sommet de la boucle du fleuve Niger, au point où celui-ci se rapproche le plus du Sahara. Elle était reliée au fleuve par des canaux qui ne sont plus fonctionnels aujourd'hui, et est desservie par le port de Kabara, à 12 km plus à l'est.

Depuis plusieurs années, la ville est menacée par l'avancée des dunes (ensablement). Sous l'impulsion de l'UNESCO, des travaux de stabilisation des dunes ont été entrepris.

Climat[modifier | modifier le code]

Tombouctou bénéficie d'un climat désertique chaud (Classification de Köppen BWhw) à saison sèche « hivernale », typique de la zone saharo-sahélienne qui marque la transition progressive entre le Sahara, espace aride ainsi que le Sahel, espace semi-aride. Le climat y est extrêmement aride pendant une bonne partie de l'année avec 9 mois où les précipitations moyennes sont inférieures ou égales à 20 mm. La très longue saison sèche est elle-même subdivisée en une saison très sèche et chaude qui dure de novembre à mars et en une saison sèche et très chaude qui dure d'avril à juin. Pendant cette partie de l'année, les alizés continentaux, chauds et secs associés au régime anticyclonique, venus des déserts balayent la région, notamment l'harmattan (vent de secteur nord ou nord-est) : le ciel est parfaitement dégagé, le temps est clair, stable, très sec, et l'inhibition pluviométrique y est totale. La saison des pluies, très brève et irrégulière dure environ 2 mois dans l'année étant donné que le maximum pluviométrique est atteint en août avec près de 74 mm. En revanche, la saison des pluies résulte d'un changement du régime des vents : la région est alors soumise au régime dépressionnaire associé à la remontée vers le nord de la zone de convergence intertropicale. Les précipitations moyennes annuelles sont très faibles avec seulement 183 mm d'eau. On enregistre en moyenne 14 jours par an 1 mm ou plus de précipitations. Les températures les plus élevées se rencontrent à deux périodes de l'année : la première à la fin de la saison sèche, où les températures moyennes maximales dépassent constamment 40 °C d'avril à juin et la seconde au tout début de la saison sèche où les températures moyennes maximales dépassent 38 °C pendant les mois de septembre et d'octobre. Ces deux maximums thermiques s'expliquent par le fait que dans cette zone, le soleil atteint son zénith à deux périodes bien différentes. Les températures moyennes maximales restent supérieures à 29 °C pendant les mois les moins chauds. Tombouctou est un des endroits les plus chauds sur Terre, en se basant sur sa températures moyenne journalière annuelle avec près de 29 °C.

Relevé météorologique de Tombouctou
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 13 15,2 18,5 22,5 26 27,3 25,8 24,8 24,8 22,7 17,7 13,5 20,8
Température moyenne (°C) 21,5 24,2 27,6 31,3 34,1 34,8 32,2 30,7 31,6 30,9 26,5 22 28,65
Température maximale moyenne (°C) 30 33,2 36,6 40 42,2 41,6 38,5 36,5 38,3 39,1 35,2 30,4 36,5
Précipitations (mm) 0,6 0,1 0,1 1 4 16,4 53,5 73,6 29,4 3,8 0,1 0,2 182,8
Nombre de jours avec précipitations 1 0 0 0 1 1 3 4 3 1 0 0 14
Source : Le climat à Tombouctou (en ° C et mm, moyennes mensuelles) climate-charts.com


Démographie[modifier | modifier le code]

Tombouctou a actuellement une population estimée à 32 000 personnes en 2006. Cependant, au faîte de sa grandeur au XVe siècle, la ville comptait environ 100 000 habitants dont 25 000 étudiants pour la seule université de Sankoré[2].

Les trois groupes ethniques principaux de Tombouctou sont les Touareg, les Songhaï et les Arabes.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom « Tombouctou » viendrait du tamasheq, langue des Touareg qui auraient fondé la ville au XIe siècle, de Tin (ou Tim), qui signifie « puits » ou « lieu », et de Bouctou, nom donné à la femme présente à l'arrivée des Touareg, gardienne d'un puits, et qui désignerait une personne originaire d’Essouk – ce qui donne « le lieu de Bouctou »[3]. À cette étymologie proposée par Abderrahmane Es Saâdi au XVIIe siècle dans son Tarikh es-Sudan (Histoire du Soudan)[4], l’explorateur allemand Heinrich Barth au XIXe siècle, lui, oppose une origine songhaï du mot Tombouctou qui désignerait une « dépression entre les dunes »[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Du Moyen Âge à la domination marocaine[modifier | modifier le code]

Portes de la Medersa de Sankoré

Les premiers campements des nomades berbères et touaregs remontent aux premiers siècles de l'histoire écrite[réf. nécessaire]. La ville n'apparaît cependant dans l'histoire qu'au XIVe siècle quand l'empereur du Mandé, Mansa Moussa, fait construire à partir de 1325 la mosquée Djingareyber, par l'architecte Abou Ishaq es-Sahéli, qui est achevée en 1328. En 1353, le voyageur tangérois Ibn Battûta visite la ville[5].

