Association pour le droit de mourir dans la dignité

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Association pour le droit de mourir dans la dignité

Cadre
Fondation
Fondation 1980
Identité
Site web http://www.admd.net

L'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) est une association française prônant « le droit pour chacun d’avoir une fin de vie conforme à ses conceptions personnelles de dignité et de liberté ». En pratique, l'ADMD entend obtenir en France le vote d'une loi légalisant l'euthanasie et le suicide assisté ainsi que l'assurance d'un accès universel aux soins palliatifs. Une loi qui serait calquée sur celle qui existe déjà en Belgique depuis 2002.

Objectif[modifier | modifier le code]

L'association a été fondée en 1980 par l'écrivain Michel Lee Landa. Présidée initialement à sa mort par son fils Pascal Landa, il fut suivi par Paul Chauvet puis le sénateur et ancien ministre Henri Caillavet puis le pneumologue Gérard Payen ; son président est depuis juin 2007 Jean-Luc Romero.

L'ADMD est membre de la Fédération mondiale des associations pour le droit de mourir (World Federation of Right to Die Societies) et de la Fédération européenne des ADMD (Right to Die-Europe - RtD-E). Elle est agréée par le ministère de la santé pour siéger dans les instances hospitalières ou de santé publique depuis août 2006. L'association revendique en 2012 près de 49 500 adhérents.

En mars 2008, le débat sur la fin de vie a été relancé par la demande d'autorisation au suicide assisté lancée à travers les médias par Chantal Sébire, patiente qui souffrait d'une tumeur incurable ou devenue incurable. Selon l'ADMD, la Loi Léonetti du 22 avril 2005 relative aux droits des patients en fin de vie, adoptée après le drame vécu par Vincent Humbert, ne permettait pas de donner suite à cette demande. L'objet de cette loi n'est effectivement pas de permettre de provoquer volontairement le décès, il est de permettre la limitation des soins jugés inutiles et la mise en route de traitements de confort sédatifs et analgésiques nonobstant, le cas échéant, le risque d'une mort plus rapide.

Le Premier ministre, François Fillon, a demandé à l'auteur de la loi de procéder à une évaluation de la législation et de lui remettre un rapport. Cela fut fait dans les tout premiers jours de décembre 2008, après, notamment, une série d'auditions dont celle, en juin 2008, du président de l'ADMD, Jean-Luc Romero, de Claudine Lassen, médecin et 1re vice-présidente, et de Philippe Lohéac, délégué général. Les conclusions des six mois de travaux sont apparues décevantes aux partisans d'une légalisation de l'euthanasie. Trois propositions concrètes ont été formulées : la création d'un observatoire des fins de vie (effectivement créé par un décret du 19 février 2010), l'amélioration de la prise en charge du congés d'accompagnement avec la possibilité dans certains cas, d'une allocation (texte voté en 1re lecture à l'Assemblée nationale en février 2009) et mise en place, dans chaque département, d'un référent soins palliatifs.

Les 30, 31 octobre et 1er novembre 2008 a été organisé, à Paris, le 17e Congrès mondial des associations pour le droit de mourir dans la dignité[1]. À cette occasion, une grande réunion publique s'est tenue à l’Hôtel de ville de Paris, le vendredi 31 octobre 2008, à partir de 19 heures. Le 2 novembre 2008, à l'initiative de Jean-Luc Romero, a été lancée, sur le parvis des droits de l'homme, à Paris (Trocadéro), la première Journée mondiale pour le droit de mourir dans la dignité[2]. Depuis lors, tous les ans, l’ADMD célèbre cette journée mondiale le 2 novembre[3].

Le 19 novembre 2009, trente ans jour pour jour après l'appel rédigé par Michel Landa et publié dans le journal Le Monde, l'Assemblée nationale débattait pour la première fois de son histoire d'un texte de loi relatif au droit de finir sa vie dans la dignité et légalisant l'euthanasie. Cette proposition de loi a été déposée par Jean-Marc Ayrault, Laurent Fabius et Manuel Valls et cosignée par la très grande majorité des députés du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche (SRC). Seuls 203 députés (dont quelques députés UMP parmi lesquels Henriette Martinez, députée des Haute-Alpes) ont alors voté ce texte lors du scrutin solennel du 24 novembre 2009. L'Assemblée nationale n'a donc pas adopté le texte.

