Boualem Sansal

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Boualem Sansal

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Boualem Sansal au Salon du livre de Francfort 2011.

Nom de naissance بوعلام صنصال
Activités romancier, essayiste
Naissance 1949
à Theniet El Had (Algérie)
Langue d'écriture français
Distinctions prix du Premier Roman
prix Tropiques
prix Michel-Dard
grand prix RTL-Lire
grand prix de la francophonie
prix Nessim-Habif
prix Louis-Guilloux
prix Édouard-Glissant
prix de la paix des libraires allemands
prix du Roman arabe
chevalier des Arts et des Lettres (2012)

Œuvres principales

Le Serment des barbares
Poste restante : Alger, lettre de colère et d'espoir à mes compatriotes
L'Enfant fou de l'arbre creux
Dis-moi le paradis
Harraga
Le Village de l'Allemand ou le Journal des frères Schiller'
Rue Darwin

Boualem Sansal, né en 1949 à Theniet El Had, petit village des monts de l’Ouarsenis, est un écrivain algérien, principalement romancier mais aussi essayiste, censuré dans son pays d'origine à cause de sa position très critique[1] envers le pouvoir en place. Il habite néanmoins toujours en Algérie, considérant que son pays a besoin des artistes pour ouvrir la voie à la paix et à la démocratie. Il est en revanche très reconnu en France et en Allemagne, pays dans lesquels ses romans se vendent particulièrement bien, et où il a reçu de nombreux prix.

Biographie[modifier | modifier le code]

Boualem Sansal a une formation d'ingénieur (École nationale polytechnique d'Alger) et un doctorat d'économie.

Il a été enseignant, consultant, chef d'entreprise et haut fonctionnaire au ministère de l'Industrie algérien. Il est limogé en 2003 pour ses prises de position critiques contre le pouvoir en place particulièrement contre l'arabisation de l'enseignement[2].

Son ami Rachid Mimouni (1945-1995) l'encourage à écrire. Boualem Sansal, bien que grand lecteur, ne se vouait pas à l'écriture. Il commence pourtant à écrire en 1997, alors que la guerre civile bat son plein. Il cherche à entrer dans l'esprit de ses compatriotes, pour tenter de comprendre puis d'expliquer ce qui a mené à l'impasse politique, sociale et économique de son pays, et à la montée de l'islamisme[3]

En 1999 il publie son premier roman, Le Serment des barbares, qui reçoit le prix du Premier Roman et le prix Tropiques. Son livre Poste restante, une lettre ouverte à ses compatriotes, est resté censuré dans son pays. Après la sortie de ce pamphlet, il est menacé et insulté[2] mais décide de rester en Algérie. Un autre de ses ouvrages, Petit éloge de la mémoire, est un récit épique de l'aventure berbère.

Son troisième roman, Dis-moi le paradis, publié en France en 2003, est une description de l'Algérie post-colonisation, à travers les portraits de personnages que rencontre le personnage principal, Tarik, lors de son voyage à travers ce pays. Le ton est très critique envers le pouvoir algérien, se moquant de Boumediene, critiquant ouvertement la corruption à tous les niveaux de l'industrie et de la politique, l'incapacité à gérer le chaos qui a suivi l'indépendance, et attaquant parfois violemment les islamistes. Ce livre est l'une des raisons qui ont conduit le pouvoir à limoger l'auteur de son poste de haut fonctionnaire au ministère de l'Industrie algérien.

En 2005, s'inspirant de son histoire personnelle, il écrit Harraga, qui signifie « brûleur de route », surnom que l'on donne à ceux qui partent d'Algérie, souvent en radeau dans des conditions dramatiques, pour tenter de passer en Espagne. Pour la première fois, les personnages principaux sont deux femmes : Lamia, médecin pédiatre qui vit dans la misère à Alger, et Cherifa qu'elle recueille alors que cette dernière est enceinte de cinq mois. (Cherifa est arrivée chez Lamia sur le conseil du frère de celle-ci, Sofiane, qui est en route pour entrer en Espagne clandestinement.) Encore une fois, le ton est très critique envers le pouvoir algérien : l'argent du pétrole coule à flots, mais, l'argent étant accaparé par une minorité de dirigeants, le peuple est dans la misère et les jeunes vont tenter leur chance ailleurs, pendant que ceux qui ne peuvent pas partir restent dans la misère et la peur.