Au XVe siècle, la construction de la mosquée de Sankoré (qui comprend une medersa et est aux dimensions de la Kaaba) est à l'origine d'une université islamique d'une très grande renommée dans toute l'Afrique de l'ouest. Jusqu'à 25 000 étudiants fréquentent la ville sous le régime de Sonni Ali Ber (Sonni Ali le Grand). Tombouctou est prise par Sonni Ali Ber, l'empereur songhaï, en 1458. La ville construit sa prospérité sur les échanges commerciaux, dont l'esclavage, entre la zone soudanaise du Sahel africain et le Maghreb. Elle connait son apogée au XVIe siècle, jusqu'à la chute en 1590 de l'Empire songhaï

La ville passe alors sous domination saadienne de Marrakech c'est le Pachalik de Tombouctou. En octobre 1591, se produit un soulèvement de la population, dont les plus illustres savants (incluant Ahmed Baba) sont exilés à Marrakech. Sa richesse décline lorsque les Européens ouvrent la voie maritime pour le commerce entre l'Afrique du Nord et l'Afrique noire. Le déclin de la ville commence au XVIIe siècle avec l'instabilité politique et l'apparition de la traite négrière qui rapprochait cette activité des côtes. Le contrôle de Tombouctou par les Saadiens est effectif jusqu'en 1660 (Abderrahmane Es Saâdi décrit la ville dans son Tarikh es-Soudan), date de la chute de la dynastie au profit des Alaouites.

En 1760, les Touaregs chassent les derniers Marocains de la ville.

Période de la colonisation française[modifier | modifier le code]

L'Empire peul du Macina conquiert la ville en 1825. Après des siècles où Tombouctou est une cité recluse vis-à-vis de l'Occident, le major Alexander Gordon Laing est le premier Européen à visiter la ville en 1826, mais pris pour un marchand d'esclaves concurrent, il est assassiné. Le 20 avril 1828, c'est au tour du Français René Caillié d'entrer dans la cité, dissimulé sous le costume d'un lettré musulman, et d'en partir vivant. Son célèbre récit de voyage fait ensuite grand bruit en Europe. En 1844, à la mort de Sékou Amadou, la ville s'émancipe. L'explorateur allemand Heinrich Barth vient ensuite dans la ville où il passe six mois en 1853-1854. La seconde partie du XIXe siècle marque le début de la colonisation française de l'Afrique occidentale, dans le sillage de l'Afrique du Nord. La conquête de la zone de Tombouctou par l'armée française se fait de manière heurtée, notamment en 1892 avec le massacre de la colonne Eugène Bonnier par les Touaregs Ouelleminden et Igdalen après la première occupation de Tombouctou par les Français. Lorsque les Français prennent le contrôle de la ville en 1894, sa population est d'environ 4 000 habitants[6]. Elle était dirigée jusque là par une élite musulmane payant tribut aux Touaregs[6]. La conquête et la stabilisation de la ville marque la fin de la pacification des zones du Nord du Mali à la veille de la Première Guerre mondiale.

Alors que le Soudan français est une colonie française, Tombouctou devient par la loi française du 18 novembre 1955[7], une commune de moyen exercice, dirigée par un maire, fonctionnaire nommé par le chef de territoire, assisté d’un conseil municipal élu par un collège unique[8]. La loi du 10 janvier 1957 intègre Tombouctou dans l'Organisation commune des régions sahariennes[9].

Après l'indépendance malienne[modifier | modifier le code]

Tombouctou, monument commémorant la cérémonie de « La Flamme de la Paix »

La loi du 2 mars 1966 donne un statut commun à toutes les communes créées avant l’indépendance du Mali en 1960. Un conseil municipal élu désigne en son sein le maire et un ou plusieurs adjoints[8].

