Mahamadou Issoufou

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Mahamadou Issoufou
Mahamadou Issoufou au 6e Forum mondial de l'Eau.
Mahamadou Issoufou au 6e Forum mondial de l'Eau.
Fonctions
9e président de la République du Niger
En fonction depuis le
(&&&&&&&&&&&011133 ans, 0 mois et 17 jours)
Élection 12 mars 2011
Premier ministre Brigi Rafini
Prédécesseur Salou Djibo
(Président du CSRD)
Président de l'Assemblée nationale nigérienne
Prédécesseur Moumouni Adamou Djermakoye
Successeur Moutari Moussa
7e Premier ministre nigérien
Président Mahamane Ousmane
Prédécesseur Amadou Cheiffou
Successeur Souley Abdoulaye
Biographie
Date de naissance 1952
Lieu de naissance Dandadji, AOF
Parti politique PNDS-Tarayya
Diplômé de École nationale supérieure
des mines de Saint-Étienne
Profession Ingénieur des mines

Mahamadou Issoufou
Premiers ministres nigériens
Présidents de la République du Niger

Mahamadou Issoufou (né en 1952 à Dandadji) est un homme politique nigérien. Il est président de la République depuis le . Issoufou était aussi jusqu'à cette date président du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-Tarayya)[1].

Mahamadou Issoufou a été Premier ministre de 1993 à 1994, président de l'Assemblée nationale de 1995 à 1996, député à l'Assemblée nationale de 1999 à 2009 et fut également quatre fois candidat aux élections présidentielles à partir de 1993. Il est arrivé au deuxième tour en 1999 et en 2004 face à Mamadou Tandja, qui l'a battu. En 2011, il remporte le scrutin présidentiel avec 57,95 % des voix.

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Mahamadou Issoufou est né en 1952 à Dandadji dans la région de Tahoua, au Niger. Il appartient à l'ethnie haoussa. Ingénieur des mines, il est directeur national des Mines au ministère des Mines et de l'Industrie de 1980 à 1985; de 1985 à 1991, il occupe successivement les postes de secrétaire général, directeur des exploitations puis directeur technique de la Société des Mines de l'Aïr (SOMAIR, filiale d'AREVA). Il en démissione pour entamer une carrière politique.

Mahamadou Issoufou est titulaire d'une licence de mathématiques de l'université de Niamey depuis 1975. Il poursuivra ensuite ses études à l'Université des Sciences et Techniques du Languedoc de Montpellier de 1975 à 1976 (obtention de la maîtrise en mathématiques et applications fondamentales) ; à l'université Paris VI de 1976 à 1977 (diplôme d'études approfondies de probabilités et statistique) et à l'École nationale supérieure des mines de Saint-Étienne (France) de 1977 à 1979, d'où il sort avec le diplôme d'ingénieur civil des mines.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

À la faveur des mouvements démocratiques des années 1990, il crée, avec plusieurs de ses anciens compagnons des mouvements estudiantins, notamment de lycée et d'université, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-Tarayya), d’obédience socialiste[2].

Candidat à la présidentielle de 1992[modifier | modifier le code]

Il prend part à toutes les élections présidentielles organisées au Niger depuis l’avènement de la démocratie pluraliste au sortir de la conférence nationale souveraine de 1992. Troisième après Mamadou Tandja et Mahamane Ousmane à l'élection de 1992, son parti a créé, avec la CDS et l’ANDP de Moumouni Adamou Djermakoye, un regroupement dénommé l'Alliance des forces du changement (AFC) ayant permis l’élection au second tour de Mahamane Ousmane face à Mamadou Tandja en 1993.

Premier ministre, président de l'Assemblée et présidentielles successives[modifier | modifier le code]

Après qu'il a été nommé Premier ministre, des dissensions apparaissent rapidement au sein de l'AFC et l’alliance vole en éclats à la suite de sa démission en le 28 septembre 1994. De nouvelles élections législatives anticipées le ramènent en 1995 au poste de président de l’Assemblée nationale, jusqu’au coup d'État militaire mené par Ibrahim Baré Maïnassara en janvier 1996.

Avec l’élection de Mamadou Tandja qui le bat au deuxième tour de l'élection présidentielle en 1999, il rentre dans l’opposition dont il devient le chef de file, et occupe un poste de député jusqu'à la dissolution par le président Tandja de l’Assemblée nationale en 2009.