Boualem Sansal est lauréat du grand prix RTL-Lire 2008 pour son roman Le Village de l'Allemand sorti en janvier 2008, roman qui est censuré en Algérie, car il fait le parallèle entre islamisme et nazisme. Le livre raconte l'histoire du SS Hans Schiller, qui fuit en Égypte après la défaite allemande, et se retrouve ensuite à aider l'armée de libération algérienne, pour finalement devenir un héros de guerre et se retirer dans un petit village perdu. Le livre s'inspire d'un destin réel, découvert par la presse dans les années 1980.

En 2007, il reçoit le prix Édouard-Glissant, destiné à honorer une œuvre artistique marquante de notre temps selon les valeurs poétiques et politiques du philosophe et écrivain Édouard Glissant : ce prix récompense les œuvres développant une réflexion sur le métissage et toutes les formes d’émancipation, celle des imaginaires, des langues et des cultures.

Le 9 juin 2011, il remporte le prix de la paix des libraires allemands, pour la manière dont il « critique ouvertement la situation politique et sociale de son pays »[4]. En mars 2008, il choisit de se rendre au Salon du livre de Paris, malgré la polémique soulevée dans le monde arabe quant au choix d'Israël comme invité d'honneur et l'appel au boycott venant des pays arabes et de certains intellectuels[5]. Il s'en explique par la formule : « Je fais de la littérature, pas la guerre », et en ajoutant : « La littérature n'est pas juive arabe ou américaine, elle raconte des histoires qui s'adressent à tout le monde. »[5] Ce choix aggrave sa situation en Algérie.

En 2011, il publie un nouveau roman, Rue Darwin, l'histoire d'une famille prise dans la guerre d'Algérie. C'est un livre très personnel, écrit trois mois après la mort de sa mère[6]. Le personnage de Yaz ressemble beaucoup à Boualem Sansal ; par ailleurs, la rue Darwin est une rue où l'auteur a vécu dans son enfance, à cent mètres de la maison d'Albert Camus[6].

Boualem Sansal est également connu pour ses propos critiques envers toute forme de religion, et l'islam en particulier : « La religion me paraît très dangereuse par son côté brutal, totalitaire. L'islam est devenu une loi terrifiante, qui n'édicte que des interdits, bannit le doute, et dont les zélateurs sont de plus en plus violents. Il faudrait qu'il retrouve sa spiritualité, sa force première. Il faut libérer, décoloniser, socialiser l'islam[6]. »

En février 2012 il fait partie du jury de la Berlinale 2012, sous la présidence de Mike Leigh et au côté de Anton Corbijn, Asghar Farhadi, Charlotte Gainsbourg, Jake Gyllenhaal, François Ozon et Barbara Sukowa.

En mai 2012, il participe à la troisième édition du Festival international des écrivains à Jérusalem, suscitant de nombreuses critiques dans le monde arabe[7],[8]. Il fait un récit plein d'humour de son voyage[9].

En juin 2012, il reçoit le prix du Roman arabe pour son livre Rue Darwin, avec l'opposition des ambassadeurs arabes qui financent le prix[10],[11]. Le 13 juin 2013 l'Académie française lui décerne le grand prix de la Francophonie, doté de 20 000 euros. Ce prix est « destiné à “couronner l’œuvre d’une personne physique francophone qui, dans son pays ou à l’échelle internationale, aura contribué de façon éminente au maintien et à l’illustration de la langue française” ».

Il habite près d'Alger, dans la ville de Boumerdès[6].

Citations[modifier | modifier le code]

Littéraires[modifier | modifier le code]

  • « Vinrent les guerres, toutes les guerres, les mouvements de population, les holocaustes, les famines, les déclarations solennelles, les liesses propices aux mensonges, les longues attentes sur le qui-vive, puis les guerres reprirent, les clivages de fer, les vieilles haines ressuscitées, les exils, les exodes, et encore les mots qui blessent, les mots qui tuent, les mots qui nient. Mais toujours, inchangée dans la guerre ou la paix de l'entre-deux, marchant en tête, discourant à perte de vue, pontifiante et grossière : la bêtise souveraine » (Dis-moi le paradis, 2003)[12].
  • « La vérité se tient mieux dans le silence » (Dis-moi le paradis, 2003)[13].
  • « Dieu appartient à qui s'approprie son message » (Dis-moi le paradis, 2003)[14].