Lors d'une visite officielle à Tombouctou en février 1977, le président français Valéry Giscard d'Estaing appose une plaque à la mémoire du maréchal Joffre (qui y avait séjourné quand il était jeune commandant), et annonce une aide à la restauration de la maison de René Caillé. Il indique que la France est prête à apporter son concours pour faire face aux conséquences de la récente sécheresse[10].

En 1988, Tombouctou est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco pour ses richesses culturelles (mosquée, mausolées et manuscrits) et historiques[11].

Le Nord du Mali et la ville sont à de nombreuses reprises secoués, à la fin des années 1960 et au début des années 1990, par des insurrections armées touaregs qui réclament plus d'autonomie et de désenclavement de leur région. Le 27 mars 1996 se déroule une cérémonie de la Flamme de la Paix, durant laquelle les rebelles touaregs brûlent 3 000 armes utilisées durant la rébellion.

Le 1er avril 2012, dans le cadre de l'insurrection au Nord du Mali menée par le MNLA, l'armée malienne perd le contrôle de la ville au profit de divers mouvements rebelles touareg[12] rapidement supplantés par les islamistes salafistes radicaux. Du 30 juin à fin décembre, les islamistes des mouvements AQMI et Ansar Dine se lancent dans la destruction systématique des tombeaux des saints musulmans et des mausolées de la ville[13],[14]. L'intervention de l'armée française dans le cadre de l'opération Serval aux côtés de l'armée malienne permet la reprise de contrôle partiel de la ville — aéroport de Tombouctou et principaux accès à la ville[15] pris notamment par le 2e régiment de parachutistes de la Légion étrangère[16],[17] — dans la nuit du 27 au 28 janvier 2013[18],[19]. Durant la journée du 28 janvier, les troupes françaises et maliennes finissent de libérer la ville, sans combats majeurs, et avec un accueil enthousiaste des populations[20]. Cette liesse populaire s'amplifie lors de la visite de François Hollande, « accueilli en libérateur », accompagné de son homologue malien Dioncounda Traoré, lors d'un voyage d'une journée à Sévaré, Tombouctou et Bamako[21],[22],[23] au cours duquel le président de la République française déclare « [avoir] sans doute [vécu] la journée la plus importante de [s]a vie politique[24]. Durant les mois qui suivent, des troupes burkinabées sont chargées par la MINUSMA, avec des éléments français, de sécuriser la ville[25].

Culture[modifier | modifier le code]

Manuscrits de Tombouctou[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Manuscrits de Tombouctou.
Pages d'un manuscrit d'astronomie

Le vrai trésor de Tombouctou est constitué par un ensemble de près de cent mille manuscrits datant de la période impériale ouest-africaine (au temps de l'Empire du Ghana, de l'Empire du Mali et de l'Empire songhaï) détenus par les grandes familles de la ville[2]. Ces manuscrits, dont certains datent de l'époque préislamique remontant au XIIe siècle, sont conservés depuis des siècles comme des secrets de famille. Ils sont pour la plupart écrits en arabe ou en peul, par des savants originaires de l'ancien empire du Mali et contiennent un savoir didactique notamment dans les domaines de l'astronomie, de la musique, de la botanique… Des manuscrits plus récents couvrent les domaines du droit, des sciences, de l'histoire (avec d'inestimables documents comme le Tarikh el-Fettash (Chronique du chercheur) de Mahmud Kati sur l'histoire du Soudan au XVe siècle et le Tarikh es-Sudan (Chronique du Soudan) d'Abderrahmane Es Saâdi au XVIIe siècle), de la religion, du commerce.

Certains de ces textes gardent la trace de la tradition des grands jurisconsultes de l'Islam de l'Empire du Mali : Ahmed Baba - l'un des intellectuels les plus réputés du XVIe siècle - est l'auteur d'un dictionnaire daté de 1596 présentant en particulier le fonctionnement des écoles et universités qui réunissaient 25 000 élèves et étudiants dans la ville de Tombouctou.

