Mohamed Ould Abdel Aziz

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Mohamed Ould Abdel Aziz
محمد ولد عبد العزيز
Mohamed Ould Abdel Aziz en 2014.
Mohamed Ould Abdel Aziz en 2014.
Fonctions
8e président de la
République islamique de Mauritanie
En fonction depuis le 5 août 2009
(5 ans, 4 mois et 17 jours)
Élection 19 juillet 2009
Réélection 21 juin 2014
Premier ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdhaf
Yahya Ould Hademine
Prédécesseur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi
(président de la République)
12e président de l'Union africaine
En fonction depuis le 30 janvier 2014
Prédécesseur Haile Mariam Dessalegn
Biographie
Date de naissance 20 décembre 1956 (58 ans)
Lieu de naissance Akjoujt (Afrique-Occidentale française)
Nationalité mauritanienne
Parti politique Indépendant
Conjoint Tekeiber Mint Malainine
Profession Militaire
Religion Islam

Mohamed Ould Abdel Aziz
Présidents de la
République islamique de Mauritanie

Mohamed Ould Abdel Aziz (parfois Muhammad Abd al-Aziz, Ould Abdelaziz, en arabe : محمد ولد عبد العزيز), né le 20 décembre 1956 à Akjoujt, est un ancien général mauritanien, chef de l'État du 6 août 2008 au 15 avril 2009, puis président de la République depuis le 5 août 2009.

Il est l'un des meneurs du coup d'État d'août 2005 qui dépose le président Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya, puis il conduit le coup d'août 2008 qui renverse le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi et le Premier ministre Yahya Ould Ahmed El Waghef. Après ce dernier coup de force, Ould Abdel Aziz s'autoproclame président du Haut Conseil d'État[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Mohamed Ould Abdel Aziz naît le 20 décembre 1956 à Akjoujt, une ancienne ville minière du centre-ouest de la Mauritanie. Il est issu de la tribu maraboutique des Ouled Bou Sbaa, fortement présente en Mauritanie mais aussi au Sahara occidental et au Maroc. Son père Abdel Aziz, qui était commerçant, a longtemps vécu au Sénégal[2].  

Il est aussi le cousin de son opposant politique et ancien chef d'État Ely Ould Mohamed Vall[3]

Il est marié à Tekeiber Mint Malainine et a six enfants prénommés Ahmedou, Badr, Hamza, Najah, Leila et Esma.

Carrière militaire et politique[modifier | modifier le code]

1977-2005[modifier | modifier le code]

Après des études secondaires, il rejoint l’armée nationale où il occupe plusieurs postes de commandement[4].   Entre 1977 et 1982, il suit deux formations militaires au Maroc et en Algérie, puis en 1984, il est nommé aide de camp de Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya qui venait de renverser le chef de l’État Mohamed Khouna Ould Haidalla, puis commandant du bataillon de sécurité de la Présidence de la République (BASEP) créé sous le régime de Ould Taya. 

Promu en janvier 1994 au grade de commandant, il occupe le poste de commandant-adjoint de la 6e région militaire jusqu’en 1998 où il obtient le grade de lieutenant-colonel et devient le commandant du BASEP. Il accède en 2004 au grade de colonel

2005-2008[modifier | modifier le code]

Ould Abdel Aziz est le deuxième acteur principal du putsch conduit le 3 août 2005 par le colonel Ely Ould Mohamed Vall, qui est alors directeur général de la Sûreté nationale, et qui renverse le président Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya après 21 ans au pouvoir[5],[6],[7]

2008-2009[modifier | modifier le code]

En janvier 2008, il est élevé au grade de général par le président en fonction Sidi Ould Cheikh Abdallahi, et devient le premier général en Mauritanie depuis son indépendance, puis nommé chef d'état-major particulier du chef de l'État.

À la suite d'une crise politique, le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi accuse les généraux de mettre la pression sur les parlementaires frondant contre lui. Le matin du 6 août 2008, Le président limoge par un décret présidentiel quatre officiers de l'armée dont Ould Abdel Aziz. Quelques heures plus tard, ce dernier orchestre un coup d'État, annule la récente décision présidentielle, devient président du Haut Conseil d’État et chef de l’État et emprisonne le président Abdallahi.