Opposant à Tandja[modifier | modifier le code]

Depuis l’annonce par le président Tandja de son intention de rester au pouvoir au-delà de ses deux mandats réguliers, le clivage s’est renforcé entre les protagonistes politiques au Niger. Mahamadou Issoufou préside le front pour la restauration de la démocratie qui regroupe les forces démocratiques et les centrales syndicales nigériennes en lutte contre le plan « Tazartché » du président Tandja. Avec ce plan, un référendum est organisé par le gouvernement et boycotté par l’opposition pour l’adoption d'une constitution instaurant une sixième république. Mamadou Tandja est renversé le 18 février 2010 par l'armée, menée par Salou Djibo, qui promet de rendre le pouvoir aux civils en 2011.

Présidentielle de 2011[modifier | modifier le code]

Mahamadou Issoufou est investi candidat de son parti, le PNDS, le . Il arrive en première position lors du premier tour de l'élection présidentielle du face à neuf autres candidats. Avec 36,06 % des suffrages exprimés, il est opposé au second tour, le , à Seyni Oumarou du MNSD qui a obtenu 23,24 % des voix au premier tour. Avec le soutien du MODEN-FA (Mouvement démocratique nigérien pour une fédération africaine) de Hama Amadou, actuel président de l'Assemblée nationale, Il s'impose au second tour avec 57,95 % des voix, la participation ayant chuté de 51,56 % à 48,17 % des inscrits[3]. Il est investi le et nomme comme Premier ministre Brigi Rafini.

Programme gouvernemental[modifier | modifier le code]

L’action gouvernementale est conduite pour mettre en œuvre le Programme de renaissance proposé par le candidat aux élections Mahamadou Issoufou, et qui comporte 8 axes :

  • Bâtir des institutions démocratiques fortes, crédibles et durables ;
  • Assurer la sécurité des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire national ;
  • Relancer l’économie et promouvoir le développement social à travers des investissements publics ;
  • Assurer la sécurité alimentaire à travers l’initiative ‘‘3N’’ : (les Nigériens Nourrissent les Nigériens) ;
  • Assurer l’accès à l’eau potable pour tous à travers la réhabilitation et la construction d’ouvrages hydrauliques urbains, ruraux et pastoraux ;
  • Développer les infrastructures et l’énergie par des investissements dans les routes, les pistes rurales, l’électricité et les chemins de fer;
  • Améliorer significativement les indicateurs sociaux (Éducation et Santé) ;
  • Créer des emplois au profit des jeunes.

L’économie du Niger a été marquée par une croissance notable au cours des trois dernières années (2.3% en 2011; 11.1% en 2012 et 3,6% en 2013). Sa structure a été modifiée par l’entrée du Niger dans le cercle des pays producteurs de pétrole, des investissements sociaux importants, la délivrance de nouveaux permis miniers et la renégociation des contrats sur l’uranium avec AREVA.

Politique et Diplomatie[modifier | modifier le code]

Malgré le départ de l’alliance au pouvoir du parti MODEN-FA/Lumana qui avait contribué fortement à amener au pouvoir Mahamadou Issoufou en 2011, le gouvernement est resté stable, jouissant de la majorité à l’Assemblée nationale que dirige Hama Amadou, le président du MODEN-FA. Pour être de « large ouverture » comme le voulait le président Issoufou, il a connu un profond remaniement en août 2013, marqué notamment par l’entrée de plusieurs hauts responsables des partis de l’opposition, notamment le MODEN-FA et le MNSD. Au plan diplomatique, le régime du président Mahamadou Issoufou se caractérise par un engagement fort pour l’intégration économique régionale et la sécurité dans la zone sahélienne. Lors de la crise malienne, le président Issoufou a engagé ses propres troupes (plus de 600 soldats) et plaidé auprès de ses pairs de la région, de la France et des Nations unies notamment, pour la constitution de la MINUSMA (Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali).


Références[modifier | modifier le code]

  1. « Les membres du Comité exécutif national » (consulté le 12 octobre 2009).
  2. « Genese et Evolution du PNDS » (consulté le 12 octobre 2009).
  3. Le Figaro.fr, Mahamadou Issoufou est élu président

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]