Un recueil sur « les bons principes de gouvernement » rédigé par Abdul Karim Al Maguly remonte au règne de l'empereur Askia Mohammed (1493-1528). Ce document atteste de l'existence d'institutions étatiques très développées [26]. Il introduit les règles du procès équitable qui préfigurent les grands textes du XXe siècle :

« L'impartialité du souverain doit être faite dans le cas notamment du jugement à rendre entre deux personnes opposées par un différend : Il faut être juste dans chacun des actes, allant de la façon de recevoir les personnes opposées jusqu'au moment de trancher. Même si l'un des protagonistes tentait un rapprochement avec le souverain-juge, il faudrait éviter toute amitié. »

« Le temps de plaidoirie doit être également équitable. L'équité veut qu'il n'admette pour témoins que des personnes à la moralité avérée. »

« Les hommes de droit qui entourent le Roi ne doivent accepter de pots-de-vin ni avant, ni après le procès. Aucun cadeau des plaignants ne doit non plus être accepté. »

Le centre de documentation et de recherches Ahmed-Baba (Cedrab), fondé en 1970 par le gouvernement avec l'aide de l'UNESCO, recueille certains de ces manuscrits pour les restaurer et les numériser[27]. Si déjà plus de 18 000 manuscrits ont été collectés par le seul centre Ahmed Baba, on estime qu'il existerait jusqu'à 300 000 manuscrits dans l'ensemble de la zone touarègue. Environs 60 à 80 bibliothèques privées existent aussi dans la ville, parmi lesquelles la bibliothèque commémorative Mamma Haidara et la bibliothèque Mahmoud-Kati. Couvrant l'ensemble des domaines du savoir, les manuscrits sont menacés par les mauvaises conditions de conservation et surtout par le trafic dont ils font l'objet au profit de riches collectionneurs[2].

L’Institut des hautes études et de recherches islamiques Ahmed Baba, a été inauguré en janvier 2009 par le président malien Amadou Toumani Touré, le président sud-africain, Kgalema Motlanthe et son prédécesseur Thabo Mbeki. Le coût des travaux d’un montant de 2,5 milliards de Francs CFA a été financé par l’Afrique du Sud. Construite sur la place Sankoré, sur le site de l'ancienne université Sankoré, les locaux de 4 800 m2 comprennent notamment un amphithéâtre de 500 places, une salle de conférence de 300 places et une bibliothèque[28].

Monuments[modifier | modifier le code]

Cour de la mosquée Djingareyber

Tombouctou est aujourd'hui plus connue par sa légende que par les différents sites présents. Cependant, différents lieux sont dignes d'intérêt. La ville est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1988[29].

Première caractéristique de la ville, le désert est très proche des premières maisons. On trouve à différents endroits plusieurs zones de culture en terrasse, disposées en entonnoir autour d'un puits ou d'un point d'eau. Ces puits de Bouctou sont un bel exemple de culture dans un environnement difficile. L'ensemble des maisons est construit en banco mais à Tombouctou le crépi est remplacé par un parement en pierres. Les trois mosquées de la ville, Djingareyber, Sidi Yahiya et Sankoré, sont la mémoire de l'apogée de la ville. Seule la première se visite. On peut aussi visiter les restes des maisons qui abritèrent René Caillé, le major Alexander Gordon Laing et le docteur Heinrich Barth, dont certaines ont été transformées en musée.

Une place abrite le monument « de la Flamme de la Paix » qui symbolise la fin de la rébellion touarègue, le 26 mars 1996. La cérémonie commémorative a lieu tous les ans.

En 2007, Tombouctou a également été en compétition pour obtenir le titre de Merveille du Monde moderne, mais elle n'a pas été retenue dans le choix final.

Le 28 juin 2012, l'UNESCO classe la ville au patrimoine mondial en péril après sa prise par des islamiques radicaux. Visiblement en représailles de cette décision, au moins une trentaine de membres armés d'Ançar Dine ont commencé à détruire les mausolées jugés impies de la ville, devant une population non-armée déconcertée. Le 1er juillet sept des seize mausolées érigés pour certains des 333 saints que compte la ville[30] sont déjà détruits, malgré l'indignation internationale. La procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda qualifie les faits de « crime de guerre »[31].

Manifestations culturelles[modifier | modifier le code]

Le Festival au désert se déroule chaque année à Essakane, à deux heures de piste de la ville de Tombouctou, au mois de janvier.

Administration[modifier | modifier le code]

Le cercle de Tombouctou comprend les communes de Alafia, Ber, Bourem-Inaly, Lafia, Salam et Tombouctou.

Année Maire élu Parti politique
2004 Saïd Mohamed ADEMA
2009 Haley Ousmane[32]. ADEMA

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville de Tombouctou est jumelée avec :

Transport et économie[modifier | modifier le code]

Tombouctou, le bac sur le fleuve Niger.