Politiques[modifier | modifier le code]

  • « Bouteflika est un autocrate de la pire espèce [...] C'est pourtant lui que les grandes démocraties occidentales soutiennent et à leur tête la France de Sarkozy[5]. »
  • « Je pense souvent à l'exil mais où, chez Bush, chez Sarkozy ? Remplacer un malheur par un autre n'est pas ce qu'on peut appeler une bonne décision[5]. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Romans 
Nouvelles 
  • 2001 : La Voix, Gallimard / Le Monde.
  • 2004 : La Femme sans nom, Littera et l’Aube.
  • 2005 : « La Vérité est dans nos amours perdues », dans Des nouvelles d'Algérie, éd Métailié.
  • 2005 : « Homme simple cherche évènement heureux », Le Monde.
  • 2005 : « Tous les bonheurs ne valent pas le déplacement », Magazine des Beaux Arts.
  • 2006 : « La Terrible Nouvelle », Le Monde.
  • 2008 : Ma mère in Ma mère (collectif), Chèvrefeuille étoilée.
  • 2008 : Rendez-vous à Clichy-sous-Bois: Mohand ou la mort au coin de la rue in Des nouvelles de la banlieue (collectif), Textuel/Ivre d'images.
Essais 
  • 2006 : Poste restante : Alger. Lettre de colère et d'espoir à mes compatriotes, éd. Gallimard, « Folio » n° 4702.
  • 2007 : Petit éloge de la mémoire. Quatre mille et une années de nostalgie, éd. Gallimard, « Folio » n° 4486.
  • 2013 : Gouverner au nom d'Allah. Islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabe, éd. Gallimard
Livres techniques 
  • 1986 : La combustion dans les turboréacteurs, éd. OPU, Alger.
  • 1989 : La mesure de la productivité, éd. OPU, Alger.
Autres 
  • 2001 : La médiation dans l’art contemporain, musée du Jeu de Paume, Paris.
  • 2002 : « Alger, mon amour », dans Amours de villes, villes africaines, coéd. Fest’Africa / Dapper littérature.
  • 2003 : « L’âge de raison », dans Journal intime et politique, Littera-l’Aube.
  • 2003 : « Souvenirs d’enfance et autres faits de guerre », dans L’Algérie des deux rives, coéd. Fayard / Mille et une nuits, Paris.
  • 2005 : « L’odyssée de la mémoire », Senso Magazine, Paris.
  • 2006 : Les Guerres d’Algérie, université de Berkeley.
  • 2006 : La question linguistique en Algérie, Lyriades.
  • 2007 : C’était quoi, la France, éd. Gallimard, Paris.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Lettre ouverte à Jean Daniel.
  2. a, b et c Ouest-France, « Boualem Sansal, le courage et la colère », 3 juillet 2008.
  3. Rencontre avec Boualem Sansal à la bibliothèque de Gap, 28 janvier 2009, dont le contenu est retranscrit sur le site Litera05 sous le titre « Rencontre avec Boualem Sansal ».
  4. LeNouvelObs.fr, BibliObs, « Boualem Sansal : le dissident », par Grégoire Leménager, 13 octobre 2011.
  5. a, b, c et d « Boualem Sansal : “Je fais de la littérature, pas la guerre” », interview par Sid Ahmed Hammouche, Rue89, 13 mars 2008.
  6. a, b, c et d Marianne Payot, « Boualem Sansal : “Il faut libérer l'islam” », L'Express, 14 août 2011.
  7. « Boualem Sansal à Jérusalem », sur Kabyles.net,‎ 22 mai 2012.
  8. Misha Uzan, « Israël - Boualem Sansal, la visite tumultueuse d'un écrivain algérien en Israël », sur Israël Info,‎ 22 mai 2012.
  9. Boualem Sansal, « Je suis allé à Jérusalem… et j'en suis revenu riche et heureux », sur Le Huffington Post,‎ 24 mai 2012.
  10. « Comment Boualem Sansal a fini par recevoir le prix du Roman arabe », Le Nouvel Observateur, 23 juin 2012 (consulté le 24 juin 2012)
  11. « Boualem Sansal privé du prix du Roman arabe », Le Monde (consulté le 24 juin 2012).
  12. Boualem Sansal, Dis-moi le paradis, éd. Gallimard, 2003, p. 99-100.
  13. Boualem Sansal, op. cit., p. 96.
  14. Boualem Sansal, op. cit., p. 99.
  15. « Boualem Sansal obtient le prix du Roman-News », sur http://www.livreshebdo.fr,‎ 30 mai 2012 (consulté en 31/05/2012).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]