Le 12 avril 2009, il annonce sa démission de l'armée et de la présidence du Haut Conseil d'État avant le 21 avril afin de pouvoir se présenter à l'élection présidentielle prévue le 6 juin par ce conseil[8]. Le 15 avril, l'intérim du pouvoir revient constitutionnellement au président du Sénat, Ba Mamadou dit M'Baré[9],[10].

De nombreuses pressions et menaces de la communauté internationale sont alors brandies contre les putschistes pour qu'ils négocient avec le président déchu Ould Cheikh Abdallahi. Le groupe de contact international sur la situation en Mauritanie (GCIM) créé pour coordonner les positions des partenaires internationaux de la Mauritanie sur cette crise, invite les protagonistes mauritaniens à un dialogue politique sous le patronage du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, président en exercice de l’UA. Un dialogue qui échoue vite à l'arrivée de ce dernier à Nouakchott. Le président Abdoulaye Wade propose sa médiation que l’UA appuie pour conduire à l’accord de Dakar du 2 juin 2009 dont les points principaux sont :

  • 1. Signature d'un décret de formation du gouvernement transitoire d’union nationale par le président Ould Cheikh Abdallahi.
  • 2. Formalisation de sa démission volontaire de son mandat de président de la République et de l'exercice de l'intérim par le président du Sénat.
  • 3. Fixation de la date de l’élection présidentielle au 18 juillet 2009[11].

Le 18 juillet 2009, Ould Abdel Aziz, candidat de l'Union pour la République, est élu président de la République au suffrage universel avec 52,47 % des voix au 1er tour pour un mandat de cinq ans[12]. Il réussit ainsi à légitimer son coup d'État d'août 2008 par les urnes, à l'issue d'une transition politique très rapide d'à peine neuf mois. Il est le second président mauritanien après Ould Taya à mener cette transition, mais il a fait beaucoup mieux que son prédécesseur, là où Ould Taya avait mis huit années[13].

Depuis 2009[modifier | modifier le code]

Le 13 octobre 2012, alors qu'il regagne en voiture la capitale Nouakchott, Ould Abdel Aziz est blessé par balle. Il subit à l'hôpital militaire de Nouakchott une première opération destinée à extraire la balle de son corps. Il est ensuite évacué en France pour des soins complémentaires[14]. Il s'agirait d'un tir par erreur de l’armée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Haut Conseil d'État rend public un nouveau communiqué, AMI, 7 août 2008.
  2. « Mauritanie - Qui est le Général Aziz ? », sur TV5 Monde
  3. « Mauritanie - Ould Abdelaziz : "Je n'ai jamais redouté de coup d'État" », sur Jeune Afrique,‎ 17 décembre 2012
  4. « Biographie du Président Mohamed Ould Abdel Aziz », sur Agence Mauritanienne d'Information
  5. (en) Ethan Zuckerman Mauritanians report on today's coup 3 août 2005, Global Voices Online
  6. News d'Alernet
  7. Biographie du nouveau président mauritanien, Taqadoumy - 6 août 2008
  8. Le chef de la junte mauritanienne candidat à l'élection présidentielle du 6 juin
  9. La candidature du chef de la junte militaire, RFI, 16 avril 2009.
  10. Le président de la République par intérim arrive au palais présidentiel, AMI, 15 avril 2009
  11. « Mauritanie - Les accords de Dakar », sur TV5 Monde,‎ 02/06/2009
  12. « Le Conseil constitutionnel confirme la victoire d' Abdel Aziz », sur RFI,‎ 23/07/2009
  13. Abdel Wedoud Ould Cheikh, « Le colonel Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya prend le pouvoir par un coup d’État en décembre 1984 et est élu à la présidentielle de janvier 1992 », (1994, p. 31-39).,‎ 1994
  14. Le monde, AFP, « Blessé par balle, le président mauritanien est évacué vers Paris », sur Le Monde,‎ 14/10/2012 (consulté le 24 novembre 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Anthony G. Pazzanita, « Mohamed Ould Abdelaziz », in Historical dictionary of Mauritania, Scarecrow Press, Lanham (Maryland) ; Toronto, Plymouth (Royaume-Uni), 2008 (3e éd.), p. 329-341 (ISBN 9780810855960)