Campement saisonnier créé par des nomades touareg, Tombouctou devint une plaque tournante du commerce et, au XVe siècle, un centre d'enseignement islamique. Mais, avec le développement des ports maritimes d'Afrique de l'Ouest, le commerce des caravanes décline. C'est encore un centre de négoce de produits de base, particulièrement du sel, qui est extrait des mines de Taoudeni à 700 km plus au nord et amené lors de l'Azalaï à Tombouctou. Ce transport, des plaques de sel de 40 kg[réf. souhaitée] chacune, se fait de moins en moins à dos de dromadaires, et de plus en plus à bord de camions. La ville travaille également le textile, le cuir, et divers objets d'artisanat touareg.

La ville est le centre administratif de la région du même nom. Elle abrite les principaux services publics et est aussi le siège des ONG qui travaillent dans la zone. Centre touristique, Tombouctou abrite deux hôtels et plusieurs agences de voyages.

L'accès de la ville se fait par avion par l'aéroport international de Tombouctou (vol hebdomadaire, via Mopti, lorsque le nombre de passagers est suffisant), en voiture par une piste difficile en provenance de Douentza et en empruntant le bac pour franchir le Niger ou bien en caravane par le désert. Un canal, qui avait disparu à cause de l'ensablement, reliait la ville directement au fleuve Niger. Le gouvernement libyen ayant accordé un financement pour son curage, son rétablissement est effectif depuis septembre 2007[33].

Éducation[modifier | modifier le code]

La ville de Tombouctou possède de nombreuses écoles de quartier et un lycée d'enseignement secondaire : le lycée Mahamane Alassane Haïdara (LMAHT) qui est l'héritier de l'école franco-arabe fondée par l'administration française, devenue le lycée franco-arabe avant de prendre en 1995 son nom actuel. Il peut accueillir environ 1500 élèves[34].