Le 25 janvier 2011, ce fut au tour du Sénat de se saisir d'une proposition de loi relative à l'assistance médicalisée pour mourir. Ce texte, fruit d'une synthèse effectuée par la commisison des affaires sociales présidée alors par la sénatrice centriste du Rhône Muguette Dini, était porté par le sénateur du Rhône Guy Fischer (PC), par le sénateur de la Vienne Alain Fouché (UMP) et par le sénateur de la Manche Jean-Pierre Godefroy (PS). 172 sénateurs ont voté contre ; 143 sénateurs ont voté pour.

Le 22 février 2012, l'association interpelle, via une question signée par 50 personnalités, les candidats à l'élection présidentielle, afin qu'ils s'engagent à déposer un projet de loi visant à légaliser le droit à l'euthanasie[4].

Toujours dans le cadre de l'élection présidentielle, une intense campagne de lobbying auprès des candidats permit de faire inscrire dans les programmes de François Hollande et de Jean-Luc Mélenchon la légalisation du droit de mourir dans la dignité. Les candidats qui s'étaient déclarés contre une telle légalisation ont fait l'objet d'une campagne de communication choc menée par l'ADMD et l'agence de publicité Melville. C'est ainsi que l'on vit François Bayrou, Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy dans un lit d'hôpital, à l'article de la mort, avec le slogan : Doit-on vous mettre dans une telle position pour faire évoluer la vôtre sur l'euthanasie ?

Le 24 mars 2012, une grande manifestation publique a réuni les candidats à l'élection présidentielle ou leur représentant au Cirque d'Hiver Bouglione. Juste avant, près de 5 000 personnes avaient manifesté sur la place de la République, à Paris.

La 33ème assemblée générale de l'association s'est tenue à Bordeaux, au Centre de Congrès Cité Mondiale, le samedi 21 septembre 2013.

Bureau exécutif[modifier | modifier le code]

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Le président de l'ADMD[5], depuis 2007, est Jean-Luc Romero, conseiller régional d'Île-de-France depuis 1998. Le président d'honneur est Gérard Payen[6].

  • Vice-présidente : Nicole Boucheton (depuis juin 2011)
  • Trésorier : Jacques Besset (depuis mai 2008)
  • Trésorière adjointe : Claire Bazin (depuis septembre 2013)
  • Secrétaire général : Christophe Michel (depuis septembre 2013)
  • Secrétaire général adjoint : Mickaël Boulay (depuis septembre 2013)
  • Délégué général (fonction salariée) : Philippe Lohéac (depuis septembre 2008)

Anciens présidents[modifier | modifier le code]

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  • Michel Lee Landa (1980-1981)
  • Pascal Landa (1981-1983)
  • Paul Chauvet (1983-1986 et 1995-1996)
  • Henri Caillavet (1986-1991 et 1996-2001)
  • Jacque Pohier (1992-1994)
  • Jean Cohen (2001-2005)
  • Gérard Payen (2005-2007)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L'Association pour le droit à mourir dans la dignité se saisit de la Fête des morts » par Agnès Leclair publié par Le Figaro le 1er novembre 2008
  2. Lancement: Première « Journée mondiale pour le droit de mourir dans la dignité »
  3. M-C. Parra, « Ils interpellent les Lyonnais et les élus sur la légalisation de l’euthanasie », sur leprogres.fr,‎ 3 novembre 2011
  4. Euthanasie: des personnalités s'engagent pour "une loi d'ultime liberté" Notre Temps/AFP, 22 février 2012
  5. 33 assemblée général, Blog de l'ADMD
  6. http://www.admd.net/la-structure/le-bureau.html

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]