En revanche, l'importante activité intellectuelle et éducative présente du XVe au XVIIIe siècle avec l'université Sankoré a disparu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Informations sur les élus », sur Ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales,‎ 12 août 2009 (consulté le 18 mars 2010)
  2. a, b et c Jean-Michel Djian, « Un patrimoine inestimable en danger : les manuscrits trouvés à Tombouctou », Le Monde diplomatique, août 2004.
  3. a et b « D’où vient le nom de Tombouctou ? », Jeune Afrique, 15 octobre 2006.
  4. Es Sa'di 1900, p. 37
  5. Es Sa'di 1900, p. 16
  6. a et b Martin Klein, « De la conquête du Soudan à la fin de la conquête française, 1879-1899 : Les tensions entre le système colonial français et le système d'esclavage africain », dans Mariella Villasante Cervello, Colonisations et héritages actuels au Sahara et au Sahel : problèmes conceptuels, état des lieux et nouvelles perspectives de recherche, XVIIIe-XXe siècles, vol. 1, L'Harmattan,‎ 2007 (ISBN 9782296040243), p. 525
  7. Loi no 55-1489 du 18 novembre 1955 relative à la réorganisation municipale en Afrique Occidentale Française, en Afrique Equatoriale Française, au Togo, au Cameroun et à Madagascar [1]
  8. a et b Kô Samaké, Modibo Keïta, Recherche sur l’Historique de la Décentralisation au Mali : de la Période Coloniale à la 3ème République, Penser pour agir.org, 7 février 2006 [2]
  9. http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000692685
  10. Allocution de M. Valéry Giscard d'Estaing à Tombouctou, le 14 février 1977
  11. « Unesco - Tombouctou »
  12. Le Mali coupé en deux après la prise de Tombouctou dans Libération du 1er avril 2012.
  13. Mali : après les mausolées, les islamistes s'en prennent à une mosquée de Tombouctou - article de Libération du 2 juillet 2012
  14. Les derniers mausolées détruits à Tombouctou dans Le Figaro du 23 décembre 2012.
  15. Les armées française et malienne aux abords de Tombouctou dans Libération du 28 janvier 2013.
  16. La légion saute sur Tombouctou par Jean-Marc Tanguy sur le blog lemamouth le 26 janvier 2013
  17. La guerre éclair des Français dans le Sahel par Isabelle Lasserre dans Le Figaro du 28 janvier 2013.
  18. (en) Mali conflict: French and Malian troops begin restoring control in Timbuktu dans The Guardian du 27 janvier 2013.
  19. Mali : l'armée française progresse vers Tombouctou, l'aviation frappe Kidal dans Le Monde du 27 janvier 2013
  20. (en) Mali: French Troops Advance In Timbuktu sur Sky News le 28 janvier 2013.
  21. Mali : François Hollande accueilli en libérateur à Tombouctou dans Jeune Afrique le 2 février 2013.
  22. Hollande : «Ce serait une erreur de s’arrêter» à Tombouctou dans Libération du 2 février 2013.
  23. (en) Timbuktu Gives France’s President an Ecstatic Welcome dans The New York Times du 2 février 2013.
  24. Hollande: «Je viens sans doute de vivre la journée la plus importante de ma vie politique» dans Libération du 2 février 2013.
  25. Trois minutes pour comprendre les enjeux de l'élection au Mali dans Libération du 26 juillet 2013.
  26. Les Manuscrits de Tombouctou, Jean-Michel Djian, edit JC Lattès octobre 2012
  27. Institut des Hautes Etudes et de Recherches Islamiques Ahmed Baba sur le site officiel www.tombouctoumanuscripts.org
  28. A.O. Diallo, L’Institut des hautes études et de recherche islamique Ahmed Baba : un bel exemple de coopération sud-sud, l'Essor, 26 janvier 2009 [3]
  29. Source UNESCO [4]
  30. Il y a 333 saints à Tombouctou, on sait exactement où ils sont enterrés, entre les cimetières, les mausolées ou de simples tombeaux. Il y a 16 mausolées, bien construits. Propos recueillis par Le Monde en ligne le 1er juillet 2012
  31. « Destruction des mausolées de Tombouctou : un « crime de guerre » selon la CPI » sur Le Monde.fr, 1er juillet 2012.
  32. Commune urbaine de Tombouctou : Mme Maïga Azziza Mint Mohamed gagne deux points ! Le Challenger, 29 mai 2009 [5]
  33. Lancement des travaux du Canal de Tombouctou : la mamelle nourricière redonne vie et espoir à la "Cité mystérieuse sur le site www.afribone.com le 14 août 2006.
  34. Site officiel du lycée Mahamane Alassane Haïdara.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tor A. Benjaminsen et Gunnvor Berge (trad. Yves Boutroue), Une histoire de Tombouctou, Arles, Actes Sud,‎ 2004, 186 p. (ISBN 2-7427-4908-X)
  • Many Camara (lettres) et Jean-Claude Boré (photographies) (préf. Bakari Kamian), Tombouctou, terre de rencontres, Prahecq, Patrimoines et Médias, 193 p. (ISBN 978-2-916757-93-3)
  • Édith de Cornulier-Lucinière et Sara, L'homme des villes de sable, Paris, Chandeigne,‎ 2014, 32 p. (ISBN 978-2-367-320786) (littérature jeunesse)
  • Robert Davoine, Tombouctou : fascination et malédiction d'une ville mythique, Paris, L'Harmattan,‎ 2003, 188 p. (ISBN 2-7475-3939-3)
  • Jean-Michel Djian (préf. J. M. G. Le Clézio), Les manuscrits de Tombouctou, Paris, Lattès,‎ 2012, 189 p. (ISBN 978-2-7096-3954-5)
  • Félix Dubois, Tombouctou la mystérieuse, Brinon-sur-Sauldre, Éditions Grandvaux,‎ 2010 (1re éd. 1897), 420 p. (ISBN 978-2-909550-68-8)
  • Lucien Hubert et Maurice Delafosse, Tombouctou, son histoire, sa conquête, Paris, Guillaumin,‎ 1894, 28 p. (lire en ligne)
  • (en) John O. Hunwick, Alida Yah Boye et al., The hidden treasures of Timbuktu : historic city of Islamic Africa, with 193 colour illustrations, Londres, Thames & Hudson,‎ 2008, 175 p. (ISBN 978-0-500-51421-4)
  • Éric Milet (préf. Michel Onfray, photogr. Jean-Luc Manaud), Tombouctou : réalité d'un mythe, Paris, Arthaud,‎ 2006, 167 p. (ISBN 2-7003-9602-2)
  • Augustin-Prosper Hacquard, Monographie de Tombouctou, Paris, Société des études coloniales et maritimes,‎ 1900, 119 p. (lire en ligne)
  • Ernest-Théodore Hamy, Tombouctou : conférence faite au Muséum d'histoire naturelle, Paris, Armand Colin,‎ 1902, 18 p. (lire en ligne)
  • Abderrahmane Es Sa'di (trad. Octave Houdas), Tarikh es-Soudan, t. 2, Paris, E. Leroux,‎ 1900, 540 p. (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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